Interviews dans un taxi belge

YouTube m’a suggéré de regarder un extrait d’émission belge récemment et comme Stromae était dedans, j’ai pensé que c’était une bonne idée. J’adore Stromae. Je l’ai écouté en boucle à certaines périodes de ma vie et je trouve que c’est un artiste exceptionnel.

J’ai trouvé le concept de l’émission assez sympa. Les vidéos sont assez courtes alors si vous voulez quelque chose de plus léger que les podcasts de France Culture, vous pouvez y jeter un œil. L’émission s’appelle Hep Taxi ! et est diffusée sur la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone). Les artistes sont interviewés par un chauffeur de taxi (je ne suis pas certaine que ce soit réellement son métier, il est probablement plutôt journaliste) dans un taxi, tout en roulant.

J’ai aussi regardé l’interview d’Anémone, actrice française décédée l’an dernier, car le titre de la vidéo m’a interpelée : être mère a ruiné mon existence. Une interview sans langue de bois. La première partie, qui présente l’actrice au début, est ici. Elle dit des choses qu’on n’a pas vraiment l’habitude d’entendre dans la bouche des gens connus.

Si vous connaissez peu ou mal les célébrités françaises et francophones et que vous aimeriez enrichir vos connaissances de ce côté-là, cette émission pourra vous en faire découvrir pas mal.

L’oreille musicale des enfants bilingues – analyse

Je vous propose d’analyser la suite du texte d’hier, sur le bilinguisme. Je vous ai donné la première partie pour faire un petit exercice sur les prépositions et aujourd’hui, faisons un travail de lecture active sur la deuxième partie. L’article complet est ici.

En rose, des verbes, en bleu, des connecteurs, en jaune des participes passés utilisés seuls, en gris un pronom, souligné, du vocabulaire à observer.

  • le bilinguisme : prononcer [bilɛ̃gɥism] – que l’on peut opposer au monolinguisme (voir monolingue plus loin dans le texte), aussi appelé unilinguisme. Quand on parle trois langues, on peut parler de trilinguisme. Au-delà, on parlera de polyglottisme et on dira qu’on est polyglotte.
  • ne sont pas restreints au : du verbe restreindre, passif – remarquer la préposition à : être restreint à qqch
  • en effet : connecteur utilisé pour confirmer ce qui a été dit auparavant
  • un bilingue : adjectif utilisé comme nom – le nom est sous-entendu = une personne bilingue.
  • s’exprimer : synonyme de parler, verbe pronominal
  • jongler : utilisé au sens figuré, synonyme d’alterner, d’utiliser avec une grande facilité
  • constamment : bon adverbe à employer, au lieu de tout le temps
  • associées au : du verbe associer – observer la construction : qqch est associé à qqch
  • notamment : préférez employer cet adverbe plutôt que spécialement ou *espécialement (qui n’est pas un mot français)
  • en termes de : avez-vous tendance à surutiliser par rapport à ? En termes de est une bonne alternative quand vous parlez d’un domaine particulier
  • outre : observez que ce n’est pas en outre, mais outre seulement. Saviez-vous que c’était possible ? La préposition outre + nom = en plus de
  • accrue : du verbe accroitre = augmenter / intensifier
  • par rapport au… et à… : remarquez la répétition de la préposition
  • doués : être doué pour qqch = avoir des facilités, des aptitudes
  • détecter : construction directe, détecter qqch
  • adopter : construction directe, adopter qqch
  • ajuster : construction directe, ajuster qqch
  • faire preuve de : montrer, démontrer – quels mots sont couramment associés à cette locution verbale ?
  • plasticité cérébrale : veulent-ils dire que le cerveau est en plastique ? Bien sûr que non ! Le cerveau est malléable, souple, il s’adapte facilement
  • à l’écoute de : attentif à – remarquez les prépositions utilisées
  • distinguer : construction directe, distinguer qqch
  • apprendre de : construction indirecte, apprendre qqch de qqch
  • se montrer sensibles aux : construction indirecte, se montrer sensible à qqch
  • facilités : aptitudes
  • en matière de : concernant
  • ne… que… : expression de la restriction
  • ont constaté : synonyme de remarquer
  • dès : préposition dès + nom = à partir de
  • identique à : au lieu de toujours dire même
  • celui : pronom masculin qui reprend qqch nommé auparavant
  • qu’il s’agisse de : observez attentivement la structure de cette longue phrase qui commence avec un subjonctif
  • reprendre : que peut-on reprendre d’autre ? Le travail après des vacances, une période de chômage ou un congé maternité. Ses études après une pause. La route, après un arrêt sur l’autoroute pour déjeuner. Etc.
  • avez déjà parlée : observez l’accord du participe passé. Y auriez-vous pensé ? Si votre réponse est non, il faut réviser les règles d’accord du participe passé !

MC Solaar

C’est probablement mon rappeur français préféré. Possiblement le seul que j’écoute en fait. Je l’ai même vu en concert à Londres il y a sept ans. J’avais gagné des tickets et j’avais reçu un mail m’informant que j’avais gagné, deux heures et 30 minutes avant le début du concert. J’étais dans le jardin, profitant du soleil (étonnamment, il faisait beau ce jour d’avril) avec une amie quand mon téléphone a bippé. J’ai hurlé de joie, on a attrapé nos sacs et on est parties immédiatement car c’était de l’autre côté de la ville. Mon amie, anglaise, ne savait pas du tout qui il était mais elle était ravie de se joindre à moi. On était les premières dans la queue et quand MC Solaar est passé devant nous, mon amie ne l’a pas reconnu évidemment, mais moi, je lui ai touché le bras et j’étais toute fofolle. Je suis consciente que c’est un peu n’importe quoi, mais j’ai commencé à l’écouter au début des années 90 et pour moi, c’est un grand artiste. J’aime sa musique et j’adore comme il joue avec les mots. Il respire l’intelligence, cet homme. C’est un poète des temps modernes. Il fut un temps où je connaissais par cœur toutes les chansons de son premier album. Il en a chanté beaucoup durant le concert et c’était génial ! Je connais un peu moins son travail plus récent, mais ce que j’ai écouté me plaît beaucoup aussi.

Si vous ne le connaissez pas, vous devriez essayer de l’écouter. Je crois que la chanson qui l’a fait connaître, c’était Bouge de là. Elle était drôle. Tout en rimes, avec un peu de verlan, facile à retenir. Sur le même album (Qui sème le vent récolte le tempo), on a Victime de la mode, une chanson dont les paroles nous parlent encore tellement aujourd’hui. Et Caroline, dans laquelle il raconte un chagrin d’amour en jouant formidablement bien avec les mots. Vous pouvez vous entraîner à chanter en chœur avec lui, c’est bon pour l’élocution ! Et vous pouvez rechercher ce que vous ne comprenez pas. Connaissez-vous les 4 couleurs d’un jeu de cartes ? Savez-vous ce que veut dire tomber à pic et se tenir à carreau par exemple ? Il y a aussi des références probablement impossible à comprendre si vous n’étiez pas en France à cette époque. 20 ans et Jeune et Jolie étaient des magazines féminins (que j’achetais religieusement tous les mois quand j’étais ado) qui ne paraissent plus aujourd’hui. Elle et Femme Actuelle sont aussi des magazines féminins, mais eux sont toujours publiés. 


Paroliers : Claude Honore M’barali / Jean Francois Delfour
Paroles de Caroline © Universal Music Publishing Group

Travailler sa compréhension orale en chansons

J’écoute de la musique anglophone depuis toujours. J’ai commencé à vraiment comprendre ce que j’écoutais bien plus tard. Cela ne m’empêchait pas de chanter à tue-tête en écoutant mes chansons préférées. Il n’y avait pas Internet à l’époque. Je n’avais pas tous les CDs des chanteurs et groupes que j’aimais. Tous les CDs n’avaient pas les paroles à l’intérieur. Et l’ouïe n’est pas mon sens le plus développé. Du coup, je chantais beaucoup en yaourt. Ou je chantais les mots que je pensais entendre sans vraiment réfléchir au sens. Ou au non-sens… Une des chansons que je me rappelle particulièrement bien avoir écorchée, c’est I heard it through the grapevine, de Marvin Gaye. Je ne connaissais pas le mot “grapevine“, encore moins l’expression “hear through the grapevine“, et j’étais vaguement consciente du mot “through“. Dans ma tête, ça sonnait comme “I heard it to the big bang“. Cela n’a absolument aucun sens, et je le sais maintenant, mais pendant des années, j’ai chanté avec un grand sourire “I heard it to the big bang“.

Aujourd’hui grâce à Internet, il est facile de trouver les paroles des chansons que l’on aime. Mais je pense qu’il est toujours aussi difficile de les comprendre seulement en les écoutant ! Je peux comprendre pratiquement toutes les paroles des chansons en espagnol si je les lis. C’est une autre affaire quand je les écoute. Je me console en me disant que de toute façon, je ne comprends pas toutes les paroles des chansons en français. Mais il est indéniable que je comprends beaucoup plus de chansons en français et en anglais qu’en espagnol. Alors pour me tester, je vais parfois sur ce site. C’est à la fois super intéressant et super frustrant. Mais c’est un exercice très utile. On teste sa compréhension orale, et en même temps, il faut que ce que l’on pense entendre ait un minimum de sens. Du coup, si l’on réfléchit, on peut se rendre compte que même si l’on pense avoir entendu un mot, il est peu probable que ce soit juste. On entraîne son oreille au son d’une langue étrangère et aux différentes prononciations d’un même mot. On peut aussi réfléchir à l’utilisation de la grammaire, qui n’est pas toujours heureuse dans les chansons et cela aide à développer notre compréhension de la langue parlée et familière.

La mauvaise grammaire de certaines chansons anglophones a permis plus tard ma meilleure compréhension de séries telles que “The wire” par exemple !

Pour ceux qui aiment la musique et qui veulent améliorer leur compréhension orale, je recommande vivement de travailler avec ce site !