Un coup de…

COUP : voici un petit mot que l’on retrouve dans de nombreuses expressions. La première remarque que je ferai, c’est que le p final ne se prononce pas. La seconde, c’est que selon le mot qui suit de, COUP DE va se prononcer soit /kud/, soit /kut/.

Voyons maintenant quelques exemples d’expressions.

Passe-moi un coup de fil et je viendrai jeter un coup d’oeil pour voir si je peux te donner un coup de main.

un coup de fil /kutfil/ = un appel téléphonique

un coup d’oeil /kudœj/ : un regard bref

un coup de main /kudmɛ̃/ : de l’aide

On pourrait reformuler on disant : Téléphone-moi et je viendrai regarder vite fait si je peux t’aider.

 

Elle est passée me voir en coup de vent hier. Elle avait pris un coup de soleil sur la plage l’après-midi. Je lui ai proposé de rester dîner mais elle m’a expliqué qu’elle avait un coup de barre et qu’elle préférait rentrer chez elle.

en coup de vent /kudvã/ : très vite

un coup de soleil /kutsolɛj/ : une brûlure causée par le soleil

un coup de barre / kudbaʁ/ : une fatigue soudaine et intense (on peut aussi dire un coup de pompe /kutpõp/)

 

Le week-end dernier, il faisait gris et froid et j’ai ressenti un gros coup de cafard. Il y a eu un orage et il y a eu une panne de courant. En essayant de résoudre le problème, je me suis pris un coup de jus. J’ai alors décidé de demander de l’aide au voisin et là, coup de foudre ! Il est vraiment trop beau ! Je dîne avec lui ce soir.

un coup de cafard /kutkafaʁ/ : des idées noires, de la tristesse

un coup de jus /kutʒy/ : une décharge électrique

un coup de foudre /kudfudʁ/ : amour au premier regard

 

La tête – quelques expressions

Quelque chose que j’adore quand j’étudie une langue étrangère, c’est apprendre les expressions idiomatiques. Cela fait plus de 15 ans que je parle anglais au quotidien et j’en connais évidemment beaucoup, mais j’en apprends régulièrement de nouvelles et je trouve cela très amusant et satisfaisant à chaque fois. Même en français, il m’arrive d’en apprendre de nouvelles de temps en temps.

Voici aujourd’hui quelques expressions qui contiennent le mot tête.

  • se prendre la tête

Quand on se prend la tête sur un problème, cela veut dire qu’on y réfléchit intensément, longuement et que ce n’est pas une partie de plaisir. Quand on se prend la tête avec quelqu’un, cela veut dire qu’on se dispute avec cette personne, qu’on a un désaccord plutôt important.

  • faire la tête : quand on fait la tête, on boude. On n’est pas content. On reste dans son coin et on ne parle à personne. On peut aussi dire plus familièrement : faire la gueule.

 

  • perdre la tête

Si on a perdu la tête, cela veut dire qu’on est devenu fou.

  • un coup de tête : quand on fait quelque chose sur un coup de tête, c’est que l’on n’a pas réfléchi auparavant, c’est une décision/action impulsive. J’aimerais avoir le luxe de partir en voyage sur un coup de tête !

 

  • se casser la tête : c’est se faire du souci. Et c’est aussi se fatiguer. Si quelqu’un vous dit : “Ne te casse pas la tête !”, il veut vous dire de ne pas vous fatiguer, de ne pas vous inquiéter.

 

  • avoir une idée derrière la tête

Si vous avez une idée derrière la tête, vous pensez à quelque chose secrètement. Vous avez peut-être des intentions secrètes que vous ne voulez pas (encore) partager avec les autres.

  • être tombé sur la tête : Si quelqu’un vous dit qu’il pense que vous êtes tombé sur la tête, il pense que vous êtes fou !

 

  • coûter les yeux de la tête

Si vous décidez d’acheter un château ou une Ferrari, cela va vous coûter les yeux de la tête. C’est-à-dire que c’est très cher. On dit aussi de quelque chose de cher que ça coûte la peau du cul, ça coûte un bras, ça coûte un rein, ça coûte un bras et une jambe, etc. Par extension, on peut y ajouter autant de membres et d’organes que l’on souhaite pour faire de l’humour.

  • faire quelque chose de tête : Si je fais une division de tête, cela veut dire que je n’ai pas besoin d’un papier et d’un crayon, je la fais mentalement.

 

  • piquer une tête

Quand je suis en vacances, j’aime aller piquer une tête dans la mer de bon matin, avant que d’autres personnes arrivent.

  • une tête à claques : C’est quelqu’un qui nous agace, nous irrite, nous exaspère, que l’on trouve déplaisant, à qui l’on aimerait bien mettre des claques !

  • se creuser la tête

Quand on se creuse la tête, c’est un peu comme quand on se la casse. J’ai beau me creuser la tête, je n’arrive toujours pas à comprendre comment résoudre ce problème. Je cherche, je cherche, je réfléchis encore et encore, mais rien !

 

  • en tête à tête

Quand on est en tête en tête avec quelqu’un, c’est qu’on est isolé des autres personnes. On peut dîner en tête à tête, avoir une conversation en tête à tête, etc.

  • avoir la tête ailleurs : quand on a la tête ailleurs, c’est qu’on pense à autre chose, on est distrait, préoccupé, amoureux peut-être. On peut aussi dire être dans la lune.

 

  • tête brûlée

Si vous êtes une tête brûlée, c’est que vous êtes le genre de personne qui se lance dans des aventures sans vraiment se poser de questions, sans penser au danger que vous pourriez courir.

  • tête en l’air : si vous êtes tête en l’air, vous oubliez peut-être parfois où vous avez rangé vos clés ou vous oubliez d’aller à des rendez-vous que vous avez organisé. Vous êtes distrait !

 

  • tête de mule

On peut avoir ou être une tête de mule. Dans les deux cas, on est quelqu’un de têtu, d’obstiné !

  • avoir la tête sur les épaules : si vous avez la tête sur les épaules, vous êtes quelqu’un de sensé, d’équilibré, vous agissez avec raison.

 

  • n’avoir ni queue ni tête

Quelque chose qui n’a ni queue ni tête, c’est quelque chose qui n’a pas de sens, pas de logique.

  • avoir la tête dans le cul : Les images pour illustrer cette expression très familière n’étaient pas très belles, alors je me suis abstenue. J’aurais pu aussi mettre une photo de moi après une nuit où j’ai mal dormi. Quand on a la tête dans le cul, c’est qu’on est à moitié endormi. On peut aussi le dire si l’on ne se sent pas très en forme.

Être lessivé

Quand je parle avec mes étudiants, j’aime beaucoup utiliser des expressions qu’ils sont peu susceptibles de connaître. Cela m’amuse beaucoup et ils peuvent ainsi enrichir leur vocabulaire d’expressions idiomatiques et/ou familières. Hier, je me suis fait une grande session à la salle de sport. A mon retour, une étudiante m’a envoyé un message et en lui répondant, j’en ai profité pour lui dire que j’étais lessivée.

J’aurais également pu lui dire que j’étais rincée. Que j’étais sur les rotules. Vannée. Vidée. Ereintée. Crevée. Claquée. Nase. Ou j’aurais pu lui dire d’une façon plus simple, pour qu’elle comprenne immédiatement : j’étais très fatiguée !