DALF C1 : planifier l'essai argumentatif

Il est important d’apprendre à gérer son temps pour l’épreuve de PE car même si vous disposez de 2 heures et 30 minutes et que cela vous parait long avant de commencer, elles vont en fait passer très vite car il faut que vous produisiez deux textes après avoir lu et analysé des articles pour faire la synthèse.

Il est essentiel d’avoir un plan avant de se mettre à écrire car il faut que vos textes soient structurés et cohérents. Une façon efficace de planifier est de faire une carte mentale.

Prenons par exemple un sujet assez bateau sur le thème de l’environnement, que j’ai croisé plusieurs fois dans les livres de préparation du DALF au cours des dernières années : Vous êtes insatisfait·e de la politique environnementale menée par le maire de votre ville et vous lui écrivez pour lui faire part de votre mécontentement et lui faire des propositions.

Vous savez que vous voulez une introduction, un développement en trois parties avec des sous-parties et des exemples, et une conclusion. Une carte mentale vous permet de commencer à écrire très rapidement une fois que vous avez trouvé vos idées. Il ne vous reste plus qu’à ajouter des connecteurs logiques et à articuler vos idées de façon cohérente tout en utilisant des structures variées et en peaufinant votre grammaire.

Essayez d’écrire la lettre formelle en suivant ce plan et voyez combien de temps cela vous prend !

Pour revoir la présentation d’une lettre formelle, vous pouvez lire ce post, dans lequel vous trouverez également des liens vers des posts sur les formules de politesse.

DALF C1 : essai argumentatif – cerner le sujet

Les examens de décembre approchent et les candidat·e·s au DALF commencent à être un peu stressé·e·s . La plupart des candidat·e·s avec lesquel·le·s je travaille sont en général un peu plus inquiet·e·s pour les épreuves de production, en particulier la PO et la synthèse.

Mais il est important de ne pas négliger l’essai lors de votre préparation, car cet exercice est, à mon avis, un exercice qui peut vous rapporter beaucoup de point sans trop d’efforts, à condition de bien répondre au sujet.

J’ai déjà écrit un post sur les différents types de plans possibles pour l’essai argumentatif et un autre plus général sur l’exercice et la démarche à suivre.

Depuis, plusieurs sessions de DALF ont eu lieu et j’ai eu l’occasion de travailler avec de nouvelles personnes pour qui l’exercice de l’essai n’était pas une évidence. Je vais donc essayer aujourd’hui d’ajouter quelques éléments à ce que j’ai précédemment écrit.

  • Gardez en tête que l’épreuve totale de PE dure 2 heures et 30 minutes, durant lesquelles vous devez lire des textes, faire une synthèse de ces textes, puis écrire un essai sur le même thème, sans référencer les textes (c’est possible de s’en inspirer, mais pas trop !), en apportant de nouvelles idées. L’essai peut être une lettre formelle, une lettre moins formelle, un article, une réaction sur un forum, etc. Vous n’avez donc pas énormément de temps pour écrire cet essai et par conséquent, vous n’allez pas pouvoir développer vos idées comme vous le ferez lors de l’épreuve de production orale.
  • Lisez attentivement le sujet, c’est impératif pour être certain·e d’avoir bien compris ce qu’on attend de vous. Qui êtes-vous ? En tant que qui écrivez-vous ? À qui écrivez-vous ? Pour quelles raisons écrivez-vous ? Dans quel but écrivez vous ? Quel type d’écrit dois-je produire ?
  • Une fois que vous avez déterminé tout ceci, partez du plus simple. Vous devez argumenter et convaincre, et pour convaincre, il faut que vous soyez cohérent·e et que vous arguments soient logiques et directement en rapport avec la question. Si vos idées sont intéressantes mais que l’on a du mal à voir comment elles sont liées avec le sujet, cela va affecter votre score au niveau de l’argumentation et de la cohérence.

Prenons un exemple de sujet, tiré du manuel Réussir le DALF C1-C2 (Editions Didier, 2007) :

  • Qui suis-je ? Quelqu’un vivant dans un pays francophone (disons la France), touché par cette décision
  • J’écris en tant que qui ? En tant que mère qui a des enfants à l’école primaire
  • J’écris à qui ? Au courrier des lecteurs de mon journal habituel
  • J’écris pour quelles raisons ? Je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants et je trouve cette décision ridicule
  • J’écris dans quel but ? pour exprimer mon désaccord et argumenter contre cette décision

Quels sont mes arguments ?

  • Mon premier argument serait de dire qu’avec la mondialisation, il est plus que jamais nécessaire de parler plusieurs langues. Le bilinguisme ne suffit plus. Si nos enfants n’apprennent qu’une seule langue étrangère alors que les enfants des autres pays d’Europe en apprennent plusieurs et qui plus est, beaucoup plus tôt, ils ne seront pas du tout compétitifs sur le marché du travail et auront beaucoup moins de choix de carrières quand ils entreront dans la vie active. Restreindre l’enseignement des langues ferment des portes à nos enfants.
  • Mon deuxième argument serait de dire que sur le plan personnel, parler plusieurs langues est une richesse qui permet de s’ouvrir au monde et de mieux le comprendre. Comprendre d’autres systèmes linguistiques permet de mieux comprendre des cultures totalement différentes des nôtres et devient ainsi un outil de tolérance autant que d’épanouissement personnel. On est toujours mieux accueilli à l’étranger quand on fait l’effort de parler quelques mots du pays et de comprendre la culture.
  • Mon troisième et dernier argument serait de dire que selon une étude que j’ai lue récemment, il a été prouvé que parler plusieurs langues avaient de nombreux bénéfices pour le cerveau et la santé mentale. Non seulement, cela aide le cerveau à aborder les problèmes sous des angles différents plus rapidement et donc à les résoudre plus facilement, mais aussi, selon les chercheurs, à un âge avancé, le cerveau des personnes parlant plusieurs langues se détériore bien moins vite que celui des personnes monolingues.

Pour ce qui est de mon troisième argument, je n’ai pas lu d’étude sur le sujet. Comme beaucoup, j’ai entendu certaines informations, mais je n’ai jamais approfondi. Les examinateurs vont-ils vérifier ? Bien sûr que non !

Il n’y a rien de bien exceptionnel dans cette argumentation. Mais en une heure et quelques, vous n’aurez pas le temps d’écrire une thèse de doctorat ! Les étudiant·e·s me donnent souvent l’impression qu’ils et elles croient que leurs idées sont trop simples mais ce que l’on veut voir, c’est de la cohérence, du vocabulaire élaboré, des structures grammaticales variées, des connecteurs logiques bien utilisés, en bref, un écrit bien structuré avec des idées qui tiennent la route. Oubliez que vous êtes en examen et écrivez quelque chose de crédible, qui pourrait être écrit dans la vraie vie !

Livre de préparation à la PE du DALF

Si vous souhaitez passer le DALF C1 ou C2, comme je le répète constamment, il est primordial de bien s’y préparer. Même si l’on parle très bien français, on ne se présente pas à l’examen sans l’avoir préparé. Comptez plusieurs semaines de préparation, voire plusieurs mois, selon d’où vous partez.

Si pour une raison ou une autre, vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas travaillez avec un·e prof, il faut vous procurer du matériel spécifiquement conçu pour la préparation, avec lequel vous pourrez peaufiner la méthodologie. J’ai mentionné un premier livre la semaine dernière, et aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un livre qui se focalise sur la production écrite. Il a été publié l’année dernière, je me le suis procuré cette année, et je le trouve très bien.

Il s’intitule Préparer le DALF C1 & C2, aux Éditions PUG et ressemble à ça :

ISBN-10: 2706129840
ISBN-13: 978-2706129841

Comme indiqué sur la couverture, c’est un livre de méthodologie, avec lequel vous pourrez vous entrainer à travers des activités guidées et vous pourrez consulter les corrigés à la fin du livre.

Vous pouvez avoir un aperçu du livre ici. Il suffit de cliquer sur le livre et plusieurs pages apparaitront.

Livre de préparation au DALF

Si l’on compare le matériel qui existe pour l’anglais langue étrangère avec ce que l’on peut trouver pour le français langue étrangère, on voit bien que ce n’est pas la même chose. J’ai été prof d’anglais avant d’être prof de français et j’adorais la multitude de matériel à ma disposition. J’ai aussi été étudiante d’anglais et j’ai passé le C2 à un moment de ma vie. Cela avait été très facile de trouver du matériel de préparation à l’examen vraiment intéressant et très clairement structuré.

Quand je suis passée de l’enseignement de l’anglais à l’enseignement du français, j’ai tout de suite remarqué qu’il y avait moins de ressources disponibles pour les profs et pour les étudiants. Pour les petits niveaux, ça va, il y a pas mal de matériel. Mais dès qu’on arrive au niveau C1, c’est beaucoup moins évident, et ne parlons même pas du C2.

Pour la préparation d’examen, il y a peu de manuels. Souvent, les étudiant·es qui me contactent pour préparer le DALF n’ont soit aucun matériel, soit des manuels qui datent de 2007, voire 2005. Pas idéal.

Un livre plus récent et spécifiquement conçu pour la préparation du DALF que je trouve très bien est celui de la collection 100% réussite, aux Editions Didier.

Voici la couverture :

ISBN-10: 2278087940
ISBN-13: 978-2278087945

Il contient beaucoup de conseils pratiques, de nombreux exercices guidés, des exemples, des épreuves blanches et des corrigés. Pour l’avoir beaucoup utilisé, je pense pouvoir dire avec assurance qu’il contient très peu d’erreurs. Il y a quelques coquilles, mais dans l’ensemble, si vous avez le niveau requis, vous devriez être capable de les remarquer.

Si vous êtes indépendant·e et discipliné·e, vous pouvez travailler seul·e avec ce livre. Un peu de préparation avec un·e prof ne fait jamais de mal et vous aidera à prendre confiance en vous, mais tout le monde n’a pas les moyens ou le temps pour des cours et il n’est pas impossible de se préparer seul·e. J’avais préparé le C2 d’anglais seule avec des livres, sans prof, car je n’avais pas d’argent pour me payer des cours à l’époque, et ça s’était très bien passé. Par contre, j’avais des facilités à l’écrit (l’anglais est bien plus facile que le français à mon avis), et je n’ai rien fait d’autre que bosser et étudier pendant les trois mois précédant l’examen. Et j’étais hyper stressée le jour de l’examen oral. Mais je l’ai réussi avec une note décente.

Ce n’est pas un livre pour travailler la grammaire ou le vocabulaire. C’est un livre pour vous aider à travailler la méthodologie de l’examen. Il est entendu que vous avez déjà le niveau, que vous maitrisez la grammaire et que vous avez un vocabulaire avancé. Si ce n’est pas le cas et que vous n’avez pas un besoin urgent du diplôme, prenez le temps d’approfondir votre apprentissage avant d’envisager l’examen ! Lisez, écrivez, écoutez, parlez, enrichissez votre vocabulaire, perfectionnez votre grammaire, apprenez à dominer la langue, pour que si un jour vous décidez de passer l’examen, vous puissiez le faire les doigts dans le nez. Car si vous n’en avez pas absolument besoin, que vous apportera d’obtenir le diplôme avec 50% des points ? De plus, soyez bien conscient que cet examen est bien plus qu’un examen de langue. C’est un examen qui reste très académique et qui donne des cheveux blancs à la plupart des candidat·es.

DALF C1 – Essai argumentatif : quel type de plan choisir ?

L’essai du DALF C1 est évalué ainsi : 

source : http://www.ciep.fr/delf-dalf

Comme vous pouvez l’observer, votre capacité à argumenter, la cohérence et la cohésion de votre discours pèsent plus lourd dans la note finale que les compétences linguistiques. Elles ne sont toutefois pas à négliger car si votre vocabulaire est pauvre et votre grammaire douteuse, vous aurez du mal à argumenter clairement. 

Vous savez qu’il vous faut écrire selon un plan qui contient toujours une introduction, un développement (généralement en 3 parties) et une conclusion. Si vous en êtes arrivé là, vous ne pouvez pas ignorer ceci. 

Maintenant, votre développement peut prendre plusieurs formes et plusieurs plans sont possibles. Selon le sujet, vous en choisirez un plutôt qu’un autre. 

  • le plan causes / conséquences / solutions : ce plan est souvent adapté aux questions de société dans lesquels on perçoit un problème. Par exemple, si l’on vous demandait d’écrire sur le phénomène des cours particuliers qui s’est amplifié au cours de la dernière décennie, vous pourriez avoir une première partie qui fait le constat de la situation (de plus en plus de parents payent, parfois des fortunes, pour des tuteurs, dans le but de voir leur enfant obtenir les meilleures notes et une place dans les meilleures écoles) tout en analysant les causes (monde globalisé, compétition accrue, peur de l’avenir, mentalités modernes, etc.) Dans une deuxième partie, vous pourriez parler des conséquences engendrées par ce phénomène (élèves et étudiants incapables de travailler seuls et de penser par eux-mêmes, stress et santé mentale en danger, inégalités qui s’accroissent encore plus, etc.) Dans une troisième partie, vous pourriez proposer des solutions (plus de personnel dans les écoles et plus de soutien pour les élèves en difficultés, mise en place de nouveaux systèmes d’évaluation sur le long-terme plutôt qu’un examen final, inculquer des valeurs aux enfants dès le plus jeune âge pour qu’ils aient une perception du monde plus libre, etc. : vous pouvez être créatif, tant que vous justifiez vos arguments !) 
  • le plan suggéré par l’énoncé : parfois, on vous demande d’adopter un point de vue précis et le plan vous est clairement suggéré. Par exemple, on pourrait rester sur le sujet des cours particuliers mais l’aborder d’une autre façon. Si le plan vous dit, “vous venez de lire un article sur le fait que de plus en plus de parents payent des tuteurs pour aider leurs enfants à faire leurs devoirs dès l’école primaire, dans le but de les voir obtenir les meilleures notes. Vous réagissez sur un forum pour exprimer votre mécontentement par rapport à ce phénomène récent et vous proposez des solutions.” Ici, on vous demande clairement d’adopter un angle particulier et vous devez trouver assez d’arguments pour justifier que vous désapprouvez (2 ou 3), tout en proposant des solutions (2 ou 3). 
  • le plan dialectique : aussi appelé le plan thèse / antithèse / synthèse. Idéal pour les dissertations philosophiques. Dans ce type de plan, vous allez démontrer que vous pouvez aborder un sujet sous différents angles, que vous êtes capable d’être nuancé. Dans votre première partie, vous défendrez un point de vue, dans la deuxième partie, vous défendrez un point de vue opposé et dans la troisième partie, vous irez au-delà du débat. Par exemple, on pourrait avoir un sujet sur Internet : “Vous venez de lire un article affirmant qu’Internet avait compliqué nos vies. Vous réagissez à cette affirmation sur un forum.” Vous avez sans doute un avis sur la question, ce qui signifie que si vous suivez un plan dialectique, vous trouverez plus facile de trouver des arguments pour  une partie plutôt que l’autre. Mais si vous essayez de comprendre le point de vue opposé au vôtre, vous aurez beaucoup à dire.  Dans votre première partie, vous affirmez qu’Internet a compliqué nos vies. Dans votre deuxième partie, vous affirmez qu’Internet a simplifié nos vies. Dans la troisième partie vous équilibrer vos arguments et vous pouvez pousser le débat dans le sens de votre propre opinion. 
  • le plan comparatif : comme son nom l’indique, vous allez faire des comparaisons, vous allez faire ressortir des différences et des similitudes autour d’un thème donné. On parlera facilement d’avantages et d’inconvénients dans ce type d’essai. Gardez en tête que le thème de l’essai sera le même que celui de la synthèse et que vous aurez eu le temps de vous imprégner du sujet au moment où vous arriverez à l’essai. Si le thème était l’éducation et que vous aviez un sujet tel que : “Vous avez décidé d’aller étudier une année à l’étranger et vous hésitez entre un pays francophone et un pays anglophone. Ecrivez une lettre à un ami français qui a étudié en France et à l’étranger pour lui faire part de vos hésitations et lui demander conseil.” Ici, je vous conseillerais de choisir d’entrée un pays francophone et un pays anglophone pour en faire la comparaison et pour que votre lettre soit plus naturelle. Vous pouvez choisir de faire une première partie sur les avantages et inconvénients d’un pays et la deuxième partie sur l’autre pays, ou vous pouvez choisir trois points précis qui sont importants pour vous et vous comparez chaque pays pour chaque point. 
  • le plan thématique : dans ce plan, on analyse un sujet selon les aspects qu’on juge essentiels. Par exemple, si notre sujet était la mondialisation, on pourrait l’aborder d’un point de vue économique, puis politique, puis culturel. Première partie : quels sont les enjeux économiques de la mondialisation? Deuxième partie : quels sont les enjeux politiques de la mondialisation ? Troisième partie : quels sont les enjeux culturels de la mondialisation ?

Un petit tuyau : ces plans sont aussi valables pour l’exposé de la PO ! Pratiquez, pratiquez, pratiquez ! Avant que les choses deviennent faciles, elles sont souvent difficiles…