Questions et inversion

Vous savez probablement qu’il y a plusieurs façons de poser des questions en français. On apprend ça en A1. Mais, étonnamment, beaucoup d’étudiant.e.s avancé.e.s semblent avoir du mal à former un certain type de questions : les plus formelles, celles avec l’inversion du sujet, quand le sujet est un groupe nominal.

Exemples :

  • Ta sœur est-elle venue ce weekend ?
  • Pourquoi tes voisins font-ils autant de bruit ?

Bien sûr, ces questions peuvent être formulées autrement, et à l’oral, on utilise souvent des formulations moins formelles. On utilise beaucoup “est-ce que”, ou tout simplement l’intonation montante, qui signale une question.

Pour la première question, on pourrait aussi dire : Est-ce que ta sœur est venue ce weekend ? ou encore : Ta sœur est venue ce weekend ? (intonation montante) Par contre, on ne peut pas faire l’inversion sans la reprise du groupe nominal sujet par un pronom personnel. On ne peut pas dire *Est venue ta sœur ce weekend ? Pourtant, c’est une erreur que j’ai retrouvée à plusieurs reprises dans des écrits.

Pour la deuxième question, on pourrait dire : Pourquoi est-ce que tes voisins font autant de bruit ? Pourquoi tes voisins font autant de bruit ? (intonation montante) Mais on ne peut pas dire *Pourquoi font tes voisins autant de bruit ?

Il y aurait évidemment beaucoup plus à dire sur ce point de grammaire et si vous voulez approfondir la question, recherchez l’inversion complexe. Préférez toujours le langage soutenu quand vous écrivez, surtout pour les examens et les écrits formels de la vraie vie.

Quoi ?

Êtes-vous à l’aise avec ce petit quoi pour poser des questions ?

Il parait facile à première vue, mais en réalité, j’ai souvent remarqué que les apprenant·e·s n’était pas très à l’aise quand il s’agissait de l’utiliser dans une question.

Pourtant, ce n’est pas sorcier ! On l’utilise soit en fin de question, posée dans un registre familier, soit en début de question, après une préposition.

  • Tu veux quoi ? (= Que veux-tu ?)
  • Il t’a dit quoi ? (= Que t’a-t-il dit ?)
  • Tu penses à quoi ? (= À quoi penses-tu ?)
  • De quoi as-tu besoin ? (= Tu as besoin de quoi ?)
  • Sur quoi t’appuies-tu pour dire ça ? (= Tu t’appuies sur quoi pour dire ça ?)
  • Avec quoi as-tu écrit ? (= Tu as écrit avec quoi ?)

Il n’est jamais le premier mot d’une question. Si vous avez envie de mettre quoi en début de question (probablement parce que vous le traduisez de what en anglais) arrêtez-vous et dites que à la place ! (ou qu’, bien entendu)

Quelques règles de typographie

Si je me base sur les écrits de mes élèves, il semblerait que les règles de typographie en français ne soient pas bien connues des apprenant·e·s.

Je ne vais pas toutes les énumérer, mais je vais parler des plus utilisées. Il s’agit des règles par rapport à la ponctuation quand vous écrivez sur votre ordinateur ou autre appareil. Avez-vous remarqué qu’elles n’étaient pas toujours les mêmes en français qu’en anglais ?

  • . – le point : pas d’espace avant, une espace après
  • , – la virgule : pas d’espace avant, une espace après
  • ? – le point d’interrogation : une espace avant, une espace après
  • ! – le point d’exclamation : une espace avant, une espace après
  • ; – le point-virgule : une espace avant, une espace après
  • : – les deux points : une espace avant, une espace après
  • «  » – les guillemets (à la française) : une espace avant chaque, une espace après chaque
  • ” “ – les guillemets (à l’anglaise) : une espace avant et pas d’espace après le premier, pas d’espace avant et une espace après le deuxième
  • ( ) – les parenthèses : une espace avant et pas d’espace après la première, pas d’espace avant et une espace après la deuxième
  • … – les points de suspension : pas d’espace avant, une espace après

Mon mari se moque souvent gentiment de moi car quand je lui écris des messages en anglais, je ne fais pas toujours attention à la ponctuation et je laisse des espaces avant les points d’interrogation et d’exclamation par automatisme. Il ne comprend pas non plus pourquoi sur le clavier français, il faut “shifter” pour obtenir un point. Il trouve cela ridicule et je suis bien d’accord. Le point et le point-virgule sont sur la même touche. Le point-virgule est ce qu’on obtient en tapant sur cette touche. Pour le point, il faut appuyer sur shift avant.

J’avais entendu parler de nouveaux claviers il y a quelques mois, mais je ne sais pas si cela s’est ou va se concrétiser. Je pense que le clavier français (de type AZERTY) est un peu ridicule. On ne peut pas accentuer les majuscules. On doit shifter pour le point. Le ù n’apparait que dans un mot (où) mais il a sa touche (pas besoin de shifter). Il faut shifter pour les numéros. Et je suis sure qu’il y a d’autres spécificités aberrantes mais celles-ci sont celles qui me sont venues à l’esprit sans réfléchir.