La librairie des femmes

Mes étudiants le savent tous et si vous lisez ce blog régulièrement, vous le savez aussi : pour moi, la cause des femmes veut dire beaucoup. C’est aujourd’hui le 8 mars et je veux parler de femmes en ce jour symbolique.

J’ai toujours été dérangée par le traitement réservé aux femmes partout dans le monde, et depuis qu’enfin on en parle vraiment grâce au mouvement #metoo, et que je n’ai plus l’impression qu’on se moque complètement de nous, j’ai envie d’en savoir plus, et j’ai passé beaucoup de temps à me renseigner et à analyser ma propre attitude.

J’écoute des podcasts féministes (un podcast à soi, les couilles sur la table, quoi de meuf, etc. en français, et d’autres en anglais), je lis des livres féministes, j’écoute les différents discours tenus par les personnes publiques du monde entier et je fais attention à ce que disent les gens lambda autour de moi. Cette semaine, j’ai écouté pas mal d’interviews de Jameela Jamil et commencé à la suivre sur Instagram. Je la connaissais depuis la série The Good Place, mais je ne savais pas que c’était une activiste féministe. J’adore l’écouter parler car elle est pleine de sens commun et je crois vraiment qu’elle détient un certain pouvoir pour aider à faire évoluer les mentalités.

Quand je pense à ma propre attitude, au nombre de fois où j’ai pleuré devant mon miroir parce que je me trouvais trop grosse (alors qu’en fait, je n’ai jamais vraiment été grosse), au langage que j’ai pu utiliser avec les enfants avec lesquels j’ai travaillé pendant des années (“arrête de pleurer, on dirait une fille” (oui, j’ai honte), les adjectifs différents utilisés pour les petites filles et les petits garçons (fort / belle, etc)), je me dis que la société patriarcale avait bien réussi, malgré mon caractère fort et rebelle, à me faire penser d’une certaine manière, sans vraiment réfléchir. Et je me dis que si moi, rebelle et en colère contre le système depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai pu me laisser influencer ainsi, ce n’est pas surprenant que beaucoup de femmes soient aussi peu féministes et entretiennent la société patriarcale telle qu’elle est, en tenant des propos et en ayant des comportements qui vont contre leurs intérêts.

Je pense vraiment que nous sommes dans une période de changement. Je suis persuadée que les nouvelles générations (de filles et de garçons) sont de plus en plus féministes, prennent de plus en plus conscience des inégalités entre les hommes et les femmes et vont de moins en moins accepter que les femmes soient traitées comme des humains de seconde catégorie. Il y a encore beaucoup à faire, mais grâce aux personnes publiques qui s’expriment fortement sur le sujet, à mon avis, on va pouvoir commencer à passer à la vitesse supérieure et arrêter de penser que parce que l’on a obtenu le droit de vote en 1944 (en France) et le droit à l’avortement en 1975 (toujours en France), on a atteint l’égalité.

En repensant à ma vie, à mon éducation, aux discours qui ont été tenus autour de moi durant ma jeunesse, et à comment j’avais évolué, j’ai pris conscience d’énormément de choses. Mon obsession avec la minceur et mon regard sur les femmes plus grosses, par exemple, j’ai seulement récemment pris conscience que c’était terriblement anti-féministe. J’ai commencé à vraiment le comprendre en écoutant le troisième épisode d’un podcast à soi, et je suis toujours en train d’essayer de gérer cette nouvelle prise de conscience. Ce n’est pas évident, mais je sens que c’est libérateur.

Je lis de plus en plus de livres écrits par des femmes. Et je me suis rendu compte qu’à l’école, on nous faisait étudier quasiment exclusivement des livres écrits par des hommes. Je n’y avais jamais pensé avant ! J’étais en section littéraire au lycée, donc dans la filière où on lisait le plus et étudiait le plus d’auteurs. Et à part La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, je n’arrive pas à me souvenir d’un seul autre livre écrit par une femme qui était au programme. Je me souviens de Molière, Racine, Corneille, Flaubert, Zola, Balzac, Stendhal, Maupassant, Voltaire, Diderot, Camus, Proust, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Gide, Chateaubriand, Rabelais, Rousseau, et plein d’autres en fait. Mais à part Madame de la Fayette, pas une auteure dans la liste. J’avais lu George Sand (pseudonyme masculin d’une romancière du 19ème siècle) et adoré La Petite Fadette vers l’âge de 12 ans, mais ce n’était pas au programme du cours de français.

N’y avait-il aucune femme digne d’être étudiée en cours de français et de littérature ? Qui choisit les livres à présenter aux élèves ? Quel message cela fait-il passer aux jeunes gens qui étudient ces œuvres ? Que les femmes n’écrivent pas ? Que ce que les femmes écrivent n’est pas assez important et intéressant pour qu’on l’étudie ?

Après une recherche rapide sur Internet, j’ai l’impression que les choses n’ont pas vraiment changé depuis que j’étais à l’école (j’ai eu mon bac il y a plus de 20 ans quand même !) J’ai trouvé une liste de livres conseillés pour l’été par un certain lycée parisien très réputé, datant de l’été dernier. 5 auteures pour 55 auteurs…

J’ai lu pas mal d’auteures : Margaret Atwood et Lionel Shriver sont deux de mes préférées. J’ai passé mon enfance à lire et relire les livres de la Comtesse de Ségur, les aventures d’Alice détective de Caroline Quine et le Club des cinq d’Enid Blyton. Et bien sûr, la liste de livres écrits par des femmes que j’ai lus est bien trop longue pour que je la partage ici, mais je me rends compte malgré tout que je suis très peu consciente des auteures qui ont existé à travers les siècles (ce que j’essaie de corriger) et je sais très bien que les personnes qui refusent de voir un problème avec la société patriarcale seraient capables de dire que les femmes n’écrivaient pas parce qu’elles avaient d’autres choses à faire et que celles qui écrivaient n’étaient pas intéressantes. Ou quelque chose allant dans ce sens. Mais si c’était le cas, que les femmes n’écrivaient pas autant que les hommes, on pourrait peut-être se demander pourquoi, non ? Et si l’on jugeait inintéressant ce qu’elles écrivaient, on pourrait aussi se demander pourquoi. Qui décidait et décide encore aujourd’hui de ce qui est intéressant ? De ce qui a une valeur littéraire ? Moi personnellement, j’ai toujours détesté Baudelaire et je n’ai jamais compris pourquoi on en faisait tout un flan de ses Fleurs du Mal. Je n’ai jamais aimé ou été touchée par Verlaine ou Rimbaud. Qui a déclaré que c’était des génies ? J’ai adoré lire Stendhal et Flaubert, mais à part Thérèse Raquin, je n’aime pas l’oeuvre de Zola que je trouve ennuyeuse à mourir. J’adore Vian, Prévost et Molière, mais je n’ai jamais réussi à lire plus de quelques pages de Proust sans m’endormir. Tout ça est tellement subjectif, mais les intellectuels français (je suis moins au courant de ce qui se passe ailleurs dans ce domaine) me paraissent tellement prétentieux dans leur façon d’aborder la littérature et d’affirmer qui est bon écrivain et qui est mauvais, qui a du génie et qui n’en a pas. Et la société française me paraît aussi terriblement machiste, dans l’absolu et en comparaison aux autres pays dits développés. Et j’ai le sentiment que ces deux choses se sont pas complètement sans rapport, même si j’ai encore besoin de réfléchir, de lire et d’analyser. Mais je pense que tout est connecté et que ce sujet est très très complexe. Mais il faut en parler pour éveiller les consciences et pouvoir espérer un changement.

Et maintenant, à travers les podcasts que j’écoute, les articles et les livres que je lis, je découvre de plus en plus d’auteures et j’ai même découvert qu’il existait une librairie des femmes depuis 1974 à Paris. Dans cette librairie, on trouve principalement des livres écrits par des femmes. Vous pouvez lire son histoire ici et découvrir des livres et des auteures dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Et vous pouvez lire l’histoire d’Antoinette Fouque, femme extraordinaire dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à récemment. C’est elle qui a ouvert les librairies des femmes à Paris, Lyon et Marseille. Elle était une figure emblématique du MLF (Mouvement de Libération des Femmes), très engagée pour faire changer la société et lutter contre la misogynie. Elle a contribué à une certaine évolution de la société, mais d’après moi, pas autant qu’elle l’aurait pu car elle n’avait pas assez de gens qui étaient prêts à se mouiller et prendre son parti. Elle était activiste avant l’ère #metoo…

Mais aujourd’hui, si toutes les femmes privilégiées, celles que l’on écoute, celles qui ne risquent pas leur vie, s’unissaient pour dénoncer les injustices faites aux femmes et si les hommes féministes faisaient entendre leur voix un peu plus fort, on pourrait voir un vrai changement avant trop longtemps, à mon avis.

Bonne journée du 8 mars !

Académie française et féminisation des noms

Hier matin, comme souvent le matin en me réveillant, j’ai allumé mon téléphone et j’ai regardé vite fait les titres des journaux sur mon app avec laquelle je fais de la veille, pour voir s’il s’était passé quelque chose d’intéressant pendant que je dormais. En général, rien n’attire vraiment mon attention, mais là, un titre a retenu toute mon attention : Féminisation des noms : petite révolution à l’Académie française.

J’ai envie de dire : c’est pas trop tôt !

Ces vieux bonhommes que sont les académiciens ont enfin accepté de reconnaître que les femmes occupaient une vraie place dans la société, qu’elles pouvaient bien exercer le métier qu’elles souhaitaient, et que la langue devait refléter ce fait.

Apparemment, il y a des siècles, la langue française était beaucoup plus souple et la féminisation des noms était tout ce qu’il y avait de plus normal. Puis, au 17ème siècle, l’Académie a décidé de condamner l’usage des noms de métiers féminisés, comme le dit l’article, pour “renforcer les pouvoirs du masculin dans la langue”.

Et aujourd’hui, on reconnaît enfin aux femmes le droit d’avoir une place dans la langue, à égalité avec les hommes.

Moi je dis hourra ! Que ça continue comme ça ! Ils ont même poussé jusqu’à ne pas établir de liste nous dictant quels mots étaient acceptables ou pas. On va se baser sur l’usage. Il y a quelques mois, une de mes chères étudiantes me demandaient si l’on devait dire autrice ou auteure et je lui avais répondu “auteure”, car je n’avais jamais entendu “autrice” et le mot me semblait étrange. Après quelques recherches, j’avais trouvé qu’il existait mais je n’étais pas fan. Depuis, je l’ai entendu maintes fois et je l’aime ce mot maintenant. J’aime tous les mots qui incluent les femmes dans la langue française et qui leur donnent donc une vraie place dans l’esprit des gens et dans la société.

La féminisation de la langue est un véritable sujet politique et si le sujet vous intéresse, vous pouvez écoutez le podcast très intéressant qui se trouve sur la page de l’article et ici aussi, sur l’histoire de la féminisation des mots. Vous entendrez au début une scène qui s’est passée en novembre dernier au Sénat, et qui m’a fait halluciner. Au début, je pensais que ça se passait dans les années 70 ou 80. Mais non, c’était en 2018. En France. Où l’égalité hommes-femmes semble être un sujet qui dérange beaucoup. Les hommes surtout.

Avez-vous entendu parler de la ligue du LOL?

Moi, j’en ai entendu parler pour la première fois il y a à peu près deux semaines, par hasard, en lisant des posts sur un compte Instagram qui parle de femmes, de féminisme et de sexisme. J’y ai lu, entres autres, un message d’excuse d’un des membres de la ligue du LOL et je dois dire que j’étais sciée, car c’était les excuses les plus nulles que j’aie lues ou entendues de toute ma vie. Pourtant j’ai travaillé avec des enfants pendant plus de 10 ans, et ils sont sacrément doués en excuses nulles. Et je n’utilise pas le superlatif à la légère.

Depuis, j’ai lu pas mal d’articles sur le sujet et surtout écouté des podcasts. Rien ne m’a vraiment surprise mais ça ne veut pas dire que ça ne m’ait pas mise en colère et dégoûtée. Je sais dans quel monde on vit. Je sais depuis toujours qu’on vit dans un monde dirigé par les hommes. Et je prends de plus en plus la dimension de l’homme blanc en fait. J’ai toujours su et détesté que les femmes soient considérées comme inférieures, souvent réduites à leur apparence physique, et j’ai toujours trouvé le racisme ou toute sorte de discrimination ridicule. Cependant, je n’avais pas mesuré à quel point d’autres groupes que les femmes pouvaient ressentir la même colère et la même frustration et que celles-ci étaient très souvent générées par l’attitude des hommes blancs hétérosexuels qui se considèrent supérieurs à tout ce qui n’est ni homme ni blanc ni hétéro (ou pas assez mâle à leurs yeux).

Cette histoire de la ligue du LOL est vraiment dégueulasse. C’est un groupe d’hommes, une trentaine d’entre eux, blancs et hétéros à ce que j’ai cru comprendre, journalistes et publicitaires, influents, qui ont pratiqué le cyber-harcèlement pendant des années. Comme des gamins dans la cour de récré, sauf que c’était des adultes, et qu’ils ont essayé de ruiner des vies juste pour leur petit plaisir personnel. Juste parce qu’ils en avaient le pouvoir. Les témoignages de femmes que j’ai écoutés sont accablants. Il y a aussi quelques hommes qui ont subi ce harcèlement. Ce groupe s’est avéré être non seulement sexiste, mais aussi raciste, grossophobe, homophobe, psychophobe (ça veut dire qu’ils ont aussi un problème avec les personnes souffrant de maladies mentales), et j’en oublie sûrement. La plupart de leurs victimes étaient des femmes, et certaines d’entre elles sont racisées, et l’une d’entre elle est bipolaire. La méchanceté et la cruauté de ces hommes est tellement abjecte que j’ai du mal à comprendre comment rien n’a été fait plus tôt. Parce qu’apparemment ça se savait dans le milieu des médias. Encore une fois, je me demande pourquoi les gens capables de changer les choses et de rendre ce monde meilleur ne se bougent pas les fesses pour le faire et préfèrent ignorer le problème en espérant qu’il passe tout seul. Parce que ces personnes sont des hommes blancs peut-être… bien confortables dans ce monde qui leur donne tous les avantages. À quand un véritable changement, un monde vraiment égal pour tous ??? Y en a marre ! Comment peut-on espérer que les choses évoluent pour les femmes dans certains pays où elles ont peu de droits, voire aucun, quand les hommes de chez nous se conduisent comme de tels porcs ?

Si vous voulez lire un peu sur le sujet ou écouter des podcasts, voici quelques liens :

« La Servante Écarlate » et les droits des femmes dans le monde

Ce texte a été écrit par une de mes étudiantes qui travaille au niveau C1 mais qui ne souhaite pas passer le DALF. Elle apprend le français pour le plaisir depuis 2015. J’ai corrigé quelques petites erreurs et l’ai aidée à reformuler une ou deux phrases, mais c’est elle qui a fait le plus gros du travail ! On pourrait encore l’améliorer en variant un peu plus les verbes et les structures, et en utilisant des synonymes pour les mots un peu simples, mais je trouve que c’est déjà plutôt très bien comme ça, non ? Êtes-vous capable d’écrire ainsi ?

O nome dela é Jennifer / Eu encontrei ela no Tinder / Mas ela faz umas paradas / Que eu não faço com você

« Son prénom est Jennifer/ Je l’ai trouvée sur Tinder/ Mais elle fait des choses/ Que je ne fais pas avec vous »

Ah, le Carnaval ! Tous les ans c’est la même chose !  Il y a une chanson, une mélodie qui a beaucoup de succès. Cette année, on a ce petit bijou de la musique, « O nome dela é Jennifer ». À travers les paroles, on peut déduire que l’homme a une copine, mais qu’il s’est inscrit sur Tinder parce qu’apparemment sa femme refuse de faire « des choses ». Le compositeur, dans une interview, a raconté que cette idée lui était venue parce qu’un de ses amis était avec une femme grosse et, honteux, a justifié qu’il l’avait trouvée sur Tinder. Et qu’elle n’était pas belle, mais faisait des choses que les autres refusaient de faire. Quelle poésie !

Les musiques du Carnaval sont habituellement sexistes. Les gens disent que ce n’est pas important, qu’elles servent à s’amuser, à divertir. Alors, où est le problème? À mon avis, il y a un véritable problème !

Mais quelle est la relation entre les chansons sexistes et le livre « The Handmaid’s Tale » (« La Servante Écarlate » en français), écrit en 1985 par Margaret Atwood ? Ce livre, une dystopie, décrit une théocratie fondamentaliste chrétienne dans laquelle les femmes ont perdu tous leurs droits et appartiennent aux hommes. Elles ont des rôles spécifiques, ne peuvent pas sortir librement, ne peuvent pas parler aux gens. Elles s’habillent avec des couleurs spécifiques selon leurs fonctions et sont constamment surveillées. Les femmes sont des objets pour les hommes et n’ont pas le droit d’utiliser leurs prénoms. Elles s’appellent OF plus le nom de leurs propriétaires, cela signifiant qu’elles leur appartiennent.

Les droits des femmes sont très récents dans l’histoire de l’humanité. Le droit de vote, par exemple, est une conquête de moins de 100 ans. Ce sont des droits très fragiles. On a tendance à croire que les droits des femmes vont durer pour l’éternité, mais comment peut-on en être persuadé ? On est loin d’une situation d’égalité. Les femmes sont considérées inférieures aux hommes dans beaucoup de situations. Elles gagnent moins d’argent que les hommes. Elles se considèrent coupables quand elles se font violer. Et on parle seulement de notre partie du monde où les femmes ont des droits ou peuvent lutter pour eux. Parce que dans de nombreux pays, les femmes sont des objets et appartiennent aux hommes de leurs vies d’une manière qui n’est pas très différente de la servante écarlate.

Ce sont de petites choses qui peuvent changer tout. Comme dans l’histoire de la servante écarlate, l’acceptation vient petit à petit, les droits sont perdus sans que l’on s’en rende compte. Alors, quand on considère que c’est amusant de danser sur une chanson qui utilise les femmes comme objet de plaisir pour les hommes, on participe à un certain retour en arrière dans ce que l’on a si durement acquis.

Ecrit par Cristiane, étudiante brésilienne

Comment vous sentiriez-vous si votre gouvernement vous interdisait de chanter ?

L’idée me paraît absurde. Mais on sait tous que dans certaines parties du monde, des personnes sont opprimées à tel point qu’on préfère souvent ne pas y penser. Il me semble. Sinon, comment pourrait-on continuer à rire ? Comment pourrait-on être serein ?

Moi, je ne suis pas sereine. Je suis constamment en colère. Mais j’arrive à réprimer cette colère la plupart du temps car j’ai la chance d’avoir une vie plutôt agréable et que je me sens aussi libre qu’on puisse se sentir libre dans ce monde absurde. La plupart du temps.

Mais quand je lis un article comme celui-ci, j’ai du mal à ne pas exploser. J’ai du mal à me sentir libre. Je ressens tellement de rage. Parce que ces femmes à qui l’on interdit de chanter en solo (selon l’article), ça pourrait être moi. Mes amies. Les petites filles que je connais et que j’adore. Ça pourrait être nous toutes. S’il y a des hommes qui sont assez tarés pour inventer de telles lois dans certains pays, comment peut-on être sûres qu’il n’y a pas d’hommes dans nos pays “développés” qui pourraient avoir la même idée un jour. Les Iraniennes étaient libres à une époque. L’Iran était un pays où il faisait bon vivre. Et regardez maintenant…

Quand on oppresse une femme pour la seule raison qu’elle est femme, n’importe où dans le monde, je le prends personnellement. Et je sais que je ne suis pas la seule. Mais ce que j’ai du mal à comprendre, c’est que si peu de femmes, et d’hommes aussi en fait, crient au scandale. Il y en a de plus en plus je crois, mais c’est loin d’être suffisant et ça va bien trop lentement. On a été capables de révolutionner le monde avec les nouvelles technologies en si peu de temps. Le monde a vu tellement de changements ces dernières décennies, changements impossibles à imaginer au siècle dernier. Et tout le monde s’est adapté. Mais accorder les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes, il faudrait encore patienter ??? Combien de temps ? Et pourquoi donc ?

Ce chanteur iranien qui a soutenu sa musicienne est le genre d’hommes comme j’aimerais qu’il y en ait plus. Parce que si plus d’hommes se révoltaient contre le traitement réservé aux femmes et refusaient de souscrire à l’absurdité du système patriarcal, on pourrait espérer une vraie égalité. Si plus d’hommes osaient remettre en cause leur petit confort, on pourrait espérer beaucoup de choses.

On pourrait déjà commencer à espérer que les femmes soient traitées comme des êtres humains. Pas comme des objets.

Un podcast qui parle des hommes

Je vous parlais le mois dernier du podcast Un podcast à soi qui parle des femmes et que je trouve formidable. Quand je l’ai découvert, j’avais aussi remarqué quelques autres podcasts qui me paraissaient intéressants et que je gardais au chaud pour plus tard. J’ai commencé à écouter ce podcast cette semaine. J’ai commencé avec l’épisode intitulé Contre la rhétorique masculiniste, et j’ai été immédiatement captivée.

Je le recommande vivement à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent aux questions de genre, au féminisme, à la place des femmes et des hommes dans ce monde, aux rapports humains, à la société, à la justice, et qui comme moi, aimeraient que plus de gens s’interrogent sur certains comportements qui ne devraient pas être acceptables et acceptés.

Et bien sûr, c’est très bon pour pratiquer votre compréhension orale !

Un podcast à soi

Sachant que mon accès à Internet serait réduit pendant les vacances, j’ai téléchargé plusieurs podcasts sur mon téléphone pour me tenir compagnie lors des longs trajets, car je suis incapable de lire en voiture.

J’avais téléchargé les trois premiers épisodes d’un podcast à soi que j’ai tous écoutés avec grande attention. Maintenant, j’ai hâte d’écouter les suivants. C’est un podcast qui donne la parole aux femmes. Rien ne m’a surprise dans le premier. Ce qui ne veut pas dire que rien ne m’ait mise en colère. Le deuxième et le troisième épisodes m’ont beaucoup fait réfléchir. Et j’ai hâte d’avoir le temps d’écouter les suivants.

Si la cause féministe vous intéresse, si vous espérez voir la société changer et la condition des femmes évoluer, si le sexisme ordinaire vous révolte, il y a de fortes chances que ce podcast vous plaise.

Et bien sûr, de temps à autre, pratiquez l’écoute active !