Et les chats dans tout ça ?

Eux aussi, on les retrouve dans quantité d’expressions idiomatiques. En voici quelques exemples : 

  • Ce matin, je me suis réveillée avec un chat dans la gorge. Je ne vais pas pouvoir aller au karaoké ce soir. (= je suis enrouée)
  • Quelle est la capitale du Mozambique ? Je ne sais pas, je donne ma langue au chat. (= j’avoue ne pas connaître la réponse et je la demande)
  • Ma voisine m’a demandé si je pouvais organiser avec elle une fête pour les gens de l’immeuble mais j’ai d’autres chats à fouetter.(= j’ai d’autres préoccupations plus importantes)
  • Elle est toute bouleversée parce que son fils est tombé et s’est égratigné le genou, mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat. (= cela n’a pas grande importance, c’est insignifiant)
  • En août, il n’y a pas un chat à Madrid, tout le monde part en vacances. (= il n’y a personne)
  • Carine est le genre de personne qui appelle un chat un chat. (= elle parle très directement, très franchement)
  • Je ne bois jamais de café dans ce bar car c’est du pipi de chat. (= il est mauvais, fade, pas assez fort)
  • Je ne commande jamais de baskets en ligne car quand il s’agit de chaussures, je n’achète jamais chat en poche. (= je n’achète jamais sans examiner soigneusement ce que j’achète)
  • La chambre de cet adolescent est dans un tel état qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits ! (= elle est très en désordre)

Des chiens, toujours des chiens

Je ne sais pas ce que j’ai cette semaine, mais je semble être inspirée par nos amis les bêtes. 

Il y a pléthore d’expressions idiomatiques contenant des noms d’animaux et le chien se retrouve dans certaines d’entre elles. En voici un petit échantillon : 

  • Si je vous dis que Pierre a perdu son travail, s’est fait largué par sa femme et qu’en plus il a attrapé une pneumonie, vous pourriez me répondre : Quelle vie de chien ! (= une vie très insatisfaisante, difficile)
  • Les lits des hôtels japonais sont trop petits pour Nicolas. Il ne peut pas étendre ses jambes et doit dormir en chien de fusil. (= les genoux remontés vers le corps)
  • J’étais en train de travailler dans mon bureau, très concentrée et j’avais encore au moins deux heures de travail à effectuer impérativement ce soir là quand mon mari est arrivé comme un chien dans un jeu de quilles, avec une bouteille de vin, et m’a demandé de le rejoindre pour prendre l’apéritif. (= arrivé mal à propos)
  • Clara a du chien, elle attire tout le monde. (= elle a du charme, elle est séduisante)
  • Mon père et son frère s’entendent comme chien et chat, du coup on fait rarement des réunions de famille. (= ils s’entendent mal, se disputent sans arrêt)
  • Un jour, je suis allée au cinéma à Zurich. Le film était américain mais doublé en allemand. J’ai eu un mal de chien à le comprendre. (= beaucoup de difficultés)
  • Je n’oublierai jamais le jour où mon colocataire a mangé tout ce qui était à moi dans le frigo et qu’il n’a rien remplacé. Il le paiera un jour car je lui garde un chien de ma chienne.  (= je lui garde rancune et je prépare une vengeance)
  • Quand j’étais en Inde, j’ai mangé du poulet pas assez cuit. J’ai été malade comme un chien pendant 2 jours. (= très malade)

Nouveau départ

Aujourd’hui, je prends l’avion pour retourner vivre en Asie, ce que j’attends plus ou moins patiemment depuis cinq ans. J’ai le cœur qui bat la chamade, je suis excitée comme une puce, je suis aux anges.

Je sais que tout ne va pas être parfait à tout moment, je sais qu’il y aura des frustrations et des prises de tête,  mais j’ai hâte de pratiquer mon thaï dans la vraie vie même si je flippe un peu car je suis presque sûre que personne ne va me comprendre au début et vice versa.

J’ai hâte d’y être et de commencer une nouvelle vie, de revoir des amis, et de ne plus être obligée de me les peler en hiver !!

Je vais prendre deux semaines pour m’installer et j’espère qu’Internet pourra être installé au plus vite pour que je puisse reprendre le travail aux alentours du 20/22 août.

A très bientôt !

Que dalle

Hier, j’ai parlé d’avoir la dalle. Le mot dalle se retrouve aussi dans une courte expression familière très usitée en français parlé.

Quelques exemples :

  • Il faut que j’aille faire des courses. Il reste que dalle dans les placards.
  • Je dois m’acheter des nouveaux vêtements mais je vais attendre d’être au Cambodge, ça coûte que dalle là-bas.
  • Je comprends que dalle aux maths. C’est trop compliqué !

Que dalle = rien du tout, nothing at all, zilch, nada, niente…

J’ai la dalle

Ce n’est pas une expression que l’on apprend habituellement dans les manuels scolaires. Pourtant, c’est une expression que vous entendrez forcément à un moment ou à un autre si vous vivez en France. C’est une façon assez familière de dire qu’on a très faim. Quand on a très très faim, on peut même dire qu’on crève la dalle.

Une dalle est un gros pavé en béton ou même une grande surface bétonnée. Ce n’est pas un mot qu’on apprend communément et même si on le connaît, il n’est vraiment pas évident de comprendre ce que veut dire une personne qui nous affirme avoir la dalle.

Quand on a très faim, on peut aussi dire qu’on a les crocs, qui est également une expression familière. On peut aussi avoir l’estomac dans les talons ou avoir une faim de loup.

Ne pas être dans son assiette

Stéphanie : Salut, ça va ? T’as pas l’air dans ton assiette aujourd’hui.

Nathalie : Non, t’as raison. Je sais pas si c’est quelque chose que j’ai mangé ou si c’est la météo, mais je suis pas au top, en effet.

Quand on n’est pas dans son assiette, ça veut dire qu’on ne se sent pas très bien, qu’on n’est pas dans son état normal. En anglais, on dirait to be under the weather.

Ce n’est pas le Pérou

J’ai souvent entendu cette expression et je l’ai toujours comprise comme voulant dire que ce n’était pas super, mais je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir pourquoi on disait ça, d’où ça venait. Je pensais aussi que pérou devait absolument prendre une majuscule.

L’équipe de France a joué contre le Pérou hier et bien que je ne suive pas du tout le football, il est difficile d’y échapper complètement en période de coupe du monde. J’écoutais les informations ce matin ou hier, je ne sais plus, et quelqu’un a fait une blague utilisant cette expression.

Je suis donc allée vérifier dans mon dictionnaire et en effet, en plus d’être le nom d’un pays, un pérou (sans majuscule) signifie un trésor, une fortune. Et quand on dit ce n’est pas le pérou, on veut dire que ce n’est pas beaucoup d’argent, que ça rapporte peu d’argent. Selon les dictionnaires, pérou prend ou ne prend pas de majuscule – je me base sur le Grand Robert qui n’en met pas et indique “pérou” comme nom masculin archaïque. Je crois que je préfère le Pérou avec une majuscule.

  • Je peux te proposer de travailler pour moi comme assistant personnel quelques heures par semaine. C’est pas le Pérou, mais c’est mieux que rien !

Cette expression viendrait du fait que le Pérou était autrefois, avant l’arrivée des Espagnols, un pays plein de richesses naturelles (or, pierres précieuses, etc.)

Tomber du lit

Si je vous dis que ce matin, je suis tombée du lit, cela ne veut pas dire que j’ai roulé hors du lit et que je me suis cognée par terre. Cela veut dire que je me suis levée très tôt, beaucoup plus tôt que d’habitude.

C’est peut-être parce que je me suis couchée avec les poules hier soir. Ce qui ne veut pas dire que j’ai dormi dans un poulailler, mais que je me suis couchée très tôt.

J’étais fatiguée, j’ai dormi d’un sommeil de plomb et j’ai fait le tour du cadran. C’est-à-dire que j’ai dormi profondément et pendant 12 heures.

Je dois me lever assez tôt tous les matins de la semaine, mais le dimanche, je peux faire la grasse matinée si je veux. Ce qui ne veut pas dire que je peux manger des croissants au beurre arrosés d’huile d’olive mais que je peux dormir tard le matin !

Parler du temps qu’il fait

C’est quelque chose que l’on apprend au niveau A1 et pourtant, j’entends assez fréquemment des erreurs chez les étudiants qui préparent le B2. Au moins une fois par semaine. Souvent plus. Et ce n’est pas faute de le répéter et de le faire remarquer à chaque fois…

Pour parler des températures, on ne dit pas *c’est 20 degrés aujourd’hui. On dit il fait 20 degrés aujourd’hui.

Maintenant, pour parler des phénomènes météorologiques, on va employer “il fait”, “il y a” et “il impersonnel + verbe”.

IL FAIT

  • Il fait beau.
  • Il fait mauvais.
  • Il fait chaud.
  • Il faid froid.
  • Il fait un temps de chien.
  • Il fait grand beau.
  • Il fait grand soleil.

Il Y A

  • Il y a du soleil.
  • Il y a du vent.
  • Il y a de la pluie.
  • Il y a de l’orage.
  • Il y a de la neige.
  • Il y a de la grêle.
  • Il y a du brouillard.
  • Il y a des nuages.
  • Il y a une tempête.
  • Il y a du tonnerre.
  • Il y a un arc-en-ciel.

IL + VERBE

  • Il pleut.
  • Il neige.
  • Il vente.
  • Il grêle.

NB : Je ne dis pas “il fait soleil” ou “il fait du soleil“, mais beaucoup de gens le disent en France. Je ne dirais pas que c’est une erreur mais plutôt une façon de parler dans certaines régions. Je recommande toutefois à mes étudiants de dire “il y a du soleil” pour éviter les confusions et de commencer à dire “*il fait de la pluie“, qui en l’occurence ne se dit pas (à ma connaissance).

Quelques expressions courantes que j’aime bien pour parler de la météo :

  • Il caille / ça caille / on se les caille : familier pour dire qu’on a froid.
  • Il pèle / ça pèle / on se les pèle : familier pour dire qu’on a froid.
  • Je meurs de froid : expression que j’utilise dès qu’il fait moins de 20 degrés.
  • Je crève de chaud : expression que j’utilise dès qu’il fait plus de 40 degrés.
  • On étouffe : on peut dire ça quand il fait très chaud et qu’on a du mal à respirer.
  • Il pleut comme vache qui pisse (fam.) = il pleut des cordes : il pleut très fort.

J’en ai marre !

Est-ce qu’il vous arrive d’en avoir marre ? D’en avoir vraiment marre ? Moi, en ce moment, j’en ai plus que marre !! De quoi ? De la météo ! J’en ai ras la casquette d’avoir froid. Ras le bol ! On est mi-avril et je vis en écharpe du matin au soir et dès que je peux, je me colle les mains sur le radiateur. Je veux du soleil !!!

En avoir marre est une expression familière très courante pour dire qu’on en a assez. On dit en avoir marre de quelque chose. C’est l’équivalent de l’anglais “to be fed up with” et de l’espagnol “estar harto/a de“. Je me souviens de mon sentiment de frustration quand je venais d’arriver en Espagne car je ne connaissais pas cette expression pourtant bien utile. Je n’y avais jamais pensé avant de me rendre compte à plusieurs reprises que je ne savais pas le dire !

Il y a beaucoup de synonymes dans le registre familier comme en avoir ras la casquette ou ras le bol. On peut aussi dire qu’on en a plein le dos, plein les bottes ou qu’on en a sa claque. Plus vulgairement, on peut dire qu’on en a ras le cul ou plein le cul.

Dans un style plus soutenu, on pourra dire qu’on est excédé ou exaspéré.

Pour un style plus courant, plus neutre, on pourra dire qu’on en a assez.