Tester son vocabulaire seul ou à plusieurs

Il existe une multitude de jeux pour pratiquer son vocabulaire et se forcer à penser (vite) en français.

On peut jouer seule ou à plusieurs à la plupart de ces jeux.

À plusieurs, on peut jouer à l’écrit au baccalauréat (aussi appelé petit bac). Il faut seulement une feuille et un crayon par joueur et ça ressemble à ça :

Si l’on veut compter les points, on en marque 2 quand on a une bonne réponse et que l’on est la seule joueuse à avoir cette réponse. Si une autre joueuse a le même mot, on marque seulement 1 point. La première personne à avoir rempli une ligne dit stop et les autres doivent arrêter d’écrire. Pour commencer, une joueuse récite l’alphabet dans sa tête et une autre joueuse dit stop. Celle qui récitait l’alphabet annonce la lettre sur laquelle elle a été arrêtée.

Ces catégories sont celles qu’on utilisait entre Français quand j’étais plus jeune. On peut bien sûr choisir d’autres catégories selon le vocabulaire que l’on veut pratiquer (verbes du premier groupe, verbes du deuxième groupe, verbes du troisième groupe, prépositions, adjectifs, adverbes, connecteurs, personnages historiques, villes francophones, films français, vocabulaire du travail, de la nature, de la maison, etc.)

On peut aussi jouer à l’oral à une variante de ce jeu, seul ou à plusieurs. On choisit une catégorie et on doit à tour de rôle donner un mot qui rentre dans cette catégorie, dans l’ordre alphabétique.

Par exemple, on est 5 joueurs et on choisit la catégorie animaux :

Joueur 1 : abeille, joueur 2 : babouin, joueuse 3 : chat, joueuse 4 : dromadaire, joueuse 5 : éléphant, joueur 1 : faon, joueur 2 : gorille, joueuse 3 : hyène, joueuse 4 : iguane, joueuse 5 : jaguar, joueur 1 : koala, joueur 2 : lion, etc.

On détermine une durée maximum pour répondre. Si aucun mot ne nous vient à l’esprit, on est éliminé et la dernière personne restant en jeu gagne. On peut aussi jouer sans être trop compétitif pour ne pas se décourager et juste sauter son tour, et aussi rechercher ensemble sur Internet quand personne ne peut penser à un mot commençant par une certaine lettre.

Si vous êtes seul·e, vous pouvez vous mettre au défi de trouver autant de mot que possible dans une catégorie déterminée, en allant le plus vite possible. On peut s’autoriser à sauter des lettres, mais on note celles qui nous échappent et on y revient plus tard !

Catégorie plutôt facile : Verbes du premier groupe : aimer, balancer, chanter, danser, écouter, fumer, garer, hausser, isoler, jouer, kidnapper, lever, mener, nager, oppresser, peser, qualifier, ramer, sauter, torturer, user, voiler, warranter, xylophoner, yoyoter, zapper, et si on a fait ça vite, on recommence du début : arriver, brosser, etc…

Catégorie plus difficile : Verbes pouvant être synonymes de dire (tous contextes, tous registres) : affirmer, balancer, crier, divulguer, exprimer, formuler, garantir, hurler, indiquer, justifier, k…, lâcher, murmurer, narrer, objecter, prétendre, questionner, rétorquer, stipuler, trahir, u…, v…

Testez votre vocabulaire en 5 minutes

Voici un petit défi que j’essaierai de vous proposer régulièrement. Chronomètre en main, essayez de trouvez 3 mots pour chaque catégorie en 5 minutes maximum.

C’est une bonne façon de tester votre vocabulaire et votre capacité à penser vite en français.

5 minutes, pas plus ! C’est parti :

Académie française et féminisation des noms

Hier matin, comme souvent le matin en me réveillant, j’ai allumé mon téléphone et j’ai regardé vite fait les titres des journaux sur mon app avec laquelle je fais de la veille, pour voir s’il s’était passé quelque chose d’intéressant pendant que je dormais. En général, rien n’attire vraiment mon attention, mais là, un titre a retenu toute mon attention : Féminisation des noms : petite révolution à l’Académie française.

J’ai envie de dire : c’est pas trop tôt !

Ces vieux bonhommes que sont les académiciens ont enfin accepté de reconnaître que les femmes occupaient une vraie place dans la société, qu’elles pouvaient bien exercer le métier qu’elles souhaitaient, et que la langue devait refléter ce fait.

Apparemment, il y a des siècles, la langue française était beaucoup plus souple et la féminisation des noms était tout ce qu’il y avait de plus normal. Puis, au 17ème siècle, l’Académie a décidé de condamner l’usage des noms de métiers féminisés, comme le dit l’article, pour “renforcer les pouvoirs du masculin dans la langue”.

Et aujourd’hui, on reconnaît enfin aux femmes le droit d’avoir une place dans la langue, à égalité avec les hommes.

Moi je dis hourra ! Que ça continue comme ça ! Ils ont même poussé jusqu’à ne pas établir de liste nous dictant quels mots étaient acceptables ou pas. On va se baser sur l’usage. Il y a quelques mois, une de mes chères étudiantes me demandaient si l’on devait dire autrice ou auteure et je lui avais répondu “auteure”, car je n’avais jamais entendu “autrice” et le mot me semblait étrange. Après quelques recherches, j’avais trouvé qu’il existait mais je n’étais pas fan. Depuis, je l’ai entendu maintes fois et je l’aime ce mot maintenant. J’aime tous les mots qui incluent les femmes dans la langue française et qui leur donnent donc une vraie place dans l’esprit des gens et dans la société.

La féminisation de la langue est un véritable sujet politique et si le sujet vous intéresse, vous pouvez écoutez le podcast très intéressant qui se trouve sur la page de l’article et ici aussi, sur l’histoire de la féminisation des mots. Vous entendrez au début une scène qui s’est passée en novembre dernier au Sénat, et qui m’a fait halluciner. Au début, je pensais que ça se passait dans les années 70 ou 80. Mais non, c’était en 2018. En France. Où l’égalité hommes-femmes semble être un sujet qui dérange beaucoup. Les hommes surtout.

Le pluriel des noms en -OU

Tout le monde qui étudie le français sait que pratiquement toutes les règles ont des exceptions. Parfois il y en a tellement qu’on s’en arracherait les cheveux. Mais d’autres fois, il y en a peu et on est content !

Les Français doivent aussi apprendre ces règles et tous n’y parviennent pas de la même façon. En fait, je n’ai pas les chiffres, mais je sais qu’énormément de Français ne maîtrisent pas les règles d’orthographe et de grammaire. Les causes sont multiples et je ne développerai pas ce sujet aujourd’hui. 

J’ai eu la chance de grandir à une époque où on enseignait la grammaire de façon systématique. Et j’ai toujours aimé ça. On apprenait des règles, on faisait des exercices, on faisait des dictées pour appliquer les règles et pour moi c’était facile. Cela ne l’était pas pour tout le monde toutefois. 

Une règle que je me rappelle avoir eu du mal à retenir est celle sur les pluriels des noms se terminant en -ou. Je savais qu’il y avait 7 exceptions, 7 noms, mais je n’arrivais pas à retenir la liste. J’en oubliais toujours un. On avait dû apprendre une poésie de Maurice Carême qui s’intitulait Le Hibou et je trouvais très difficile de la réciter dans le bon ordre. Le but de cette poésie était pourtant de nous aider à mémoriser les exceptions. Les noms en -ou prennent un s au pluriel (un voyou, des voyous – un trou, des trous – un fou, des fous – un clou, des clous – etc.) SAUF les sept noms suivants : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou, qui eux, prennent un x : des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux, des poux

Le genre des noms

A tous les niveaux, le genre des noms posent problème aux étudiants, surtout à ceux qui n’ont pas l’habitude d’attribuer un genre aux choses dans leur langue maternelle. Les étudiants débutants s’inquiètent souvent de savoir comment ils vont faire pour savoir si tel nom est féminin ou masculin. J’explique donc qu’il est important d’apprendre chaque nouveau mot avec un déterminant, mais il est évidemment difficile de tout mémoriser. Je donne souvent Jane Birkin en exemple pour rassurer tout le monde. C’est une actrice et chanteuse anglaise qui vit en France depuis de très nombreuses années et depuis que je suis petite, elle m’amuse car elle se trompe souvent sur le genre des noms. Peut-être moins maintenant, je ne sais pas, mais la dernière fois que je l’ai entendue en interview à la radio (l’an dernier je crois), elle faisait toujours des fautes. Personnellement, je trouve ça mignon et ça n’empêche en aucun cas la compréhension quand il y a un contexte. Certains noms peuvent exister au masculin et au féminin et signifier deux choses complètement différentes, mais si l’on a un contexte, on sait en général de quoi on parle. Si vous me dites que vous avez tourné le page, je vais comprendre que vous voulez dire que vous avez tourné la page (the page) et non le page (the squire).

Il y a certaines règles générales que l’on peut suivre, bien qu’elles aient toutes des exceptions. On peut se baser sur la terminaison d’un nom pour deviner son genre si l’on n’est pas sûr. Et on apprend les exceptions au fur et à mesure. D’où l’intérêt de savoir orthographier correctement, entre autres.

La terminaison sur laquelle je reprends le plus souvent mes étudiants, c’est -TION. Je le repète souvent avant que ça finisse par rentrer. Une animation, une célébration, une donation, une finition, une détention, une hallucination, une partition, une subordination, etc. Les noms en -TION sont généralement féminins. 

La deuxième terminaison qui revient le plus souvent dans mes corrections, c’est -MENT. Un compliment, un élément, un sentiment, un évènement, un piment, un prélèvement, un monument, un cheminement, etc. Les noms en -MENT sont généralement masculins. 

Sur la lignée des noms en -TION, nous avons les noms en -SION / -SSION : la tension, la dimension, la télévision, la pension, la mission, la profession, la commission, la permission, etc.

Puis nous avons les noms en -ETTE : la maisonnette, la fillette, la cassette, la cigarette, la buvette, la noisette, la manette, la pipette, etc.

Les noms en -Té : la beauté, la majesté, la qualité, la nationalité, la clarté, la publicité, l’électricité, la nécessité, etc.

Les noms en -URE : la sculpture, la nature, la couverture, la piqûre, la césure, la fermeture, l’écriture, la sépulture, etc.

Les noms en -ISME : le communisme, le capitalisme, le tourisme, le cynisme, le féminisme, le sexisme, le racisme, le jeunisme, etc.

Les noms en -EIL : un réveil, le soleil, le sommeil, un appareil, un conseil, un orteil, le vermeil, l’éveil, etc.

Les noms en -EILLE : une bouteille, une abeille, une corbeille, une vieille, la veille, une oreille, une groseille, une merveille, etc.

Les noms en -AIL : un travail, un chandail, le bétail, un éventail, un épouvantail, un détail, un rail, un vitrail, etc.

Les noms en OUILLE : une citrouille, une grenouille, une ratatouille, une bouille, une douille, une chatouille, une embrouille, une patrouille, etc.

Les noms en -IE : la boulangerie, la boucherie, la chimie, la pluie, la gastronomie, la bijouterie, la péripétie, la périphérie, etc.

Les noms en -ANCE : une ambulance, une croyance, une enfance, une naissance, une ordonnance, une alliance, une assurance, la tolérance, etc.

Les noms en -ENCE : une intelligence, une urgence, une pénitence, la concurrence, la violence, la réticence, la science, une conférence, etc.

Cette liste n’est pas exhaustive. On pourrait y ajouter d’autres terminaisons et donner quelques exemples d’exceptions, mais si tous mes étudiants avaient cette liste en tête, je serais très fière !