Le racisme en France

Le weekend dernier, je mentionnais le podcast Kiffe ta race, et j’expliquais qu’en France, on est vite mal à l’aise quand on aborde le thème des races.

Diriez-vous que le racisme est systémique dans votre pays ? Est-il réservé à l’extrême-droite ?

Le mois dernier, j’ai fait travailler un étudiant avec cette vidéo, que j’avais trouvée très intéressante. Je ne connaissais pas cette autrice mais cela m’a donné très envie de lire son livre. Il n’est malheureusement pas disponible en version numérique. Il faudra que j’aille voir s’ils peuvent me le commander dans une librairie ici, ou que je me le fasse apporter par des amis qui viennent me rendre visite cette année.

Je n’ai évidemment pas la même expérience que Jo Güstin, car je suis blanche et la seule discrimination à laquelle j’ai été confrontée et le suis toujours, c’est le sexisme. Mais je n’ai aucun mal à comprendre ce qu’elle explique car j’ai des yeux et des oreilles et qu’ils fonctionnent très bien. J’ai grandi en France, et depuis que je travaille exclusivement comme prof de français, j’essaie de suivre les actualités françaises et de me tenir au courant de l’évolution de la société française. J’y suis retournée plusieurs fois depuis que j’ai quitté le pays et j’y ai des amis. Je le dis depuis toujours, le racisme est partout en France. Tout comme le sexisme.

Bien sûr, on trouve du racisme partout. J’ai vécu dans plusieurs pays, je l’ai remarqué partout. Mais est-ce une excuse ? Et la façon dont il est exprimé est-elle la même partout ? J’ai encore beaucoup à apprendre sur ce sujet, mais le peu de littérature que j’ai lue et mon expérience personnelle me poussent à croire qu’en France, le racisme est pire que dans beaucoup d’autres pays à majorité blanche. Ou peut-être que je regarde la France avec des yeux plus critiques car j’en viens. Mais comme l’explique le podcast Kiffe ta race, en France on veut nier la différence au nom d’un égalitarisme très français et par conséquent, on ne nomme pas les choses telles qu’elles sont et beaucoup se laissent endormir et choisissent de croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tout le monde est l’égal de son voisin en France, il n’y a pas de races, donc pas de racisme, et la vie est belle. Sauf que ce n’est pas du tout la réalité de la France ! Toutefois, ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ne s’instruisent pas et sont prêts à croire tout et n’importe quoi, tant que ça ne dérange pas leur petit confort, et finissent par laisser des commentaires sur YouTube tels que : “Tout cela est dans ça tête il ý à des gents qui sont mal dans leurs peaux partout dans le monde nous ne sommes pas plus racistes que les autres pays arrêter avec çà celà devien insupportable”. (J’ai laissé les fautes de français, vous pouvez vous amuser à les corriger)

Si le rythme de l’interview est un peu difficile pour vous, voici les questions de la journaliste pour vous aider. Essayez de comprendre les réponses !

  • Comment s’est passée votre intégration en France ?
  • Et tout ça est arrivé quand vous êtes arrivée en France ?
  • Alors, quand on lit votre livre, Sissi, votre personnage principal, elle a pour projet d’écrire un livre qu’elle intitulera « on est en France ici », une lettre d’adieu à la France. « J’irai à la rencontre de plusieurs Françaises non blanches et les interrogerai sur les rapports douloureux ou forcés qu’elles entretiennent avec l’institution France » Par rapport à ce que vous m’avez répondu à la première question que je vous ai posée, vous vous êtes donc inspirée de votre vécu pour écrire ce livre, mais quelle est la part d’autobiographie et de fiction dans ces cas-là ?
  • Vous vous attendiez à être racisée ? Je rappelle qu’une personne racisée est une personne qui subit le racisme systémique. Vous vous attendiez à ça ?
  • Tout ce qui vous a fait mal et tout ce sentiment de mal vivre en France dont vous parlez dans votre livre ?
  • Vous avez choisi, malgré tout ça, de vous faire naturaliser française. Comment réagissez-vous quand vous voyez ce qui s’est passé dimanche dernier, le rassemblement national qui arrive en tête des élections européennes, vous qui avez déjà vécu tout ça, qui avez quand même choisi de vous faire nationaliser française, vous en pensez quoi ?
  • Alors pourquoi finalement, vous avez choisi de vous faire naturaliser française ?
  • Vous avez mis du temps à accepter d’être lue par qqn d’autre que votre maman et que votre cousine. Qu’est-ce que qui a fait que vous avez eu ce déclic, que vous vous êtes dit, bon allez, ça y est maintenant je vais publier mes livres ?
  • Et par rapport à votre côté humoriste, vous parlez également de tous ces thèmes : le sexisme, l’homophobie, l’intégration, le racisme, vous avez l’impression que grâce à l’humour, certains messages passent mieux ? Vous le ressentez quand vous faites vos stand-ups ?
  • Vous avez envie de surprendre ?
  • C’était même pas voulu à la base ? Mais c’est grâce à l’humour que vous surprenez et que vous arrivez à faire passer des messages que vous voulez faire passer ?
  • Vous vouliez surprendre aussi avec votre couverture, cette mise en scène, c’était le but ?

Podcast : kiffe ta race

En ce jour de fête nationale française, j’aimerais parler d’un sujet sensible en France : la race.

Savez-vous qu’en France, il est mal vu de parler de race. D’ailleurs, à cette époque l’année dernière, le mot “race” a été supprimé de la Constitution française. Je n’ai honnêtement pas compris pourquoi. Pensaient-ils que si le mot n’était plus utilisé, le racisme disparaitrait ?

Savez-vous aussi qu’en France, il n’y a pas de statistiques ethniques ? Je vous laisse imaginer ma surprise quand je suis partie vivre aux Etats-Unis il y a de nombreuses années et qu’à chaque fois que je devais remplir un questionnaire administratif, je devais cocher une case pour indiquer que j’étais blanche. Je ne savais même pas quoi cocher la première fois car le terme qui me correspondait était “Caucasian”. Pour moi, ce mot évoquait les montagnes séparant l’Europe de l’Asie et je n’aurais jamais imaginé qu’il me décrivait. Mais j’ai appris que c’était ma race. Puis en Angleterre, je cochais en général “White (other)”, car il y avait une case “White British”. Mon mari, qui est britannique, a coché toute sa vie “mixed race”, avec parfois des précisions.

Le fait est donc que dans la culture anglo-saxonne, il est tout à fait normal de parler de race. En France, il y a un certain malaise autour de la question. C’est historique, c’est politique, je n’ai pas assez de connaissances pour bien en parler, mais ce que j’ai, c’est un sentiment très fort que la France est terriblement raciste (en plus d’être profondément sexiste) et que retirer le mot race de la Constitution ne va pas éradiquer le racisme, bien au contraire.

En plus du mot race, il y a un autre mot avec lequel les Français semblent avoir un problème : c’est le mot noir. Beaucoup ont du mal à prononcer ce mot pour désigner une personne noire. À la place, ils disent black. Je ne sais pas tout à fait pourquoi. Le mot fait-il peur ? Ont-ils peur d’être taxés de racistes s’ils le prononcent ? Il existe beaucoup de mots désobligeants dans la langue française pour qualifier les personnes non blanches mais noir… ?

L’année dernière, il y a presque un an exactement, je parlais d’identité française dans ce post. Et il y a quelques mois, j’ai découvert un podcast très intéressant qui aborde le thème des races et du racisme. Je n’ai pas encore écouté tous les épisodes, mais ceux que j’ai écoutés m’ont énormément plu : Kiffe ta race. Il est présenté par Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice française noire, et Grace Ly, bloggeuse, autrice et vidéaste française asiatique. Chaque épisode dure aux alentours de 40 minutes, qui passent trop vite à chaque fois à mon avis. J’aurais toujours envie de les écouter discuter de chaque thème plus longtemps.

Elles reçoivent des invité·es pour discuter de questions raciales, de représentations, de féminisme, d’intersection, etc., et c’est très informatif. Si vous avez envie de mieux comprendre la France, ce podcast pourra vous être très utile.

Voici un extrait de la description du premier podcast, avec lequel je suis entièrement d’accord :

Institutions européennes – analyse d’un article

Une fois n’est pas coutume, j’ai sélectionné un article économique et politique cette semaine. Pas mon sujet préféré, mais si vous étudiez à un niveau avancé, il faut pouvoir parler de tout ! Et si le sujet vous intéresse, vous serez pris·e plus au sérieux si vous en parlez correctement et avec précision, c’est-à-dire avec le vocabulaire qui correspond à la situation.

J’ai décidé de partager cet article, sur les institutions européennes et les récents changements. Un sujet qui me passe un peu au-dessus de la tête, mais je trouve immensément intéressant que deux femmes aient été nommées à la tête d’institutions aussi importantes que la Commission européenne et la Banque centrale européenne. J’avais prévu de poster tout l’article et de faire une analyse détaillée, mais malheureusement, le temps me manque cette semaine, alors je l’ai coupé et j’ai juste eu le temps de relever ce que j’aimerais que mes étudiant·es avancé·es observent s’ils ou elles faisaient cet exercice : en rose, des verbes, en jaune, des verbes déclaratifs, en bleu, des connecteurs logiques (j’ai inclus autant de, qui n’est pas exactement un connecteur, mais observez son utilisation quand même), et j’ai souligné du vocabulaire qui se retrouve particulièrement dans ce type d’articles et que je n’ai pratiquement jamais lu dans les écrits de mes étudiant·es, ou même entendu dans nos discussions.

Bonne analyse !

Un petit jeu sans conséquence

C’est le titre d’un film français que j’ai regardé récemment.

J’avais vraiment envie de regarder un film français et j’avais pas mal de choix, mais j’ai mis longtemps avant de me décider. Aucune des synopsis que je lisais ne me donnait envie. Mon choix s’est finalement arrêté sur celui-ci car j’aime bien les deux acteurs principaux et deux des acteurs secondaires et l’intrigue me paraissait assez intéressante.

Mais je me suis ennuyée ferme pendant une heure et demie. C’est peut-être dû au fait que ce film date de 2004 et que je le regarde avec mes yeux de 2019.

C’est l’histoire d’un couple, ensemble depuis 12 ans, qui fait croire à sa famille et ses amis lors d’un déjeuner qu’ils sont séparés, alors qu’ils n’ont pas du tout l’intention de se séparer au départ. Mais personne n’est surpris et la femme se pose de plus en plus de questions au fur et à mesure que le film avance.

Ce qui m’a vraiment ennuyée et déplu, c’est que la femme est vraiment préoccupée par ce que son couple devrait être. Comme s’il y avait des règles applicables à tout le monde. Comme s’il n’y avait qu’un modèle de couple. Comme s’il y avait une obligation de se comporter d’une certaine façon. Peut-être s’ennuie-t-elle dans son couple, mais elle semble dire autre chose. Puis il y a l’homme qui, lui, parait beaucoup plus détendu par rapport à l’évolution de son couple et qui ressort comme la personne la plus raisonnable du couple parce qu’il ne se pose pas toutes ces questions et qu’il est à l’aise avec le fait de ne pas avoir une vie super excitante. Le message que je comprends, c’est que ce sont les femmes qui compliquent tout dans une relation. Et bien sûr, nous sommes dans un film français et on apprend que l’homme a couché avec la meilleure amie de sa femme deux ans auparavant. Petite entaille dans le contrat que beaucoup pourraient trouver acceptable car sa femme est si chiante. Elle l’a surement mérité… Bref, beaucoup de vieux clichés, avec au passage une jolie adolescente de 15 ans en tenue d’été que les amis de son père passent beaucoup de temps à reluquer, comme si c’était parfaitement normal.

Je ne sais pas si le film m’aurait plu il y a 15 ans. Je pense que ce n’est pas impossible. Mais en 2019, je l’ai trouvé ennuyeux et très vieux jeu.

Mais je trouve intéressant de regarder des films qui datent de temps en temps. Cela permet de remarquer l’évolution de la société, des mentalités, et sur un plan plus personnel, je peux observer comment moi, j’ai changé, et comment je remarque certaines choses auxquelles je n’aurais peut-être pas prêté attention par le passé. Les mentalités françaises n’évoluent pas aussi vite que d’autres en termes de sexisme et de discriminations en général, à mon avis, mais j’espère quand même que les réalisateurs d’aujourd’hui y penseraient à deux fois avant d’objectifier une ado (je n’ose pas dire une femme, car il est évident que beaucoup de remettent pas du tout cette pratique en question) comme dans ce film. La gamine avait un tout petit rôle et je ne suis pas critique de film, mais son personnage n’apportait absolument rien à l’histoire de mon point de vue et j’ai eu l’impression qu’elle n’était là que pour servir le désir pervers de ces messieurs. Beurk.

Les fausses informations

J’ai déjà parlé du Gorafi plusieurs fois, ce journal satirique qui me fait beaucoup rire. Apparemment, il est arrivé plus d’une fois que des médias supposés être plus sérieux, français ou étrangers, et des politiciens, relaient des informations lues dans le Gorafi.

Dans cette vidéo, Pablo Mira, co-créateur du journal, explique que selon lui, très souvent, les gens ne lisent que les titres, sans s’embêter à lire le contenu des articles et ne prennent pas le temps d’analyser ce qu’ils ont lu ou de recouper les informations. Si on lit les articles, il est évident que rien n’est sérieux dans ce journal. Et j’ai même du mal à comprendre comment qui que ce soit puisse croire aux titres. Si l’on se rend sur le site maintenant, on peut trouver des titres tels que “Permis de conduire : les auto-écoles autorisent les élèves à régler par don d’organes” (passer son permis coute très cher en France, si vous ne le saviez pas), ou encore “BFM TV contraint de licencier 120 journalistes en raison de la fin de la canicule” (BFM est une chaine d’infos en continu et d’après ce que j’ai cru comprendre, la qualité de l’information laisse à désirer.)

Dans la vidéo, il raconte, entre autres, que des gens ont véritablement cru qu’un homme s’était fait tué pour avoir demandé un pain au chocolat dans le sud de la France (ou cette viennoiserie s’appelle chocolatine) et c’est assez flippant. Nous vivons une drôle d’époque, non ?

Quelques erreurs se sont glissées dans les sous-titres, vous pouvez vous amuser à les retrouver 😉

Féminicides en France

Je reçois les notifications de TV5 monde sur mon téléphone et cette semaine, j’en ai reçu une pour cet article qui aborde le sujet des violences faites aux femmes, plus particulièrement des féminicides, et qui dresse un bilan accablant de la situation en France.

C’est un thème qui me met évidemment très en colère et je suis plus que d’accord avec l’article pour dire qu’il faut arrêter d’appeler cela des crimes passionnels. Ce sont des crimes commis par des hommes qui pensent que les femmes leur appartiennent. Ce sont des crimes en lien direct avec le système dans lequel on vit et où les femmes sont chosifiées et traitées comme des êtres inférieurs dont il faut contrôler le corps.

Je ne sais pas quelle est la situation dans les autres pays dont les valeurs se rapprochent de celles de la France, mais je suis certaine que les femmes sont victimes de violence dans tous les pays du monde. Savez-vous quelle est la situation dans votre pays ?

Je me suis dit que j’allais partager une partie de cet article et en profiter pour faire une petite analyse. En rose, vous trouverez le vocabulaire sur le thème des violences faites aux femmes. En bleu : connecteurs logiques. En jaune : participes passés fonctionnant sans auxiliaire. En vert, observez les pronoms compléments. Et j’ai souligné quelques structures sur lesquelles je ferai quelques commentaires à la suite du texte.

Pour lire la suite, cliquez ici.
  • tous les deux jours et demi : j’ai choisi de souligner cette structure car je sais que beaucoup de mes étudiantes auraient tendance à dire “chaque deux jours et demi“. On peut dire chaque jour, chaque mois, chaque année, chaque premier mercredi du mois, etc., mais on dira tous les deux jours, toutes les trois semaines, toutes les cinq minutes, etc. On peut également dire tous les jours, toutes les semaines, tous les ans, tous les premiers mercredis du mois, etc.
  • au cours de : une alternative à pendant
  • pour ne pas dire : not to mention, not to say – précise et renforce ce qui vient d’être dit
  • un collectif : un groupe
  • nous avons honte pour notre pays : on peut avoir honte de qqch/qqn ou avoir honte pour qqch/qqn. Il y a une petite différence de sens.
  • avancer des pistes de solutions possibles : proposer des solutions
  • sur le papier : indique que les lois existent mais ne sont pas appliquées.
  • tenir à réagir : vouloir réagir – Si je tiens à faire qqch, je veux le faire, c’est important pour moi.
  • le cas échéant : si besoin
  • mettre en oeuvre : implémenter (anglicisme), réaliser
  • déjà prévus par la loi : pour lesquels la loi a déjà été écrite
  • se porter volontaire : un bon synonyme d’être + combinaison de mots fréquente
  • les éventuels manquements : attention au faux ami : éventuel veut dire possible, potentiel – les erreurs potentielles
  • un outil efficace : combinaison de mots
  • après avoir été interpelée : remarquez la structure avec après + infinitif passé + passif. Interpeler = to call out
  • concernant cette affaire : une autre façon de dire à propos de cette affaire

Les soldes

Cela fait une éternité que je n’ai pas fait les soldes. Quand j’étais plus jeune, j’étais toujours fauchée (= sans argent) au moment des soldes, et quand j’ai commencé à pouvoir en profiter, je n’avais jamais vraiment besoin de rien au moment des soldes. Alors, aller affronter la foule pour acheter des choses à prix réduits juste parce que je peux le faire, très peu pour moi en fait. Je ne dis pas que je n’achète jamais rien dont je n’ai pas besoin, je ne suis pas une sainte, mais à vrai dire, je n’aime pas spécialement les soldes. Surtout que depuis de nombreuses années maintenant, j’ai l’impression qu’il y a des soldes toute l’année un peu partout. Des magasins comme H&M et Zara, par exemple, ont toujours des vêtements moins chers. C’était le cas à Londres en tout cas. Il m’est arrivé d’acheter une robe chez Zara pour la voir deux mois plus tard dans le même magasin 50% moins chère. Le secret n’est donc pas d’attendre les soldes si un vêtement nous plait et que nous aimerions faire une affaire. Attendre deux ou trois mois est parfois suffisant.

Je ne sais pas si les soldes existent dans tous les pays. Je ne sais pas s’ils sont tous à la même période. J’ai failli dire “elles” car j’ai longtemps pensé que les soldes étaient un nom féminin. Je ne sais pas pourquoi mais je sais que je suis loin d’être la seule. D’ailleurs, mon dictionnaire précise que ce nom est “abusivement employé au féminin”. Solde peut aussi être un nom féminin, avec un autre sens, c’est peut-être la raison. Pour ma part, je crois que tout le monde autour de moi le mettait au féminin et j’ai grandi pensant que c’était un nom féminin.

En France, il y a deux périodes de soldes : les soldes d’hiver, qui commencent généralement en janvier, et les soldes d’été, qui commencent vers juin/juillet. Je crois qu’en Angleterre, les soldes d’hiver comment le lendemain de Noël, et je me souviens d’avoir été en France à la période de Noël avec des Anglaises qui étaient choquées de découvrir que les soldes commençaient plus tard en France.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’elles ne commencent pas toutes exactement le même jour. Dans cet article, vous pourrez trouver plus d’informations quant aux dates des soldes d’été qui ont commencé cette semaine dans certains départements. Vous pourrez aussi travailler un peu votre français 🙂 J’ai mis en évidence certains mots et certaines structures à observer. Je vous laisse faire votre propre analyse car c’est samedi et j’aimerais juste ne rien faire aujourd’hui. J’ai hésité à vous proposer cet article, mais j’ai choisi le plus récent. Vous pouvez le lire également et faire une petite analyse, repérer le vocabulaire et vous demander si vous savez situer sur une carte tous les endroits cités.

Les soldes durent six semaines, mais il parait que cela va bientôt changer et que la période va être réduite.

Grève des urgences – analyse d’un article

Avez-vous déjà eu besoin d’aller aux urgences ? Les services d’urgences sont-ils efficaces dans votre pays ?

Apparemment, en France, les urgences se sont dégradées. J’ai été surprise de lire qu’un tiers des Français était déjà allé aux urgences alors qu’il n’y avait pas d’urgence et qu’ils en étaient conscients. En fait, je suis sidérée. Je savais que c’était comme ça dans d’autres pays, supposés être moins efficaces que la France. Par exemple, je me souviens d’avoir passé un weekend au lit quand je vivais à Madrid, avec une fièvre carabinée et des douleurs à la gorge et aux oreilles. Je ne savais pas vers qui me tourner. Je ne savais pas qu’il y avait un service de garde le weekend et que l’information était affichée sur la porte de mon médecin habituel. Je l’ai appris le lundi matin quand j’ai pu voir ma docteure. Mais pendant que j’agonisais au fond de mon lit, j’ai envoyé des textos à des Espagnols que je connaissais pour savoir s’il y avait des médecins qui travaillaient le weekend. Personne ne savait rien et tous m’ont recommandé d’aller aux urgences. J’étais vraiment mal, mais je savais que mon cas n’était pas urgent. Je savais que je n’étais pas mourante et que j’avais seulement une otite. Je souffrais, mais le lundi matin, on m’a prescrit des antibiotiques et j’allais mieux dès le mardi. Je crois que j’aurais trop honte d’aller aux urgences en sachant que mon cas n’est pas une urgence.

L’abus des services n’est pas le seul problème, mais c’en est un important à mon avis. L’article mentionne d’autres problèmes.

Aujourd’hui, j’ai choisi de me concentrer sur ces quelques points : en rose, des verbes utiles, en jaune, des participes passés sans auxiliaires, en bleu, des connecteurs logiques, en rouge, de la grammaire à observer, et j’ai souligné du vocabulaire – soit des mots individuels, soit des groupes de mots.

  • les services d’urgences : on dit “aller aux urgences”, mais quand on parle de tous les services qu’on y trouve, on parle des services d’urgences.
  • massivement soutenue : penseriez-vous à dire ceci ? Je sais que beaucoup de mes étudiant·es seraient tenté·es de dire beaucoup/très supportée. Ce qui serait incorrect (to support = soutenir)
  • révéler : un synonyme de dire, avec une petite nuance. Révéler, c’est dire qqch qui n’était pas su avant (une information, un secret…)
  • un baromètre : au sens propre, c’est un appareil qui mesure la pression atmosphérique. Au sens figuré, c’est un indicateur d’une multitude de choses. Comme en anglais il me semble.
  • réalisé : synonyme de faire. Se réfère au baromètre. Je n’avais jamais fait attention qu’on pouvait réaliser un baromètre. Dans ce contexte, j’entends plus souvent que l’on peut réaliser une enquête, un sondage.
  • dévoiler : synonyme de révéler
  • en effet : connecteur qui permet de justifier ce qui vient d’être écrit.
  • les professionnels de santé : l’ensemble des personnes qui travaillent avec des patients
  • soutenir : on peut soutenir un mouvement, une cause
  • démarré = commencé
  • mi-mars : savez-vous que l’on dit ainsi ? (et non pas *la moitié de mars)
  • pour lequel : préposition + pronom relatif composé – comprenez-vous cette structure qui pose souvent problème aux étudiants ? Une nouvelle action est prévue pour ce mouvement = ce mouvement pour lequel une nouvelle action est prévue
  • est prévue : du verbe prévoir = to plan
  • les acteurs de la santé : toutes les personnes qui jouent un rôle dans le monde médical
  • interrogés : se réfère aux acteurs de la santé
  • d’accord sur : on est d’accord (avec qqn) sur qqch
  • le constat effectué : quand on fait un constat, c’est plus soutenu de dire qu’on l’effectue
  • un/une gréviste : une personne qui fait la grève
  • se détériorer : aller de plus en plus mal. Empirer est un autre synonyme.
  • n’hésitent pas à : remarquez la construction verbale. On hésite à faire qqch.
  • de leur faute : par extension, de ma faute, de ta faute, de sa faute, etc.
  • c’était plus facile que de trouver : auriez-vous mis le “de” ?
  • avancer les frais médicaux : les frais, c’est ce que l’on doit payer (fees), et avancer, cela veut dire qu’on doit payer. Avancer de l’argent, c’est prêter de l’argent et c’est aussi payer en avance. Ce qui sous-entend que si l’on va aux urgences, on ne paye pas.
  • à cause de : connecteur logique de cause
  • au sein des urgences : à l’intérieur des urgences
  • chez les soignants : les soignants sont les personnes qui soignent, qui prennent soin des patients, et chez les soignants ne veut pas dire chez eux, dans leur maison, mais parmi eux. L’auriez-vous dit ainsi ?
  • ainsi : connecteur logique de conséquence
  • le milieu hospitalier : la sphère des personnels de l’hôpital
  • soit : c’est-à-dire
  • chez l’ensemble des Français : comme pour chez les soignants, on ne parle pas des maisons des Français. Auriez-vous penser à l’expression l’ensemble des Français ? C’est plus soutenu que chez tous les Français.
  • des troubles : synonyme de problèmes, très utilisé dans le domaine de la santé
  • des maux de tête : pluriel d’un mal de tête
  • la santé morale : on a aussi la santé physique, la santé mentale, etc.
  • est touchée : se réfère à la santé morale. Elle est touchée, c’est-à-dire qu’elle est affectée
  • effectuer : synonyme de faire – effectuer un travail : plus soutenu
  • hausse constante : deux mots qui vont bien ensemble
  • a réagi : synonyme de dire.
  • infirmière aux urgences de l’hôpital… : auriez-vous utilisé les bonnes prépositions ?
  • membre du collectif : membre du groupe
  • dans les services : remarquez la préposition utilisée
  • le temps d’attente : le temps qu’il faut attendre
  • à ce que : on ne peut jamais JAMAIS dire *à que – pensez au pronom neutre CE
  • vers ce que : de même, *vers que est impossible. On a besoin du petit CE. Hmm, peut-être peut-on se demander si que peut suivre une préposition ou s’il faut toujours insérer CE.. Je vous laisse méditer là-dessus.
  • que l’on : version plus soutenue de qu’on – utilisez-la à l’écrit !
  • puisque : connecteur logique de cause

Zone blanche

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas regardé de série française et récemment, en recherchant sur Netflix, je suis tombée sur une série dont je n’avais jamais entendu parler : Zone Blanche. C’est en fait une série franco-belge.

L’histoire se passe dans une petite ville française éloignée de tout. C’est même plutôt un village, avec une immense forêt. Le genre d’endroit où même si l’on me payait, je refuserai de vivre. Pas de magasins, pas de restaurants à part un bistrot pas très accueillant, et beaucoup de meurtres. Et seulement trois policiers et un procureur pour gérer tout ça.

Déjà, au départ, je trouve le cadre super angoissant. Je ne suis pas faite pour la vie rurale, et les histoires qui prennent place dans de tels endroits me donnent la chair de poule. Ensuite, dès le premier épisode, il est question de meurtre et de disparition. On y apprend également que le taux d’homicide y est beaucoup plus élevé que la moyenne nationale et malgré cela, aucun renfort n’est envoyé pour aider la police, à part un procureur un peu loufoque.

Je pensais regarder un ou deux épisodes pour voir ce que c’était, puis garder le reste pour plus tard, mais en fait, après deux épisodes, j’ai voulu voir le troisième, après lequel j’ai dû me raisonner pour aller me coucher. Je pensais avoir vu qu’il y avait 6 épisodes à la première saison, alors le lendemain soir, après le travail, j’ai continué, en me disant que si je regardais les trois derniers, je pourrais toujours me coucher à une heure acceptable. En fait, la première saison compte huit épisodes et cette nuit-là a été courte, car je n’ai pas su me raisonner et j’avais vraiment envie de connaitre la suite.

Je ne dirais pas que c’est la meilleure série qu’il m’ait été donné de voir, mais elle m’a bien plu. J’étais captivée du début à la fin et je vais regarder la deuxième saison sans hésiter. Selon moi, le scénario n’a pas toujours de sens mais cela ne me dérange pas. Tout n’est pas tout à fait clair à la fin de la première saison et il semblerait qu’il y ait un peu de supernaturel dans tout ça, mais ce n’est pas pour me déplaire.

Si vous aimez les ambiances angoissantes, les meurtres, le mystère, les enquêtes policières, accompagné d’un peu de fantastique, ça pourrait vous plaire. Et dans tout les cas, c’est bon pour votre français !

Choses à savoir avant de s’installer en France

Étant française, je n’ai jamais eu à me poser certaines questions par rapport à la vie en France. Je sais plus ou moins comment les choses fonctionnent, ou tout du moins, je le savais quand j’y vivais. Même si l’administration m’a toujours donné des boutons et que je l’évitais autant que possible.

Quand je vivais en Espagne, j’étais tombée sur les vidéos d’une Américaine vraiment adorable, du nom de Patricia et vivant en France. Elle fait des vidéos beauté qui ne m’intéressent pas du tout, mais elle fait aussi beaucoup de vidéos pour parler de la France et de ses expériences et observations. J’aime aussi l’écouter parler car elle parle très bien, malgré quelques petites fautes par-ci par-là. Elle est très fluide et très naturelle en tout cas. Et comme je ne l’avais pas regardée depuis longtemps, je trouve qu’elle a progressé depuis la dernière fois que j’avais regardé une de ses vidéos.

Récemment, YouTube m’a suggéré une de ses vidéos intitulée : 10 choses que j’aurais aimé savoir avant de venir en France. Elle y parle d’administration française, c’est son premier point, et si vous vivez ou souhaitez vivre en France, écoutez bien ce qu’elle dit car c’est très vrai ! Elle parle aussi de prononciation, de vocabulaire, de cartons de lait, de politesse, de bise, de santé, de chocolat, de guacamole et de harcèlement sexuel.