Vanessa Kayo

J’ai découvert cette humoriste sur Instagram et en la recherchant en ligne, j’ai appris qu’avant d’être humoriste, elle était prof de français !

J’aime ce qu’elle fait et j’ai décidé de partager aujourd’hui une courte vidéo d’un extrait de son spectacle, dans lequel elle annonce une problématique et fait un plan 🙂 Les anciens candidats au DALF et les aspirants devraient reconnaître la structure. Quand au langage utilisé, disons qu’il est très familier.

Ne vous embêtez pas avec les sous-titres autogénérés car c’est du grand n’importe quoi.

Début de la vidéo : Alors quand tu lui dis “j’ai pas envie”, le mec moche a cette réponse mythique : bah pourquoi ? Aaaah, t’aimes pas ça, c’est ça ? Oui, parce qu’en plus, je dois me justifier. D’accord. Donc, je ne veux pas avec toi, donc est-ce que j’aime ça ? Bah écoute, c’est une question très pertinente que nous allons développer ensemble : Aime-t-elle ça, la bite ? Ah bah c’est bien ça la problématique, on va pas se mentir…

Le racisme en France

Le weekend dernier, je mentionnais le podcast Kiffe ta race, et j’expliquais qu’en France, on est vite mal à l’aise quand on aborde le thème des races.

Diriez-vous que le racisme est systémique dans votre pays ? Est-il réservé à l’extrême-droite ?

Le mois dernier, j’ai fait travailler un étudiant avec cette vidéo, que j’avais trouvée très intéressante. Je ne connaissais pas cette autrice mais cela m’a donné très envie de lire son livre. Il n’est malheureusement pas disponible en version numérique. Il faudra que j’aille voir s’ils peuvent me le commander dans une librairie ici, ou que je me le fasse apporter par des amis qui viennent me rendre visite cette année.

Je n’ai évidemment pas la même expérience que Jo Güstin, car je suis blanche et la seule discrimination à laquelle j’ai été confrontée et le suis toujours, c’est le sexisme. Mais je n’ai aucun mal à comprendre ce qu’elle explique car j’ai des yeux et des oreilles et qu’ils fonctionnent très bien. J’ai grandi en France, et depuis que je travaille exclusivement comme prof de français, j’essaie de suivre les actualités françaises et de me tenir au courant de l’évolution de la société française. J’y suis retournée plusieurs fois depuis que j’ai quitté le pays et j’y ai des amis. Je le dis depuis toujours, le racisme est partout en France. Tout comme le sexisme.

Bien sûr, on trouve du racisme partout. J’ai vécu dans plusieurs pays, je l’ai remarqué partout. Mais est-ce une excuse ? Et la façon dont il est exprimé est-elle la même partout ? J’ai encore beaucoup à apprendre sur ce sujet, mais le peu de littérature que j’ai lue et mon expérience personnelle me poussent à croire qu’en France, le racisme est pire que dans beaucoup d’autres pays à majorité blanche. Ou peut-être que je regarde la France avec des yeux plus critiques car j’en viens. Mais comme l’explique le podcast Kiffe ta race, en France on veut nier la différence au nom d’un égalitarisme très français et par conséquent, on ne nomme pas les choses telles qu’elles sont et beaucoup se laissent endormir et choisissent de croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tout le monde est l’égal de son voisin en France, il n’y a pas de races, donc pas de racisme, et la vie est belle. Sauf que ce n’est pas du tout la réalité de la France ! Toutefois, ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ne s’instruisent pas et sont prêts à croire tout et n’importe quoi, tant que ça ne dérange pas leur petit confort, et finissent par laisser des commentaires sur YouTube tels que : “Tout cela est dans ça tête il ý à des gents qui sont mal dans leurs peaux partout dans le monde nous ne sommes pas plus racistes que les autres pays arrêter avec çà celà devien insupportable”. (J’ai laissé les fautes de français, vous pouvez vous amuser à les corriger)

Si le rythme de l’interview est un peu difficile pour vous, voici les questions de la journaliste pour vous aider. Essayez de comprendre les réponses !

  • Comment s’est passée votre intégration en France ?
  • Et tout ça est arrivé quand vous êtes arrivée en France ?
  • Alors, quand on lit votre livre, Sissi, votre personnage principal, elle a pour projet d’écrire un livre qu’elle intitulera « on est en France ici », une lettre d’adieu à la France. « J’irai à la rencontre de plusieurs Françaises non blanches et les interrogerai sur les rapports douloureux ou forcés qu’elles entretiennent avec l’institution France » Par rapport à ce que vous m’avez répondu à la première question que je vous ai posée, vous vous êtes donc inspirée de votre vécu pour écrire ce livre, mais quelle est la part d’autobiographie et de fiction dans ces cas-là ?
  • Vous vous attendiez à être racisée ? Je rappelle qu’une personne racisée est une personne qui subit le racisme systémique. Vous vous attendiez à ça ?
  • Tout ce qui vous a fait mal et tout ce sentiment de mal vivre en France dont vous parlez dans votre livre ?
  • Vous avez choisi, malgré tout ça, de vous faire naturaliser française. Comment réagissez-vous quand vous voyez ce qui s’est passé dimanche dernier, le rassemblement national qui arrive en tête des élections européennes, vous qui avez déjà vécu tout ça, qui avez quand même choisi de vous faire nationaliser française, vous en pensez quoi ?
  • Alors pourquoi finalement, vous avez choisi de vous faire naturaliser française ?
  • Vous avez mis du temps à accepter d’être lue par qqn d’autre que votre maman et que votre cousine. Qu’est-ce que qui a fait que vous avez eu ce déclic, que vous vous êtes dit, bon allez, ça y est maintenant je vais publier mes livres ?
  • Et par rapport à votre côté humoriste, vous parlez également de tous ces thèmes : le sexisme, l’homophobie, l’intégration, le racisme, vous avez l’impression que grâce à l’humour, certains messages passent mieux ? Vous le ressentez quand vous faites vos stand-ups ?
  • Vous avez envie de surprendre ?
  • C’était même pas voulu à la base ? Mais c’est grâce à l’humour que vous surprenez et que vous arrivez à faire passer des messages que vous voulez faire passer ?
  • Vous vouliez surprendre aussi avec votre couverture, cette mise en scène, c’était le but ?

Podcast : kiffe ta race

En ce jour de fête nationale française, j’aimerais parler d’un sujet sensible en France : la race.

Savez-vous qu’en France, il est mal vu de parler de race. D’ailleurs, à cette époque l’année dernière, le mot “race” a été supprimé de la Constitution française. Je n’ai honnêtement pas compris pourquoi. Pensaient-ils que si le mot n’était plus utilisé, le racisme disparaitrait ?

Savez-vous aussi qu’en France, il n’y a pas de statistiques ethniques ? Je vous laisse imaginer ma surprise quand je suis partie vivre aux Etats-Unis il y a de nombreuses années et qu’à chaque fois que je devais remplir un questionnaire administratif, je devais cocher une case pour indiquer que j’étais blanche. Je ne savais même pas quoi cocher la première fois car le terme qui me correspondait était “Caucasian”. Pour moi, ce mot évoquait les montagnes séparant l’Europe de l’Asie et je n’aurais jamais imaginé qu’il me décrivait. Mais j’ai appris que c’était ma race. Puis en Angleterre, je cochais en général “White (other)”, car il y avait une case “White British”. Mon mari, qui est britannique, a coché toute sa vie “mixed race”, avec parfois des précisions.

Le fait est donc que dans la culture anglo-saxonne, il est tout à fait normal de parler de race. En France, il y a un certain malaise autour de la question. C’est historique, c’est politique, je n’ai pas assez de connaissances pour bien en parler, mais ce que j’ai, c’est un sentiment très fort que la France est terriblement raciste (en plus d’être profondément sexiste) et que retirer le mot race de la Constitution ne va pas éradiquer le racisme, bien au contraire.

En plus du mot race, il y a un autre mot avec lequel les Français semblent avoir un problème : c’est le mot noir. Beaucoup ont du mal à prononcer ce mot pour désigner une personne noire. À la place, ils disent black. Je ne sais pas tout à fait pourquoi. Le mot fait-il peur ? Ont-ils peur d’être taxés de racistes s’ils le prononcent ? Il existe beaucoup de mots désobligeants dans la langue française pour qualifier les personnes non blanches mais noir… ?

L’année dernière, il y a presque un an exactement, je parlais d’identité française dans ce post. Et il y a quelques mois, j’ai découvert un podcast très intéressant qui aborde le thème des races et du racisme. Je n’ai pas encore écouté tous les épisodes, mais ceux que j’ai écoutés m’ont énormément plu : Kiffe ta race. Il est présenté par Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice française noire, et Grace Ly, bloggeuse, autrice et vidéaste française asiatique. Chaque épisode dure aux alentours de 40 minutes, qui passent trop vite à chaque fois à mon avis. J’aurais toujours envie de les écouter discuter de chaque thème plus longtemps.

Elles reçoivent des invité·es pour discuter de questions raciales, de représentations, de féminisme, d’intersection, etc., et c’est très informatif. Si vous avez envie de mieux comprendre la France, ce podcast pourra vous être très utile.

Voici un extrait de la description du premier podcast, avec lequel je suis entièrement d’accord :

Commentateurs sportifs français

Je ne m’intéresse pas au foot. Je ne m’intéresse pas au sport à la télé en général à quelques exceptions près. Je ne suis donc pas vraiment au courant de ce qui se passe dans le milieu sportif. Mais en ce moment se déroule la coupe du monde féminine de football et aïe aïe aïe mes oreilles quand j’écoute des programmes français. Les commentaires sexistes sont récurrents, même de la part de journalistes et animateurs que je trouvais plutôt sympas avant cette semaine. J’en crois à peine mes oreilles et je me dis que ce genre de réflexions ne passeraient pas du tout en Angleterre. Parce que les Anglais sont conscients, en général, que ce genre de discours est inacceptable et nocif à la société.

Mais ce n’est pas exactement de la coupe du monde que je veux parler. Je veux parler d’une histoire qui a eu lieu la semaine dernière. Je ne sais pas si les médias en ont parlé en dehors de la France. Vous avez peut-être entendu parler de “l’affaire Neymar”, ce joueur de foot brésilien qui joue pour Paris, qui est payé des millions pour taper dans un ballon (et qui apparemment est toujours blessé donc joue très peu, mais encaisse quand même les millions). Ce jeune homme aurait rencontré sur les réseaux sociaux une jeune femme brésilienne, vivant au Brésil, et l’aurait invitée à venir le rejoindre à Paris pour quelques jours. Cette jeune femme l’aurait ensuite accusé de viol. Je ne vais pas parler en détail des commentaires que j’ai entendus à la radio française, d’hommes et de femmes, mais encore une fois, j’ai eu mal aux oreilles. En gros, personne n’y croit, car Neymar n’aurait jamais pu faire ça (parce qu’évidemment les violeurs ont le mot violeur écrit sur leur front, c’est plus facile pour les reconnaitre), les millionnaires ne violent pas, et si elle a fait tout ce trajet, tous frais payés, elle était obligée de coucher avec lui, donc c’est impossible qu’il y ait eu viol. Belle mentalité, cette mentalité française, non ? Je ne sais pas ce qui s’est passé, et peut-être qu’il y a eu viol, peut-être que cette femme est une grosse menteuse, mais je ne comprends pas comment on peut s’improviser juge et déclarer qu’il n’y a pas eu viol, sans preuves, sans rien savoir, juste parce que c’est un mec célèbre. C’est rageant !

Mais quelque chose de plus spécifique qui m’a vraiment dégoûtée, ce sont les commentaires dégueulasses de deux commentateurs sportifs. Les médias français en ont parlé et la ministre de l’égalité s’est assurée que cela ne passerait pas inaperçu et ne resterait pas impuni. Dans cette vidéo, vous pouvez voir ces deux porcs discuter du fait qu’ils trouvent la fille moche. Le physique de Neymar n’est jamais évoqué, évidemment, et pourtant, je suis sure que je ne suis pas la seule à le trouver vraiment très bof. Mais il est riche, peu importe qu’il ne soit pas top model, son argent suffit pour qu’on estime qu’il mérite (oui oui, mérite) de coucher avec des filles de type mannequin. Dans la vidéo, on voit un des types demander à l’autre s’il a vu “la nana” avec une expression qui en dit long sur ce qu’il pense d’elle. Il continue en disant que “si tu fais venir une nana du Brésil, je m’attendais à ce que ce soit un avion de chasse intersidéral, t’es vachement déçu”. Pourquoi ?? En quoi la vie sexuelle de Neymar le concerne et devrait le rendre fier ou peut le décevoir ? L’autre dit que c’est de la deuxième division, que Neymar peut avoir tout ce qu’il veut mais qu’il a pris une ligue 2, que quand tu t’appelles Neymar, t’as un minimum de qualités (qu’est-ce que ça veut dire ?????) puis il continue avec des comparaisons de mauvais goût entre les femmes et le football. L’autre reprend en disant “tu vois ça débarquer et à l’arrivée tu te retrouves dans la merde…” Déjà, il parle d’une femme en disant “ça”, et donc, si elle avait été à leur goût, ça vaudrait la peine de se retrouver accusé de viol parce qu’au moins il se serait tapé une femme acceptable ???? Une femme “moche” ne peut pas être violée ? Si un homme couche avec elle, c’est un service qu’il lui rend et elle devrait dire merci ? C’est à vomir !

Ces hommes se trouvent malins, drôles, mais ce sont des porcs comme il en existe beaucoup et quand on voit les commentaires en ligne de tout le monde qui soutient Neymar et insulte cette jeune femme, c’est terrifiant. Peut-être a-t-elle menti et aucun des scénarios possibles ne me surprendraient. Comme le dit une de mes étudiantes brésiliennes, Neymar est un jeune idiot qui devrait apprendre à mieux protéger sa vie privée et s’il est innocent, que ça lui serve de leçon. Mais le traitement médiatique de cette histoire par les médias français est insupportable à mes yeux. Et à mes oreilles. Quand on voit ça, on se dit que le sexisme a encore de beaux jours devant lui en France, et heureusement que Marlène Schiappa veille au grain, malgré tout ce qu’elle se prend constamment dans la tête par… les médias, encore une fois. C’est la secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Elle ne laisse rien passer et elle est énormément critiquée, mais moi, elle me plait et j’espère qu’elle restera longtemps à ce poste et qu’elle continuera à se battre pour les droits des femmes et des minorités !

L’écriture inclusive

Il y a quelques semaines, j’écrivais un post pour parler d’un livre que j’avais adoré, au sujet de la domination du masculin dans la langue française. À la fin du post, je mentionnais l’écriture inclusive et le point médian.

Depuis ce post, j’essaie de m’éduquer et d’apprendre à utiliser le point médian. Ce n’est pas toujours facile car ce n’est pas automatique pour moi et en plus, ce n’est pas pratique car il faut que je joue du copier-coller, comme pour les majuscules avec accents, les ç majuscules, et je ne sais plus quoi d’autre. Les claviers français ne sont pas pratiques du tout, j’écrirai peut-être un post à ce sujet un jour !

Comme je le mentionnais brièvement dans le post mentionné plus haut, je n’étais pas super emballée par le point médian quand j’ai commencé à entendre parler de l’écriture inclusive. Je le voyais comme une complication inutile. Aujourd’hui, je pense bien différemment car je me rends compte des enjeux que l’écriture inclusive représente !

Les hommes ont voulu invisibiliser (j’invente des mots aujourd’hui apparemment, car mon dictionnaire ne connait pas celui-ci. Tant pis pour lui !) les femmes en décrétant toutes sortes de lois à travers les siècles (cf. le post mentionné plus haut + le livre mentionné dans ce post) qui assuraient que les femmes seraient beaucoup moins représentées dans la langue que les hommes, voire totalement absentes (cf. noms de métiers). Cela a donc énormément de sens de vouloir assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

Et je me dis que si les hommes sont passés par le langage pour tenter d’effacer les femmes, il est très logique de passer aussi par le langage pour atteindre l’égalité, non ? L’écriture inclusive a beaucoup de détracteurs, mais si c’était valable dans un sens, pourquoi ne le serait-ce pas dans l’autre ?

Il existe un site dédié à l’écriture inclusive si le sujet vous intéresse : https://www.ecriture-inclusive.fr/. Vous y trouverez des informations intéressantes, vous pourrez y télécharger le manuel d’écriture inclusive, et si vous vivez à Paris, il y a un atelier d’écriture inclusive le 27 juin de 9h30 à 11h30.

Je suis encore novice en écriture inclusive alors je risque de manquer de constance pendant quelque temps, mais j’espère comprendre comment bien l’utiliser bientôt et développer certains automatismes.

Plus de comptes Instagram en français

Il y a deux semaines, je donnais une petite liste de comptes Instagram en français que je trouvais intéressants. Depuis, j’ai commencé à en suivre d’autres. Si vous aimez le format Instagram, recevoir du français à petites doses, et pas toujours lire un livre entier ou regarder tout un film, jetez-y un oeil !

  • Coucou Les Girls : Compte tenu par Juliette Katz, féministe qui dénonce ce qui cloche dans notre société avec beaucoup d’humour. Elle poste des vidéos parfois et a une chaine YouTube.
  • oliviamooreinsta : comédienne que je trouve hilarante. Elle parle de parents, d’enfants, de réseaux sociaux, poste des vidéos super drôles ET sous-titrées !
  • _causette_ : compte du magazine Causette, magazine qui parle de femmes et de sujets pas souvent traités dans les autres magazines.
  • noemie.de.lattre : actrice féministe et engagée. J’aime beaucoup. (elle m’a été recommandée par une étudiante)
  • pepitesexiste : compte qui dénonce le sexisme et les stéréotypes dans la publicité.
  • douzefevrier : jeune femme grande brulée. J’ai lu un article qui parlait d’elle et je l’ai recherchée. Elle poste surtout des photos, mais elle a une chaine YouTube sur laquelle elle a posté des vidéos qui parlent de son accident et de sa reconstruction. Inspirante !
  • gardetesconseils : une collection de remarques et de conseils donnés à des parents ou futurs parents, par leur famille, leur médecin, leurs collègues, leurs voisins, etc. Hallucinant de bêtise ! Un exemple récent qu’une femme a entendu de sa belle-mère : Ta fille n’a pas de cheveux… tu ne dois pas lui donner assez d’eau.” On rigole, mais on est terrifié par la bêtise humaine en même temps.

Vous aurez bien compris que les comptes que je suis tournent tous autour de thématiques concernant les femmes, et je suis ravie de voir de plus en plus de solidarité féminine et que les femmes soient de plus en plus vocales. Il faut continuer à faire du bruit, beaucoup de bruit, si l’on veut voir de vrais changements dans la façon dont les femmes sont traitées dans le monde. Quand j’étais plus jeune, je croyais qu’on était tous égaux. Plus je vieillis, et plus je me rends compte que la route et encore bien longue pour que les femmes soient considérées comme les égales des hommes. On vit toujours dans un monde où les hommes décrètent des lois mettant des restrictions à ce que peuvent faire les femmes de leur propre corps. Nos droits sont si fragiles… Je suis très en colère mais tous ces comptes que je suis sur Instagram me font beaucoup de bien et me donne de l’espoir. Alors si comme moi, vous êtes en colère et que vous voulez vous sentir proches d’autres femmes qui refusent de se plier au système patriarcal, en français, ces comptes sont susceptibles de vous intéresser.

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Comptes Instagram en français

Cela ne fait pas très longtemps que j’utilise Instagram. Je ne suis pas une grande fan de réseaux sociaux car j’ai toujours pensé que c’était trop superficiel et ça ne m’a jamais intéressée d’avoir des amis Facebook ou d’étaler ma vie en ligne. Je ne savais même pas vraiment ce qu’était Instagram jusqu’à l’été dernier, quand mon mari s’est créé un compte et qu’un de ses amis a commencé à l’utiliser – et à en parler beaucoup trop pour que j’aie envie d’en créer un moi-même. Cet ami, que j’aime beaucoup par ailleurs et que je considère plutôt intelligent, me paraissait un peu fou à être tout excité quand il recevait des “likes”. Je ne parle pas d’un adolescent, mais d’un homme adulte. Je me suis gentiment moqué de lui à cette époque et on s’est mis d’accord pour ne pas être d’accord.

Je ne sais pas si c’est le fait d’être à nouveau loin de tout le monde qui m’a fait changer d’avis, mais je me suis créé un compte il y a quelques mois sur lequel je poste quand je voyage ou fais quelque chose qui sort de l’ordinaire. Mais surtout, je fais des “stories” amusantes pour amuser la galerie. Dans lesquelles je taquine beaucoup mon mari car je n’ai pas de vie sociale ici, et en attendant de me faire des copines, je rigole comme je peux. J’ai 20 “followers” que je connais personnellement et mon compte est privé. J’aime le format des “stories” qui disparaissent après 24 heures.

Puis, en janvier, j’ai créé un autre compte, professionnel celui-ci. J’avais envie de faire quelque chose de nouveau, quelque chose qui pourrait être utile à mes étudiantes de niveau avancé. Peu m’importe les “likes”, mais quand il y en a, je suis contente de penser que mon travail bénéficie non seulement à mes étudiantes, mais aussi à d’autres apprenants de français. Je bloque les personnes qui commencent à me suivre et qui ont des comptes que je trouve offensants. Une fois, il y a eu un type qui avait une bio en français à laquelle je n’ai pas tout compris tellement c’était truffé de fautes d’orthographe, mais il y avait des propos tellement grossiers que je n’ai pas réfléchi, je l’ai bloqué direct. Je n’ambitionne pas de devenir une influenceuse, alors peu m’importe le nombre de gens qui choisissent de me suivre, tant qu’il y a quelques personnes qui perfectionnent leur français grâce à mes posts !

Petit à petit, j’ai découvert les avantages que pouvait avoir Instagram. J’ai commencé à suivre des comptes de japonais. J’aime recevoir des informations à petites doses comme ça. C’est plus facile à lire et à retenir ! Et comme je ne suis pas à un niveau très avancé, il y a pléthore de comptes pour petits niveaux, j’adore ça. C’est souvent les mêmes informations qui reviennent, mais pour moi, c’est parfait, j’ai besoin de cette répétition. J’ai jeté un œil à certains comptes de français de gens qui ont “liké” mes posts et là pareil, il y a énormément de comptes pour débutants. Il y a aussi beaucoup de comptes qui m’ont fait mal aux yeux avec toutes leurs fautes d’orthographe. J’ai été sidérée de tomber sur un compte un jour où le langage utilisé pour enseigner le français était vraiment très grossier, repoussant et misogyne, en plus d’être plein de fautes, et de voir que le type avait des milliers d’abonnés. J’ai du mal à comprendre comment c’est possible, mais bon… Il avait “liké” un de mes posts et je crois que je l’ai bloqué, je ne suis plus très sure.

Donc, il y a du bon et du moins bon, comme partout, mais ce que je trouve très bon personnellement, c’est la digestibilité du format Instagram. Et aussi, certains comptes que j’ai commencé à suivre, comme celui de Jameela Jamil et son autre compte i_weigh, que je trouve extraordinaire et nécessaire à ce monde.

Et il y a aussi certains comptes en français, qui ne ciblent pas les apprenants de français mais qui sont écrits en français, que j’ai commencé à suivre, que je trouve intéressants et qui pourraient être une ressource à utiliser si vous voulez intégrer plus de français dans votre vie mais que vous n’avez pas beaucoup de temps. Un petit post par jour, c’est mieux que rien ! 😉

Voici donc quelques comptes que je trouve intéressants :

  • bordel.de.meres : un compte que je trouve génial, sur la charge mentale autour de la maternité. Pour toutes les femmes, avec ou sans enfants. On a toutes vécu des situations comme celles décrites dans les vrais témoignages de femmes postés sur ce compte. Il était grand temps qu’on en parle !
  • dans_la_bouche_dune_fille : un post = une phrase (témoignage d’une femme différente à chaque fois, à priori)
  • wondher : compte féministe – Les photos postées ne contiennent pas toujours de texte, mais la personne qui poste commente ses posts en dessous et c’est bien écrit.
  • artefr : compte Instagram de la chaine de télévision Arte, chaîne culturelle européenne – on y trouve des vidéos et des podcasts aussi.
  • france24 : l’actualité internationale en français – avec des vidéos également
  • franceculture : actualité et culture
  • lemotrocain : compte humoristique sur lequel la personne publie des photos prises par diverses personnes (au Maroc il me semble) sur lesquelles l’orthographe est douteuse, voire très douteuse. Le jour où j’ai découvert ce compte, j’étais dans un taxi et j’ai lu presque tous les posts, pliée de rire.

Il y a bien sûr plein d’autres comptes intéressants et adaptés à vos centres d’intérêts (les miens sont assez bien reflétés par ces comptes) mais je vais m’en tenir à ceux-ci pour aujourd’hui. N’hésitez pas à faire quelques recherches si vous pensez que ce format peut être intéressant pour votre apprentissage !

Bon weekend !

Vos profs de français vous ont-ils déjà dit que le masculin l’emportait sur le féminin ?

J’étais à l’école primaire dans les années 80 et à l’école secondaire dans les années 90. J’ai entendu pendant toute ma scolarité, pendant les cours de français, et de grammaire en particulier, cette phrase : le masculin l’emporte sur le féminin. C’est comme ça, c’est la règle. J’étais bonne élève, très bonne en grammaire et en orthographe et j’aimais les règles. Je les comprenais, je les acceptais telles qu’on me les donnait, sans les questionner, et j’avais toujours la meilleure note en dictée et de très bonnes notes en français. Quand j’ai commencé à enseigner le français, je répétais la même chose à mes élèves : le masculin l’emporte sur le féminin, c’est comme ça en français, c’est la règle. Si l’on a un groupe de personnes et qu’il y a 99 femmes et un homme, on doit dire ils, et s’il y a un adjectif ou un participe passé qui se réfèrent à l’ensemble de ces personnes, ils doivent être accordés au masculin pluriel.

Moi, pourtant si rebelle, je n’ai jamais remis en question cette règle. Je ne me suis jamais demandé si elle avait toujours été en vigueur. Je l’ai appliquée et je l’ai transmise maintes fois, de la même façon que je l’avais reçue.

Ce n’est que récemment que j’ai commencé à m’interroger et à creuser un peu. Avec l’évènement récent de la féminisation des noms de métiers enfin reconnue par l’Académie française, j’ai écouté des podcasts et lu des articles sur le sujet. J’ai recherché certain·es linguistes dont le discours m’intéressait et j’ai profité de la visite d’amis pour me faire apporter quelques livres que j’avais vraiment envie de lire et qui n’était pas disponibles sur Kindle.

Et la semaine dernière, j’ai lu ce livre qui m’a scotchée : non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! d’Éliane Viennot, historienne et professeure de littérature française, sous-titré : petite histoire des résistances de la langue française, et dans lequel j’ai appris plein de choses que je n’avais jamais apprises à l’école et qui sont pourtant extrêmement intéressantes et essentielles si l’on veut vraiment comprendre l’histoire de la langue française et des règles qui la régissent. Quand je pense au nombre de choses inutiles qu’on nous apprenait à l’école… Mais je me demande si mes profs savaient tout ce qu’il y a dans ce livre en fait. Il est fort possible que non.

C’est un petit livre de 130 pages que je vous recommande vivement si le sujet vous intéresse. Il se lit facilement et il est fascinant. L’autrice nous explique à quel point la domination du masculin dans la langue est politique. Elle ne préconise pas une féminisation de la langue, mais elle estime qu’il faudrait mettre un terme à sa masculinisation.

J’ai appris que le masculin n’avait pas toujours dominé la langue et que le féminin était autrefois bien plus visible qu’il ne l’est aujourd’hui, que ce soit dans le vocabulaire ou dans la grammaire. Avant que certains hommes et plus particulièrement ceux de l’Académie française ne s’en mêlent, les femmes étaient des autrices, des professeuses, des inventrices, des jugesses, des financières, etc. Et en fait, elles ont longtemps résisté aux règles que les hommes s’évertuaient à inventer pour les écarter de la langue, règles qu’ils déclaraient légitimes pour telle ou telle raison, sans réel fondement.

J’ai été abasourdie en lisant tout ça, et puis très vite, je me suis demandé pourquoi j’étais si surprise.

Je dis souvent que la France est un pays hyper sexiste, et bien qu’évidemment ce ne soit pas le pire pays au monde pour les femmes, je le trouve beaucoup plus étouffant que d’autres pays occidentaux. Et là, j’apprends que la France a été “pionnière dans les progrès de la domination masculine.” (p.24) À travers des lois telles que la loi salique, interdisant aux femmes de monter sur le trône, et à travers la langue, en déclarant le masculin le genre le plus noble et en éliminant de la langue les féminins des fonctions pour lesquelles les hommes ont estimé qu’elles devraient être désormais réservées aux hommes ! Aussi, en commençant à désigner les femmes comme le sexe faible.

À la page 58, elle nous parle de Sylvain Maréchal, militant politique et poète, qui, en 1801 a écrit un projet de loi pour interdire aux femmes d’apprendre à lire !!! Elle le cite : “Pas plus que la langue française, la raison ne veut qu’une femme soit auteur. Ce titre, sous toutes ses acceptions, est le propre de l’homme seul.”

La perniciosité de tout ça me fait vraiment bouillir à l’intérieur, mais en même temps, je suis enchantée que des livres comme celui-ci existent et que l’on parle de cette situation, que l’on y réfléchisse, que l’on comprenne pourquoi on en est arrivé là, et que l’on envisage l’évolution de la langue allant dans un sens plus égalitaire.

J’ai adoré lire ce livre, que je veux déjà relire, et j’ai beaucoup aimé la dernière partie qui parlent des enjeux actuels. Elle aborde dans le livre la question des accords, en nous expliquant que non, le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin et que la règle de proximité avait longtemps était de mise. C’est-à-dire que l’adjectif s’accordait avec le nom le plus proche dans la phrase, en cas de groupes contenant plusieurs noms de genres différents. Comme dans un exemple qu’elle cite page 108 : les coteaux et montagnes voisines. La règle d’aujourd’hui veut que l’on écrive “voisins”, mais elle tire cet exemple d’un livre publié en 1896 et nous rappelle que durant des siècles, on s’est exprimé ainsi, et qu’il serait donc facile d’y revenir car cela sonne juste à l’oreille. Je suis absolument d’accord. On pourrait alors écrire : des coteaux et montagnes voisines, ou des montagnes et des coteaux voisins.

Elle préconise plus de flexibilité dans l’usage de la langue, et pense que cela aiderait grandement à la simplifier. Elle m’a convaincue. J’applique la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin mais j’ai envie d’expérimenter un peu. Cependant, pour mes étudiantes qui passent les examens de DELF et de DALF, je dois faire attention dans le cadre de mon travail. Mais depuis quelque temps déjà, je parle de mes étudiantes au féminin, même si j’ai quelques étudiants de sexe masculin. La grande majorité de mes étudiants sont des étudiantes, alors quand je parle de l’ensemble, j’utilise le féminin. Mes étudiants hommes sont féministes de toute façon et soutiennent l’égalité à 100%. J’ai aussi envie d’essayer d’utiliser le point médian un peu plus souvent, même si c’est un peu compliqué avec mon clavier. Je dois faire du copier-coller en le trouvant sur Internet. Et c’est marrant, car quand j’ai commencé à entendre parler du point médian, je n’étais pas vraiment emballée. Mais plus je découvre l’histoire de l’évolution de la langue, plus j’ai envie de l’utiliser. Je ne suis pas sure de bien savoir m’en servir encore, mais je vais apprendre !

Je parlerai bientôt de la réforme de l’orthographe, aussi mentionnée dans le livre. Je sais qu’elle existe depuis 1990. Je venais de commencer le collège et je me souviens qu’une prof l’avait mentionnée, mais aucun prof ne me l’a jamais enseignée. Et je vous expliquerai pourquoi bientôt 20 ans plus tard, je ne la connais pas vraiment. Mais d’ici une semaine, je compte bien l’avoir assimilée et je vais m’appliquer à l’utiliser de façon régulière et constante. Et je vais commencer à écrire des posts à ce sujet pour vous informer et pour que vous puissiez vous aussi utiliser cette orthographe plus logique si vous ne le faites pas déjà.

L’humour sexiste

Selon notre culture et le pays où nous vivons, nous sommes confrontés au sexisme plus ou moins fréquemment. Dans toutes ses formes. Bien que je ne vive plus en France depuis de nombreuses années, j’ai gardé une certaine connexion avec le pays et la culture, en partie pour mon travail et aussi parce que j’ai des amis français, qui vivent en France et un peu partout dans le monde.

Après avoir rejeté tout ce qui était français pendant quelques années après mon départ, je me suis remise à écouter des émissions de radio françaises, je regarde des vidéos françaises en ligne, je lis des livres français, je lis les journaux français, je regarde des films français et j’essaie de me tenir au courant de ce qui s’y passe. Surtout pour le travail, mais aussi par curiosité. J’essaie de suivre l’évolution de cette culture qui me paraît parfois si étrangère et si familière à la fois.

Quand j’ai quitté la France, j’avais une multitude de raisons et je savais que je n’y revivrais jamais. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie, mais je savais que je ne voulais plus y vivre. Il y avait tellement de choses qui me déplaisaient que j’avais du mal à l’expliquer clairement aux autres. Bien sûr qu’il était préférable de vivre en France que dans des pays en guerre ou contrôlés par la mafia et les trafiquants de drogue, mais moi, j’étouffais en France. Et le sexisme ambiant était une de ces choses qui m’étouffaient horriblement.

Je vais généraliser ici, et bien sûr qu’ils ne sont pas tous pareils, mais de mon point de vue, l’homme français est très imbu de lui-même et quand il se comporte en gros lourd avec une femme, il pense qu’il est charmant et que s’il insiste, elle finira par être d’accord avec lui. Et il y a tous ces “humoristes” qui se trouvent hilarants en faisant des blagues sexistes pas du tout subtiles. Ils existaient alors et ils existent encore. Il suffit de voir tout ce que Brigitte Macron s’est pris dans la tête dès que son mari s’est retrouvé sur le devant de la scène. Et ça continue deux ans après. Puis il y a cette tribune ridicule publiée dans le Monde quand le mouvement #metoo a commencé. Je ne tenais pas ce blog à l’époque, mais mes étudiants en ont entendu parler ! J’étais furieuse ! Je me disais qu’il n’y a qu’en France qu’on ne veut pas voir la réalité en face et que des femmes écrivent dans un journal national pour défendre le droit des hommes à importuner les femmes. Où l’on pense que les frotteurs du métro, ce n’est pas un vrai problème. Où les médias défendent un agresseur sexuel (DSK, alors directeur du FMI et futur candidat à la présidentielle française), sous prétexte que c’est juste un Don Juan et que les Américains ne peuvent pas comprendre l’amour à la française. Aaaaaargh !

Je compare la France avec d’autres pays occidentaux seulement. Mais en même temps, je ne me suis jamais fait emmerder au Vietnam, au Cambodge ou en Thaïlande, comme j’ai pu me faire emmerder en France. Peut-être que le fait que je sois plus grande que la population locale aide, et bien que ce ne soit pas forcément des pays modèles en matière d’égalité, dans la sphère publique, je ressens une certaine sécurité que je ne ressentais pas et ne ressens toujours pas en France.

Ma perception de la France à travers mes amis, les podcasts, la radio, la télé, les journaux, les humoristes, et les quelques fois où j’y suis retournée (3 fois l’an passé quand même !) n’est toujours pas très positive. Il y a quelque chose de foncièrement dérangeant pour moi dans la mentalité française. Et j’en reparlerai sûrement un paquet de fois dans de futurs posts car la liste est longue et je ne sais pas si la journée suffirait à tout énumérer.

Mais cette semaine, j’ai écouté un épisode du podcast Les couilles sur la table, diffusé en février 2018, dans lequel Victoire Tuaillon interviewait Laurent Sciamma, humoriste dont je n’avais jamais entendu parler et dont j’aimerais entendre beaucoup plus parler ! Un homme qui reconnaît qu’il vit dans un monde dans lequel son statut d’homme (blanc) lui donne des avantages évidents et qui remet en cause l’ordre établi en se moquant gentiment du mâle alpha. Cela fait longtemps que les humoristes anglophones dénoncent le patriarcat, cela fait longtemps que le sexisme est mal vu dans le monde anglo-saxon (ce n’est pas pour ça qu’il n’existe pas, mais au moins, on le dénonce de plus en plus et de plus en plus fort) et j’espère que pour une fois, on n’attendra pas 10 ans pour faire comme les Américains et les Anglais !

Le podcast dure 38 minutes, si vous avez le temps. Et voici une petite vidéo de Laurent Sciamma qui se moque gentiment des réactions de certains hommes au mouvement #metoo :