Vos profs de français vous ont-ils déjà dit que le masculin l’emportait sur le féminin ?

J’étais à l’école primaire dans les années 80 et à l’école secondaire dans les années 90. J’ai entendu pendant toute ma scolarité, pendant les cours de français, et de grammaire en particulier, cette phrase : le masculin l’emporte sur le féminin. C’est comme ça, c’est la règle. J’étais bonne élève, très bonne en grammaire et en orthographe et j’aimais les règles. Je les comprenais, je les acceptais telles qu’on me les donnait, sans les questionner, et j’avais toujours la meilleure note en dictée et de très bonnes notes en français. Quand j’ai commencé à enseigner le français, je répétais la même chose à mes élèves : le masculin l’emporte sur le féminin, c’est comme ça en français, c’est la règle. Si l’on a un groupe de personnes et qu’il y a 99 femmes et un homme, on doit dire ils, et s’il y a un adjectif ou un participe passé qui se réfèrent à l’ensemble de ces personnes, ils doivent être accordés au masculin pluriel.

Moi, pourtant si rebelle, je n’ai jamais remis en question cette règle. Je ne me suis jamais demandé si elle avait toujours été en vigueur. Je l’ai appliquée et je l’ai transmise maintes fois, de la même façon que je l’avais reçue.

Ce n’est que récemment que j’ai commencé à m’interroger et à creuser un peu. Avec l’évènement récent de la féminisation des noms de métiers enfin reconnue par l’Académie française, j’ai écouté des podcasts et lu des articles sur le sujet. J’ai recherché certain·es linguistes dont le discours m’intéressait et j’ai profité de la visite d’amis pour me faire apporter quelques livres que j’avais vraiment envie de lire et qui n’était pas disponibles sur Kindle.

Et la semaine dernière, j’ai lu ce livre qui m’a scotchée : non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! d’Éliane Viennot, historienne et professeure de littérature française, sous-titré : petite histoire des résistances de la langue française, et dans lequel j’ai appris plein de choses que je n’avais jamais apprises à l’école et qui sont pourtant extrêmement intéressantes et essentielles si l’on veut vraiment comprendre l’histoire de la langue française et des règles qui la régissent. Quand je pense au nombre de choses inutiles qu’on nous apprenait à l’école… Mais je me demande si mes profs savaient tout ce qu’il y a dans ce livre en fait. Il est fort possible que non.

C’est un petit livre de 130 pages que je vous recommande vivement si le sujet vous intéresse. Il se lit facilement et il est fascinant. L’autrice nous explique à quel point la domination du masculin dans la langue est politique. Elle ne préconise pas une féminisation de la langue, mais elle estime qu’il faudrait mettre un terme à sa masculinisation.

J’ai appris que le masculin n’avait pas toujours dominé la langue et que le féminin était autrefois bien plus visible qu’il ne l’est aujourd’hui, que ce soit dans le vocabulaire ou dans la grammaire. Avant que certains hommes et plus particulièrement ceux de l’Académie française ne s’en mêlent, les femmes étaient des autrices, des professeuses, des inventrices, des jugesses, des financières, etc. Et en fait, elles ont longtemps résisté aux règles que les hommes s’évertuaient à inventer pour les écarter de la langue, règles qu’ils déclaraient légitimes pour telle ou telle raison, sans réel fondement.

J’ai été abasourdie en lisant tout ça, et puis très vite, je me suis demandé pourquoi j’étais si surprise.

Je dis souvent que la France est un pays hyper sexiste, et bien qu’évidemment ce ne soit pas le pire pays au monde pour les femmes, je le trouve beaucoup plus étouffant que d’autres pays occidentaux. Et là, j’apprends que la France a été “pionnière dans les progrès de la domination masculine.” (p.24) À travers des lois telles que la loi salique, interdisant aux femmes de monter sur le trône, et à travers la langue, en déclarant le masculin le genre le plus noble et en éliminant de la langue les féminins des fonctions pour lesquelles les hommes ont estimé qu’elles devraient être désormais réservées aux hommes ! Aussi, en commençant à désigner les femmes comme le sexe faible.

À la page 58, elle nous parle de Sylvain Maréchal, militant politique et poète, qui, en 1801 a écrit un projet de loi pour interdire aux femmes d’apprendre à lire !!! Elle le cite : “Pas plus que la langue française, la raison ne veut qu’une femme soit auteur. Ce titre, sous toutes ses acceptions, est le propre de l’homme seul.”

La perniciosité de tout ça me fait vraiment bouillir à l’intérieur, mais en même temps, je suis enchantée que des livres comme celui-ci existent et que l’on parle de cette situation, que l’on y réfléchisse, que l’on comprenne pourquoi on en est arrivé là, et que l’on envisage l’évolution de la langue allant dans un sens plus égalitaire.

J’ai adoré lire ce livre, que je veux déjà relire, et j’ai beaucoup aimé la dernière partie qui parlent des enjeux actuels. Elle aborde dans le livre la question des accords, en nous expliquant que non, le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin et que la règle de proximité avait longtemps était de mise. C’est-à-dire que l’adjectif s’accordait avec le nom le plus proche dans la phrase, en cas de groupes contenant plusieurs noms de genres différents. Comme dans un exemple qu’elle cite page 108 : les coteaux et montagnes voisines. La règle d’aujourd’hui veut que l’on écrive “voisins”, mais elle tire cet exemple d’un livre publié en 1896 et nous rappelle que durant des siècles, on s’est exprimé ainsi, et qu’il serait donc facile d’y revenir car cela sonne juste à l’oreille. Je suis absolument d’accord. On pourrait alors écrire : des coteaux et montagnes voisines, ou des montagnes et des coteaux voisins.

Elle préconise plus de flexibilité dans l’usage de la langue, et pense que cela aiderait grandement à la simplifier. Elle m’a convaincue. J’applique la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin mais j’ai envie d’expérimenter un peu. Cependant, pour mes étudiantes qui passent les examens de DELF et de DALF, je dois faire attention dans le cadre de mon travail. Mais depuis quelque temps déjà, je parle de mes étudiantes au féminin, même si j’ai quelques étudiants de sexe masculin. La grande majorité de mes étudiants sont des étudiantes, alors quand je parle de l’ensemble, j’utilise le féminin. Mes étudiants hommes sont féministes de toute façon et soutiennent l’égalité à 100%. J’ai aussi envie d’essayer d’utiliser le point médian un peu plus souvent, même si c’est un peu compliqué avec mon clavier. Je dois faire du copier-coller en le trouvant sur Internet. Et c’est marrant, car quand j’ai commencé à entendre parler du point médian, je n’étais pas vraiment emballée. Mais plus je découvre l’histoire de l’évolution de la langue, plus j’ai envie de l’utiliser. Je ne suis pas sure de bien savoir m’en servir encore, mais je vais apprendre !

Je parlerai bientôt de la réforme de l’orthographe, aussi mentionnée dans le livre. Je sais qu’elle existe depuis 1990. Je venais de commencer le collège et je me souviens qu’une prof l’avait mentionnée, mais aucun prof ne me l’a jamais enseignée. Et je vous expliquerai pourquoi bientôt 20 ans plus tard, je ne la connais pas vraiment. Mais d’ici une semaine, je compte bien l’avoir assimilée et je vais m’appliquer à l’utiliser de façon régulière et constante. Et je vais commencer à écrire des posts à ce sujet pour vous informer et pour que vous puissiez vous aussi utiliser cette orthographe plus logique si vous ne le faites pas déjà.

Les infos cette semaine

Si vous lisez la presse, vous avez forcément entendu parler de l’incendie qui s’est déclenché à la cathédrale Notre-Dame à Paris lundi dernier.

Mon téléphone m’a informée en direct car j’ai l’application de France 24. Je me préparais pour aller dormir et je n’y ai pas pensé plus que ça.

Le lendemain, j’avais des messages de personnes m’annonçant la nouvelle avec des emojis qui pleuraient. Je me suis demandé pourquoi elles m’envoyaient ces messages parce que d’un, j’ai Internet, et de deux, je ne fréquente pas les églises. Alors oui, je peux comprendre que certaines personnes trouvent ça triste, mais en même temps, il n’y a eu aucun mort et il se passe des choses bien plus tragiques dans le monde, non ? Je n’ai pas répondu à tout le monde, seulement aux personnes à qui je parle régulièrement et qui me connaissent assez bien pour que je dise exactement ce que je pense.

J’ai hésité avant de commencer ce post parce que cela peut paraître insensible, mais en même temps, ce n’est pas comme si des millions de gens me lisaient et le but premier de ce blog est de proposer des posts en français pour mes étudiantes et d’autres étudiant·es. Et comme mon sentiment s’est intensifié au fur et à mesure que la semaine passait, je vais expliquer ici ce que j’ai expliqué à mes amies le lendemain de l’incendie. Et en fait, je suis certaine que je ne suis pas la seule à penser ainsi !

Je ne suis pas touchée par la destruction d’une vieille église. Oui, j’entends bien que c’est un monument historique. Mais cela reste un bâtiment et personne n’est mort. Je n’ai pas lu les articles parlant de la situation, mais il y en avait pléthore. J’ai écouté un peu la radio mais ça m’a vite agacée.

3 captures d’écran de mon téléphone cette semaine, prises le 16 avril :

Je voulais essayer de trouver un article intéressant pour cette semaine, et dans les 18 premiers articles qui m’étaient proposés, 17 étaient en rapport avec l’incendie de Notre-Dame.

Deux choses me choquent dans tout ça :

  • La couverture médiatique, pour commencer. En France et à travers le monde apparemment, car j’ai des amies non françaises et vivant dans d’autres pays qui ont partagé des articles avec moi, en d’autres langues. Je le répète, il n’y a pas eu de morts. Ni de blessés graves. Pendant ce temps-là, dans d’autres endroits du monde, il y a de vrais drames humains. Il y avait probablement des villes qui se faisaient incendier dans des pays en guerre au même moment que Notre-Dame brûlait. Des gens qui en mouraient. Des villes historiques, telles Alep par exemple, ont été détruites, et ce n’était pas par accident. Le bilan humain est absolument tragique. Les médias en ont parlé un moment et puis ils sont passés à autre chose. Quand quelque chose d’inhabituel se passe dans un pays occidental, un pays riche, le monde entier en parle. Et je ne suis pas contre ça. Il faut en parler et il faut réfléchir à ce que représentent les monuments historiques et leur destruction. Mais de là à ne parler que de ça et d’en faire l’évènement le plus grave et le plus triste de la journée du 15 avril 2019, non, je ne suis pas d’accord. Si l’on fait une recherche ciblée et que l’on veut s’informer sur ce qui se passe dans d’autres endroits du monde, plus pauvres, moins blancs, on peut trouver des articles, mais les médias ne nous les balancent pas à la tête comme ils l’ont fait avec la cathédrale cette semaine.
  • La réaction du gouvernement. Et de certaines personnes. Là encore, je réagis par rapport à ce que j’ai entendu à la radio et aux titres des articles que je n’ai pas lus (en étant consciente que les titres ne reflètent pas toujours le contenu des articles). Macron s’est engagé à faire reconstruire la cathédrale. Des milliardaires se sont immédiatement engagés à faire des dons de 100 et 200 millions d’euros. Un exploitant forestier offre du bois. Etc. Alors, bien, j’approuve la solidarité, mais elle est où cette solidarité le reste du temps ? Je n’ai pas les réponses et il y a probablement beaucoup de choses que je ne comprends pas, mais je me pose beaucoup de questions. Si l’on peut trouver de l’argent pour reconstruire un monument, pourquoi est-ce si difficile de trouver de l’argent pour offrir des conditions de vie décentes à ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté en France ? Pourquoi dit-on qu’on n’a pas les moyens d’accueillir des personnes fuyant leurs pays en guerre et les laisse-t-on vivre dans des conditions qu’on trouverait scandaleuses pour nos animaux domestiques ? Tout ça me dépasse. Je ne comprends pas comment un vieux monument, tout historique qu’il soit, peut provoquer autant de réactions de solidarité et de compassion, alors qu’on laisse crever les gens sans sourciller. Et le fait que ce soit une église rend la situation on ne peut plus absurde à mes yeux. Je ne suis pas religieuse, mais il me semblait qu’un des principes de la religion était d’aider son prochain. Une de mes chères étudiantes qui vit à Paris m’a dit que les gens étaient dans la rue et chantaient des chants religieux ! Dans un pays qui se veut laïc et ne tolère pas les signes religieux dans l’espace public ! Allez comprendre…

Voilà ce que m’a inspiré cette semaine. Je ne suis pas triste pour Notre-Dame, il est clair qu’on va bien s’occuper d’elle et lui redonner fière allure, mais je suis triste pour le monde et pour toutes les horreurs qui s’y passent que les médias ignorent et dont si peu de gens parlent. Ou dont on parle un moment, puis qu’on oublie très vite, soit parce que ça nous dérange, soit parce qu’on se dit que ce n’est pas notre problème.

Transferts : série de science-fiction

Récemment, j’ai dû m’arrêter de travailler un peu à cause d’une grippe horrible et je ne pouvais pas faire grand-chose de plus que de rester allongée au lit ou sur le canapé à regarder Netflix. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps devant After Life, la nouvelle série de Ricky Gervais, que je recommande à tout le monde (mais c’est en anglais). Et j’ai regardé deux fois les six épisodes de Transferts, série française de 2017 dont je n’avais jamais entendu parler avant de la découvrir sur Netflix ! J’ai regardé une fois toute seule quand j’étais fiévreuse, et une deuxième fois parce que je voulais absolument que mon mari la regarde aussi. Et aussi parce que l’acteur principal est canon et que j’avais bien envie de repasser six heures à l’admirer 🙂

C’est une série qui m’a fait beaucoup réfléchir. Si vous me connaissez un peu, vous savez que j’ai une certaine fascination pour les dystopies et cette série était donc faite pour me plaire.

C’est l’histoire d’un homme, Florian, qui se retrouve dans le coma pendant cinq ans et se réveille dans le corps d’un autre et dans un monde qui a connu tellement de changements que Florian ne comprend rien à ce qui lui arrive au départ. Les avancées scientifiques ont permis de découvrir que l’esprit pouvait être séparé du corps et transféré dans un autre corps. Les transferts thérapeutiques ont été légaux pendant quelque temps puis sont devenus illégaux à cause de complications. Les thèmes abordés sont multiples et on peut facilement faire des parallèles avec l’actualité de notre monde.

Florian se retrouve dans le corps de Sylvain Bernard, un policier de la brigade anti-transferts et ne doit révéler sa véritable identité à personne tout en essayant de faire sens d’un monde qu’il ne reconnaît pas mais où la corruption a toujours une place de choix.

Cette série vous permet de pratiquer votre compréhension orale pendant six heures et vaut vraiment la peine d’être vue !

Les fautes d’orthographe

Vous trouvez l’orthographe française difficile ? Vous n’êtes pas seul !

Beaucoup de Français ont des lacunes considérables en orthographe. C’est quelque chose que j’observe depuis longtemps et encore plus depuis que je passe une grande partie de mon temps en ligne et que je me suis mise un peu aux réseaux sociaux. Je vois des fautes partout sur Internet. Régulièrement dans des articles de journaux “sérieux”. Quand c’est une seule faute, je me dis que cela peut être une faute de frappe, ça arrive à tout le monde, et quand on a les yeux rivés sur l’écran toute la journée, ce n’est pas toujours évident de garder sa concentration. Mais souvent, j’en repère beaucoup plus. Et je me dis qu’on se relit avant de publier dans un journal qui a une certaine réputation, non ? On se fait relire par un collègue peut-être ? Je ne sais pas comment ça marche, et je suppose qu’avec le besoin de publier sans arrêt dans ce monde qui ne dort jamais, la relecture n’est pas une priorité. Mais personnellement, je juge sévèrement les journalistes qui font des fautes d’orthographe et je perçois le journal comme pas si sérieux que ça s’il autorise la publication d’articles avec des fautes. Parce que ça ne fait pas sérieux. Ça fait négligé, bâclé et donne l’impression que la personne qui a écrit manque de respect pour ses lecteurs. Je prends note des noms des journalistes récidivistes, et je ne lis plus leurs articles. Je suis moins sévère avec les Français dont l’écriture n’est pas un outil de travail, mais je reste quand même choquée par le niveau d’orthographe et le niveau d’expression de beaucoup de Français. Il m’est arrivé de lire des commentaires sur Facebook et YouTube et de ne rien comprendre à ce que je lisais car l’orthographe était tellement mauvaise que ça n’avait absolument aucun sens. Même en lisant à voix haute, la phonétique n’aide pas toujours car il semblerait que les règles ne soient pas toujours connues.

Cette semaine en France, il est ressorti d’un sondage que les fautes d’orthographe étaient un critère de sélection à l’embauche et pouvaient même conduire au licenciement d’un employé. Les employeurs ne veulent pas d’employés qui risquent de donner une mauvaise image de leur entreprise. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez trouver plusieurs articles en ligne. Entre autres, ici, ici, et ici.

J’ai une amie en France qui me racontait récemment qu’ils avaient embauché une nouvelle employée à son travail. Une jeune diplômée, fraîchement sortie de l’université avec un master en communication. Elle est, entre autres, chargée du site web de l’entreprise. Apparemment, elle fait des fautes d’orthographe plus grosses qu’elle (ne comprend pas la différence entre ce et se ou ça et sa, par exemple), ce que son employeur a vite remarqué. La solution proposée : ses collègues vérifient tout ce qu’elle écrit avant que ce ne soit publié en ligne. Je pense que si je faisais partie de cette équipe, cette situation ne tiendrait pas longtemps. D’ailleurs, je me demande combien de temps cela sera tenable pour tous les partis concernés.

C’est en partie pour ça que je suis exigeante avec mes étudiants qui souhaitent passer le DALF dans le but de pouvoir étudier à l’université en France. Il est vrai que postuler à un emploi et candidater pour une place à l’université sont deux choses différentes. Pour un employeur, vous devez être rentable. Les universités, elles, ont besoin d’étudiants et que vous réussissiez ou non votre année, vous paierez le même prix. Je n’ai pas fait de recherches sur le sujet, mais ça me paraît logique dans le monde dans lequel on vit, non ?

Mais je suis exigeante avec mes étudiantes car je sais que si elles ne maîtrisent pas les codes de l’écrit en français et qu’elles conjuguent mal leurs verbes, accordent mal leurs adjectifs et utilisent peu d’autres verbes qu’être, avoir et faire, elles risquent de souffrir à l’université. Réussir le C1 est une chose. Réussir un master en est une autre. Avec une bonne préparation, quand la méthodologie est bien comprise, c’est possible, même en faisant encore beaucoup de fautes, de réussir le DALF C1. Tous les étudiants que j’ai préparés à cet examen l’ont réussi, et pourtant, il y en a quelques-uns qui, à mon avis, n’avaient pas le niveau requis et à qui j’ai recommandé de vraiment se mettre à niveau avant de commencer l’année universitaire. Parce qu’un master, ça n’a pas grand-chose à voir avec le DALF. Vous aurez plusieurs profs, avec des niveaux d’exigence différents. Des profs français très probablement. Vous serez évalué à l’écrit dans plusieurs modules. Et si votre expression et votre orthographe ne sont pas au point, vous aurez des problèmes. C’est inévitable. Et si vous voulez travailler pour une entreprise française ensuite et occuper un poste pour lequel le français sera votre langue de communication, il sera dans votre intérêt de bien maîtriser l’orthographe et la grammaire françaises !

J’ai tendance à être beaucoup plus tolérante avec les personnes dont la langue maternelle n’est pas le français, et j’aurais tendance à penser que la plupart des Français le sont aussi, mais dans le monde du travail, je ne suis pas sûre que ça vaille.

Etudier en France

J’ai étudié en France, en Angleterre, et aux US. Pendant longtemps, je ne connaissais que le système français. Je n’avais rien pour comparer. J’étais bonne élève et j’aimais l’école. Quand je n’aimais pas un prof, je perdais l’intérêt que je pouvais avoir pour une matière mais dans l’ensemble, j’étais satisfaite. J’ai commencé l’université à 17 ans et je n’étais pas trop emballée par les cours que je suivais, plutôt ennuyeux, mais je faisais ce qu’il fallait pour avoir des résultats acceptables. Puis, quand j’étais aux US, je me suis inscrite à la fac et j’ai découvert un système complètement différent. Avec entre autres des profs super disponibles, joignables par courriel ou même par téléphone et une énorme variété de cours parmi lesquels choisir. Je ne savais même pas qu’il était possible d’étudier certains des sujets proposés. J’ai adoré mon semestre là-bas. Quelques années plus tard, j’ai fait une licence en Angleterre, et pareil, j’ai adoré le système d’éducation supérieure. Là encore, des profs très disponibles, très ouverts, avec lesquels on pouvait avoir des discussions très intéressantes et qui étaient vraiment bienveillants dans l’ensemble. J’avais l’impression que ma réussite leur importait. Si j’avais besoin d’explications supplémentaires, je n’ai jamais ressenti que je les dérangeais et ils étaient toujours prêts à me répondre et à m’aider. En personne ou par courriel. Quand j’obtenais une note sur un devoir, il y avait toujours un commentaire pour l’accompagner et justifier cette note. Je n’ai jamais ressenti de condescendance de leur part et j’ai vraiment adoré étudier en Angleterre. C’était intense et fatigant, mais c’est une expérience qui me laisse de très bons souvenirs. Quelques années plus tard, j’ai fait un master avec une université française. Comme je vivais à l’étranger, je l’ai fait à distance. Et là, aïe aïe aïe !!! Il y a tellement de choses qui m’ont déplu et qui m’ont fait détester cette année que je ne sais pas par où commencer pour en parler. Je n’ai même plus vraiment envie d’y penser. J’ai tellement détesté cette année que j’ai décidé de m’arrêter au bout d’un an. Avant de m’inscrire, je pensais pousser un peu plus loin, faire un peu de recherche en linguistique peut-être, dans le champ du plurilinguisme.

Je reprendrai peut-être des études en linguistique à l’avenir, mais ce ne sera pas en France. C’est dommage parce que financièrement, c’est quand même plus abordable que les études en Grande-Bretagne.

J’ai obtenu de bons résultats pourtant. Mais ce que j’ai détesté, en plus des cours terriblement ennuyeux dans leur format et parfois bourrés de fautes, c’est l’attitude des profs vis-à-vis de leurs étudiants. Complètement désintéressés de savoir si on s’en sortait ou pas avec la tonne de boulot qu’on devait fournir. Pas de réponse aux courriels, aucune communication à part pour nous dire qu’il fallait rendre un devoir final et ensuite nous donner une note, rarement justifiée. Beaucoup de condescendance. J’avais parfois l’impression d’être traitée comme si je sortais du lycée, n’avais pas déjà 10 ans d’expérience dans l’enseignement et ne connaissais rien à la vie. J’ai fini l’année écœurée, déçue par cette expérience pas du tout enrichissante et le manque de bienveillance des professeurs. Bien sûr, il n’étaient pas tous comme ça. J’en ai eu deux en particulier qui étaient fantastiques, proposaient des cours extrêmement intéressants et faisaient preuve de beaucoup de bienveillance. Il y en avait d’autres qui étaient sympas mais qui étaient probablement trop occupés par leur recherche pour vraiment prendre le temps de nous répondre quand on avait des questions, ce qui résultait en beaucoup de frustration.

J’avais un peu oublié tout ça, mais cette semaine, une de mes brillantes étudiantes qui fait un master en France m’a fait part de quelque chose qui l’avait choquée dans son université. Ils ont eu des partiels récemment. Et quand les profs rendent les devoirs, toute la classe est au courant des notes de ses collègues car elles sont publiquement discutées. Même si vous préféreriez garder cette information pour vous-même, vous n’avez pas le choix. Pour elle, habituée au système anglo-saxon dans lequel les étudiants sont traités comme des adultes, ça a été une véritable surprise. Bien qu’elle ait elle-même obtenu de bons résultats, elle a trouvé ça humiliant et je suis plutôt d’accord. Si vous obtenez une mauvaise note, vous n’avez pas forcément envie de le crier sur les toits. Et vous êtes adulte, vous devriez pouvoir choisir si vous souhaitez partager vos résultats avec les autres.

Quand j’étais à l’école en France, c’était commun que les profs rendent les devoirs dans l’ordre, de la plus mauvaise note à la meilleure. Quelle pratique étrange, non ? Quelle humiliation pour les élèves en difficulté, et quelle façon de les encourager à mieux faire ! On trouvait ça normal quand on était à l’école, mais quand j’y repense, je me dis que c’est vraiment trop nul comme façon de procéder. Tellement pas pédagogique. Et ça en dit long sur la mentalité française, il me semble…

Si vous avec l’intention d’étudier en France, je ne veux pas vous effrayer, mais il est important d’être conscients des différences culturelles et c’est toujours mieux d’être bien préparé mentalement. Mon expérience n’a pas été transcendante mais je connais des gens qui ont adoré leurs études en France. Vous pourriez très bien vivre une expérience formidable. Un jour, je parlerai des avantages à étudier en France. 😉

C’est le jour des crêpes !

Le 2 février, c’est la Chandeleur. Je ne me suis jamais vraiment demandé d’où ça venait ni ce que ça voulait dire quand j’étais enfant. Tout ce qui m’importait, c’était que ce jour-là, on mangeait des crêpes.

Puis, j’ai commencé à enseigner le français et tous les ans, à cette période, la Chandeleur est LE thème qu’il faut aborder. Parfois même, selon les écoles, on fait des ateliers cuisine et les étudiants font des crêpes. J’ai eu l’occasion de participer à un tel cours avec de jeunes ados et une super prof et c’était vraiment génial, mais en général, les cours de cuisine en école de langues, je dirais que ce n’est pas trop ma tasse de thé. C’est compliqué à organiser, on salit ses vêtements, les élèves peuvent se brûler, et comme on ne peut pas surveiller tout le monde en même temps, certains élèves en profitent pour oublier de parler français. Puis, il faut tout nettoyer.

De plus, comme c’est un thème qui revient tous les ans dans les écoles de langues, les étudiants sont susceptibles de l’avoir déjà étudié l’année précédente. Et celle d’avant. Et celle d’avant s’ils suivent des cours depuis longtemps. Etc.

Puis, comme je ne peux pas manger de gluten, je ne veux pas penser aux crêpes. J’aimais tellement les crêpes quand je pouvais en manger ! J’en ai fait des centaines, voire des milliers au cours de ma vie.

Maintenant, j’en mange rarement, mais dès que je tombe sur une crêperie où ils font des crêpes à la farine de sarrasin, j’y entre immédiatement et je commande une galette.

Je pense que la plupart des gens connaissent les crêpes, grâce à cette chère mondialisation. J’ai mangé des crêpes dans des crêperies à Kyoto, à Ho Chi Minh Ville, à Las Vegas, à Détroit, à Madrid, etc. Et pourtant, j’ai rencontré quelques personnes au fil du temps qui pensaient que les crêpes pouvaient seulement se manger sucrées. L’idée de mettre du jambon et du fromage dans une crêpe leur paraissait étrange.

Alors si vous ne connaissez que les crêpes sucrées, je vous encourage vivement à essayer les crêpes salées, aussi appelées galettes. Si vous êtes intolérant au gluten, assurez-vous que la farine de blé noir (farine de sarrasin) ne soit pas mélangée avec de la farine de blé et faites-vous plaisir !

Maintenant, j’ai faim et je vais aller demander à Google s’il y a une crêperie à Bangkok avec des options sans gluten. Je suis optimiste car j’ai déjà trouvé une pizzeria 🙂

Si vous voulez regarder une courte vidéo sur la Chandeleur, en voici une :

Île flottante

Si vous allez dans un restaurant français, il est possible que vous trouviez une île flottante dans la liste des desserts. C’est un dessert que j’ai mangé seulement en France et dans des restaurants français à l’étranger. S’il est sur la carte, je le choisis toujours. La dernière fois que j’en ai mangé, c’était en France et c’est un ami qui les avait faites pour moi, en m’expliquant que c’était facile à faire et que je pourrais m’en faire toute seule, mais… non. Je n’ai même pas essayé et en fait, ce que j’aime aussi dans une île flottante, c’est que quelqu’un d’autre l’a préparée et que j’ai juste à la manger.

C’est un dessert à base de lait, d’œuf et de sucre. Les blancs d’œufs sont montés en neige et cuits au bain-marie. Pour moi, n’importe quelle recette exigeant une cuisson au bain-marie est bien trop compliquée, d’où mon refus d’essayer d’en faire. Mais j’ai aussi lu qu’on pouvait les faire au micro-ondes, alors je me pencherai peut-être là-dessus si j’en ai vraiment une envie folle un jour et ne peux pas trouver un restaurant qui en propose. Il faut aussi faire une crème anglaise, c’est-à-dire chauffer le lait et le mélanger avec les jaunes d’œufs et le sucre. Et aussi y mettre de la vanille. C’est une sorte de “custard” en plus liquide. Je n’aime pas le lait, mais avec des œufs, du sucre et de la vanille, c’est vraiment délicieux !

Les îles flottantes sont habituellement recouvertes de caramel et d’amandes effilées. Certaines personnes qui ne courent pas après les desserts les trouvent trop sucrées. Moi, je les trouve parfaitement sucrées. 🙂

Flamants roses amoureux

Cette semaine, je suis tombée sur cet article que j’ai trouvé plutôt intéressant. Je suis allée en Camargue il y a quelques années, région que j’ai trouvée magnifique, mais je n’avais pas entendu parler du parc ornithologique du pont de Gau. J’ai vu beaucoup de vaches, taureaux et chevaux, mais pas vraiment d’oiseaux. Pourtant, j’étais à 20 minutes du parc en voiture. Je n’avais pas de smartphone, c’est sûrement pour ça…

D’après cet article, c’est la saison de la parade nuptiale des flamants roses et elle va durer quelques semaines. Ils dansent pour se séduire, mâles et femelles. Apparemment, plus un flamant rose danse bien, plus il a de chance de trouver un ou une partenaire pour se reproduire.

Ce n’est pas dans l’article mais les bébés des flamants s’appellent des poussins, comme pour les poules. J’ai même lu quelque part que “poussin” désignait le petit de tout oiseau. Je ne le savais pas. Je pensais que l’on disait seulement “oisillon“. Mais le dictionnaire confirme, on dit un poussin d’aigle, un poussin de pingouin, etc.

Un peu d’humour, parce que ça fait du bien

Je parcourais les articles de quelques journaux “sérieux” et aucun titre ne me réjouissait. On nous bombarde d’informations toutes plus déprimantes les unes que les autres et je ne suis vraiment pas d’humeur à commenter l’actualité aujourd’hui. Alors, je suis allée faire un tour du côté du Gorafi, et comme d’habitude, il ne m’a pas déçue.

Je me suis donc dit que j’allais partager ce court article, intitulé : Bassin d’Arcachon : Pour satisfaire les Parisiens, la préfecture va mettre en place deux marées hautes supplémentaires par jour. Bonne lecture !

http://www.legorafi.fr/2019/01/10/bassin-darcachon-pour-satisfaire-les-parisiens-la-prefecture-va-mettre-en-place-deux-marees-hautes-supplementaires-par-jour/

Il manque un mot dans “je ne rentabilisais pas ma place au port”, mais à part ceci, je pense que vous n’aurez pas de mal à comprendre cet article.

Le Bassin d’Arcachon est un lieu de villégiature très prisé des Parisiens et des Bordelais, sur la côte Atlantique, pas très loin de Bordeaux. Pour y avoir passé du temps moi-même, je dois reconnaître que c’est un endroit très agréable et très joli, où il fait bon vivre. L’atmosphère y est assez huppée. On y croise régulièrement des personnes célèbres françaises.

Si vous ne vous sentez pas dans votre assiette à cause de l’hiver et de tous les virus qu’il traîne avec lui, allez faire un tour sur le site du Gorafi pour rigoler un peu tout en travaillant votre français. Pour moi, l’humour absurde est un remède efficace contre la déprime !

Cet article m’a aussi fait éclater de rire. En le lisant, vous pourrez apprendre qu’on ne dit pas pain au chocolat dans toutes les boulangeries de France, et que dans certaines régions, une poche veut dire un sac.

Les régions françaises

Quand je vivais en France, il y avait 22 régions en France métropolitaine et 5 en Outre-mer (dont je parlerai plus longuement dans un futur post). En 2016, on est passé de 22 à 13. Et je dois avouer que je n’ai toujours pas appris à quoi ressemblait le nouveau découpage du pays. Je connaissais bien l’ancienne carte mais maintenant, je ne connais pas vraiment le nouveau nom des régions. Cela fait deux ans que je me dis qu’il faudrait que je me penche dessus, mais avant aujourd’hui, j’ai à peine regardé la nouvelle carte.

Les régions sont des divisions administratives du territoire dirigées par le président du Conseil régional. Ce sont elles qui gèrent, entre autres, les lycées et les transports. Elles sont aussi chargées du développement économique et de l’aménagement du territoire. Elles partagent aussi certaines compétences, telles que la culture et la promotion des langues régionales, avec les départements.

Les centres administratifs des régions s’appellent des chefs-lieux. Ce sont un peu comme des capitales de région. Les 13 chefs-lieux français sont Ajaccio, Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Orléans, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse.

Je pense qu’il est temps que j’apprenne à quoi ressemble la nouvelle carte de France. Et ça pourrait vous être utile aussi. La voici donc :


Chaque région est découpée en plusieurs départements : 96 visibles sur cette carte et 5 en Outre-mer. Ces derniers n’ont pas changé.

L’ancienne carte était comme ça :

En fait, ils ont à peine changé les noms et c’est beaucoup plus simple que ce que j’avais imaginé.