Êtes-vous à l’aise avec les gros mots ?

Les gros mots, ce ne sont pas les mots qui ont le plus de lettres, mais les mots que l’on interdit, en général, de dire aux enfants. Et évidemment, les enfants aiment les dire car ils sont interdits, et c’est en général à l’adolescence que l’on commence à dire beaucoup de gros mots.

Je dis beaucoup plus de gros mots en anglais qu’en français. Je ponctue régulièrement mes phrases du mot en F en anglais mais je dis beaucoup moins le mot en P* équivalent en français. J’utilise le mot en P*, mais plutôt dans le sens du mot en M**. Les gros mots français me font beaucoup plus mal aux oreilles que les gros mots anglais. Ma relation n’est pas la même avec les deux langues, et je pense que c’est pareil pour toutes les personnes qui parlent plus d’une langue. On n’est jamais tout à fait la même personne, selon la langue dans laquelle on s’exprime. Il y a des choses que j’exprime beaucoup plus facilement en anglais qu’en français car ce que je dis en français me parait plus lourd de sens. Par exemple, je dis très facilement que I hate something/someone en anglais. Jamais je ne dis que je hais quelqu’un en français. Ni quelque chose d’ailleurs. Cela me parait trop fort.

Et vous, jurez-vous facilement en français ? Plus facilement que dans votre langue maternelle ?

Si les gros mots français vous intéressent, vous pouvez trouver sur TV5monde une nouvelle série, Gros mots, présentée par une linguiste. Elle propose de courtes vidéos de deux minutes ou moins, dans lesquelles elle parle de gros mots, de leur sens et de leur origine.

*putain, **merde

ça VS cela

Je me suis rendu compte que je n’avais jamais écrit de post à ce sujet et pourtant, c’est quelque chose que je répète continuellement à mes étudiant·e·s : on utilise ça à l’oral et cela à l’écrit !

Toutefois, est-ce aussi simple que cela ?

En fait, il y a un peu plus à dire à ce sujet, et nous allons nous pencher là-dessus aujourd’hui.

Quand je corrige des écrits, je vois souvent “ça”. Et je mets toujours une annotation pour signaler qu’à l’écrit on utilise plutôt “cela”, car les codes de l’écrit et de l’oral sont complètements différents en français et que nous sommes beaucoup plus formels à l’écrit qu’à l’oral. Et si vous êtes pressé·e et n’avez pas le temps de lire plus aujourd’hui, vous pouvez vous arrêtez là, et pensez simplement à ne plus employer “ça” dans vos écrits.

Si vous avez le temps, développons un peu plus l’emploi de ces pronoms. On peut utiliser cela à l’oral bien sûr, et parfois, on n’a pas d’autre choix que d’employer ça.

  • Dans certaines expressions, il faut utiliser ça : Ça va ? Comment ça va ? Ça y est. Comme-ci comme-ça. Impossible d’utiliser cela dans ces expressions.
  • Dans d’autres expressions, on ne peut utiliser que cela, car ça est impossible, même à l’oral : cela dit, cela seul suffit.
  • Lorsque l’on fait une opposition avec ceci, on préfère continuer avec cela, à l’oral aussi.
  • Selon la structure d’une question, on pourra employer cela ou ça : Comment cela se fait-il ? Comment ça se fait ? (ça n’est pas possible dans le premier exemple et cela n’est pas possible dans le second)
  • Avec le verbe être, ça et cela deviennent le plus souvent c’c’est compliqué – mais on peut employer cela, en langage soutenu. On peut dire “cela est compliqué“, mais on ne peut pas dire “*ça est compliqué
  • Mais attention, si ça est précédé de “tout”, vous pouvez alors le garder devant le verbe être : tout ça est compliqué.

Il est entendu que ça relève le plus souvent du langage familier et oral mais si vous souhaitez parler de façon plus soutenue, cela n’est pas interdit à l’oral : Je vous appelle demain, si cela vous convient.

Voyons maintenant d’autres utilisations de ça que vous ne connaissez peut-être pas très bien.

Comment comprenez-vous ces phrases ?

  • Les enfants, ça n’est pas très prudent.
  • Les enfants, cela n’est pas très prudent.

Les deux phrases peuvent vouloir dire la même chose. On s’adresse aux enfants et on leur dit que ce qu’ils font ou s’apprêtent à faire n’est pas très prudent. Mais la première phrase peut être interprétée autrement. En langage familier, “ça” reprend les enfants, et on affirme que les enfants ne sont pas très prudents. On pourrait également dire, “les enfants, c’est pas très prudent” dans le même registre.

Nous pouvons donc utiliser “ça” pour nous référer à des personnes, mais cela reste familier.

  • Les enfants, ça fait trop de bruit ! (= ils font trop de bruit)
  • C’est qui, ça ? (= cette personne)

Employer “ça” pour parler d’une personne peut être assez péjoratif.

  • Ça n’a que 15 ans et ça fume déjà comme un pompier !
  • Ça veut devenir millionnaire mais ça veut pas travailler dur !

On peut aussi utiliser “ça” à l’oral à la place du “il” impersonnel : ça a plu toute la journée hier. (= il a plu) C’est quelque chose que j’avais remarqué quand j’avais déménagé en Haute-Savoie. Les gens de là-bas utilisaient beaucoup “ça” pour parler de la météo : ça pleut, ça neige, ça fait soleil, ça fait beau, etc. Je trouvais cela très bizarre au début, puis je m’y suis habituée.

Un dernier point dont je voudrais parler : ç’

Je dois dire que je ne l’utilise jamais moi-même, mais il existe. Il n’est pas obligatoire, mais devant le verbe avoir et les auxiliaires être et aller, ça peut devenir ç’, tout comme cela peut devenir c’ devant le verbe être ou en par exemple.

  • Ç’a l’air sympa ce film. (= ça a)
  • Ç’aurait été difficile de faire autrement. (= ça aurait)
  • Si ç’avait été facile, tout le monde aurait réussi.
  • Ç’allait pas marcher de toutes façons.

Si vous écrivez de façon informelle, “ça” est tout à fait acceptable. Je l’utilise moi-même régulièrement et je le vois beaucoup dans des articles au ton détendu. Cependant, si vous écrivez une lettre formelle ou que vous écrivez pour le DELF ou le DALF, évitez d’utiliser ça et préférez cela !

Plan cœur, saison 2

L’année dernière, j’ai regardé la première saison de Plan cœur et je ne l’avais pas trouvée extraordinaire, mais regardable et assez divertissante. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait une deuxième saison, mais en allumant Netflix le weekend dernier, j’ai découvert que si, ils avaient osé !

Il n’y a que six épisodes, dans lesquels on retrouve les mêmes personnages. Le scénario est peu crédible, ou c’est moi qui vieillis et qui n’arrive plus à croire à certaines situations. Les dialogues laissent à désirer, et de mon point de vue manquent complètement de naturel et de crédibilité, mais peut-être qu’il y a vraiment des gens comme ça et que c’est trop loin de moi pour que j’y croie. Les jeunes trentenaires d’aujourd’hui sont-ils si immatures que ça ?

Mais j’aime bien l’actrice principale et j’ai regardé tous les épisodes, plus ou moins attentivement. Avec les sous-titres en français pour en vérifier la qualité, et ils sont meilleurs que pour la première saison (si mes souvenirs sont bons, ceux de la première saison ne correspondaient pas toujours à ce que l’on entendait.) Le langage reste familier, et vous pourrez sans aucun doute enrichir votre argot. J’ai réussi à avoir les larmes aux yeux, voire à pleurer devant chaque épisode, malgré le fait que c’était plutôt médiocre, mais je pleure très facilement et comme j’avais une infection à l’œil, c’était super pour l’hydrater.

Si je ne vous ai pas convaincu·e, peut-être que le Top 11 des raisons de regarder Plan Cœur, sur Topito, y parviendra. 😉

Lire et écrire des textos en français

Je n’ai jamais aimé écrire en langage texto. Même à l’époque des petits portables Nokia, à l’époque pré-smartphones, où c’était beaucoup plus difficile d’écrire des textos et où on essayait d’économiser de l’espace pour pas que ça nous coute trop cher, j’écrivais les mots en entier. Aujourd’hui, avec les smartphones, je ne comprends pas vraiment l’utilité d’écrire en langage texto mais beaucoup de gens le font. Pour être honnête il y a certains mots que j’abrège aussi de temps en temps, sur papier et dans mes textos ou mes emails, par souci de gagner quelques secondes. 🙂

J’ai repris des textos de mes ami·es et voici une petite liste de langage SMS que je reçois régulièrement mais que je n’utilise pas moi-même (mes ami·es ont plus de 30 ans, et je suppose que les plus jeunes en utilisent d’autres, que je n’ai pas spécialement envie d’apprendre – et j’ai vraiment du mal avec les lettres et les chiffres mélangés !) :

  • tkt = t’inquiète (qui veut en fait dire, ne t’inquiète pas !)
  • chui = je suis
  • ché = je sais
  • chépa = je sais pas
  • mdr = mort de rire (équivalent de lol)
  • slt = salut
  • c = c’est
  • c t = c’était
  • g = j’ai
  • g t = j’étais
  • pkoi = pourquoi
  • jtm = je t’aime
  • dsl = désolé
  • mnt = maintenant
  • psk = parce que
  • ptn = putain (l’utilisation de ce mot est expliqué ici)

Et une petite liste de ceux que j’utilise moi-même :

  • bcp = beaucoup
  • tjs = toujours
  • qqn = quelqu’un
  • qqch = quelque chose
  • stp = s’il te plait
  • tt = tout
  • tps = temps
  • ds = dans
  • pr = pr
  • dc = donc
  • ms = mais
  • qd = quand

Il y a de l’eau dans le gaz

Il existe tellement d’expressions que parfois, il se passe des mois, voire des années, sans que l’on en entende une. Récemment – je crois que j’étais en train de regarder un film français – j’ai entendu cette expression et je me suis fait la réflexion que ça faisait vraiment longtemps que je ne l’avais pas entendue ! Et vous, vous la connaissez?

Si vous ne la connaissez pas, pouvez-vous la comprendre ?

  • Je n’ai pas été étonnée d’apprendre leur divorce car ça faisait des années qu’il y avait de l’eau dans le gaz.
  • D’habitude, elles se téléphonent tous les soirs après avoir fini leurs devoirs, mais ça fait trois jours qu’elles ne se sont pas appelées. Je pense qu’il y a de l’eau dans le gaz.

Quand l’atmosphère est à la querelle, on peut dire qu’il y a de l’eau dans le gaz. C’est assez familier, mais ce n’est en rien grossier.

Parler de chaussures

Quand vous étudiez le français à un niveau avancé et souhaitez vous exprimer avec précision, il est nécessaire de connaître beaucoup de vocabulaire. Et il est important de l’utiliser pour le pratiquer. Ce que je vois souvent chez les étudiants et étudiantes qui préparent le DALF, c’est qu’ils et elles n’osent pas prendre trop de risques, de peur de se tromper, et par conséquent, utilisent un vocabulaire assez basique dans leurs exposés à l’oral.

C’est pourquoi il peut être intéressant de vous demander parfois si vous êtes capables de nommer 10 noms plus précis en partant d’un nom générique, tel que chien, chat, oiseau, chaussure, bruit, personne, magasin, nourriture, etc.

Voici un exemple avec le nom chaussure.

Dans cette liste, certains termes désignent un type particulier de chaussures (botte, par exemple), d’autres appartiennent au langage familier et signifie tout simplement chaussure (godasse, par exemple).

Selon le contexte, selon le ton de ce que vous dites ou écrivez, avoir un répertoire étendu de synonymes vous permettra d’adapter votre langage et d’être plus précis

Connaissez vous les noms ci-dessus ? Savez-vous distinguer ceux qui désignent un type de chaussure en particulier de ceux qui sont des synonymes mais appartiennent au langage familier ?

  • un soulier = une chaussure (je crois que ce terme est plus utilisé au Québec qu’en France – On le retrouve aussi dans la chanson Petit Papa Noël)
  • un mocassin : loafer
  • un escarpin : stiletto OR pump
  • une pantoufle : slipper
  • une mule : mule (facile !)
  • un sabot : clog
  • une botte : boot
  • une bottine : ankle boot
  • une sandale : sandal (facile !)
  • une espadrille : espadrille (encore facile !)
  • une savate : an old shoe or an old slipper
  • godasse, pompe, tatane, grolle, godillot et croquenot sont tous des termes familiers signifiant chaussure, les deux derniers désignant plutôt de grosses chaussures (on ne les utiliserait pas pour désigner des escarpins par exemple).

Pour ma part, les deux synonymes familiers que j’utilise le plus sont pompes et godasses, car je n’aime pas trop les autres. Et je me rends compte que j’ai complètement oublié de mettre des baskets dans ma liste, qui sont pourtant les chaussures que je porte le plus quand je ne porte pas de sandales ! Les baskets sont des chaussures de sport, que l’on peut porter pour faire du sport ou pour le confort !

trop VS très

Récemment, une amie française a passé quelque temps chez moi et quand nous ne travaillions pas, nous passions notre temps ensemble à papoter. Mon mari, qui comprend beaucoup de français mais dont le niveau ne lui permet pas de participer à nos conversations, a remarqué quelque chose à force de nous écouter. Un jour il m’a dit “So, when you say trop, you actually mean très, right ?”

Je dois dire que j’étais assez impressionnée, car je ne pensais pas qu’il était capable de repérer ce genre de détails. Puis peu de temps après, une étudiante de niveau avancé m’a également parlé de trop et de très, pour me demander des précisions sur leur utilisation. Et c’est vrai que si l’on ne vit pas en France, ce n’est pas une évidence.

À l’oral, il est très commun d’utiliser trop pour dire très. Je le faisais beaucoup à l’adolescence et je me faisais reprendre par les adultes agacés par cet usage. Adulte, je le fais encore de temps en temps, surtout quand je participe à une conversation animée avec des amis. Je m’entends le dire et je souris intérieurement parce que plus personne n’ose me reprendre maintenant et je parle comme je veux ! Na !

Vous pouvez l’entendre dans des phrases telles que :

  • Demain c’est les vacances, je suis trop contente !
  • Sa sœur est trop sympa !
  • J’ai trop envie d’aller voir ce film au ciné !
  • Les voisins ont fait du bruit toute la nuit, je suis trop en colère.
  • Cet acteur, il est trop beau !

Dans ces 5 phrases, trop signifie en fait très (ou plutôt très très). Certains puristes désapprouvent cet usage, mais le fait est qu’il existe et qu’il est très commun quand on trouve que très ne suffit pas pour exprimer ce que l’on ressent ! Rien ne vous l’oblige à l’utiliser cependant. C’est plutôt du langage “jeune” (utilisé par les jeunes).

Vachement

  • Tu as aimé le concert hier soir ?
  • Oh oui, c’était vachement bien !
  • Écoute ça, c’est moi au piano !
  • C’est beau ! T’as vachement progressé depuis l’an dernier !
  • J’ai vachement envie de vacances au soleil. J’en ai marre de l’hiver !

Si vous prenez des cours avec moi, vous connaissez forcément ce mot car je le dis assez régulièrement. 🙂 Si vous ne connaissez pas ce petit mot rigolo, j’imagine qu’avec les exemples, vous pouvez déduire qu’il signifie très, vraiment, beaucoup… On l’évite devant les enfants car c’est vraiment familier et on veut faire en sorte qu’ils attendent de grandir pour l’utiliser, mais c’est loin d’être le pire et ça reste gentillet. Alors si vous aimez ce mot, utilisez-le ! 😉

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C’est bidon !

Voilà donc une image représentant deux bidons. Mais savez vous que bidon peut avoir d’autres sens ?

Un bidon peut être un ventre.

  • Elle est enceinte de seulement deux mois mais elle commence déjà à avoir un petit bidon.
  • Ce petit garçon a un bidon bien rond et un visage bien joufflu.

Bidon peut aussi être un adjectif signifiant faux. Il est invariable.

  • Il nous a raconté une histoire complètement bidon hier soir.
  • Elle a toujours des excuses bidon.
  • J’aime pas ce mec. Il est bidon.

Qu’il signifie ventre ou faux, il appartient au registre familier. À ne pas utiliser pendant les examens ou dans vos écrits académiques !

Mauvaises herbes

Cette semaine, j’ai voulu voir si Netflix avait de nouveaux films français et je suis tombée sur Mauvaises herbes, le deuxième film réalisé par Kheiron. J’avais déjà parlé de son premier film, Nous trois ou rien, que j’avais adoré, et je dois dire que j’ai tout autant aimé celui-ci.

C’est l’histoire de Waël, ancien enfant des rues et petit escroc, qui se retrouve à s’occuper d’un groupe de six adolescents qui ont été exclus temporairement de leur école. Il doit tout d’abord gagner leur confiance car ils refusent de lui adresser la parole quand ils le rencontrent, mais à force de ruse et de patience, il va réussir à développer une relation avec eux, les inspirer à devenir de meilleures personnes, à s’entraider, et lui va enfin trouver un sens à sa vie.

Ça fait un peu simple dit comme ça, mais c’est vraiment drôle, les gamins sont attachants, le personnage de Catherine Deneuve est amusant et j’ai beaucoup rigolé et aussi pas mal pleuré car on voit aussi des bribes de l’enfance de Waël, dans un pays en guerre et ces scènes sont vraiment tristes.

Dans l’ensemble, très bon pour le moral, même si on pleure, et aussi pour enrichir votre vocabulaire. Vous entendrez beaucoup d’expressions familières. Prenez des notes !