Liaison avec les prépositions CHEZ, EN, SANS

Il fut un temps où la liaison était automatiquement obligatoire après ces trois prépositions, mais avec le temps, elle est devenue facultative dans un certain nombre de cas. En d’autres termes, vous pouvez choisir de faire la liaison ou non. Faire la liaison indique généralement un langage plus soutenu.

Mais attention, dans certains cas, la liaison est toujours obligatoire (jusqu’à ce qu’elle devienne facultative un jour probablement).

Elle est, à ce jour, encore obligatoire dans les cas suivants :

  • chez + pronom
  • en + pronom
  • en + nom
  • sans + nom

Entrainez-vous :

  • Je suis allée chez eux la semaine dernière.
  • Elle a ça en elle, c’est inné.
  • Elle habite en Espagne en été et en Australie en hiver.
  • Ils sont dans une relation sans amour.

Liaison obligatoire : entre un adjectif interrogatif ou exclamatif et un nom ou adjectif

Nous parlons ici de quels et quelles, bien sûr, car quel et quelle ne vont pas donner lieu à des liaisons, mais à des enchainements (où l’on enchaine les mots sans ajouter de son)

J’entends assez régulièrement les étudiant·e·s oublier de faire la liaison à la forme interrogative, et je crois que je ne les entends quasi jamais utiliser la forme exclamative.

Pourtant, si le nom ou l’adjectif qui suit quels ou quelles commence par une voyelle, il faut faire la liaison.

Entrainez-vous :

  • Quels ont été les résultats des tests ?
  • De quelles étudiantes parlez-vous ? (si vous ne faites pas la liaison ici, on croit que vous parlez au singulier)
  • Quelles histoires aimiez-vous quand vous étiez enfant ? (pareil)
  • À quels heureux évènements aimez-vous repenser ? (pareil)
  • Quels adorables bambins ! (pareil)
  • Quelles amies vous avez là ! (pareil)

Liaison interdite : nom sujet + verbe

Si la liaison est obligatoire entre le pronom sujet et le verbe, elle est interdite entre le nom sujet et le verbe. 🤷

Là encore, les étudiant·e·s avancé·e·s en sont généralement conscient·e·s, mais j’entends parfois des petits écarts. Si vous ne faites pas cette erreur, est-ce parce que vous connaissez la règle ou parce qu’à force d’être exposé·e au français, vous avez pris de bonnes habitudes ?

Comment prononcez-vous ces phrases ?

  • Mon chien a faim.
  • Mes amis arrivent demain.
  • Le boulanger a commencé à travailler à 4 heures.
  • L’enfant a pleuré toute la nuit.
  • Son coup de poing est dangereux.
  • Le loup a mangé la brebis.

Liaison interdite : nom singulier + adjectif

Nous avons vu la semaine dernière que la liaison entre l’adjectif et le nom était obligatoire. À l’inverse, la liaison entre un nom singulier et l’adjectif qui le suit est interdite.

Si les étudiant·e·s débutant·e·s ont tendance à faire cette erreur très régulièrement, les étudiant·e·s avancé·e·s la font beaucoup moins, mais des doutes peuvent subsister et j’entends parfois des liaisons entre nom et adjectif qui ne devraient pas avoir lieu.

Entrainez-vous avec ces phrases et soyez attentif·ve quand vous pratiquez votre écoute.

  • C’est un enfant adorable.
  • J’ai une souris amusante.
  • C’est un boulanger exceptionnel.
  • Il a un chien intelligent.

Liaison obligatoire : adjectif + nom

Voici une autre liaison que les Français font sans y penser et cela n’échappe pas à leurs oreilles si vous ne la faites pas.

Quand vous avez un groupe nominal avec un adjectif suivi d’un nom, vous devez faire la liaison si l’adjectif se termine par une consonne de liaison et le nom commence par une voyelle.

Rappel : faire la liaison signifie que l’on ajoute un son entre 2 mots alors qu’il n’existe pas quand on prononce les deux mots séparément.

Entrainez-vous avez ces phrases :

  • C’est le petit ami de ma fille.
  • Elle n’a jamais oublié son premier amour.
  • Tu as toujours de bonnes idées.
  • C’est un très bon avocat.
  • J’ai lu un long extrait de ce livre.

Liaison obligatoire : après un nombre ou un indéfini

Je reprends assez souvent mes élèves sur cette liaison car ils ont tendance à l’oublier. Les nombres, c’est assez évident, ce sont les mots tels que un, deux, trois, dix, vingt, cent, etc., qui se terminent avec une consonne de liaison. Pour les indéfinis, on parle des mots tels que plusieurs, quelques, certains, certaines, aucun, tout, toutes, autres, etc., qui se terminent par une consonne de liaison.

Quand ils sont suivis d’un nom ou d’un adjectif commençant par une voyelle, il faut faire la liaison. Les Français la font naturellement, sans y penser, même si l’on peut remarquer des oublis de temps à autre, particulièrement avec le mot euros. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai entendu cet oubli un paquet de fois dans des émissions françaises.

Je crois que je corrige le plus souvent mes élèves avec les indéfinis plusieurs et quelques.

Entrainez-vous à prononcer ces phrases :

  • J’ai quelques amis en Suisse.
  • Certaines étudiantes veulent devenir ingénieures.
  • Il m’a fallu plusieurs années pour comprendre.
  • J’ai deux autres affaires à régler avant de pouvoir me reposer.
  • Ce bracelet coute deux-cents euros.
  • Deux élégantes femmes discutent.
  • Cet arbre a cent-vingt ans.
  • Vingt-six éléphants vivent dans cette forêt.

Liaison obligatoire : très et trop

Vous le savez sans aucun doute, en français, il faut souvent faire la liaison entre deux mots. Ce dont vous êtes peut-être mois sûr·e, c’est de quand il faut absolument la faire, ne pas la faire, ou qu’elle est facultative.

Tout d’abord, un petit rappel. Qu’est-ce qu’une liaison ? Savez-vous l’expliquer clairement ?

Une liaison, c’est quand on ajoute un son entre deux mots pour les relier. Un son qui n’existe pas quand on prononce chaque mot individuellement, mais qui apparait quand on les associe. Ce son est déterminé par la consonne finale du premier mot. Les sons de liaison sont : [z], [t], [n], [ʁ], [p] et [g], par ordre de fréquence ([z] étant la liaison la plus commune, [g] la moins commune]).

Les liaisons obligatoires sont des liaisons que vous devez faire. Ne pas les faire revient à faire une faute. Il y en a tout une liste, mais au lieu d’essayer de la mémoriser d’un coup et de stresser, on va y aller petit à petit, car même si vous êtes impatient·e de connaitre tous les petits secrets de la langue française, vous les retiendrez probablement plus facilement si vous les travaillez petit à petit.

Donc, aujourd’hui, parlons des adverbes très et trop. Quand ils sont suivis d’un adjectif qui commence par une voyelle, il faut faire la liaison. Et c’est tout ce qu’il y a à en dire en fait 😉 Facile, non ?

Ceci étant dit, s’il est peu probable que vous entendiez des Français ne pas faire la liaison entre très et l’adjectif qui suit, il n’est pas impossible que vous les entendiez ne pas la faire avec trop. Je le remarque si souvent que je me demande si les règles ne vont pas finir par changer.

Amusez-vous à prononcez les phrases suivantes en suivant les règles de liaison :

  • Ce livre est très intéressant.
  • Elle m’a donné des conseils très utiles.
  • Son chien n’est pas très obéissant.
  • C’est très américain, cette façon de penser.
  • Ce bâtiment est très ancien.
  • Vous êtes trop aimable.
  • Je suis trop impatiente de retourner au Japon.
  • J’ai dû annuler mon voyage car la situation politique est trop instable à Hong Kong.

Prononcer UN et UNE devant une voyelle

Quelque chose que j’entends très souvent, c’est UN prononcé comme UNE quand il précède une voyelle. Mais on ne devrait jamais entendre le <u> dans un, seulement dans une. C’est assez commun qu’une étudiante me raconte une histoire et qu’elle me parle d’un ami ou d’une amie et que je sois confuse car elle prononce une amie, puis dit “il” pour parler de cette personne. Alors je ne sais pas si c’est une erreur de prononciation ou une erreur de pronom et je dois demander

Voilà comment vous devriez prononcer :

  • un ami = un na mi /ɛ̃nami/
  • une amie = u na mi /ynami/
  • un inconnu = un nin co nu /ɛ̃nɛ̃kony/
  • une inconnue = u nin co nu /ynɛ̃kony/
  • un enfant = un nen fan /ɛ̃nãfã/
  • une enfant = u nen fan /ynãfã/

Dans UN, il y a un seul son : /ɛ̃/. Avec UN, on entend toujours un son nasal et on fait la liaison avec le mot suivant qui commence par une voyelle, ce qui veut dire que l’on ajoute un son : ici, le son /n/. C’est comme si le mot suivant commençait par un n.

Dans UNE, il y a deux sons : /yn/. Avec UNE, il n’y a jamais de son nasal et on fait un enchaînement avec le mot suivant qui commence par une voyelle. On n’ajoute aucun son mais on combine les deux mots. Le son de la lettre u, /y/, se prononce seul et le /n/ devient le premier son de la syllabe suivante.

Entraînez-vous à lire cette liste : un éléphant, une étudiante, un abricot, un oiseau, une étoile, une imitation, un immigrant, une échelle, un arbre, un écureuil, un infirmier, une orange, une utilisatrice, une oratrice

La liaison entre le sujet et le verbe

Après plusieurs années d’étude du français, les étudiants savent bien qu’ils existent trois types de liaisons : les liaisons obligatoires, les liaisons interdites et les liaisons facultatives. Ils savent aussi que plus on fait de liaisons, plus cela dénote un langage soutenu. Toutefois, il faut faire attention de ne pas trop en faire et de ne pas faire de liaison quand elle est interdite.

Les débutants oublient souvent de faire la liaison qui est obligatoire entre le pronom sujet (on, nous, vous, ils, elles) et le verbe qui commence par une voyelle. Les étudiants de niveau avancé l’oublient occasionnellement, mais c’est beaucoup plus rare.

Par contre, ce que j’entends parfois, ce sont des liaisons entre le nom sujet et le verbe qui suit. Mais celle-ci est interdite !

  • On a mangé des pommes. = liaison entre on et a
  • L’enfant a mangé une pomme. = pas de liaison entre enfant et a
  • Ils ont passé leurs vacances au Brésil. = liaison entre ils et ont
  • Nos amis ont passé leurs vacances au Brésil. = pas de liaison entre amis et ont

Prononciation de quand

Je corrige souvent mes étudiants sur la prononciation de quand. Parfois, ils prononcent le <d> final (/d/), d’autres fois ils font la liaison avec le mauvais son, ou ils ne la font pas quand il faut la faire et la font quand il ne faut pas la faire. Parce qu’évidemment, ce serait trop simple si l’on devait toujours le prononcer de la même façon ! 😉

Comment prononcez-vous les phrases suivantes ?

  • Quand êtes-vous rentrés de voyage ?
  • Quand est-ce qu’il t’a dit ça ?
  • J’aime quand il fait beau.
  • Quand on aime, on ne compte pas !
  • Quand pars-tu en voyage ?
  • Je suis toujours contente quand elle vient me voir.

Vous pouvez vérifier :

Que peut-on remarquer ?

  • On ne prononce jamais le <d> /d/, même quand on fait la liaison.
  • Quand quand est adverbe interrogatif, il se prononce toujours /kã/, qu’il soit suivi d’une consonne ou d’une voyelle, sauf dans “quand est-ce que” – là, on doit faire la liaison, avec le son /t/ : /kãtɛskǝ/
  • Quand quand n’est pas adverbe interrogatif et qu’il est suivi d’une voyelle, on fait la liaison avec le son /t/.