Rectification orthographique : le pluriel des noms et adjectifs empruntés à d’autres langues

Parlons aujourd’hui parler de la règle B2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. C’est une règle qui concerne les pluriel des noms et adjectifs étrangers et que j’accueille à bras ouverts car jusqu’à récemment, j’avais de gros doutes sur ce qui était correct ou pas. Je connaissais les anciennes règles, mais j’avais remarqué que dans l’usage, cela changeait d’une personne à l’autre, et je me demandais si j’avais raté un épisode ou si les gens ne connaissaient pas les règles.

Il est possible que les gens aient été aussi déroutés que moi, ou qu’ils aient su avant moi, je ne sais pas, mais j’avais bien raté un épisode.

J’étais arrivée au point où je me demandais si l’on devait écrire des sandwiches, ou des sandwichs. J’aurais plutôt écrit des sandwiches, mais j’avais des doutes à cause de l’anglais. Étais-je influencée par mon autre langue ? Devais-je dire des mafiosos ou des mafiosi, des stimulus ou des stimuli, des gentlemans ou des gentlemen, des scénarios ou des scénarii ? J’ai toujours eu le sentiment que les gens qui utilisaient le pluriel italien étaient un peu prétentieux (surtout quand ils ne maitrisaient évidemment pas les règles du pluriel de la langue italienne), mais c’est un sentiment très personnel qui n’engage que moi.

Avec la réforme de 1990, tout est simplifié : le pluriel des noms et adjectifs empruntés est régulier, c’est à dire qu’il suit les mêmes règles que les noms et adjectifs français :

  • un sandwich – des sandwichs
  • un match – des matchs
  • un stimulus – des stimulus
  • un boss – des boss
  • un gentleman – des gentlemans
  • un phi – des phis
  • un rush – des rush
  • un fiasco – des fiascos
  • de la musique soul – des musiques souls
  • un format standard – des formats standards

On notera que les noms ayant conservé leur valeur de citation (en général, des noms latins) continuent à s’écrire dans la langue d’origine. Il est précisé qu’ils devraient être mis en italique dans le texte pour indiquer qu’ils sont étrangers.

Là encore, les dictionnaires divergent. Le mien (Le Grand Robert de la langue française – que j’utilise en ligne, et qui pourrait facilement être mis à jour il me semble) donne gentlemen comme pluriel de gentleman par exemple.

Moi, je vous recommande d’appliquer les règles de la réforme, elles sont plus simples !

Rectification orthographique : le pluriel des noms composés

Je vais aujourd’hui parler de la règle B1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. Elle concerne les mots composés et leur pluriel. Je me souviens que quand j’étais à l’école primaire, ce point de grammaire posait problème à beaucoup de mes camarades. J’avais la chance d’avoir des facilités, alors j’avais intégré la règle facilement à l’époque, mais je l’avais ensuite un peu oubliée. Pourquoi ? Parce que c’était un peu compliqué. Il y avait trop d’irrégularités !

Maintenant, c’est plus clair. On met la marque du pluriel sur le deuxième mot seulement, pour :

Les noms composés d’une forme verbale et d’un nom commun :

  • un brise-glace = des brise-glaces
  • un abat-jour = des abat-jours
  • un cure-dent = des cure-dents
  • un protège-cahier = des protège-cahiers
  • un ramasse-feuille = des ramasse-feuilles

Les noms composés d’une préposition et d’un nom commun :

  • un sans-abri = des sans-abris
  • un après-midi = des après-midis
  • un à-côté = des à-côtés
  • un hors-jeu = des hors-jeux
  • un après-ski = des après-skis

Pour ce qui est des noms composés d’un adjectif et d’un nom, rien n’est précisé. Doit-on écrire des grand-mères ou des grands-mères ? Mon dictionnaire (le Grand Robert de la langue française) dit que les deux sont possibles ! Par contre, pour la forme pluriel d’un petit-fils, il n’autorise que petits-fils. De mon point de vue, il serait plus logique de n’avoir qu’une seule règle, non ? À savoir que cela varie selon les dictionnaires…

J’écrirai un post plus complet bientôt sur les règles des noms composés d’un adjectif et un nom, de deux adjectifs, de deux noms, d’un adverbe et un nom, d’un nom et un adjectif, etc. J’avais déjà parlé dans ce post des accords des adjectifs de couleur, qui sont parfois composés de plusieurs éléments.

5 minutes de vocabulaire

Voici un petit exercice d’échauffement pour bien commencer la semaine. Ou la terminer, en fonction d’où vous vous trouvez. Sortez votre chronomètre et essayez de trouvez autant de mots que possible en 5 minutes. 3 pour chaque catégorie. S’il vous en manque au bout de 5 minutes, n’hésitez pas à rechercher sur Internet et à noter de nouveaux mots pour enrichir votre vocabulaire et vos connaissances de la culture française.

Vacances, lunettes, toilettes, échecs, règles

Qu’ont en commun ces cinq noms ?

Ils sont tous les cinq au pluriel, et si vous les mettez au singulier, ils ne veulent plus dire la même chose !

Je répète régulièrement à mes étudiant·es que les vacances, c’est toujours pluriel et qu’on ne dit surtout pas la vacance. Pourtant, la vacance existe. Mais si vous parlez de vacance, vous parlez d’un poste à pourvoir, d’un poste vacant.

La même chose s’applique aux lunettes. Si vous avez des problèmes de vue, vous portez des lunettes. Si vous voulez observer la lune, vous utilisez une lunette. On parle aussi de lunette des toilettes. Les hommes la laissent souvent relevée.

En parlant de toilettes, on a un autre cas. On va aux toilettes, toujours au pluriel. Mais on fait sa toilette = on se lave. On parle aussi de toilette, au singulier, pour désigner des vêtements, mais c’est un terme un peu vieilli. Vous l’avez peut-être entendu dans des films d’époque.

Les échecs désigne le jeu dans lequel il faut capturer le roi pour gagner. Un échec est le contraire d’un succès.

Les règles désignent les menstruations. Une règle est une loi, une convention ou un instrument pour tracer des lignes droites.

Pour bien commencer la semaine

Voici la troisième édition de 5 minutes, pas plus ! Préparez vos chronomètres et essayez de trouver 3 mots pour chaque catégorie en 5 minutes. Si c’est trop court, vous pouvez évidemment vous accorder un peu plus de temps, mais le but, c’est de faire fonctionner vos méninges aussi rapidement et efficacement que possible en français !

Tester son vocabulaire seul ou à plusieurs

Il existe une multitude de jeux pour pratiquer son vocabulaire et se forcer à penser (vite) en français.

On peut jouer seule ou à plusieurs à la plupart de ces jeux.

À plusieurs, on peut jouer à l’écrit au baccalauréat (aussi appelé petit bac). Il faut seulement une feuille et un crayon par joueur et ça ressemble à ça :

Si l’on veut compter les points, on en marque 2 quand on a une bonne réponse et que l’on est la seule joueuse à avoir cette réponse. Si une autre joueuse a le même mot, on marque seulement 1 point. La première personne à avoir rempli une ligne dit stop et les autres doivent arrêter d’écrire. Pour commencer, une joueuse récite l’alphabet dans sa tête et une autre joueuse dit stop. Celle qui récitait l’alphabet annonce la lettre sur laquelle elle a été arrêtée.

Ces catégories sont celles qu’on utilisait entre Français quand j’étais plus jeune. On peut bien sûr choisir d’autres catégories selon le vocabulaire que l’on veut pratiquer (verbes du premier groupe, verbes du deuxième groupe, verbes du troisième groupe, prépositions, adjectifs, adverbes, connecteurs, personnages historiques, villes francophones, films français, vocabulaire du travail, de la nature, de la maison, etc.)

On peut aussi jouer à l’oral à une variante de ce jeu, seul ou à plusieurs. On choisit une catégorie et on doit à tour de rôle donner un mot qui rentre dans cette catégorie, dans l’ordre alphabétique.

Par exemple, on est 5 joueurs et on choisit la catégorie animaux :

Joueur 1 : abeille, joueur 2 : babouin, joueuse 3 : chat, joueuse 4 : dromadaire, joueuse 5 : éléphant, joueur 1 : faon, joueur 2 : gorille, joueuse 3 : hyène, joueuse 4 : iguane, joueuse 5 : jaguar, joueur 1 : koala, joueur 2 : lion, etc.

On détermine une durée maximum pour répondre. Si aucun mot ne nous vient à l’esprit, on est éliminé et la dernière personne restant en jeu gagne. On peut aussi jouer sans être trop compétitif pour ne pas se décourager et juste sauter son tour, et aussi rechercher ensemble sur Internet quand personne ne peut penser à un mot commençant par une certaine lettre.

Si vous êtes seul·e, vous pouvez vous mettre au défi de trouver autant de mot que possible dans une catégorie déterminée, en allant le plus vite possible. On peut s’autoriser à sauter des lettres, mais on note celles qui nous échappent et on y revient plus tard !

Catégorie plutôt facile : Verbes du premier groupe : aimer, balancer, chanter, danser, écouter, fumer, garer, hausser, isoler, jouer, kidnapper, lever, mener, nager, oppresser, peser, qualifier, ramer, sauter, torturer, user, voiler, warranter, xylophoner, yoyoter, zapper, et si on a fait ça vite, on recommence du début : arriver, brosser, etc…

Catégorie plus difficile : Verbes pouvant être synonymes de dire (tous contextes, tous registres) : affirmer, balancer, crier, divulguer, exprimer, formuler, garantir, hurler, indiquer, justifier, k…, lâcher, murmurer, narrer, objecter, prétendre, questionner, rétorquer, stipuler, trahir, u…, v…

Testez votre vocabulaire en 5 minutes

Voici un petit défi que j’essaierai de vous proposer régulièrement. Chronomètre en main, essayez de trouvez 3 mots pour chaque catégorie en 5 minutes maximum.

C’est une bonne façon de tester votre vocabulaire et votre capacité à penser vite en français.

5 minutes, pas plus ! C’est parti :

Académie française et féminisation des noms

Hier matin, comme souvent le matin en me réveillant, j’ai allumé mon téléphone et j’ai regardé vite fait les titres des journaux sur mon app avec laquelle je fais de la veille, pour voir s’il s’était passé quelque chose d’intéressant pendant que je dormais. En général, rien n’attire vraiment mon attention, mais là, un titre a retenu toute mon attention : Féminisation des noms : petite révolution à l’Académie française.

J’ai envie de dire : c’est pas trop tôt !

Ces vieux bonhommes que sont les académiciens ont enfin accepté de reconnaître que les femmes occupaient une vraie place dans la société, qu’elles pouvaient bien exercer le métier qu’elles souhaitaient, et que la langue devait refléter ce fait.

Apparemment, il y a des siècles, la langue française était beaucoup plus souple et la féminisation des noms était tout ce qu’il y avait de plus normal. Puis, au 17ème siècle, l’Académie a décidé de condamner l’usage des noms de métiers féminisés, comme le dit l’article, pour “renforcer les pouvoirs du masculin dans la langue”.

Et aujourd’hui, on reconnaît enfin aux femmes le droit d’avoir une place dans la langue, à égalité avec les hommes.

Moi je dis hourra ! Que ça continue comme ça ! Ils ont même poussé jusqu’à ne pas établir de liste nous dictant quels mots étaient acceptables ou pas. On va se baser sur l’usage. Il y a quelques mois, une de mes chères étudiantes me demandaient si l’on devait dire autrice ou auteure et je lui avais répondu “auteure”, car je n’avais jamais entendu “autrice” et le mot me semblait étrange. Après quelques recherches, j’avais trouvé qu’il existait mais je n’étais pas fan. Depuis, je l’ai entendu maintes fois et je l’aime ce mot maintenant. J’aime tous les mots qui incluent les femmes dans la langue française et qui leur donnent donc une vraie place dans l’esprit des gens et dans la société.

La féminisation de la langue est un véritable sujet politique et si le sujet vous intéresse, vous pouvez écoutez le podcast très intéressant qui se trouve sur la page de l’article et ici aussi, sur l’histoire de la féminisation des mots. Vous entendrez au début une scène qui s’est passée en novembre dernier au Sénat, et qui m’a fait halluciner. Au début, je pensais que ça se passait dans les années 70 ou 80. Mais non, c’était en 2018. En France. Où l’égalité hommes-femmes semble être un sujet qui dérange beaucoup. Les hommes surtout.

Le pluriel des noms en -OU

Tout le monde qui étudie le français sait que pratiquement toutes les règles ont des exceptions. Parfois il y en a tellement qu’on s’en arracherait les cheveux. Mais d’autres fois, il y en a peu et on est content !

Les Français doivent aussi apprendre ces règles et tous n’y parviennent pas de la même façon. En fait, je n’ai pas les chiffres, mais je sais qu’énormément de Français ne maîtrisent pas les règles d’orthographe et de grammaire. Les causes sont multiples et je ne développerai pas ce sujet aujourd’hui. 

J’ai eu la chance de grandir à une époque où on enseignait la grammaire de façon systématique. Et j’ai toujours aimé ça. On apprenait des règles, on faisait des exercices, on faisait des dictées pour appliquer les règles et pour moi c’était facile. Cela ne l’était pas pour tout le monde toutefois. 

Une règle que je me rappelle avoir eu du mal à retenir est celle sur les pluriels des noms se terminant en -ou. Je savais qu’il y avait 7 exceptions, 7 noms, mais je n’arrivais pas à retenir la liste. J’en oubliais toujours un. On avait dû apprendre une poésie de Maurice Carême qui s’intitulait Le Hibou et je trouvais très difficile de la réciter dans le bon ordre. Le but de cette poésie était pourtant de nous aider à mémoriser les exceptions. Les noms en -ou prennent un s au pluriel (un voyou, des voyous – un trou, des trous – un fou, des fous – un clou, des clous – etc.) SAUF les sept noms suivants : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou, qui eux, prennent un x : des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux, des poux