Un podcast qui parle des hommes

Je vous parlais le mois dernier du podcast Un podcast à soi qui parle des femmes et que je trouve formidable. Quand je l’ai découvert, j’avais aussi remarqué quelques autres podcasts qui me paraissaient intéressants et que je gardais au chaud pour plus tard. J’ai commencé à écouter ce podcast cette semaine. J’ai commencé avec l’épisode intitulé Contre la rhétorique masculiniste, et j’ai été immédiatement captivée.

Je le recommande vivement à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent aux questions de genre, au féminisme, à la place des femmes et des hommes dans ce monde, aux rapports humains, à la société, à la justice, et qui comme moi, aimeraient que plus de gens s’interrogent sur certains comportements qui ne devraient pas être acceptables et acceptés.

Et bien sûr, c’est très bon pour pratiquer votre compréhension orale !

Ces noms qui peuvent être masculins ou féminins

J’ai souvent ressenti de l’embarras avec le mot météorite car je n’ai jamais réussi à mémoriser s’il était masculin ou féminin. En même temps, c’est pas un mot que j’utilise tous les jours, alors ce n’est pas très grave, mais ça le rend plus difficile à retenir.

Et aujourd’hui, par hasard, je feuilletais un livre sur les difficultés du français et je suis tombée sur une petite liste de noms qui n’ont pas de genre défini, qui peuvent être soit masculin, soit féminin. Et bam, météorite était dans la liste ! On peut donc parler d’une météorite ou d’un météorite. 

Le mot après-midi était mentionné aussi. Celui-ci, je le savais déjà, même si ça m’énerve depuis toujours. Je pense d’ailleurs qu’il n’a pas toujours été des deux genres mais qu’il a fini par le devenir à force d’être mal utilisé. Je me trompe peut-être, mais je me souviens très clairement d’une vive discussion avec ma mère quand j’étais enfant, encore à l’école primaire. Elle avait dit une après-midi. Je lui avais dit qu’elle se trompait. Elle m’avait répondu que non. J’étais alors allée chercher le dictionnaire et lui avais prouvé que j’avais raison. Après-midi était alors exclusivement masculin, selon mon dictionnaire. Je lui avais dit qu’on disait un midi, donc qu’il était tout à fait évident pour moi de dire un après-midi. Et je pense toujours selon cette logique. Cependant, des années plus tard, j’ai commencé à remarquer que beaucoup de gens disaient une après-midi, les présentateurs des journaux télévisés inclus. Puis un jour, j’ai vu que même le dictionnaire donnait ce nom comme masculin ou féminin. Je ne suis toujours pas très heureuse de cette évolution car après-midi au féminin sonne faux à mes oreilles, mais j’ai arrêté de corriger les gens. 

Un autre nom qui m’a souvent posé problème, c’est réglisse. J’adore le réglisse. Surtout celui produit par Haribo.

J’ai toujours dit le réglisse. Mais j’ai souvent entendu d’autres personnes dire la réglisse. J’ai longtemps pensé que les autres se trompaient (parce qu’évidemment, ça ne pouvait pas être moi qui me trompais!) mais à force de l’entendre au féminin, j’ai commencé  à penser qu’il était temps que je consulte un dictionnaire. Et là encore, deux possibilités ! Je pourrais dire que j’adore le réglisse ou que j’adore la réglisse et je ne ferais pas de faute. Par contre, si l’on parle de la plante, c’est seulement féminin. 

Il y a d’autres noms qui peuvent être utilisés indifféremment au féminin et au masculin, dont pas mal de mots empruntés à d’autres langues, tels que goulasch, holding, country, parka…

Mais bien sûr, la plupart des noms ont un genre bien défini et il est important d’apprendre chaque nouveau mot avec l’article qui lui correspond !

C’est + adjectif

Les étudiants ont souvent envie de mettre un adjectif féminin après c’est si ce qu’ils disent se réfèrent à un nom féminin.

En parlant d’une histoire ou d’une série, entre autres, j’ai souvent entendu : *c’est amusante*c’est intéressante.

Mais, même si l’on parle d’une histoire intéressante, à partir du moment où l’on utilise c’est, il faut utiliser l’adjectif masculin.

ON NE DIT JAMAIS : *c’est bonne, *c’est géniale, *c’est belle

ON DIT : c’est bon (même si l’on parle d’une pizza), c’est génial (même si l’on parle d’une idée), c’est beau (même si l’on parle d’une statue)

 

Le genre des noms

A tous les niveaux, le genre des noms posent problème aux étudiants, surtout à ceux qui n’ont pas l’habitude d’attribuer un genre aux choses dans leur langue maternelle. Les étudiants débutants s’inquiètent souvent de savoir comment ils vont faire pour savoir si tel nom est féminin ou masculin. J’explique donc qu’il est important d’apprendre chaque nouveau mot avec un déterminant, mais il est évidemment difficile de tout mémoriser. Je donne souvent Jane Birkin en exemple pour rassurer tout le monde. C’est une actrice et chanteuse anglaise qui vit en France depuis de très nombreuses années et depuis que je suis petite, elle m’amuse car elle se trompe souvent sur le genre des noms. Peut-être moins maintenant, je ne sais pas, mais la dernière fois que je l’ai entendue en interview à la radio (l’an dernier je crois), elle faisait toujours des fautes. Personnellement, je trouve ça mignon et ça n’empêche en aucun cas la compréhension quand il y a un contexte. Certains noms peuvent exister au masculin et au féminin et signifier deux choses complètement différentes, mais si l’on a un contexte, on sait en général de quoi on parle. Si vous me dites que vous avez tourné le page, je vais comprendre que vous voulez dire que vous avez tourné la page (the page) et non le page (the squire).

Il y a certaines règles générales que l’on peut suivre, bien qu’elles aient toutes des exceptions. On peut se baser sur la terminaison d’un nom pour deviner son genre si l’on n’est pas sûr. Et on apprend les exceptions au fur et à mesure. D’où l’intérêt de savoir orthographier correctement, entre autres.

La terminaison sur laquelle je reprends le plus souvent mes étudiants, c’est -TION. Je le repète souvent avant que ça finisse par rentrer. Une animation, une célébration, une donation, une finition, une détention, une hallucination, une partition, une subordination, etc. Les noms en -TION sont généralement féminins. 

La deuxième terminaison qui revient le plus souvent dans mes corrections, c’est -MENT. Un compliment, un élément, un sentiment, un évènement, un piment, un prélèvement, un monument, un cheminement, etc. Les noms en -MENT sont généralement masculins. 

Sur la lignée des noms en -TION, nous avons les noms en -SION / -SSION : la tension, la dimension, la télévision, la pension, la mission, la profession, la commission, la permission, etc.

Puis nous avons les noms en -ETTE : la maisonnette, la fillette, la cassette, la cigarette, la buvette, la noisette, la manette, la pipette, etc.

Les noms en -Té : la beauté, la majesté, la qualité, la nationalité, la clarté, la publicité, l’électricité, la nécessité, etc.

Les noms en -URE : la sculpture, la nature, la couverture, la piqûre, la césure, la fermeture, l’écriture, la sépulture, etc.

Les noms en -ISME : le communisme, le capitalisme, le tourisme, le cynisme, le féminisme, le sexisme, le racisme, le jeunisme, etc.

Les noms en -EIL : un réveil, le soleil, le sommeil, un appareil, un conseil, un orteil, le vermeil, l’éveil, etc.

Les noms en -EILLE : une bouteille, une abeille, une corbeille, une vieille, la veille, une oreille, une groseille, une merveille, etc.

Les noms en -AIL : un travail, un chandail, le bétail, un éventail, un épouvantail, un détail, un rail, un vitrail, etc.

Les noms en OUILLE : une citrouille, une grenouille, une ratatouille, une bouille, une douille, une chatouille, une embrouille, une patrouille, etc.

Les noms en -IE : la boulangerie, la boucherie, la chimie, la pluie, la gastronomie, la bijouterie, la péripétie, la périphérie, etc.

Les noms en -ANCE : une ambulance, une croyance, une enfance, une naissance, une ordonnance, une alliance, une assurance, la tolérance, etc.

Les noms en -ENCE : une intelligence, une urgence, une pénitence, la concurrence, la violence, la réticence, la science, une conférence, etc.

Cette liste n’est pas exhaustive. On pourrait y ajouter d’autres terminaisons et donner quelques exemples d’exceptions, mais si tous mes étudiants avaient cette liste en tête, je serais très fière !