Plan cœur

La semaine dernière, une de mes étudiantes m’a parlé de cette nouvelle série française sur Netflix. Je me suis empressée d’aller vérifier si elle était disponible dans mon pays et j’ai été très contente de voir qu’elle l’était ! 

Du coup, j’ai téléchargé quelques épisodes sur ma tablette car je devais être sur la route quelques heures le lendemain et que je suis malade si je lis en voiture, en bateau ou en bus. Par contre, je peux regarder des films sans problème et si les images bougent trop, je peux juste écouter. 

C’est une mini-série de seulement 8 épisodes d’à peu près 26 minutes. L’intrigue est facile à suivre. Et même si ce n’est pas la série du siècle et qu’elle n’a rien de très original, je l’ai trouvée divertissante. J’avoue que j’ai téléchargé le reste des épisodes en rentrant et que je l’ai finie d’une traite. Pour les besoins de mon travail. Evidemment. 🙂

D’un point de vue linguistique, elle est intéressante car truffée de mots et d’expressions appartenant au langage familier. Pas facile du tout pour les apprenants qui n’ont pas l’habitude de ce genre de langage. Ce qui est le cas de la plupart des apprenants. Même pour moi, ce n’était pas toujours évident car je ne m’exprime pas tout à fait de cette façon. 

Pour vous, c’est l’occasion d’enrichir votre vocabulaire familier et de pratiquer votre compréhension orale en appliquant les conseils que je donne à la fin de ce post

Pour ce qui est de l’histoire, c’est celle d’une jeune femme, Elsa, qui ne s’est toujours pas remise de s’être fait plaquer par son ex deux ans auparavant. Elle pense toujours à lui et n’arrive pas à passer à autre chose. Alors une de ces amies décide de prendre les choses en main et de payer quelqu’un pour remettre Elsa sur le droit chemin. Comédie sentimentale, probablement plus pour les femmes que les hommes, mais linguistiquement, c’est intéressant pour tous !

Voici la bande-annonce

Bref

Pour tester votre compréhension orale, la série Bref est idéale. 82 épisodes de moins de deux minutes, beaucoup de vocabulaire familier et l’opportunité d’écouter comment les gens parlent vraiment et de remarquer les spécificités du français parlé. Le personnage principal parle encore plus vite que la moyenne en fait. C’est un homme, trentenaire, sans travail, qui vit une vie pas très palpitante et qui nous en raconte des moments. Je sais qu’au moins une de mes étudiantes a beaucoup aimé la série, mais je me demande ce que la majorité des étrangers en penseraient. Moi, ça m’amuse, mais je ne suis pas sûre que ce genre d’humour plaise beaucoup en dehors de la France (ni d’ailleurs à tout le monde en France). Toutefois, pour les étudiants de français langue étrangère, c’est super pour pratiquer votre oreille. Si vous arrivez à tout comprendre, c’est que vous avez parcouru un très long chemin !

Tous les épisodes sont disponibles sur YouTube. Voici le premier : 

Les malentendus, ça arrive aussi quand on parle la même langue

J’ai besoin de rire en ce moment, et YouTube m’aide pas mal. Cette semaine, il m’a suggéré plein de vidéos plus ou moins marrantes, dont celle-ci

Un peu de vocabulaire, majoritairement familier, tiré de la vidéo : 

  • la meuf : la femme (c’est du verlan, un type d’argot qui consiste à inverser les syllabes)
  • se faire draguer : quand on drague quelqu’un, on essaie de le/la séduire en espérant que ça débouche sur une relation amoureuse ou sexuelle. Si quelqu’un vous drague, vous pouvez dire que vous vous êtes fait draguer.
  • faire exprès de faire qqch : faire qqch intentionnellement
  • faire genre : faire comme si
  • une pompe : argot pour chaussure
  • le coup du/de… : on peut utiliser cette formule avec beaucoup d’actes qui sont plus ou moins habituels et reconnus comme une technique spécifique pour atteindre un but.
  • une bite : très familier, plutôt vulgaire, mais très utilisé pour dire pénis. 
  • carrément : selon le contexte, il pourra être traduit de différentes façons. Ici, ça veut dire complètement, vraiment. 
  • qu’est-ce que j’ai branlé ? : familier et vulgaire, mais aussi très utilisé, c’est une variation du familier, mais un peu moins vulgaire, qu’est-ce que j’ai foutu ?, ou en d’autres termes plus standards : qu’est-ce que j’ai fait ?
  • quel ringard ! : quel nul ! quel incapable ! qu’il est ridicule !
  • puer des pieds : sentir mauvais des pieds
  • le cul : les fesses
  • ça me fait chier de + infinitif : familier et vulgaire, et aussi très employé par les Français (moi incluse), on dit ça quand quelque chose nous emmerde (oups, ça aussi c’est familier et vulgaire). Quand on n’est pas content d’une situation, quand on n’a pas envie de faire quelque chose, quand on trouve quelque chose très agaçant, on va dire que ça nous fait chier. 
  • c’est une blague ! : on dit ça quand on trouve une situation ridicule, incroyable
  • un connard : familier et vulgaire pour qualifier un homme qu’on trouve très stupide. Pour une femme, on dit connasse. 
  • elle a l’air un peu ouf : encore du verlan. Ouf veut dire fou. Ou folle. 
  • un mec : argot pour dire un homme
  • prendre qqn pour qqch : elle dit tu m’as pris pour quoi ? (elle aurait dû dire prise, d’ailleurs) ce qui veut dire qu’elle se demande ce qu’il pense d’elle. On entend parfois : faut arrêter de prendre les gens pour des cons = il faut arrêter de penser que les gens sont stupides. 
  • une briseuse de couple : une femme qui essaie de faire rompre un couple
  • les couilles : familier et vulgaire pour dire testicules
  • se barrer : argot pour partir
  • terminer en beauté : elle le dit ironiquement ici, mais on peut dire ça d’un sportif par exemple. S’il termine la course en beauté, il a probablement gagné.
  • tu crois qu’on me l’a jamais fait, ce coup-là ? : tu crois que c’est la première fois que je vois ça, que je fais cette expérience ?
  • forcément : obligatoirement, nécessairement
  • taré : argot pour fou

Nous trois ou rien

Depuis que j’ai déménagé, je ne regarde plus de films ou de séries. J’ai annulé mon abonnement à Netflix parce que je me suis fait une entorse à la cheville et j’ai dû arrêter de courir. Mais je vais recommencer très bientôt car je crois que ma cheville va mieux. Et je vais avoir besoin de Netflix si je veux tenir assez longtemps sur le tapis de course. 

Je me disais aussi que ça serait une bonne idée de recommencer à aller au cinéma. Au moins d’essayer pour voir si l’expérience est plaisante ici. En Espagne, je suis allée dans une salle espagnole une seule fois en trois ans. Et j’ai vu quelques films français à l’institut français. Un dont je me souviens  bien, c’est Nous trois ou rien. Le directeur du film, Kheiron, était dans la salle et avait répondu à quelques questions de spectateurs après la projection. Ce film m’avait fait à la fois rigoler et pleurer. Et quand je dis à la fois, c’était vraiment ça. Il y avait des moments où je rigolais parce que c’était drôle, tout en pleurant parce que c’était triste.

Dans ce film, Kheiron raconte l’histoire de sa famille. Une histoire très touchante qui offre un aperçu de la vie en Iran dans les années 70-80. Kheiron joue le rôle de son père, alors militant pour la démocratie et opposant au régime du shah. Il se retrouve en prison pendant plusieurs années pour s’être opposé au pouvoir. Je ne sais plus s’il a été libéré de prison car le régime a été renversé ou pour une autre raison, mais avec l’ayatollah Khomeini au pouvoir au début des années 80, il devient évident pour la famille que la démocratie n’est pas près d’être instaurée en Iran. Les parents de Kheiron sont jeunes, lui est tout petit, et ils décident de fuir le pays où ils craignent pour leurs vies. Ils préparent leur départ en cachette. Ils doivent être très discrets et au-dessus de tout soupçon. 

On assiste à la préparation de leur périple et on espère qu’ils ne seront pas trahis. On tremble pour eux quand ils arrivent à la frontière turque et on est plié de rire aussi. J’ai oublié les détails, mais ils finissent par arriver en France, en région parisienne, et le film nous montre les débuts difficiles de leur vie en France et comment ils ont réussi à s’intégrer et à construire une nouvelle vie dans ce pays qui les a accueillis.  

Un super film que je recommande vivement !

Oiseaux en quête de célébrité

Ayant été un peu déconnectée des actualités ces derniers temps, je me suis dit qu’aujourd’hui serait un bon jour pour me mettre à jour. Les informations des journaux traditionnels n’étant pas réjouissantes dans l’ensemble, j’ai décidé d’aller voir ce que racontait le Gorafi. Et je n’ai pas été déçue ! Cet article est hilarant et aussi très intéressant du point de vue linguistique (structures grammaticales et connecteurs variés). 

Les apprenants adultes ont souvent peu de noms d’animaux dans leur répertoire linguistique, contrairement aux enfants, et encore moins de noms spécifiques d’oiseaux, de races de chiens, de chats, ou autres. 

Dans cet article, il est fait mention du rouge-gorge, du goéland et du martin pêcheur et je me demande combien de mes étudiants seraient en fait capables de me dire exactement ce qu’ils sont.

Qui est qui ?

Je suis loin d’être spécialiste en animaux et je pense que mon vocabulaire d’oiseaux est assez limité en anglais et quasi inexistant en espagnol et italien. Je me demande même si je suis capable de lister 10 oiseaux supplémentaires en français : un pigeon, une pie, un corbeau, une hirondelle, un moineau, une colombe, une mouette, un héron, un aigle, un hibou. Ouf, je peux et j’en ai même quelques autres en tête et je peux tous les traduire en anglais mais certainement pas en espagnol ou en italien. 

Et vous, êtes-vous capable de nommer  5 oiseaux de plus en français ?

Être français

Je ne suis pas une personne très politique. Mais je suis une Française qui vit à l’étranger depuis 16 ans et je m’intéresse au monde et aux cultures de ce monde. Je ne peux pas m’empêcher de remarquer certaines différences entre les différentes cultures que j’ai eu l’occasion d’apprendre à connaître à travers les pays où j’ai vécu et les gens que j’ai rencontrés. Et il y a quelque chose qui m’a toujours paru très français et très agaçant. Ceci dit, il y a probablement d’autres pays où c’est pareil et beaucoup de pays où ce n’est pas idéal non plus…

Ce dont je parle, c’est d’identité. Ce que c’est d’être français. Ce qui fait qu’on est français. Je me trompe peut-être, et je ne parle que de mon ressenti, mais je me suis souvent fait la réflexion que c’était beaucoup plus difficile de se sentir et d’être considéré français en France qu’anglais en Angleterre si notre famille avait des origines hors de France ou d’Angleterre. J’ai aussi souvent eu l’impression qu’avoir une double culture en France pouvait être perçu comme négatif et qu’on demandait aux gens de choisir la culture française plutôt que leur autre culture pour être considéré français. Moi, j’ai plutôt tendance à penser que c’est un avantage d’avoir deux ou plusieurs cultures et que ça permet une certaine ouverture sur le monde et je trouve un peu absurde qu’on demande aux gens de renier une partie de leur identité. Je pense que c’est important de parler la langue du pays dans lequel on habite, de comprendre, respecter et s’adapter à la culture du pays, mais cela ne devrait pas vouloir dire qu’on doit renoncer à parler les autres langues qu’on connaît, à manger et cuisiner les plats qu’on aime, à passer du temps avec les gens desquels on se sent proche, et je ne sais quoi d’autre.

Moi-même, quand je vivais au Cambodge, j’avais des amis khmers mais je passais la majorité de mon temps libre avec des Français ou des anglophones, on pouvait souvent me trouver à l’Institut Français, je parlais français ou anglais et très peu khmer, j’allais régulièrement dans des restaurants occidentaux car même si j’aimais la cuisine locale, j’adorais retrouver le goût des plats avec lesquels j’avais grandi. Si j’étais restée plus longtemps, j’aime penser que j’aurais fait plus d’efforts pour apprendre la langue et que j’aurais été plus intégrée dans la société cambodgienne… Pendant mes huit années passées à Londres, j’allais à la boulangerie française et au restaurant français de mon quartier, j’étais toujours contente de rencontrer des Français pour papoter, j’allais voir tous les films français qui sortaient au cinéma, je regardais la télé française quand je faisais des babysittings pour des familles françaises… Cela ne m’empêchait pas d’être complètement intégrée dans la société anglaise, de travailler, de comprendre le fonctionnement du monde autour de moi et à part quelques racistes occasionnels, les Anglais ne m’ont jamais reprochée de ne pas être anglaise.

Je suis consciente que pour les Français issus de l’immigration, ce n’est pas tout à fait le même cas de figure, mais on leur reproche des comportements que pratiquement tous les immigrants occidentaux adoptent quand ils vivent à l’étranger et on les juge comme étant moins dignes d’être français à cause de ça. En Angleterre, on peut être noir sans que personne ne remette en cause notre nationalité anglaise même si l’on se sent proche d’une autre culture. En France, de mon point de vue et d’après mon expérience, c’est différent. Et ça me chiffonne un peu. J’ai du mal à comprendre pourquoi la double culture est perçue comme une menace et comment on peut demander à quelqu’un de choisir entre ses deux cultures.

A l’occasion de la victoire récente de la France, Trevor Noah a fait une blague dans son émission The Daily Show, qui a provoqué beaucoup de réactions hostiles et qui a poussé l’ambassadeur de la France à lui écrire une lettre. Il a répondu à cette lettre dans The Daily Show et j’ai trouvé ce qu’il a dit très pertinent. Voici la vidéo :

Why can’t they be both indeed ?

L’humour d’Haroun

J’adore les dystopies (The Handmaid’s Tale, Farenheit 451, 1984, Brave New World, etc). Elles me fascinent. Le monde dans lequel on vit me fait peur et ma vision du futur est plutôt pessimiste. Et Black Mirror est l’une de mes séries préférées, si ce n’est ma préférée en fait.

Je suis tombée sur une vidéo d’un humoriste dont j’aime bien le style, Haroun, qui traite d’un sujet aussi abordé dans un épisode de Black Mirror. Avec beaucoup plus d’humour évidemment et ça m’a beaucoup fait rire.

Un peu de vocabulaire avant de regarder :

  • une appli = une application (on aime raccourcir les mots en français)
  • flippant = qui fait peur
  • se faire chier (familier, grossier) = s’ennuyer, s’embêter
  • une sale note = une mauvaise note
  • se débrouiller = se dégager d’une situation compliquée
  • un appart’ = un appartement (on aime raccourcir les mots en français ;-))
  • racketter = obtenir de l’argent en faisant pression sur qqun, en l’intimidant
  • un cas soc’ = un cas social (on aime vraiment raccourcir les mots en français ;-)), une personne à problèmes, au comportement marginal, mal intégrée dans la société

Jour J

Je crois que l’origine de cette expression est militaire. D-day, Jour J. On l’utilise dans la vie courante quand on parle d’un jour important, un jour qu’on a attendu avec impatience, qu’on a préparé, etc.

C’est aussi le titre d’un film français diffusé sur Netflix (Wedding unplanned, en anglais). Je l’avais remarqué dans la liste des quelques films français proposés par Netflix,  mais comme je suis rarement d’humeur à regarder des comédies romantiques et qu’il n’est pas téléchargeable, je n’avais pas très envie de le regarder. Puis deux de mes étudiantes m’en ont récemment parlé au cours d’une même semaine et toutes deux m’ont dit qu’elles l’avaient trouvé drôle, alors j’ai décidé de le regarder aussi. Et je n’ai pas regretté car je l’ai trouvé très divertissant. Le langage est assez cru par moments mais ça m’a fait pouffer de rire tout le long du film. La fin des comédies romantiques est toujours prévisible, et ce film n’échappe pas à la règle, mais il y avait quand même un peu d’incertitude jusqu’aux trois dernières minutes. En tout cas, moi, j’étais pas tout à fait sûre de ce qui allait se passer jusqu’à la fin.

C’est pas le film du siècle, mais c’est une bonne comédie qui vous permettra de passer un bon moment tout en enrichissant votre vocabulaire familier et vulgaire.