Prononcer le X

J’aime bien cette lettre. J’aime bien le W, le Y et le Z aussi. Ce sont des lettres qu’on ne retrouve pas dans beaucoup de mots français. Et aussi, quand j’étais petite, je jouais au Scrabble avec ma grand-mère et c’était des lettres qui valaient 10 points. Parce qu’elles étaient rares et dures à placer. Le Q et le J valaient 8 points chacun. Je les aimais bien aussi, mais le Q était trop difficile à placer en fin de jeu. Enfin bon, pour en revenir au X, en plus de valoir 10 points au Scrabble, c’est une lettre très intéressante, à mon avis, car elle peut se prononcer de plusieurs façons différentes. Ça dépend du mot.

Evidemment, mes étudiantes ne partagent pas toujours mon avis. J’en connais même une qui déteste le X.

Déjà, la lettre en elle-même se prononce [iks] – 3 sons.

Ensuite, elle a plusieurs prononciation possibles :

  • [gz] : exercice, examen, exotique, hexagone, exemple, exact, exutoire, exigence, exil, exubérance, exagérer, exister, exhumer, exhibition, exhaustif, xénophobie, xylophone…
  • [ks] : exposition, exposé, Alex, Mexique, excuse, taxi, boxer, complexe, explication, expérience, duplex, exterminer, mixer, toxique, auxiliaire, oxygène, lynx, relax…
  • [s] : soixante, dix, six, Bruxelles
  • [z] : deuxième, sixième, dixième + liaisons : aux Etats-Unis, dix ans
  • X pas prononcé : deux, heureux, choix, prix, peux, veux, amoureux, paix…

Si vous observez bien ses listes, vous pouvez remarquer plusieurs choses :

  • [gz] : quand le mot commence par (h)ex+voyelle ou h ou que le mot commence par X
  • [ks] : quand le x est à l’intérieur du mot ou ex+consonne, et en fin de mot (mais pas après i et u, où il est muet – sauf pour quelques noms propres et pour phénix)
  • [s] et [z] sont rares.
  • le X n’est jamais prononcé quand il est la marque du pluriel ou une terminaison de verbe. C’est également le cas s’il est en fin de mot après un u ou un i (sauf phénix et quelques noms propres)

En conclusion, les deux prononciations les plus fréquentes du X sont [gz] et [ks] et selon votre langue maternelle, il faudra vous entrainer plus ou moins intensément pour les réaliser. Si votre langue maternelle est l’espagnol, il est possible que vous ne soyez pas fan du X, mais donnez-lui une chance et pratiquez-le un peu plus si vous le trouvez difficile !

Le son /z/

Certains étudiants ont du mal à prononcer le son /z/, en particulier les étudiants hispanophones, surtout quand il s’écrit autrement qu’avec la lettre <z> et encore plus quand il est proche du son /s/ dans la phrase

Ce son peut s’écrire :

  • avec un <z> : une dizaine, un zèbre, un magazine, treize, un zoo
  • avec un <s> entre deux voyelles : une maison, un oiseau, une chaise,
  • avec un <s> quand on fait la liaison : des amis, les étudiants
  • avec un <x> (plus rare) : deuxième, dixième, sixième
  • avec un <x> quand on fait la liaison : aux œufs, aux Etats-Unis

Comment prononcez-vous les phrases suivantes ?

  • J’ai croisé ton sosie au zoo.
  • Les gazouillis des oiseaux me reposent.
  • Le cuisinier a préparé six entrées.
  • Elles aiment boire de la tisane en lisant un magazine.
  • Plusieurs enfants s’amusent avec un lézard.
  • J’ai vécu deux ans aux Etats-Unis et dix ans au Zimbabwe.

Comme ou comment ?

Voici deux mots facilement confondus par mes étudiantes espagnoles, italiennes et brésiliennes. 

Quelques exemples entendus dernièrement, de quatre étudiantes : 

  • *J’aime comprendre comme les gens vivent.
  • *Je vais voir comme c’est dans l’autre cours.
  • * Je sais pas comme faire. 
  • *Je ne sais pas comme on en est arrivé là. 
  • *Elle sait comme faire.
  • *Je me demande comme ça va finir.

Ce qu’on peut remarquer, c’est que c’est toujours la même erreur. Elles font toutes la même, et utilise comme au lieu de comment dans les mêmes structures. Dans leurs langues, comme et comment se disent de la même façon et même quand on parle déjà bien français, il est commun de continuer à faire l’erreur de temps en temps. 

Comment peut être un adverbe interrogatif direct ou indirect ou un adverbe exclamatif.

  • Comment allez-vous ? (=how?)
  • Je ne sais pas comment dire ça. (=how)
  • Comment ! C’est ainsi que tu te tiens à table ! (=what!)

Comme peut être une conjonction de comparaison, une conjonction de manière, une conjonction de cause, une conjonction de temps, mais aussi un adverbe interrogatif et exclamatif.

  • Il se comporte comme un adolescent, malgré ses 30 ans. (=like)
  • Gentille comme elle est, je suis sûre qu’elle t’aidera. (=as)
  • Comme il n’aime pas les épinards, je lui ai fait des petits pois. (=since, as)
  • Il est arrivé comme je partais. (=as, when)
  • Regarde comme elle va vite. Je pense qu’elle va gagner la course ! (=how)
  • Tu le connais, tu sais comme il est ! (=how)

Dans les deux derniers exemples, on pourrait aussi dire comment, et c’est à mon avis ce qui rend la confusion facile. J’aurais alors tendance à conseiller d’utiliser plutôt comment. Personnellement, dans la dernière phrase, j’utiliserais indifféremment les deux. Dans l’avant-dernière par contre, j’utiliserais beaucoup moins facilement comment. Cependant, c’est seulement une question de registre de langue. Comme est plus soutenu que comment dans ce cas et je préfère la sonorité de la phrase avec comme.  

Mon dictionnaire (ce cher Robert) m’informe que la construction avec comme quand il est en concurrence avec comment est archaïque, sauf avec certains verbes. Il dit ceci : 

Source : Grand Robert en ligne (euphonie : harmonie des sons qui se succèdent)

La place des pronoms compléments

Très fréquemment, je demande à mes étudiants de reformuler leurs phrases car, s’ils ont tous les mots, ils sont dans le mauvais ordre. Et souvent, c’est parce que les pronoms sont mal placés. 

Voici quelques exemples de phrases relevées pendant mes cours:

  • *j’avais te dit la dernière fois.
  • *je me dois réveiller tôt 
  • *ils l’ont lui donné
  • *ils n’ont pas vous donné
  • *j’ai pas le fait

Il faut tout d’abord se rappeler que les pronoms compléments se placent toujours devant le verbe dont ils dépendent, sauf à l’impératif affirmatif. Ensuite, en cas de double pronominalisation, il faut mémoriser dans quel ordre les pronoms doivent venir dans la phrase. C’est un point important de la grammaire française car on utilise énormément les pronoms : il est donc essentiel de bien le travailler pour qu’il devienne évident. 

Petit rappel des pronoms compléments : me, te, se, le, la, lui, nous, vous, les, leur, y, en. 

Petit rappel de leur usage : 

  • J’ai donné ce livre à ma sœur(j’ai donné quoi ? : ce livre = COD – à qui ? : à ma sœur = COI) : Je le lui ai donné. 
  • Elle a offert des jouets à ses enfants. (elle a offert quoi ? : des jouets = COD – à qui ? : à ses enfants = COI) : Elle leur en a offert.

A travers ces deux exemples, on peut observer que l’ordre des pronoms ne dépend pas seulement de leur fonction. Dans le premier exemple, le pronom direct vient avant le pronom indirect, mais dans le deuxième, le pronom indirect vient en premier. Inutile donc de raisonner seulement en termes de COD et de COI.

Il suffit de mémoriser un petit tableau : 

l’ordre des pronoms

Les pronoms compléments de la première colonne se placeront toujours avant ceux de la deuxième qui se placeront toujours devant ceux de la troisième, etc. (sauf à l’impératif affirmatif)

Quelques exemples contenant des pronoms compléments : 

  • Ces chaussures, je te les prête pour ta soirée si tu veux.
  • Sa copine, c’est moi qui la lui ai présentée. 
  • Vous allez à la gare ? Je vous y emmène !
  • C’est un secret. Ne le lui dites pas !
  • Je leur en ai parlé hier. 
  • Des règles de grammaire, il y en a beaucoup en français. 

A l’impératif affirmatif, le pronom COD viendra avant le COI, qui viendra avant Y qui viendra avant EN : 

  • Ces chaussures, prête-les moi pour la soirée !
  • Cette fille, présente-la moi !
  • Emmenez-nous y !
  • Dites-le lui !
  • Du gâteau ! Donne m’en une part ! (mais vous entendrez fréquemment les Français dire donne-moi-z-en !!)

I’m confused!

J’adore cette phrase en anglais. Elle décrit si bien ce que je ressens parfois ! 

En français, l’adjectif confus(e) existe bien, ainsi que le verbe confondre, mais ils vont rarement être les mots idéaux pour traduire votre état de confusion. 

J’entends souvent de la part des anglophones et hispanophones “*je me suis confondu“, “*je suis confondue“, “*je suis confusé(e)“, “*c’est confusant“… Aucune de ces formulations n’est correcte. Le pire, c’est que moi-même, j’ai souvent envie de dire que *c’est confusant : cela serait tellement pratique si ce mot existait. Mais il n’existe pas ! 

Alors il faut trouver d’autres façons d’exprimer ce que vous voulez dire. Voici quelques exemples : 

  • I’m confused. I thought they were friends but they seem to hate each other. : je ne comprends pas
  • I’m confused. Can you explain that grammar rule once more? : je suis perdu(e)
  • It confuses me when you give me too much information at once. Can you slow down so I understand what really happened? : ça m’embrouille 
  • His instructions were so confusing nobody was able to understand a thing. : confuses, pas claires, prêtaient à confusion
  • I always confuse Lucas with his brother. : Je confonds toujours Lucas avec son frère. 
  • The other day, I confused Céline with her sister. : j’ai pris Céline pour sa sœur. 

Confus(e) peut parfois être la traduction de confused / confusing, mais quand on est confus, cela peut aussi vouloir dire qu’on est désolé(e), embarrassé(e), troublé(e). 

Les gens

La gente en espagnol. La gente en italien.  Et dans les deux langues, le verbe qui suit est au singulier. Par conséquent, les étudiants hispanophones et italophones ont tendance à vouloir faire de même en français. J’ai souvent entendu des phrases telles que celle-ci : *Les gens va en vacances en été. Mais en français, “les gens” est toujours suivi d’un verbe au pluriel !

Les gens sont fous. Les gens du nord ont un accent. Les gens pensent souvent que la capitale de l’Australie est Sydney. Les gens aiment qu’on leur fasse des compliments.

Ce qui m’intrigue un peu plus, c’est quand les étudiants anglophones font la même erreur. People est bien suivi d’un verbe au pluriel en anglais (people are crazy). Peut-être est-ce parce que quand il signifie “peuple” plutôt que “gens“, il est aussi suivi du singulier ?

Les dates en français

De temps à autre, les étudiants hésitent quand ils veulent donner une date. Il est possible que les anglophones disent aujourd’hui, c’est *avril 4. Ou encore, c’est *le quatrième d’avril. Les hispanophones auraient plutôt tendance à dire que c’est *le 4 d’avril.

Mais aucune de ces formulations n’est correcte. Il faut dire : aujourd’hui, c’est le 4 avril. (dire : le quatre avril)

Quelques autres exemples de formulations correctes :

  • Sa fille est née le 17 mai 2017.
  • Son anniversaire est le 26 juin.
  • J’ai pris rendez-vous le mercredi 2 mai.
  • Le 1er mai, c’est la fête du travail. (dire : le premier mai)
  • Je serai en vacances du 4 juillet au 4 août.

Cas de confusion fréquente entre QUE et QUI

Qu’est-ce qui ne sonne pas juste dans les phrases (ou bouts de phrases) suivantes ?

  • *C’est l’homme qu’il est devenu président.
  • * C’est un bijou que c’est magnifique.
  • * la soeur de ma mère qu’elle est veuve…
  • * le chef d’Etat que c’est le roi…

J’entends beaucoup de phrases comme celles-ci en Espagne, car les Espagnols diraient : Él es el hombre que se convirtió en presidente/ Es una joya que es maravillosa / La hermana de mi madre que es viuda / El jefe de estado que es el rey.

Mon niveau d’espagnol n’est pas assez élevé pour énoncer une règle générale et dire que le qui français se traduit toujours pas que en espagnol, mais dans ce type de phrases, il est clair que c’est le cas.

En français, il faut dire : 

  • C’est l’homme qui est devenu président.
  • C’est un bijou qui est magnifique.
  • la soeur de ma mère qui est veuve…
  • Le chef d’Etat qui est le roi…

QUI pronom relatif est le sujet de la phrase relative. QUE pronom relatif est l’objet de la phrase relative.

Quelques exemples avec QUE :

  • C’est l’homme que j’ai rencontré la semaine dernière.
  • C’est un bijou que j’aimerais avoir.
  • la soeur de ma mère, que j’adore…
  • le chef d’Etat que j’aimerais rencontrer…