Fred Vargas

Connaissez-vous ce nom ?

Plusieurs de mes étudiantes ont mentionné avoir lu un ou plusieurs livres de cette auteure. Je n’en avais jamais lu jusqu’à récemment mais comme c’est une auteure très connue, traduite à l’international et qui a été récompensée par plusieurs prix, je me suis dit que ce serait bien de la découvrir.

J’ai lu beaucoup de livres policiers dans ma jeunesse, et même si j’en lis beaucoup moins maintenant, je prends toujours plaisir à lire un bon livre policier. Je savais que Vargas écrivait des livres mettant en scène des personnages récurrents, et je me suis dit que j’allais commencer par le premier avec le commissaire Adamsberg : L’homme aux cercles bleus, écrit en 1991.

Je l’ai en fait acheté sur Audible car je me suis dit que ce serait facile à écouter pendant que j’accomplirais des tâches ménagères, dans la rue, dans les transports, ou même en faisant du sport.

J’ai tout d’abord pensé que le lecteur était mauvais car je me suis ennuyée à mourir dès le début. Je n’ai pas vraiment accroché avec sa voix, son débit, son style de lecture. Je n’osais pas penser qu’une écrivaine si populaire puisse m’ennuyer autant. Et pourtant, plus l’histoire avançait et plus j’hésitais à continuer. L’histoire n’avait ni queue ni tête, je trouvais les personnages terriblement rasoir, les dialogues improbables, le style assommant… Bref, je ne suis pas fan.

J’ai ensuite pensé que c’était peut-être à cause du fait que ce livre datait. Il parle d’un monde avant Internet, avant les téléphones portables, en France (toujours 10 ans en retard sur les Etats-Unis, donc on a facilement l’impression que c’est encore plus vieux que ça ne l’est vraiment), et je me suis dit que j’essaierai de lire un autre livre d’elle, plus récent. Ce que j’ai confié à une de mes étudiantes qui a lu plusieurs livres de cette auteure. Elle m’a répondu que ce n’était pas la peine car son style n’avait pas changé avec les années !

Alors j’attendrai d’être à la retraite et d’avoir lu tous les livres que je veux vraiment lire avant de me lancer dans un deuxième Vargas. Autant dire qu’il est peu probable que je le fasse.

Je sais qu’il en faut pour tous les goûts et qu’il y a surement des auteurs que j’adore qui déplaisent à d’autres, mais il y a tellement d’excellents écrivains de livres policiers qui peuvent vous tenir en haleine du début à la fin que j’ai vraiment du mal à comprendre son succès.

Lire en français sur Kindle ou autre tablette

On m’a offert mon premier Kindle en 2011, la veille d’un voyage qui devait durer deux mois.

Quand cette liseuse est sortie, je n’étais pas convaincue. J’étais de celles et ceux qui disaient que non, vraiment, je préférais lire de vrais livres. J’aimais tenir un livre entre mes mains. Je n’avais pas de smartphone non plus.

Mais dès que j’ai touché mon Kindle, je l’ai adopté sans hésiter. Il allait être tellement pratique lors de mon périple. J’ai immédiatement téléchargé des livres et comme c’était un Kindle 3G, j’ai pu en télécharger d’autres très facilement durant mon voyage, même quand j’étais sur une ile où personne n’avait Internet. J’en ai lu plus de 20 pendant ce voyage et depuis, je lis principalement sur Kindle. Pas seulement, mais la grande majorité des livres que j’ai lus ces dernières années étaient sur mon Kindle. Quand j’ai lu un livre en papier après ce voyage, je me suis surprise à appuyer à droite de la page pour la tourner. On s’habitue vite à quelque chose qui ne nous intéressait pas au départ ! Je ne m’imagine plus vivre sans mon smartphone non plus.

Je lis majoritairement en français et en anglais, mais j’ai aussi lu quelques livres en espagnol et en italien sur mon Kindle. Et j’ai tout de suite vu le potentiel d’un tel appareil pour améliorer mes compétences linguistiques.

On peut télécharger divers dictionnaires gratuitement, et il suffit d’appuyer sur un mot pour avoir soit la définition, soit la traduction, voire les deux. C’est tellement plus pratique que d’ouvrir un dictionnaire pour chercher un nouveau mot. D’ailleurs, est-ce que vous cherchez vraiment tous les mots que vous ne comprenez pas dans un livre ? C’est pénible, non ? On n’avance pas dans l’histoire et c’est difficile de garder sa motivation pour continuer. Ou alors, on continue sans chercher, pour prendre plaisir à lire, on comprend les mots inconnus dans le contexte, on devine, mais combien de nouveaux mots aurons-nous vraiment retenus à la fin ?

Avec le Kindle, on n’a pas besoin de poser son livre pour connaitre la définition d’un mot. De plus, on peut surligner des mots, des phrases, des passages entiers et écrire des notes que l’on pourra relire plus tard. Les Kindle en couleur, tel le Kindle Fire, permettent même de surligner en plusieurs couleurs, ce que je trouve très pratique. On peut aussi télécharger l’application sur Ipad et faire la même chose. Je ne sais pas si tous les appareils ont cette fonction, mais le Kindle Paperwhite que je possède a une fonction “vocabulary builder”, qui permet d’envoyer tous les nouveaux mots au même endroit et de reprendre la liste plus tard si on le souhaite. J’ai essayé de l’utiliser quand je débutais en espagnol. Il y avait trop de mots dans ma liste, c’était un peu décourageant en fait. Mais pour les étudiants avancés, je pense que cela peut être une bonne façon d’enrichir son vocabulaire. Vous pouvez lire tranquillement et régulièrement et vous fixer un objectif. Par exemple : aujourd’hui, je lis jusqu’à ce que j’aie relevé 10 nouveaux mots. Puis vous faites un travail plus approfondi sur ces dix nouveaux mots pour tenter de les mémoriser.

Si comme moi, vous avez l’impression de toujours courir après le temps mais que vous adorez lire et enrichir votre vocabulaire, lire sur liseuse peut s’avérer très efficace !

La réforme de l’orthographe

Peut-être n’en avez-vous jamais entendu parler ? C’est le cas de beaucoup d’étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé. Je m’en suis rendu compte car un des sujets que je fais travailler régulièrement pour la préparation du DALF C1 en PO, c’est un sujet sur la “nouvelle orthographe”. Je le mets entre guillemets car elle n’est pas si nouvelle que ça, mais pour une raison qui n’est pas claire pour moi (probablement politique), les médias en ont beaucoup parlé il y a 3 ans il me semble, comme s’ils n’en avaient jamais entendu parler avant. J’ai été très amusée en lisant la même réflexion dans le livre d’Eliane Viennot, dont j’ai parlé ici.

Les rectifications orthographiques datent en fait de 1990. J’étais très jeune, mais je m’en souviens. Je me souviens aussi qu’on nous avait dit que les changements n’étaient pas obligatoires et qu’on pouvait continuer à écrire selon les règles que l’on connaissait. Et cela montre assez bien que quand quelque chose n’est pas obligatoire, même si c’est pratique et devrait rendre les choses plus faciles à long terme, les Français sont vraiment réfractaires au changement. Je dis les Français, mais je suppose qu’on pourrait dire la même chose de beaucoup de peuples. Cependant, les Canadiens, les Belges et les Suisses ont depuis longtemps intégré la féminisation des noms de métiers à leur vocabulaire, et je n’ai pas encore assez lu pour savoir ce qu’il en est des Suisses et des Belges, mais les Canadiens ont l’air beaucoup plus en faveur des réformes orthographiques que les Français (d’après mes lectures récentes).

En France, en tout cas dans mon collège, puis dans mon lycée, aucun de mes profs, pas même ceux de français, ne m’a enseigné cette nouvelle orthographe. Je ne crois pas qu’elle soit très en pratique chez les journalistes de la presse écrite non plus. En lisant les premières pages du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, de Chantal Contant, linguiste et spécialiste des rectifications de l’orthographe du français, je me suis rendu compte que j’avais intégré certains éléments de la réforme au fil du temps, sans vraiment savoir à quelles règles me référer. J’avais repéré, entre autres, que je pouvais écrire évènement (plus logique, car il correspond ainsi à la prononciation – et pourtant le correcteur de WordPress ne semble pas le connaitre) à la place d’événement (pas de problème pour WordPress ici), que weekend pouvait s’écrire sans trait d’union (même si j’ai continué à le mettre automatiquement), et je savais qu’ognon était la nouvelle orthographe d’oignon, mais je ne peux pas dire que j’étais au courant des nouvelles règles.

J’ai acheté le livre de Chantal Contant il y a trois ans déjà, avec l’intention d’apprendre la nouvelle orthographe, mais jusqu’à la semaine dernière, je ne l’avais que brièvement feuilleté. Par manque de temps et aussi un peu par paresse. Je suis bonne en orthographe, ai-je vraiment envie de passer du temps à apprendre un tas de nouvelles règles pas obligatoires ? Et maintenant que je l’ai lu, je dois dire que je suis totalement en faveur de cette orthographe moderne, beaucoup plus logique et légèrement simplifiée. Ne rêvez pas trop, le français reste compliqué et plein de règles. Ceux qui disent que la réforme orthographique appauvrit la langue n’ont probablement pas lu les règles. Les rectifications n’appauvrissent pas la langue, mais la simplifie logiquement en rectifiant certaines anomalies et en apportant une certaine cohérence à travers des changements pertinents. Ce qui devrait rendre l’apprentissage de l’orthographe plus simple pour les natifs comme pour les étudiants étrangers !

Comme il est expliqué dans le livre (mon édition date de 2014), les dictionnaires n’appliquent pas tous les nouvelles règles et s’ils font mention de certaines rectifications, il n’est pas dit qu’ils les mentionnent toutes et l’autrice a relevé beaucoup d’incohérences dans plusieurs dictionnaires. Elle donne un petit tuyau pour savoir très vite si un dictionnaire est à jour : vérifiez comment le verbe bruler est orthographié (WordPress me le souligne ici en rouge…). Je l’ai toujours écrit avec un accent circonflexe. Mais en fait, la nouvelle orthographe recommande de l’écrire sans.

J’ai l’intention d’écrire des posts à l’avenir sur les différentes règles des rectifications orthographiques. Elles sont divisées en catégories et j’essaierai d’expliquer une règle à la fois, avec des exemples, à l’aide du livre. Cela me permettra de bien me les mettre en tête aussi ! Je les ai toutes lues et comprises, mais il faut que je m’habitue à les appliquer.

Si vous vous sentez prêt·e pour en digérer plusieurs à la fois, voire toutes d’un coup, et si vous souhaitez en apprendre plus sur l’orthographe française en général, vous pouvez visiter ces sites :

Chantal Contant autorise aussi la diffusion d’un résumé des règles. Je l’ai donc scanné et vous pouvez le télécharger ici.

Oscar et la Dame rose

J’ai lu ce livre pour la première fois il y a très longtemps. J’étais en vacances en France chez une amie et elle me l’avait recommandé. C’est un tout petit livre et je l’avais lu sur son canapé très rapidement. Et j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. Je n’en ai pas voulu à mon amie, elle m’avait prévenue.

Je viens de le relire et j’ai encore pleuré comme une madeleine. Mais j’ai aussi beaucoup souri.

C’est l’histoire d’un petit garçon de 10 ans, malade d’un cancer, en phase terminale. Il est à l’hôpital, où il a des copains, atteints de maladies diverses. Il se lie d’amitié avec une vieille dame qu’il appelle Mamie-Rose, qui lui raconte qu’elle était catcheuse professionnelle et lui conseille d’écrire à Dieu pour se soulager et se sentir moins seul. Il ne croit pas en Dieu, mais il se laisse convaincre et le livre est une succession de lettres d’Oscar à Dieu. Elles sont drôles et émouvantes à la fois.

Si le thème ne vous effraie pas, je vous recommande vivement de lire ce livre. Préparez des mouchoirs quand même, au cas où. Il se lit d’une traite, même à travers les larmes. En plus, il est plein de vocabulaire intéressant. Voici le début :

Vos profs de français vous ont-ils déjà dit que le masculin l’emportait sur le féminin ?

J’étais à l’école primaire dans les années 80 et à l’école secondaire dans les années 90. J’ai entendu pendant toute ma scolarité, pendant les cours de français, et de grammaire en particulier, cette phrase : le masculin l’emporte sur le féminin. C’est comme ça, c’est la règle. J’étais bonne élève, très bonne en grammaire et en orthographe et j’aimais les règles. Je les comprenais, je les acceptais telles qu’on me les donnait, sans les questionner, et j’avais toujours la meilleure note en dictée et de très bonnes notes en français. Quand j’ai commencé à enseigner le français, je répétais la même chose à mes élèves : le masculin l’emporte sur le féminin, c’est comme ça en français, c’est la règle. Si l’on a un groupe de personnes et qu’il y a 99 femmes et un homme, on doit dire ils, et s’il y a un adjectif ou un participe passé qui se réfèrent à l’ensemble de ces personnes, ils doivent être accordés au masculin pluriel.

Moi, pourtant si rebelle, je n’ai jamais remis en question cette règle. Je ne me suis jamais demandé si elle avait toujours été en vigueur. Je l’ai appliquée et je l’ai transmise maintes fois, de la même façon que je l’avais reçue.

Ce n’est que récemment que j’ai commencé à m’interroger et à creuser un peu. Avec l’évènement récent de la féminisation des noms de métiers enfin reconnue par l’Académie française, j’ai écouté des podcasts et lu des articles sur le sujet. J’ai recherché certain·es linguistes dont le discours m’intéressait et j’ai profité de la visite d’amis pour me faire apporter quelques livres que j’avais vraiment envie de lire et qui n’était pas disponibles sur Kindle.

Et la semaine dernière, j’ai lu ce livre qui m’a scotchée : non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! d’Éliane Viennot, historienne et professeure de littérature française, sous-titré : petite histoire des résistances de la langue française, et dans lequel j’ai appris plein de choses que je n’avais jamais apprises à l’école et qui sont pourtant extrêmement intéressantes et essentielles si l’on veut vraiment comprendre l’histoire de la langue française et des règles qui la régissent. Quand je pense au nombre de choses inutiles qu’on nous apprenait à l’école… Mais je me demande si mes profs savaient tout ce qu’il y a dans ce livre en fait. Il est fort possible que non.

C’est un petit livre de 130 pages que je vous recommande vivement si le sujet vous intéresse. Il se lit facilement et il est fascinant. L’autrice nous explique à quel point la domination du masculin dans la langue est politique. Elle ne préconise pas une féminisation de la langue, mais elle estime qu’il faudrait mettre un terme à sa masculinisation.

J’ai appris que le masculin n’avait pas toujours dominé la langue et que le féminin était autrefois bien plus visible qu’il ne l’est aujourd’hui, que ce soit dans le vocabulaire ou dans la grammaire. Avant que certains hommes et plus particulièrement ceux de l’Académie française ne s’en mêlent, les femmes étaient des autrices, des professeuses, des inventrices, des jugesses, des financières, etc. Et en fait, elles ont longtemps résisté aux règles que les hommes s’évertuaient à inventer pour les écarter de la langue, règles qu’ils déclaraient légitimes pour telle ou telle raison, sans réel fondement.

J’ai été abasourdie en lisant tout ça, et puis très vite, je me suis demandé pourquoi j’étais si surprise.

Je dis souvent que la France est un pays hyper sexiste, et bien qu’évidemment ce ne soit pas le pire pays au monde pour les femmes, je le trouve beaucoup plus étouffant que d’autres pays occidentaux. Et là, j’apprends que la France a été “pionnière dans les progrès de la domination masculine.” (p.24) À travers des lois telles que la loi salique, interdisant aux femmes de monter sur le trône, et à travers la langue, en déclarant le masculin le genre le plus noble et en éliminant de la langue les féminins des fonctions pour lesquelles les hommes ont estimé qu’elles devraient être désormais réservées aux hommes ! Aussi, en commençant à désigner les femmes comme le sexe faible.

À la page 58, elle nous parle de Sylvain Maréchal, militant politique et poète, qui, en 1801 a écrit un projet de loi pour interdire aux femmes d’apprendre à lire !!! Elle le cite : “Pas plus que la langue française, la raison ne veut qu’une femme soit auteur. Ce titre, sous toutes ses acceptions, est le propre de l’homme seul.”

La perniciosité de tout ça me fait vraiment bouillir à l’intérieur, mais en même temps, je suis enchantée que des livres comme celui-ci existent et que l’on parle de cette situation, que l’on y réfléchisse, que l’on comprenne pourquoi on en est arrivé là, et que l’on envisage l’évolution de la langue allant dans un sens plus égalitaire.

J’ai adoré lire ce livre, que je veux déjà relire, et j’ai beaucoup aimé la dernière partie qui parlent des enjeux actuels. Elle aborde dans le livre la question des accords, en nous expliquant que non, le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin et que la règle de proximité avait longtemps était de mise. C’est-à-dire que l’adjectif s’accordait avec le nom le plus proche dans la phrase, en cas de groupes contenant plusieurs noms de genres différents. Comme dans un exemple qu’elle cite page 108 : les coteaux et montagnes voisines. La règle d’aujourd’hui veut que l’on écrive “voisins”, mais elle tire cet exemple d’un livre publié en 1896 et nous rappelle que durant des siècles, on s’est exprimé ainsi, et qu’il serait donc facile d’y revenir car cela sonne juste à l’oreille. Je suis absolument d’accord. On pourrait alors écrire : des coteaux et montagnes voisines, ou des montagnes et des coteaux voisins.

Elle préconise plus de flexibilité dans l’usage de la langue, et pense que cela aiderait grandement à la simplifier. Elle m’a convaincue. J’applique la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin mais j’ai envie d’expérimenter un peu. Cependant, pour mes étudiantes qui passent les examens de DELF et de DALF, je dois faire attention dans le cadre de mon travail. Mais depuis quelque temps déjà, je parle de mes étudiantes au féminin, même si j’ai quelques étudiants de sexe masculin. La grande majorité de mes étudiants sont des étudiantes, alors quand je parle de l’ensemble, j’utilise le féminin. Mes étudiants hommes sont féministes de toute façon et soutiennent l’égalité à 100%. J’ai aussi envie d’essayer d’utiliser le point médian un peu plus souvent, même si c’est un peu compliqué avec mon clavier. Je dois faire du copier-coller en le trouvant sur Internet. Et c’est marrant, car quand j’ai commencé à entendre parler du point médian, je n’étais pas vraiment emballée. Mais plus je découvre l’histoire de l’évolution de la langue, plus j’ai envie de l’utiliser. Je ne suis pas sure de bien savoir m’en servir encore, mais je vais apprendre !

Je parlerai bientôt de la réforme de l’orthographe, aussi mentionnée dans le livre. Je sais qu’elle existe depuis 1990. Je venais de commencer le collège et je me souviens qu’une prof l’avait mentionnée, mais aucun prof ne me l’a jamais enseignée. Et je vous expliquerai pourquoi bientôt 20 ans plus tard, je ne la connais pas vraiment. Mais d’ici une semaine, je compte bien l’avoir assimilée et je vais m’appliquer à l’utiliser de façon régulière et constante. Et je vais commencer à écrire des posts à ce sujet pour vous informer et pour que vous puissiez vous aussi utiliser cette orthographe plus logique si vous ne le faites pas déjà.

La librairie des femmes

Mes étudiants le savent tous et si vous lisez ce blog régulièrement, vous le savez aussi : pour moi, la cause des femmes veut dire beaucoup. C’est aujourd’hui le 8 mars et je veux parler de femmes en ce jour symbolique.

J’ai toujours été dérangée par le traitement réservé aux femmes partout dans le monde, et depuis qu’enfin on en parle vraiment grâce au mouvement #metoo, et que je n’ai plus l’impression qu’on se moque complètement de nous, j’ai envie d’en savoir plus, et j’ai passé beaucoup de temps à me renseigner et à analyser ma propre attitude.

J’écoute des podcasts féministes (un podcast à soi, les couilles sur la table, quoi de meuf, etc. en français, et d’autres en anglais), je lis des livres féministes, j’écoute les différents discours tenus par les personnes publiques du monde entier et je fais attention à ce que disent les gens lambda autour de moi. Cette semaine, j’ai écouté pas mal d’interviews de Jameela Jamil et commencé à la suivre sur Instagram. Je la connaissais depuis la série The Good Place, mais je ne savais pas que c’était une activiste féministe. J’adore l’écouter parler car elle est pleine de sens commun et je crois vraiment qu’elle détient un certain pouvoir pour aider à faire évoluer les mentalités.

Quand je pense à ma propre attitude, au nombre de fois où j’ai pleuré devant mon miroir parce que je me trouvais trop grosse (alors qu’en fait, je n’ai jamais vraiment été grosse), au langage que j’ai pu utiliser avec les enfants avec lesquels j’ai travaillé pendant des années (“arrête de pleurer, on dirait une fille” (oui, j’ai honte), les adjectifs différents utilisés pour les petites filles et les petits garçons (fort / belle, etc)), je me dis que la société patriarcale avait bien réussi, malgré mon caractère fort et rebelle, à me faire penser d’une certaine manière, sans vraiment réfléchir. Et je me dis que si moi, rebelle et en colère contre le système depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai pu me laisser influencer ainsi, ce n’est pas surprenant que beaucoup de femmes soient aussi peu féministes et entretiennent la société patriarcale telle qu’elle est, en tenant des propos et en ayant des comportements qui vont contre leurs intérêts.

Je pense vraiment que nous sommes dans une période de changement. Je suis persuadée que les nouvelles générations (de filles et de garçons) sont de plus en plus féministes, prennent de plus en plus conscience des inégalités entre les hommes et les femmes et vont de moins en moins accepter que les femmes soient traitées comme des humains de seconde catégorie. Il y a encore beaucoup à faire, mais grâce aux personnes publiques qui s’expriment fortement sur le sujet, à mon avis, on va pouvoir commencer à passer à la vitesse supérieure et arrêter de penser que parce que l’on a obtenu le droit de vote en 1944 (en France) et le droit à l’avortement en 1975 (toujours en France), on a atteint l’égalité.

En repensant à ma vie, à mon éducation, aux discours qui ont été tenus autour de moi durant ma jeunesse, et à comment j’avais évolué, j’ai pris conscience d’énormément de choses. Mon obsession avec la minceur et mon regard sur les femmes plus grosses, par exemple, j’ai seulement récemment pris conscience que c’était terriblement anti-féministe. J’ai commencé à vraiment le comprendre en écoutant le troisième épisode d’un podcast à soi, et je suis toujours en train d’essayer de gérer cette nouvelle prise de conscience. Ce n’est pas évident, mais je sens que c’est libérateur.

Je lis de plus en plus de livres écrits par des femmes. Et je me suis rendu compte qu’à l’école, on nous faisait étudier quasiment exclusivement des livres écrits par des hommes. Je n’y avais jamais pensé avant ! J’étais en section littéraire au lycée, donc dans la filière où on lisait le plus et étudiait le plus d’auteurs. Et à part La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, je n’arrive pas à me souvenir d’un seul autre livre écrit par une femme qui était au programme. Je me souviens de Molière, Racine, Corneille, Flaubert, Zola, Balzac, Stendhal, Maupassant, Voltaire, Diderot, Camus, Proust, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Gide, Chateaubriand, Rabelais, Rousseau, et plein d’autres en fait. Mais à part Madame de la Fayette, pas une auteure dans la liste. J’avais lu George Sand (pseudonyme masculin d’une romancière du 19ème siècle) et adoré La Petite Fadette vers l’âge de 12 ans, mais ce n’était pas au programme du cours de français.

N’y avait-il aucune femme digne d’être étudiée en cours de français et de littérature ? Qui choisit les livres à présenter aux élèves ? Quel message cela fait-il passer aux jeunes gens qui étudient ces œuvres ? Que les femmes n’écrivent pas ? Que ce que les femmes écrivent n’est pas assez important et intéressant pour qu’on l’étudie ?

Après une recherche rapide sur Internet, j’ai l’impression que les choses n’ont pas vraiment changé depuis que j’étais à l’école (j’ai eu mon bac il y a plus de 20 ans quand même !) J’ai trouvé une liste de livres conseillés pour l’été par un certain lycée parisien très réputé, datant de l’été dernier. 5 auteures pour 55 auteurs…

J’ai lu pas mal d’auteures : Margaret Atwood et Lionel Shriver sont deux de mes préférées. J’ai passé mon enfance à lire et relire les livres de la Comtesse de Ségur, les aventures d’Alice détective de Caroline Quine et le Club des cinq d’Enid Blyton. Et bien sûr, la liste de livres écrits par des femmes que j’ai lus est bien trop longue pour que je la partage ici, mais je me rends compte malgré tout que je suis très peu consciente des auteures qui ont existé à travers les siècles (ce que j’essaie de corriger) et je sais très bien que les personnes qui refusent de voir un problème avec la société patriarcale seraient capables de dire que les femmes n’écrivaient pas parce qu’elles avaient d’autres choses à faire et que celles qui écrivaient n’étaient pas intéressantes. Ou quelque chose allant dans ce sens. Mais si c’était le cas, que les femmes n’écrivaient pas autant que les hommes, on pourrait peut-être se demander pourquoi, non ? Et si l’on jugeait inintéressant ce qu’elles écrivaient, on pourrait aussi se demander pourquoi. Qui décidait et décide encore aujourd’hui de ce qui est intéressant ? De ce qui a une valeur littéraire ? Moi personnellement, j’ai toujours détesté Baudelaire et je n’ai jamais compris pourquoi on en faisait tout un flan de ses Fleurs du Mal. Je n’ai jamais aimé ou été touchée par Verlaine ou Rimbaud. Qui a déclaré que c’était des génies ? J’ai adoré lire Stendhal et Flaubert, mais à part Thérèse Raquin, je n’aime pas l’oeuvre de Zola que je trouve ennuyeuse à mourir. J’adore Vian, Prévost et Molière, mais je n’ai jamais réussi à lire plus de quelques pages de Proust sans m’endormir. Tout ça est tellement subjectif, mais les intellectuels français (je suis moins au courant de ce qui se passe ailleurs dans ce domaine) me paraissent tellement prétentieux dans leur façon d’aborder la littérature et d’affirmer qui est bon écrivain et qui est mauvais, qui a du génie et qui n’en a pas. Et la société française me paraît aussi terriblement machiste, dans l’absolu et en comparaison aux autres pays dits développés. Et j’ai le sentiment que ces deux choses se sont pas complètement sans rapport, même si j’ai encore besoin de réfléchir, de lire et d’analyser. Mais je pense que tout est connecté et que ce sujet est très très complexe. Mais il faut en parler pour éveiller les consciences et pouvoir espérer un changement.

Et maintenant, à travers les podcasts que j’écoute, les articles et les livres que je lis, je découvre de plus en plus d’auteures et j’ai même découvert qu’il existait une librairie des femmes depuis 1974 à Paris. Dans cette librairie, on trouve principalement des livres écrits par des femmes. Vous pouvez lire son histoire ici et découvrir des livres et des auteures dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Et vous pouvez lire l’histoire d’Antoinette Fouque, femme extraordinaire dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à récemment. C’est elle qui a ouvert les librairies des femmes à Paris, Lyon et Marseille. Elle était une figure emblématique du MLF (Mouvement de Libération des Femmes), très engagée pour faire changer la société et lutter contre la misogynie. Elle a contribué à une certaine évolution de la société, mais d’après moi, pas autant qu’elle l’aurait pu car elle n’avait pas assez de gens qui étaient prêts à se mouiller et prendre son parti. Elle était activiste avant l’ère #metoo…

Mais aujourd’hui, si toutes les femmes privilégiées, celles que l’on écoute, celles qui ne risquent pas leur vie, s’unissaient pour dénoncer les injustices faites aux femmes et si les hommes féministes faisaient entendre leur voix un peu plus fort, on pourrait voir un vrai changement avant trop longtemps, à mon avis.

Bonne journée du 8 mars !

Connaissez-vous le plus grand des voleurs…

… qui est aussi un gentleman cambrioleur ?

Je veux parler d’Arsène Lupin. Je pensais qu’il existait vraiment quand j’étais petite. Je le voyais à la télé et j’espérais que toutes ces histoires étaient vraies, tellement je trouvais ce personnage fascinant.

Mais c’était seulement un personnage sorti de l’imagination de Maurice Leblanc au début du 20ème siècle.

Il était charmant, charmeur, beau parleur et terriblement intelligent. Il se déguisait et changeait d’identité pour arnaquer les gens qui n’y voyaient que du feu.

Si ça vous dit de lire ses aventures, elles sont disponibles en ligne et les chapitres sont courts. Très bon pour pratiquer la lecture active. Ne vous arrêtez pas trop sur le passé simple et l’imparfait du subjonctif. L’essentiel est de les comprendre, et c’est bien si vous savez les identifier, mais vous n’avez pas vraiment besoin de savoir les utiliser (sauf si vous avez un projet spécifique qui implique une connaissance parfaite du français, jusqu’à l’imparfait du subjonctif !)

https://bibliothequenumerique.tv5monde.com/livre/88/Arsene-Lupin-gentleman-cambrioleur

Et voici une chanson sur ce cher Arsène :

Comment enrichir son vocabulaire en lisant

Si vous lisez mon blog, vous avez probablement un niveau de français déjà assez avancé. Vous avez peut-être réussi le DELF B2.  Quand on arrive à ce niveau, quand on est capable de bien communiquer, qu’on arrive à comprendre ce qu’on entend à la radio, qu’on arrive à suivre les films sans sous-titres, qu’on peut lire des livres entiers sans avoir recours au dictionnaire en permanence, c’est un niveau vraiment confortable et agréable. Mais il y a toujours des mots qui nous manquent pour exprimer ce qu’on veut vraiment dire. Il y a beaucoup de mots qu’on ne comprend pas dans une émission de radio ou un film, mais comme il y en a tellement plus qu’on comprend, ça nous permet de comprendre l’idée générale sans forcément saisir les détails. Pareil quand on lit. De temps à autre, plus souvent qu’on aimerait, on tombe sur un mot qu’on ne connaît pas. Mais le contexte nous permet de deviner son sens. Et c’est tellement ennuyeux de sortir le dictionnaire à chaque mot inconnu qu’on préfère supposer sans vérifier.

Et pourtant, si l’on ambitionne d’atteindre un jour le niveau C2 et non pas de stagner au niveau B2, tout respectable qu’il soit, il est nécessaire d’être plus actif dans sa pratique du français. 

J’aime lire. Je lis pour le plaisir. Je lis surtout en anglais, beaucoup en français, un peu en espagnol, plus rarement maintenant en italien et j’attends avec impatience d’être capable de lire en japonais et en thaï. Quand je lis sur Kindle, c’est pratique pour chercher le sens d’un mot nouveau. Il y a juste à cliquer et la définition ou la traduction apparaît. Mon vieux Kindle a un “vocabulary builder“. Quand j’ai commencé à lire en espagnol, j’ai décidé de lire Harry Potter car je connais l’histoire par cœur et ça m’évitait d’avoir à galérer pour comprendre l’histoire. Mais évidemment, il y avait plein de mots que je ne connaissais pas. Des mots tout simples comme moustache, trottoir, hibou, oser (celui-là revenait souvent mais il m’a fallu une éternité pour le retenir), inquiet, balai, coup de pied, chaussette, etc. Sans le Kindle, ça aurait été difficile. Je mettais les mots nouveaux dans le “vocabulary builder”, avec l’intention d’y retourner et de les étudier. J’avais même commencé à les noter dans un cahier. Mais au final, il y en avait trop, et je lisais plus vite que j’écrivais et j’ai abandonné l’idée de les étudier. Je me suis dit qu’à force de vivre en Espagne et d’entendre de l’espagnol tout le temps, je finirais bien par les apprendre tous ces mots. Mais ce qui s’est vraiment passé, c’est que je n’ai jamais fait l’effort d’être vraiment active dans mon apprentissage. J’ai probablement atteint un niveau B2 au bout de 3 ans, mais même pas un très bon niveau B2. Ma grammaire est bancale, mon vocabulaire est pauvre. Je comprends beaucoup plus que je suis capable de produire et si je ne m’y remets pas bientôt, mon niveau va continuer à baisser. 

Mes étudiants sont demandeurs de lecture pour la plupart. Beaucoup lisent en français. Certains ont un niveau quasi-natif en compréhension. Mais il y a souvent un petit déséquilibre avec la production. On travaille avec du matériel qui permet d’enrichir son vocabulaire et qui vise à pousser les étudiants à utiliser des structures variées. Mais avec une ou deux heures de cours par semaine, le progrès sera lent et cela prendra des années pour passer du B2 au C2 si l’on ne fait rien en français en dehors des cours. 

C’est difficile de savoir où commencer pour enrichir son vocabulaire. Cela paraît une tâche si vaste. Une langue contient tellement de mots ! Et si on y réfléchit, on peut être tout à fait fonctionnel sans les connaître tous. Mais on passera à côté de beaucoup de choses si on se cantonne au niveau B2. 

J’adore être capable de tout comprendre en anglais. Je comprends les subtilités, je comprends l’humour (presque toujours), je peux tout lire, tout regarder, tout écouter (même si parfois j’ai du mal à comprendre mon mari au téléphone avec son accent trop British!). Cela m’ouvre à tout un monde que je ne connaîtrais pas si je n’avais pas ce niveau. Mais c’est quelque chose que je travaille tous les jours depuis 16 ans, et avant ça, je l’avais étudié avec passion pendant 15 ans. Je tombe encore régulièrement sur des mots que je ne connais pas. Quand mes amis anglophones utilisent un mot que je ne connais pas, je leur demande de me l’expliquer. Quand je lis, je recherche la définition. 

Mais à mon niveau, c’est facile de procéder comme ça. Par contre, si je voulais atteindre le même niveau en espagnol, cela me demanderait beaucoup plus de temps et de méthode. 

Et c’est mon conseil du jour, pour tous les étudiants qui ont un niveau B2 ou C1 et qui ambitionnent d’atteindre le C2 un jour : procédez méthodiquement ! Fixez-vous des objectifs raisonnables à atteindre ! Soyez réalistes ! Si vous mettez la barre trop haut, c’est le meilleur moyen de ne jamais atteindre vos objectifs parce que vous avez tous une vie et je doute que qui que ce soit n’ait rien d’autre à faire de ses journées que d’étudier le français. On vit une époque étrange, où on est constamment sollicité de tous les côtés. C’est dur de rester concentré et d’aller au bout de ses objectifs, surtout quand cet objectif est de parler une langue étrangère comme un natif. 

Alors quand vous lisez en français et que vous prenez plaisir à lire, ne gâchez pas votre plaisir en passant votre temps à ouvrir le dictionnaire (ou à culpabiliser parce que vous ne le faites pas). Mais pendant 5 minutes, chronomètre en main, obligez-vous à noter tous les mots et structures que vous ne connaissez pas ou que, même si vous les comprenez, ne sont pas des mots ou structures que vous utiliseriez de vous-même parce que vous n’êtes pas à l’aise avec le sens exact ou tout simplement parce que vous connaissez des synonymes et des façons de dire plus simples. 5 minutes seulement. A chaque fois que vous lisez. Cela peut paraître peu, mais on peut relever un tas de mots nouveaux ou mal maîtrisés en 5 minutes quand on est au niveau B2. 

Après, selon vos goûts personnels, vous pouvez noter tout dans un cahier ou vous faire des flashcards. Pour ça, je recommande cette app. Lisez un minimum de 5 minutes par jour. On dit tout le temps qu’on n’a pas le temps de faire ceci ou cela (j’ai souvent été coupable de ça), mais franchement, qui n’a pas le temps de prendre 5 minutes par jour ? Personnellement, j’en passe beaucoup plus à faire des choses inutiles (au lieu de faire du thaï et du japonais) et je ne suis même pas sur les réseaux sociaux !

Ensuite, il faut vous forcer à utiliser les nouveaux mots et les nouvelles structures. Même si vous n’êtes pas trop sûr. Faire des erreurs vous permettra de mieux apprendre ! Parlez avec vos amis français, vos profs, les francophones que vous rencontrez en voyage…

Si vous n’avez pas le temps de lire des livres, vous pouvez lire des articles. Un par jour. Le français est la quatrième langue sur Internet, il y a de quoi faire ! Pour consolider vos connaissances dans un domaine, vous pouvez choisir de lire exclusivement des articles politiques pendant un temps. Vous remarquerez que le vocabulaire utilisé est souvent le même. Puis passez aux articles sur l’environnement. Revenez ensuite à la politique pour vérifier que vous vous souvenez du vocabulaire. Essayez le sport. Revenez à l’environnement. Puis essayez l’art. Etc. Voir un mot nouveau une seule fois, ça ne suffit pas. Il faut le voir, le comprendre, le revoir, l’utiliser, le réutiliser, le tester de différentes façons. 

Tout ceci prend du temps, mais c’est tellement gratifiant quand on réalise que ça y est, on y est arrivé !! 

Si vous voulez vraiment atteindre un niveau natif, vous y parviendrez, mais il faut y travaillez avec régularité, méthode et patience !

300 millions de locuteurs francophones

Cette semaine a eu lieu le Sommet de la Francophonie, en Arménie. Dans cette courte vidéo, vous trouverez des données et des statistiques sur la langue française, et découvrirez entres autres qu’elle a progressé de 10% en 4 ans et qu’elle est la cinquième langue la plus parlée  et la deuxième langue étrangère la plus apprise au monde. C’est aussi la quatrième langue sur Internet.

Vous trouverez ici une carte de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) autour du monde. Je serais prête à parier que beaucoup d’entre vous ignoraient qu’autant de pays étaient membres ou observateurs de cette institution. 

Pour mieux comprendre ce qu’est la Francophonie, quels sont ses buts et ses missions, vous pouvez vous rendre ici

Je suis tombée sur cette vidéo de France 24 que j’ai trouvée plutôt intéressante. La journaliste interviewe Stephen Clarke, écrivain anglais qui a écrit des livres hilarants sur la France que je recommande vivement. A lire en anglais, car c’est à mon avis toujours plus intéressant de livre un livre en version originale si l’on peut. J’ai lu ses livres A year in the merde et Merde Actually il y a quelques années déjà et je ne me souviens pas de tout, mais je me souviens d’avoir énormément ri. Le narrateur est le même dans les deux livres (et je crois qu’il y en a deux autres où on le retrouve) et dans le premier livre, il est assez jeune (moins de 30 ans), débarque à Paris et commence à observer toutes les différences culturelles entre la France et l’Angleterre, les Français et les Anglais. J’avais à peu près l’âge du narrateur quand je l’ai lu et je vivais à Londres, où j’observais les différences culturelles de l’autre côté de la Manche. Il les prenait avec beaucoup plus d’humour que moi à l’époque !

Dans la vidéo, j’aime le passage où il parle du peu de chance que le français devienne un jour la langue la plus parlée au monde et les raisons qu’il évoque. Je suis assez d’accord avec lui. Et autant j’adore la langue française, autant je trouve tellement plus simple de m’exprimer en anglais parfois ! Quand j’enseigne, je fais le maximum pour parler exclusivement en français, mais en dehors du travail, je parle un mélange des deux langues. Souvent, quand le français exige une proposition relative pour exprimer un concept, l’anglais n’exige qu’un mot. L’anglais est tellement plus flexible et malléable. Et en même temps, j’adore la complexité et la richesse de la langue française. Je suis heureuse qu’elle progresse dans le monde et qu’il y ait de plus en plus d’apprenants de français, mais comme Clarke, je doute qu’elle devienne la première langue au monde. Pas dans un futur proche en tout cas. 

Avant de poster, j’aimerais mentionner un autre auteur, américain cette fois, que je trouve hilarant et qui a également écrit sur la France : David Sedaris. Dans la deuxième moitié de son livre Me Talk Pretty One Day, on trouve une série d’essais sur sa vie en France, délicieusement amusants. Il parle de la France dans d’autres livres aussi, mais j’ai oublié lesquels. J’ai dû lire six de ses livres et qu’il parle de la France ou des US, cela vaut vraiment le coup de le lire. 

La Dame aux Camélias

http://bibliothequenumerique.tv5monde.com/livre/279/La-Dame-aux-camelias

C’est ainsi que commence le roman d’Alexandre Dumas fils. Il fait partie du domaine public et se trouve facilement en ligne. Il n’est pas très épais et l’histoire n’est pas compliquée à comprendre. Je l’aime beaucoup. Elle m’a fait pleurer et quand je suis allée voir la Traviata à l’opéra, j’ai pleuré à nouveau ! Je ne savais pas à l’époque que c’était la même histoire !

Pas que j’envie la vie de Marguerite, ni que j’aurais aimé vivre à cette époque, mais c’est une histoire touchante. D’autant plus qu’apparemment, elle a été inspirée par la propre histoire d’amour de Dumas fils. 

Si vous aimez l’ambiance parisienne du 19e siècle et les histoires d’amour tragiques, La Dame aux Camélias est pour vous ! Vous pourrez ainsi réviser votre passé simple et enrichir votre vocabulaire tout en voyageant dans le temps.