Livre : Moi, Tituba, sorcière… Noire de Salem

Jusqu’ici, je suis très fière de moi car je tiens parfaitement ma résolution pour 2020. Le premier livre écrit en français que j’ai lu cette année, c’est un livre dont j’ai lu l’incipit sur le compte Instagram de Lauren Bastide, journaliste qui anime l’excellent podcast La Poudre. J’ai eu immédiatement envie de le lire.

J’ai découvert une autrice que je ne connaissais pas, dont je n’avais jamais entendu parler alors qu’elle a produit un œuvre conséquent et qu’elle a eu une carrière remarquable. Tituba a été écrit en 1986. Maryse Condé a terminé sa carrière comme professeure à l’université Columbia de New York, ce qui n’est pas rien quand même.

À travers ce livre, j’ai pu prendre la mesure de mon ignorance et du fait que l’on nous apprenait vraiment peu de faits intéressants à l’école et qu’on se gardait bien de nous présenter des auteur·e·s risquant de nous faire trop réfléchir. En cours d’histoire, tous les personnages historiques dont on nous parlait et nous vantait les mérites étaient des hommes. On nous vantait aussi les bienfaits de la colonisation, en passant sous silence la barbarie de cette époque. On apprenait surtout l’histoire de France, dans laquelle la traite négrière était évoquée vite fait, sans trop s’attarder. On évoquait l’histoire américaine mais je n’ai pas vraiment de souvenirs précis.

Plus tard, adolescente/jeune adulte, je regardais Charmed à la télé. J’ai toujours adoré les histoires de magie et de sorcières, de The Craft à Harry Potter. J’ai entendu mille fois parler des sorcières de Salem et de la chasse aux sorcières. Mais, j’ai un peu honte de l’avouer, je n’avais jamais compris que c’était vraiment arrivé, ni ce que les procès des sorcières de Salem avaient vraiment représenté. Jusqu’à la lecture de Tituba !

Dès que j’ai compris que le livre n’était pas que fictionnel, j’ai commencé à faire quelques recherches sur Internet et j’ai halluciné. Le livre de Maryse Condé est une fiction inspirée par le personnage de Tituba, esclave ayant réellement existé au 17e siècle qui a été l’une des trois premières accusées des procès en sorcellerie de Salem. Beaucoup des personnages de ce récit d’esclave ont réellement existé. Beaucoup des faits se sont vraiment passés.

Ce récit est d’une extrême violence, et le personnage de Tituba est d’une puissance extrême.

Ce livre m’a fait faire quelques pas de plus dans mon féminisme et j’espère continuer à avancer tout au long de cette année, grâce à toutes ces femmes qui disent des choses importantes depuis longtemps mais qui ont rarement été mises en avant et que je n’ai pas encore découvertes.

Voici l’incipit. Peut-être vous donnera-t-il autant envie de le lire qu’à moi (c’est une capture d’écran de mon Kindle, d’où la phrase coupée en plein milieu, désolée) :

Livre : Le Consentement

Hier, à la fin de mon post, je parlais de l’affaire Matzneff, dont tous les médias parlent en France depuis quelque temps. La raison pour laquelle de vieilles vidéos ressortent et qu’on reparle de ce criminel, c’est un livre qui vient de paraitre : Le Consentement, de Vanessa Springora.

Je me le suis évidemment procuré à mon retour de vacances. Je me suis couchée assez tard jeudi soir. Je venais de terminer un livre génial, dont je parlerai bientôt, et j’avais l’intention de lire quelques pages du livre de Vanessa Springora avant de dormir. Deux heures et quelques plus tard, je terminais le livre, en essayant de retenir mes larmes. Il était 3h du matin et j’avais cours à 8h. Pas grave, le weekend allait bientôt commencer.

Dans ce livre, Vanessa raconte son histoire, et plus particulièrement sa relation avec cet écrivain célèbre, pédocriminel notoire, rencontré à l’âge de 13 ans alors que lui en avait 50, et qui a abusé d’elle, avec son consentement.

C’est un livre horrifiant et poignant. Tout au long de la lecture, je me demandais quel était ce monde dans lequel nous vivions. Ce monde dans lequel tant d’adultes (parents inclus) savaient et n’ont rien fait pour protéger cette enfant. Tant de monde savait qui était cet homme puisqu’il écrivait ses crimes dans des livres, dont le fait qu’il se rendait à Manille aux Philippines et y payait des petits garçons pour coucher avec eux, et qu’il avait, en 1977, lancé une pétition pour rendre légales les relations sexuelles entre adultes et enfants (la liste des signataires de cette pétition fait froid dans le dos).

Tant de monde savait et personne n’a rien fait. Et je suis persuadée que ce n’est pas la dernière histoire de ce genre qu’on entendra, mais avec chaque femme (ou homme en fait) qui ose témoigner, le pouvoir de ces monstres diminue et j’espère vivre assez longtemps pour voir un jour un monde dans lequel ce genre d’abus ne sera plus possible et où l’argent, le pouvoir, la notoriété ne protègeront plus personne face à la justice.

Ce livre était tellement nécessaire à cette pauvre France qui est toujours en retard sur tout.

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Depuis mon retour de vacances, je regarde toutes les vidéos que je peux trouver autour de cette histoire, je lis tous les articles sur lesquels je tombe et j’écoute des podcasts qui traitent du sujet. Je recommande vivement l’épisode de Programme B d’ailleurs. Parfois je lis les commentaires sous les vidéos YouTube. Heureusement, pour une fois, il semble y avoir un consensus et personne pour défendre ce criminel. Cependant, il y en a toujours qui sont limités en termes de réflexion et qui me donnent l’impression que cela les dérange quand même un peu que ce pédocriminel soit enfin dénoncé pour ce qu’il est. J’ai lu plusieurs commentaires disant que si on le condamnait, il faudrait aussi condamner Brigitte Macron. La bêtise humaine me sidère. Cet homme n’a pas eu une seule histoire avec une ado. Il en a eu de multiples. Et non seulement avec des ados “consentantes” mais aussi avec des enfants en situation vulnérable aux Philippines, se prostituant pour aider leur famille à survivre. En quoi le cas de Brigitte Macron, qui a ma connaissance n’a pas collectionné les jeunes amants et n’a pas violé qui que ce soit ni pratiqué le tourisme sexuel dans des pays en voie de développement, est comparable au cas de ce criminel ??? Je ne connais pas les Macron personnellement évidemment, et je ne suis pas forcément pro-Macron politiquement, mais je suis assez certaine que l’histoire du couple Macron est une histoire d’amour. Et après toutes les vidéos que j’ai visionnées ces derniers temps, je suis encore plus convaincue que Matzneff hait les femmes (“une fille très jeune est plutôt plus gentille même si elle devient très très vite hystérique et aussi folle que quand elle sera plus âgée” – mots prononcés par ce pervers dans l’émission Apostrophes en 1990, en réponse à Bernard Pivot qui lui demandait pourquoi il s’était spécialisé dans les lycéennes et les minettes. 🤮)

Sinon, j’ai bien aimé cette vidéo.

Cet homme est indéfendable, mais certaines réflexions émises en ligne par des anonymes, mais aussi par des personnalités connues, me poussent à penser que sa chute soudaine, après une vie d’impunité, en dérange plus d’un. Reste à se demander pourquoi.

L'affaire du petit Grégory

Si vous n’avez jamais vécu en France, cette affaire ne vous dira probablement rien. J’ai grandi en France, et j’ai l’impression que j’ai entendu parler de cette affaire toute ma vie. J’étais toute petite quand cet enfant de 4 ans a été retrouvé noyé et ligoté, et je ne regardais pas les informations à l’époque, mais je me souviens qu’ils en ont parlé à la télé pendant des années.

Je n’ai pas de souvenirs très précis, mais je me souviens assez clairement que la mère de l’enfant avait été mise en cause à un moment, qu’il y avait des lettres anonymes, et à ce jour, 35 ans plus tard, le meurtre n’a toujours pas été élucidé.

Netflix en a fait une série documentaire, sortie au mois de novembre. Je n’avais pas l’intention de la regarder, mais comme plusieurs élèves m’en ont parlé et m’ont dit la trouver bien, je me suis dit que j’allais la regarder aussi.

Dès le début, je l’ai trouvée malaisante au possible. L’attitude de la presse est à peine croyable. Un enfant est mort, des parents souffrent, mais les journalistes ne pensent qu’à une chose : vendre une histoire, vendre des photos, sans aucun respect pour la souffrance de la famille.

Puis on a l’attitude du juge, de la police et des avocats qui ne vaut pas mieux.

À un moment, un journaliste, ou peut-être était-ce un flic, je ne sais plus, confie qu’un journaliste lui avait dit que ce serait une sacrée histoire si la mère était impliquée, une histoire que les gens aimeraient lire dans les journaux. J’ai cru que mes oreilles allaient se mettre à saigner.

Et au milieu du troisième épisode, on a un policier qui témoigne et qui raconte sa première rencontre avec les parents de l’enfant assassiné. Ceci se passe après que le juge a décidé de retirer l’affaire à la gendarmerie et de la confier à la police nationale. Ce flic explique donc que lui et ses collègues ont trouvé le père sympa et qu’ils ont immédiatement accroché avec lui. Par contre, la mère, elle portait un pull moulant et elle était attirante, et ça, ça lui donnait vraiment pas l’air innocent. Et là j’ai mis l’épisode en pause. Je résume ce qu’il a dit, mais je n’exagère rien. Troisième épisode, vers 26/27 minutes de la fin si vous voulez vérifier. J’étais en train de déjeuner et j’avais mis Netflix sur mon téléphone pendant que je me préparais à manger et j’avais continué à regarder en mangeant. J’étais en train de manger un brownie vegan et sans gluten plutôt délicieux et j’ai cru que j’allais le vomir.

J’ai fini l’épisode un peu après, mais je ne m’en souviens pas très bien. Je crois qu’ils accusaient la mère d’être tombée enceinte pour éviter la prison.

Bref, je n’ai aucune envie de continuer à regarder cette série, c’est juste beaucoup trop aberrant pour moi et comme je n’avais pas super envie de la regarder au départ, je ne vais pas me forcer. Je ne supporte plus d’écouter ces hommes débiter ces horreurs misogynes.

Je sais que je critique beaucoup la France et la mentalité française et que les gens en sont souvent surpris. Les Français un peu chauvins s’en vexent, comme si c’était personnel (si mes raisonnements les dérangent, c’est surement un peu personnel en fait). Les hommes français s’en offusquent beaucoup plus que les femmes en général, même si certaines femmes persistent à dire que j’exagère et continue à défendre une certaine “séduction à la française”. Les étrangers qui adorent, voire idéalisent la France s’en étonnent. Les étrangers qui ont vécu en France et/ou ont une connaissance solide de la culture française me comprennent mieux.

On pourrait dire que cette affaire date, mais pas tant que ça quand on y pense et le flic qui témoigne dans la vidéo, il dit ça aujourd’hui !! Pas il y a 35 ans. Comme si cela justifiait ce qu’ils ont fait subir à cette pauvre femme et à son mari.

Entre ça et l’affaire Matzneff (préparez un sac à vomi si vous regardez cette vidéo datant de 1990), 2020 commence bien ! Mais tout ceci confirme tout ce que je dis depuis toujours : le sexisme et la misogynie règnent en France depuis bien trop longtemps. Cela m’insupporte depuis toujours. Quand je vivais en France, on minimisait toujours ce que je disais, on ne me prenait jamais au sérieux quand je faisais remarquer des actes ou des paroles sexistes et misogynes. C’était toujours pour rire, c’était jamais méchant, je manquais d’humour, etc. Moi, j’étouffais dans ce pays. Il est temps que les choses changent ! Si vous regardez cette vidéo, vous verrez que la seule personne qui réagit différemment des autres est canadienne. Sur un plateau de télévision française, la seule personne qui trouve abject le fait qu’un homme de 50 ans couche avec des adolescent·e·s et en plus le raconte dans des livres n’est pas française. Les autres le trouvent formidables. Et encore aujourd’hui, des personnes le défendent !!!

Cette interview récente sur le cas Matzneff est intéressante et donne un peu d’espoir :

Et voici un article de la génialissime Fiona Schmidt qui nous fait remarquer que certaines choses sont quand même mieux maintenant qu’avant et je suis bien d’accord !

Pessimistes, les Français ?

Mon mari m’a dit un jour avoir lu un article disant que les Français était le peuple le plus malheureux et pessimiste au monde. Cela ne m’a pas surprise. Je dis toujours que les Français sont très négatifs.

On entend souvent dire que les Français sont râleurs. Et ce n’est pas l’actualité qui contredit cette affirmation.

Mon mari dit aussi que je suis aussi râleuse que mes compatriotes. Il n’a pas complètement tort, mais il ne parle pas français et ne comprend pas que je ne râle pas du tout à propos des mêmes choses ! Et si j’étais très pessimiste sur l’avenir du monde avant le mouvement Me Too, je le suis beaucoup moins maintenant. Mon pessimisme vient du fait que j’ai grandi dans un monde qui ne me plaisait pas. Trop macho, trop sexiste, trop misogyne, trop injuste, trop plein d’injonctions irréalistes pour les filles et les femmes. Petite, je pensais que ce serait différent en grandissant. Ado, je trouvais que le temps ne passait pas assez vite et je mourais d’impatience de devenir enfin adulte et libre pour pouvoir faire ce que je voulais dans un monde plus juste. Mais le monde était le même. Toujours sexiste et misogyne, et ma colère ne s’est jamais atténuée. Jusqu’à Me Too. Je suis toujours furieuse du traitement réservé aux femmes dans ce monde mais les choses ont commencé à changer, les discours ont changé, et la France va devoir suivre.

J’ai toujours aimé dire que j’étais à la fois pessimiste, optimiste, idéaliste et réaliste. Je crois que c’est toujours vrai. J’ai toujours détesté qu’on me colle dans une case. Je ne suis pas une seule chose, je ne ressens pas qu’une émotion, je suis pleine de contradictions comme tout être humain normalement constitué il me semble. Et j’ai toujours été à l’aise avec mes contradictions. C’est aux autres qu’elles ont toujours posé problème. Particulièrement en France. J’ai toujours été plus à l’aise dans le monde anglo-saxon où j’ai rarement eu l’impression d’être jugée comme en France et où la pensée m’a toujours semblé plus complexe et nuancée.

Alors oui, je râle beaucoup, parce que je refuse d’accepter qu’on traite les femmes comme des êtres inférieurs et ne rien dire, ça revient à accepter la situation, de mon point de vue. Et maintenant, je râle aussi pour qu’on arrête de traiter les personnes de couleur, les LGBT+, les gros, les handicapés, et toute personne qui ne correspond pas à la norme de ce monde dirigé par des hommes et façonné par des hommes blancs en grande majorité, comme des êtres inférieurs. J’ai pas fini de râler, mais je ne suis plus pessimiste comme j’ai pu l’être par le passé. Mon niveau d’optimisme n’a jamais été aussi élevé en fait.

Voici une petite vidéo (en anglais) qui traite du pessimisme des Français :

Les vacances sont presque finies

Ça y est, on est enfin en janvier et cela me réjouit. Je n’aime pas du tout la période des fêtes de fin d’année et le côté quasi obligatoire de faire “quelque chose” pour fêter ça.

Passer Noël en Inde avec des amis hindous était idéal pour moi. Il faisait beau, on était en bonne compagnie, et je me suis à peine rendu compte que c’était Noël. Le jour de l’an était plus évident car l’événement se reflétait dans le prix des logements. Payer 60€ une chambre d’hôtel qui en coute d’habitude 6 ne me disait rien, surtout que le nouveau prix ne voulait pas dire que la chambre serait différente, plus propre, sans insectes, etc. Pour 10 fois le prix habituel, vous pouviez avoir exactement la même chambre. Du coup, comme je n’avais aucune envie de payer 200€ pour une nuit d’hôtel et que j’avais réservé des billets d’avion flexibles, j’ai avancé mon retour et j’étais de retour à Bangkok pour le 31, que je n’ai évidemment pas fêté dans un bar cool, où il aurait fallu payer au moins 100€ pour avoir le privilège de boire des cocktails avec des inconnus qui m’auraient sans aucun doute bousculée, marché sur les pieds, renversé leur bière dessus, tout en remuant sur de la musique trop forte.

Au lieu de cela, je suis allée diner assez tôt avec mon mari dans un restaurant indien, car la cuisine indienne me manquait déjà et est parfaite si vous ne pouvez pas manger de gluten et qu’en plus vous êtes végane.

Puis on a passé la soirée chez nous, rien que nous deux, et c’était super. J’ai fini pompette et c’était très drôle.

Je ne prends jamais de résolutions pour la nouvelle année parce que ce n’est pas un concept qui marche pour moi (j’avais essayé l’an dernier, je n’en ai tenu aucune), mais cette année, je veux lire encore plus de livres qui parlent de femmes, de droit des femmes, de l’histoire des femmes, d’expériences de femmes, je veux lire plus d’écrivaines, découvrir plus de femmes exceptionnelles et j’espère voir le mouvement Me Too continuer à évoluer dans la bonne direction, plus de femmes puissantes prendre la parole pour dénoncer les injustices faites aux femmes et les injonctions impossibles de la société, et plus d’hommes prendre conscience de leurs privilèges et agir en véritables alliés des femmes. Je veux aussi lire et apprendre plus sur toutes les autres formes de discriminations dont j’avais en fait si peu conscience jusqu’à récemment, ou plutôt dont mes connaissances étaient très limitées et par conséquent la reconnaissance de mes propres privilèges également. J’espère que les mentalités françaises vont enfin évoluer mais quand je vois la première affaire qui fait scandale en France cette année, je me dis que la route va être longue. Voyez pour vous-même en lisant cet article de France Info. Il y est question de pédocriminalité et “d’artistes”. À vomir.

Je continuerai à partager mes lectures en français, les podcasts français que j’écoute, des articles, des artistes, et évidemment, je continuerai à m’inspirer de mes formidables étudiant·e·s pour vous parler de grammaire, de vocabulaire et de phonétique, entre autres.

Pour mes étudiant·e·s : je serai en Europe cet été et mes horaires seront donc différents pendant quelques semaines.

Bonne année 2020 !

Série : Mytho

Netflix m’a suggéré de regarder cette série récemment. Il a mis du temps, mais je crois qu’il a enfin compris que j’avais tendance à regarder tout ce qui sortait de France ou de la francophonie.

J’ai donc commencé à regarder cette série un vendredi soir et elle m’a plu dès le premier épisode. Mais contrairement à d’autres séries, je n’ai pas pu la regarder d’une traite, bien qu’elle ne contienne que 6 épisodes. C’était trop intense pour moi. J’ai dû étaler le visionnage sur plusieurs jours.

On voit cette femme, mère de 3 enfants, qui exerce un travail ennuyeux à mourir, avec un patron horrible, et qui vit la vie de beaucoup de femmes quand elle rentre chez elle, où elle commence son deuxième travail non rémunéré, pour lequel elle n’est évidemment pas appréciée : cuisine, rangement, ménage, etc. Elle est épuisée et au bord du burnout. Pour couronner le tout, le père de ses enfants la trompe et elle s’en doute. Et un jour, elle décide de lui dire qu’elle est malade. Un petit mensonge qu’elle n’avait ni prévu ni l’intention de faire durer. Mais à partir de là, tout change et son mensonge va lui échapper.

J’ai trouvé les acteurs plutôt très bons et crédibles. Et bien que je n’approuve pas son mensonge, je comprends tellement comment elle a pu en arriver là et perdre le contrôle. J’avais de la peine pour elle et vu comment le dernier épisode s’est terminé, j’imagine qu’il y aura une deuxième saison.

6 épisodes d’environ 45 minutes pour pratiquer votre compréhension orale.

Blog féministe

Si vous êtes toujours à la recherche de contenus en français et que vous n’avez pas toujours le temps de lire un livre, il existe de nombreux blogs en plus d’Instagram et autres réseaux sociaux.

Un que j’aime particulièrement, c’est celui de Fiona Schmidt, journaliste féministe engagée et rigolote, dont j’ai découvert l’existence en début d’année et dont j’avais déjà parlé ici.

Elle y parle de charge mentale, de charge maternelle, de règles, de contraception, de féminicides, et plus généralement de féminisme. Je suis super fan de la personne et de son travail, j’adore la lire et je l’ai écoutée dans deux podcasts cette année (ici et ici), et je sais pas ce que ça dit de moi que je la trouve si fantastique car je lui trouve énormément de points communs avec… moi. 🙂 Elle est plus drôle et écrit mieux, mais elle a fait des choix de vie très semblables aux miens et dès qu’elle dit quelque chose, je suis complètement d’accord. J’ai aussi l’impression qu’elle a passé plus de temps que moi à réfléchir à toutes ces questions féministes et arrive à formuler ses pensées plus clairement et beaucoup plus calmement que moi. Moi, j’ai encore du mal à garder mon calme et à me retenir d’insulter les gens qui pensent que les femmes doivent absolument avoir des gosses, rester à leur place, ne pas faire trop de bruit, ne pas avorter, faire la cuisine, faire le ménage, qu’elles sont des hystériques quand elles n’apprécient pas les “compliments” d’inconnus dans la rue, etc.

Je suis moins souvent confrontée au sexisme ordinaire ici car je sors peu, je ne me suis jamais fait ennuyer dans la rue (on me regarde parfois avec insistance, mais c’est pour mon côté étranger plutôt que mon côté femme je pense) et je suis en général avec mon mari. Mais ça ne veut pas dire que je ne rencontre jamais d’idiots que j’ai envie de gifler. Pas plus tard que la semaine dernière, un homme, un Français, m’a dit qu’il faudrait que mon mari ait plus de contrôle sur moi. Le type, je ne le connaissais de nulle part, et je venais de lui expliquer ce que je faisais comme boulot, que je ne voulais plus travailler pour des écoles qui n’apprécient pas le boulot des profs et que j’aimais ne pas avoir de patron et être libre d’organiser mon boulot et ma vie comme je le souhaitais. Et il s’est permis cette réflexion super déplacée et je me suis sentie bouillir à l’intérieur. J’avais tellement envie de lui hurler dessus (de lui en coller une pour être honnête en fait), mais j’ai au moins fait ce progrès (est-ce un progrès ?), je parviens à contenir ma colère en public. Puis j’ai bu, beaucoup trop, pour oublier. Et à la fin de la nuit, je n’avais pas oublié, j’étais ivre et toujours furieuse, mais j’ai pris mon téléphone dans le taxi et j’ai parcouru le compte Instagram de Fiona et ça m’a fait du bien. La France a désespérément besoin de femmes comme elle (et d’autres dont je parlerai plus en détail bientôt) car les mentalités évoluent si lentement. Et même quand ils ne vivent plus en France depuis plusieurs années, ils exportent apparemment cette culture réactionnaire. 🤮

Petite consolation : j’ai discuté avec une Japonaise en fin de nuit, et j’ai un peu oublié notre conversation, mais mon mari, qui lui n’était pas ivre, m’a dit que quand elle avait mentionné vouloir un copain français, je lui ai fait le portrait le plus négatif qu’il soit possible de faire des hommes français. Apparemment avec de grands gestes et un visage horrifié.

Bien sûr, tous les hommes français ne sont pas comme cela, mais il est indéniable qu’il y a une façon de penser et de concevoir le genre et les rôles de chacun bien spécifique à la France et j’admire toutes ces femmes qui luttent au quotidien pour faire changer les choses en France. Fiona est l’une d’elle. Si ces thèmes vous intéressent, vous pouvez vous abonner à sa newsletter et la suivre sur les réseaux sociaux.

Laurie Peret

Je suis tombée sur cette humoriste par hasard sur YouTube et je l’ai trouvée très drôle, alors j’ai regardé quelques-unes de ses vidéos et j’ai immédiatement pensé à partager avec vous. Si Katherine Ryan (que je trouve hilarante) vous plait en anglais, il y a des chances que Laurie Peret vous plaise en français. Moi, j’aime son style et cette vidéo m’a fait pleurer de rire.

Femmes voilées et sorties scolaires

J’ai écouté ce podcast la semaine dernière, un matin où je m’étais réveillée trop tôt et espérais me rendormir en écoutant quelque chose, mais je l’ai trouvé si triste et si révoltant que je n’ai pas pu retrouver le sommeil.

Trois mères témoignent du traitement qui leur est réservé par les écoles de leurs enfants. On leur interdit d’accompagner leurs enfants en sorties scolaires parce qu’elles portent un foulard sur la tête. On leur dit qu’elles peuvent venir si elles enlèvent leur foulard. Jusqu’au ira la bêtise de ce pays ? Si une mère ayant perdu ses cheveux suite à une chimio ou autre condition médicale portait un foulard sur la tête, lui interdirait-on d’accompagner ses mômes ? Lui demanderait-on de retirer son foulard ?Probablement pas. Si une femme blanche portait un foulard car c’est la mode, lui demanderait-on de l’enlever ? Probablement pas non plus. Qu’est-ce que ça peut bien leur faire si une femme porte un foulard sur la tête. Cette interdiction est du pur racisme et je ne comprends pas que les gens ne se révoltent pas plus que ça en France. Je ne comprends pas non plus les personnes qui soutiennent cette décision sous prétexte que le foulard opprime les femmes. Ne voient-elles pas l’ironie de leur argument ?

Je ne suis pas croyante et je ne comprends pas vraiment les religions. Mais je suis absolument contre l’oppression des femmes et contre le fait qu’on dicte aux femmes ce qu’elles doivent faire, comment elles doivent se comporter, comment elles doivent s’habiller. Je suis contre le fait qu’on traite ainsi des mères et leurs enfants. C’est juste effarant.

Il y a eu un incident récemment lors d’une sortie scolaire, durant lequel un politicien d’extrême-droite a fait un scandale car une des mères accompagnatrices portait un foulard. Il semblerait que tous les médias ait reporté cette histoire et c’est devenu un débat national. Il y a des débats à la radio, à la télé, et bien sûr, aucune femme qui porte le foulard n’est jamais invitée à s’exprimer (telle est la situation au moment où j’écris ce post)…

Quand vont-ils foutre la paix aux femmes et s’occuper des vrais problèmes de ce pays ??? Aaaaaargh !

Les témoignages de ces femmes sont poignants. Si vous avez 30 minutes devant vous, écoutez le podcast !