Indicatif VS subjonctif

Une fois le niveau C atteint, les étudiant·e·s ont en général bien compris quand il fallait utiliser le subjonctif et l’indicatif, malgré quelques petits écarts occasionnels.

Cependant, des doutes persistent avec certains verbes et quand je corrige le subjonctif pour un indicatif et vice-versa dans certains écrits, la raison n’est pas toujours claire pour mes élèves.

En effet, il y a certains verbes qui peuvent être suivis du subjonctif ou de l’indicatif selon leur sens. C’est le cas de verbes comme dire, admettre, supposer, demander, comprendre, etc.

Observez :

  • Je ne l’aime pas beaucoup, mais j’admets qu’il est beau gosse.
  • Elle admet que son fils ne veuille pas faire d’études.

Dans la première phrase, le verbe admettre est synonyme de reconnaitre. Il a une valeur d’affirmation. Dans la seconde, admettre est synonyme d’accepter, avec donc une valeur d’acceptation.

  • Je comprends que c’est difficile pour toi.
  • Je comprends que ce soit difficile pour toi.

Dans la première, je fais un constat, je tiens pour vrai le fait que c’est difficile. Dans la seconde, j’accepte, je tiens pour possible le fait que ce soit difficile.

Un dernier exemple ?

  • Dis à ta sœur que je l’attends.
  • Dis à ta sœur qu’elle attende.

Dans la première, dire est un verbe déclaratif. Dans la deuxième, il introduit un ordre.

Il semble que / Il me semble que

Voici une paire d’expressions pas très aimée des étudiants en général, mais on peut apprendre à l’aimer facilement. 🙂

Au premier regard, on se dit que c’est la même chose. Alors, pourquoi doit-on utiliser le subjonctif avec l’une et l’indicatif avec l’autre ? 

Tout simplement parce que quand on réfléchit bien, on dit vraiment deux choses différentes. Observez : 

  • Il me semble que Nicolas est un peu triste aujourd’hui.
  • Il semble que Nicolas soit un peu triste aujourd’hui.

Dans le premier exemple, je pense qu’il est triste. J’ai probablement de bonnes raisons de penser qu’il est triste. Dans le deuxième exemple, je ne suis pas certaine. Il y a une part de doute. Nicolas paraît triste, on dirait qu’il est triste, mais cela reste subjectif.

D’autres verbes fonctionnent ainsi, mais je vais y aller un par un, pour vous laisser le temps d’absorber 😉 En attendant, utilisez-les pour pratiquer !