Rectification orthographique : les nombres

Règle C2 dans le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée.

C’est une règle pour laquelle je savais qu’il y avait eu des rectifications car cela fait des années que je vois les nombres orthographiés de plusieurs façons, parfois avec des traits d’union partout, d’autres fois avec des traits d’union seulement entre certains mots. Jusqu’à ce que je lise le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée récemment, j’écrivais les nombres selon les règles que j’avais apprises à l’école, donc sans tenir compte des rectifications.

Et pourtant, je trouve que les changements rendent l’écriture des nombres beaucoup plus simple : la réforme préconise de mettre des traits d’union entre tous les mots d’un numéral composé. Pas seulement entre certains nombres précis.

Par exemple :

  • 372 : trois-cent-soixante-douze
  • 5622 : cinq-mille-six-cent-vingt-deux
  • 7400 : sept-mille-quatre-cents
  • 19000 : dix-neuf-mille
  • 8 143 051 : huit-millions-cent-quarante-trois-mille-cinquante-et-un

Facile, non ?

Et c’est pareil pour les numéraux ordinaux (qui indiquent un ordre)

  • 194ème : cent-quatre-vingt-quatorzième
  • 4321ème : quatre-mille-trois-cent-vingt-et-unième

Quelques petits rappels utiles :

  • mille est invariable (et on ne dit jamais *un mille)
  • cent (100) prend un s seulement s’il y en a plusieurs et qu’il n’y a rien derrière : deux-cents (200), mille-sept-cents (1700), mais deux-cent-trente (230), mille-sept-cent-quatre (1704)
  • Pareil pour vingt (20) : quatre-vingts (80), mais quatre-vingt-dix (90)
  • million et milliard ne sont pas invariables : ils prennent un s s’il y en a plusieurs.

Le E suivi de deux consonnes

belle – maisonnette – cheffe – benne – steppe – erreur – déesse – nerveux – respecter – certain – celtique – rectangle – reptile – festif

Quel est le point commun entre tous ces mots ?

Si vous n’êtes pas sûr·e, écoutez-les :

Aucun de ces mots n’a d’accent grave et pourtant, vous entendez comme un è dans tous ces mots, non ? Le e suivi de 2 consonnes se prononce /ɛ/, comme è dans père, mère, frère, etc. Il n’est pas nécessaire de lui mettre un accent ! Si c’est une règle que vous ignoriez, faites-y attention quand vous écrivez. Plusieurs de mes étudiantes avancées font l’erreur occasionnellement.

mètre – règle – piètre – trèfle – fièvre – lièvre – espiègle – mièvre

Hmm, je vous explique une règle, puis tout de suite après, je vous donne des exemples qui contredisent la règle. Mais si vous observez bien ces mots, qu’ont-ils en commun ?

Le è est suivi de 2 consonnes, oui, mais la deuxième consonne est soit un r, soit un l. Donc, complétons la règle en disant que si la deuxième consonne est un l ou un r, vous devez mettre un accent grave sur le e.

femme – évidemment – prudemment – violemment – sciemment

Vous savez prononcer ces mots, j’en suis sûre. Mais il est possible que parfois votre langue fourche ou que votre stylo déraille. Dans le cas de femme et des adverbes en -emment, le e devant les 2 m se prononce /a/, comme un a.

Emmener, quant à lui, se prononcera /ãmǝne/, comme en mener.

Rectification orthographique : l’accent circonflexe qui disparait

Règle C2 dans le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée : l’accent circonflexe disparait sur les lettres i et u.

Je ne peux pas imaginer que cette règle ne vous réjouisse pas car j’ai souvent entendu mes étudiantes se plaindre de l’inutilité de cet accent. Je l’utilise encore souvent par réflexe, mais je veux appliquer cette règle et je vais faire de mon mieux pour corriger cet automatisme et le transformer en un autre automatisme.

N’écrivez plus connaître, apparaître, coûter, brûler, île, naître, sûrement, août, fraîche, maître, entraîner, etc.

ÉCRIVEZ : connaitre, apparaitre, couter, bruler, ile, naitre, surement, aout, fraiche, maitre, entrainer, etc.

Les cas pour lesquels on garde l’accent circonflexe ne sont pas très nombreux et faciles à mémoriser :

  • Dans , mûr et sûr, pour faire la distinction avec du, mur, et sur.
  • Dans jeûne et jeûnes, du verbe jeuner (anciennement jeûner) et quand c’est le nom (un jeûne)
  • Dans les formes du verbe croitre qui pourraient être confondues avec celles du verbe croire (crû, croîs, croît, crût, crûrent, etc.)
  • Dans les terminaisons des verbes au passé simple et au subjonctif imparfait, et par conséquent au passé antérieur et subjonctif plus-que-parfait, mais ces formes verbales sont très peu utilisées.

La réforme de l’orthographe

Peut-être n’en avez-vous jamais entendu parler ? C’est le cas de beaucoup d’étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé. Je m’en suis rendu compte car un des sujets que je fais travailler régulièrement pour la préparation du DALF C1 en PO, c’est un sujet sur la “nouvelle orthographe”. Je le mets entre guillemets car elle n’est pas si nouvelle que ça, mais pour une raison qui n’est pas claire pour moi (probablement politique), les médias en ont beaucoup parlé il y a 3 ans il me semble, comme s’ils n’en avaient jamais entendu parler avant. J’ai été très amusée en lisant la même réflexion dans le livre d’Eliane Viennot, dont j’ai parlé ici.

Les rectifications orthographiques datent en fait de 1990. J’étais très jeune, mais je m’en souviens. Je me souviens aussi qu’on nous avait dit que les changements n’étaient pas obligatoires et qu’on pouvait continuer à écrire selon les règles que l’on connaissait. Et cela montre assez bien que quand quelque chose n’est pas obligatoire, même si c’est pratique et devrait rendre les choses plus faciles à long terme, les Français sont vraiment réfractaires au changement. Je dis les Français, mais je suppose qu’on pourrait dire la même chose de beaucoup de peuples. Cependant, les Canadiens, les Belges et les Suisses ont depuis longtemps intégré la féminisation des noms de métiers à leur vocabulaire, et je n’ai pas encore assez lu pour savoir ce qu’il en est des Suisses et des Belges, mais les Canadiens ont l’air beaucoup plus en faveur des réformes orthographiques que les Français (d’après mes lectures récentes).

En France, en tout cas dans mon collège, puis dans mon lycée, aucun de mes profs, pas même ceux de français, ne m’a enseigné cette nouvelle orthographe. Je ne crois pas qu’elle soit très en pratique chez les journalistes de la presse écrite non plus. En lisant les premières pages du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, de Chantal Contant, linguiste et spécialiste des rectifications de l’orthographe du français, je me suis rendu compte que j’avais intégré certains éléments de la réforme au fil du temps, sans vraiment savoir à quelles règles me référer. J’avais repéré, entre autres, que je pouvais écrire évènement (plus logique, car il correspond ainsi à la prononciation – et pourtant le correcteur de WordPress ne semble pas le connaitre) à la place d’événement (pas de problème pour WordPress ici), que weekend pouvait s’écrire sans trait d’union (même si j’ai continué à le mettre automatiquement), et je savais qu’ognon était la nouvelle orthographe d’oignon, mais je ne peux pas dire que j’étais au courant des nouvelles règles.

J’ai acheté le livre de Chantal Contant il y a trois ans déjà, avec l’intention d’apprendre la nouvelle orthographe, mais jusqu’à la semaine dernière, je ne l’avais que brièvement feuilleté. Par manque de temps et aussi un peu par paresse. Je suis bonne en orthographe, ai-je vraiment envie de passer du temps à apprendre un tas de nouvelles règles pas obligatoires ? Et maintenant que je l’ai lu, je dois dire que je suis totalement en faveur de cette orthographe moderne, beaucoup plus logique et légèrement simplifiée. Ne rêvez pas trop, le français reste compliqué et plein de règles. Ceux qui disent que la réforme orthographique appauvrit la langue n’ont probablement pas lu les règles. Les rectifications n’appauvrissent pas la langue, mais la simplifie logiquement en rectifiant certaines anomalies et en apportant une certaine cohérence à travers des changements pertinents. Ce qui devrait rendre l’apprentissage de l’orthographe plus simple pour les natifs comme pour les étudiants étrangers !

Comme il est expliqué dans le livre (mon édition date de 2014), les dictionnaires n’appliquent pas tous les nouvelles règles et s’ils font mention de certaines rectifications, il n’est pas dit qu’ils les mentionnent toutes et l’autrice a relevé beaucoup d’incohérences dans plusieurs dictionnaires. Elle donne un petit tuyau pour savoir très vite si un dictionnaire est à jour : vérifiez comment le verbe bruler est orthographié (WordPress me le souligne ici en rouge…). Je l’ai toujours écrit avec un accent circonflexe. Mais en fait, la nouvelle orthographe recommande de l’écrire sans.

J’ai l’intention d’écrire des posts à l’avenir sur les différentes règles des rectifications orthographiques. Elles sont divisées en catégories et j’essaierai d’expliquer une règle à la fois, avec des exemples, à l’aide du livre. Cela me permettra de bien me les mettre en tête aussi ! Je les ai toutes lues et comprises, mais il faut que je m’habitue à les appliquer.

Si vous vous sentez prêt·e pour en digérer plusieurs à la fois, voire toutes d’un coup, et si vous souhaitez en apprendre plus sur l’orthographe française en général, vous pouvez visiter ces sites :

Chantal Contant autorise aussi la diffusion d’un résumé des règles. Je l’ai donc scanné et vous pouvez le télécharger ici.

Article sans accents

La semaine dernière, j’ai lu un article que j’ai trouvé plutôt intéressant et inspirant. Alors je me suis dit que j’allais le partager ici, tout en vous faisant travailler un peu si vous le souhaitez.

J’ai enlevé tous les accents. Du moins, j’ai essayé. Il y en avait beaucoup, alors peut-être que quelques-uns m’ont échappé.

Vous le trouverez ici en pdf

Une phrase me dérange un peu, du point de vue grammatical, dans le 6ème paragraphe : “Et ensuite, ils viennent dire à un mec de banlieue qui veut aider des gens comme lui d’imposer une culture.” Cette phrase n’a pas de sens quand on l’analyse et on pourrait supposer que c’est soit une faute de frappe, soit un choix de vocabulaire inadéquat. Dans le premier cas, cela aurait plus de sens ainsi : ils viennent dire à un mec de banlieue… de ne pas imposer une culture ; dans le deuxième cas : ils reprochent à un mec de banlieue… d’imposer une culture.

Pour le texte avec tout ses accents, c’est ici.

Et si vous voulez vérifier en écoutant le texte plutôt qu’en le lisant, le voici, lu par moi, assez rapidement car c’était assez long en fait (5 minutes) et aussi parce qu’il faut vous habituer à comprendre quand les natifs parlent vite et ne prononcent pas tout très clairement. Mais le truc, c’est que si les e sans accent peuvent ne pas être prononcés, les e avec accent doivent TOUJOURS être prononcés !

Exercice : où sont passés les accents ?

Voilà un article paru hier sur slate.fr, et je me suis dit que ce serait amusant de vous le présenter sans accents (et sans fautes, alors j’ai corrigé celles que j’ai trouvées, en espérant ne pas en avoir oublié). Vous pouvez vous amuser à replacer les accents partout où ils manquent – pas seulement sur les e :

Quelques onomatopees suffisent a faire passer nos emotions

Un cri de terreur, un «ohhh» attendri, un «baaaah» degoute ou un soupir fatigue, depuis des millenaires l’etre humain communique a travers des sons et des exclamations. Bien loin des discours construits, ces onomatopees a l’impulsion primitive en disent long sur ce que nous ressentons. La preuve grace a cette carte interactive mise au point par des universitaires americains, qui repertorie l’ensemble des sons utilises pour traduire ce que nous eprouvons (a parcourir avec le son allume). «Nos recherches montrent que la voix est un outil de communication bien plus puissant pour exprimer nos emotions que nous ne l’imaginions», explique Alan Cowen, co-auteur et instigateur de l’etude.

En enregistrant les bruits emis par des volontaires a la lecture d’histoires tantot tristes, tantot droles, puis en demandant a un autre groupe de cobayes de les categoriser, les chercheurs sont parvenus a cartographier les emotions humaines. Pour l’explorer, il suffit de faire glisser sa souris sur les differentes regions de la carte. On entend ainsi les sons associes aux vingt-quatre emotions repertoriees par l’etude: l’embarras, l’allegresse, le triomphe, la tristesse, l’amusement, l’adoration, le mepris, la deception, le degout, le desir, la douleur, l’extase, la sympathie, la colere, la detresse, le soulagement, la prise de conscience, le contentement, l’interet, la confusion, l’admiration, la surprise positive, la surprise negative et la peur. A titre de comparaison, les precedentes etudes menees sur ce sujet ne faisaient etat que de treize emotions.

En naviguant sur la carte, on perçoit comment les sons sont vecteurs d’informations et nous permettent de communiquer entre nous en quelques fractions de secondes. «Ces resultats montrent que les expressions emotionnelles et vocales colorent nos interactions sociales a travers de vives declarations de nos sentiments les plus intimes. Ce sont sur ces signaux que se basent nos proches ou nos collegues pour decrypter nos intentions les plus sinceres», affirme Alan Cowen.

Outre son aspect ludique, selon ses auteurs, cette carte peut egalement servir a faire progresser les robots et autres intelligences artificielles dans leur comprehension de l’etre humain grace a la technique du deep learning. Dans un autre secteur, elle pourrait aussi aider des soignants et soignantes a mieux comprendre ce que souhaitent exprimer des personnes souffrant d’autisme ou de troubles mentaux.

Vous pouvez écouter le texte lu (par moi). Ma langue a fourché à un moment, mais j’ai décidé que ce n’était pas grave car notre langue fourche occasionnellement et c’est normal, même quand c’est notre langue maternelle !

L’article original peut être trouvé ici (il contient quelques fautes).

L’exercice peut être téléchargé ici. (sans les fautes)

La correction peut être téléchargée ici.

Les fautes d’orthographe

Vous trouvez l’orthographe française difficile ? Vous n’êtes pas seul !

Beaucoup de Français ont des lacunes considérables en orthographe. C’est quelque chose que j’observe depuis longtemps et encore plus depuis que je passe une grande partie de mon temps en ligne et que je me suis mise un peu aux réseaux sociaux. Je vois des fautes partout sur Internet. Régulièrement dans des articles de journaux “sérieux”. Quand c’est une seule faute, je me dis que cela peut être une faute de frappe, ça arrive à tout le monde, et quand on a les yeux rivés sur l’écran toute la journée, ce n’est pas toujours évident de garder sa concentration. Mais souvent, j’en repère beaucoup plus. Et je me dis qu’on se relit avant de publier dans un journal qui a une certaine réputation, non ? On se fait relire par un collègue peut-être ? Je ne sais pas comment ça marche, et je suppose qu’avec le besoin de publier sans arrêt dans ce monde qui ne dort jamais, la relecture n’est pas une priorité. Mais personnellement, je juge sévèrement les journalistes qui font des fautes d’orthographe et je perçois le journal comme pas si sérieux que ça s’il autorise la publication d’articles avec des fautes. Parce que ça ne fait pas sérieux. Ça fait négligé, bâclé et donne l’impression que la personne qui a écrit manque de respect pour ses lecteurs. Je prends note des noms des journalistes récidivistes, et je ne lis plus leurs articles. Je suis moins sévère avec les Français dont l’écriture n’est pas un outil de travail, mais je reste quand même choquée par le niveau d’orthographe et le niveau d’expression de beaucoup de Français. Il m’est arrivé de lire des commentaires sur Facebook et YouTube et de ne rien comprendre à ce que je lisais car l’orthographe était tellement mauvaise que ça n’avait absolument aucun sens. Même en lisant à voix haute, la phonétique n’aide pas toujours car il semblerait que les règles ne soient pas toujours connues.

Cette semaine en France, il est ressorti d’un sondage que les fautes d’orthographe étaient un critère de sélection à l’embauche et pouvaient même conduire au licenciement d’un employé. Les employeurs ne veulent pas d’employés qui risquent de donner une mauvaise image de leur entreprise. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez trouver plusieurs articles en ligne. Entre autres, ici, ici, et ici.

J’ai une amie en France qui me racontait récemment qu’ils avaient embauché une nouvelle employée à son travail. Une jeune diplômée, fraîchement sortie de l’université avec un master en communication. Elle est, entre autres, chargée du site web de l’entreprise. Apparemment, elle fait des fautes d’orthographe plus grosses qu’elle (ne comprend pas la différence entre ce et se ou ça et sa, par exemple), ce que son employeur a vite remarqué. La solution proposée : ses collègues vérifient tout ce qu’elle écrit avant que ce ne soit publié en ligne. Je pense que si je faisais partie de cette équipe, cette situation ne tiendrait pas longtemps. D’ailleurs, je me demande combien de temps cela sera tenable pour tous les partis concernés.

C’est en partie pour ça que je suis exigeante avec mes étudiants qui souhaitent passer le DALF dans le but de pouvoir étudier à l’université en France. Il est vrai que postuler à un emploi et candidater pour une place à l’université sont deux choses différentes. Pour un employeur, vous devez être rentable. Les universités, elles, ont besoin d’étudiants et que vous réussissiez ou non votre année, vous paierez le même prix. Je n’ai pas fait de recherches sur le sujet, mais ça me paraît logique dans le monde dans lequel on vit, non ?

Mais je suis exigeante avec mes étudiantes car je sais que si elles ne maîtrisent pas les codes de l’écrit en français et qu’elles conjuguent mal leurs verbes, accordent mal leurs adjectifs et utilisent peu d’autres verbes qu’être, avoir et faire, elles risquent de souffrir à l’université. Réussir le C1 est une chose. Réussir un master en est une autre. Avec une bonne préparation, quand la méthodologie est bien comprise, c’est possible, même en faisant encore beaucoup de fautes, de réussir le DALF C1. Tous les étudiants que j’ai préparés à cet examen l’ont réussi, et pourtant, il y en a quelques-uns qui, à mon avis, n’avaient pas le niveau requis et à qui j’ai recommandé de vraiment se mettre à niveau avant de commencer l’année universitaire. Parce qu’un master, ça n’a pas grand-chose à voir avec le DALF. Vous aurez plusieurs profs, avec des niveaux d’exigence différents. Des profs français très probablement. Vous serez évalué à l’écrit dans plusieurs modules. Et si votre expression et votre orthographe ne sont pas au point, vous aurez des problèmes. C’est inévitable. Et si vous voulez travailler pour une entreprise française ensuite et occuper un poste pour lequel le français sera votre langue de communication, il sera dans votre intérêt de bien maîtriser l’orthographe et la grammaire françaises !

J’ai tendance à être beaucoup plus tolérante avec les personnes dont la langue maternelle n’est pas le français, et j’aurais tendance à penser que la plupart des Français le sont aussi, mais dans le monde du travail, je ne suis pas sûre que ça vaille.

Saurez-vous remettre tous les accents dans ce texte ?

Comme vous le savez, on a trois accents en français : l’accent aigu, l’accent grave et l’accent circonflexe.

Ce que vous savez peut-être un peu moins, c’est où les placer et comment ils affectent la prononciation.

L’accent aigu ne peut se trouver que sur le e. Il modifie le son de ce dernier.

L’accent grave peut se trouver sur le e (collège, boulangère, près), et on le trouve aussi sur la préposition à et les adverbes et déjà (et quelques autres mots) et sur le pronom relatif/mot interrogatif . Il modifie le son du e, mais pas du a ou du u.

L’accent circonflexepeut se trouver sur le e (fête, fenêtre), le a (pâtes, rougeâtre), le i (connaît, île), le o (hôpital, côte), et le u (sûr, dû). Il modifie le son du e, mais pas des autres voyelles. Certains Français prononcent le â un peu différemment du a, mais pour ma part, je ne fais pas la différence.

Il y a certaines règles que l’on peut apprendre pour mieux comprendre les accents. Si après avoir fait l’exercice suivant, vous remarquez que vous avez pas mal d’erreurs, faites des recherches et apprenez les règles !

Voici donc un texte dans lequel j’ai éliminé tous les accents. Saurez-vous les replacer ? :

COP24 : “A l’echelle de la planete, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire pour respecter l’accord de Paris”

Brune Poirson, la secretaire d’Etat a la Transition ecologique et solidaire, est revenue sur les regles d’application de l’accord de Paris contre le rechauffement climatique, adoptees samedi.

La COP24 s’est achevee samedi en Pologne sur un accord entre pres de 200 pays concernant la marche a suivre pour mettre en œuvre les engagements de l’accord de Paris. “A l’echelle de la planete, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire pour respecter les engagements de l’accord de Paris”, a estime Brune Poirson, secretaire d’Etat à la Transition ecologique et solidaire, invitee dimanche 16 decembre de franceinfo.

franceinfo : La lutte contre le rechauffement climatique ne va pas assez vite, pas assez loin, c’est ce qu’a declare Laurent Fabius, l’ancien president de la COP21. Etes-vous d’accord avec lui ?

Brune Poirson : Je suis tout a fait d’accord avec lui, c’est une realite qu’on ne peut pas nier. A l’echelle de la planete, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire pour respecter les engagements de l’accord de Paris. Neanmoins, a l’occasion de la COP24, il y a eu une bonne nouvelle : les pays du monde entier se sont mis d’accord sur les regles du jeu avec un manuel sur l’application de l’accord de Paris. Il faut garder bien en tete le contexte dans lequel s’est deroule la COP24 : des pays comme les Etats-Unis, le Bresil, l’Arabie Saoudite, la Russie, le Koweit, sciemment, ne veulent pas plus d’ambitions et ne croient pas aux principes fondamentaux de l’accord de Paris. Ils ont d’ailleurs tente de le detricoter.

Pourquoi les Etats ne sont-ils pas plus offensifs pour mettre en vigueur ces mesures ?

Je crois que sur le principe, avoir tous les Etats du monde entier qui se mettent d’accord sur un texte, c’est assez extraordinaire. Cela permet de maintenir l’esprit de l’accord de Paris, qui était menace. C’est tres complique car il y a des pays qui ne veulent pas les memes choses que d’autres, des pays moins avances qui demandent beaucoup d’argent, des soutiens, car ils disent avoir des capacites moins grandes que d’autres pays pour appliquer l’accord de Paris. C’est donc la-dessus que nous devons nous mettre d’accord et negocier. Il reste enormement de travail a faire. En France, nous avons beaucoup œuvre lors de l’annee qui vient de s’ecouler pour qu’un groupe de pays particulierement ambitieux se reunisse et essaie de tirer tous les autres. C’est la “High Ambition Coalition”, qui a ete adoptee a l’occasion de l’anniversaire de l’accord de Paris, qui a eu lieu le 12 decembre.

La presence des lobbies, les pressions politiques rendent l’accord assez complique… Avouez qu’on peut avoir des doutes, notamment quand on sait que la COP24 est organisee en Pologne, le premier pays producteur de charbon en Europe ?

C’est aussi un signe qu’il faut se pencher sur la question de la transition. Nous allons consacrer et donner 35 millions d’euros aux pays les moins avances et a un fonds d’adaptation pour accelerer les mesures en faveur du climat. Chaque annee, nous consacrerons cinq milliards d’euros a la lutte contre le changement climatique et en faveur de projets bons pour la planete a l’echelle internationale. J’ai de l’espoir.

Si vous voulez l’écouter, le voici (en lecture rapide) :

Vous pouvez maintenant comparer avec le texte original.

Faire des dictées

Les dictées permettent non seulement d’améliorer son écrit mais aussi sa compréhension orale, sa grammaire et son vocabulaire.

J’encourage tous mes étudiants à faire des dictées régulièrement. On en fait ensemble en cours de temps en temps et beaucoup d’entre eux utilisent ce site pour en faire plus. Vous pouvez l’utiliser sans créer de compte et commencer immédiatement. Vous pouvez aussi vous créer un compte gratuit et garder une trace de ce que vous avez fait.

Ce site est formidable car il propose une variété de dictées de différents niveaux, sur différents thèmes, avec des corrections en vidéo qui expliquent les points difficiles et vous permet de prendre conscience de ce que vous ne maîtrisez pas encore et que vous aurez peut-être envie de retravailler plus en détail. Ce sont pour la plupart des extraits de livres, très courts.

Ecrire en français n’est pas facile. J’ai rencontré peu d’étudiants qui pensaient le contraire. Il faut faire attention à tout quand on écrit. Ai-je bien conjugué mon verbe, accordé mon participe passé, accordé mon adjectif ? Ai-je bien choisi mes mots pour exprimer précisément les idées que je voulais transmettre ? Ai-je bien structuré mes phrases ?

Quand on fait une dictée, on travaille :

  • l’orthographe : bien sûr, c’est le but de cet exercice. Quand j’étais en primaire, on faisait des dictées toutes les semaines. Peut-être même tous les jours, je ne m’en souviens pas très bien. Si pour certaines personnes, l’orthographe est évidente, pour d’autres, c’est différent. Plus on voit/utilise les mots, plus on a de chance de les mémoriser. L’orthographe française n’est pas facile, mais on peut devenir très bon si on la travaille régulièrement. Les consonnes finales qui ne se prononcent pas et les doubles consonnes pourront un jour n’avoir aucun secret pour vous !
  • la grammaire : quand on fait une dictée, on se concentre sur la grammaire. Les dictées courtes sont plus faciles à relire et à analyser que les textes plus longs qu’on écrit parfois. L’exercice nous rend aussi plus conscient de la grammaire. C’est une des raisons pour lesquelles on le fait ! On vérifie que chaque verbe est bien conjugué, chaque adjectif bien accordé et on applique les règles de l’accord du participe passé !
  • le vocabulaire : parfois on ne comprend pas certains mots et quand on fait une dictée on doit tout écrire. Est-ce que ce mot nous rappelle un autre mot ? Peut-être sont-ils de la même famille. Si vous n’avez pas la moindre idée, essayez au moins d’écrire quelque chose qui soit phonétiquement logique. Puis, quand vous voyez le texte original, recherchez ce nouveau mot et empressez-vous de le réutiliser pour ne pas l’oublier !
  • la compréhension orale : il faut écouter avec attention. Entend-on un pluriel ou pas ? Si petit et petits se prononcent de la même façon quand ils sont seuls, il seront prononcés différemment dans “petit éléphant” et “petits éléphants“. Il faut prêter attention aux liaisons, aux pauses, à l’intonation pour être sûr de bien comprendre. Parfois, on a du mal à différencier les mots. Ai-je entendu Jean porte des livres ou j’emporte des livres ?

Quand vous préparez le B2, le C1 ou le C2, c’est un bon site à visiter régulièrement.

L’importance de se relire

J’essaie toujours d’encourager mes étudiants à écrire, même s’ils ne préparent pas d’examen. La majorité d’entre eux sont contents de le faire et se rendent compte que c’est important de travailler la langue de cette façon aussi. Ecrire permet de penser au langage et de le manipuler différemment. Et l’on se rend souvent compte que ce n’est pas une tâche très facile. Pourtant, plus on le fait, plus on est à l’aise avec l’écriture, même si parfois, c’est vraiment frustrant de ne pas arriver à formuler sa pensée clairement. 

Quand on parle, on peut se permettre de ne pas finir une phrase, on peut revenir en arrière, on peut être approximatif avec la grammaire, ce qu’on a dit fait déjà partie du passé. Il n’y a pas de trace. Quand on écrit, ça reste. Les erreurs sont là, noir sur blanc. Certains étudiants écrivent comme ils parlent, d’autres écrivent comme ils écriraient dans leur langue maternelle, en traduisant littéralement ce qu’ils veulent dire. Cela demande beaucoup de pratique de pouvoir écrire parfaitement. On a l’impression de ne pas voir les progrès qu’on fait. On ne sait pas par où commencer pour bien écrire. On peut facilement se sentir découragé. Mais chez mes étudiantes qui écrivent régulièrement, je vois le progrès.

On ne peut pas améliorer et corriger tout en même temps. Il faut être patient et il faut être méthodique. La première chose sur laquelle j’insiste, c’est la relecture. Je corrige plusieurs écrits par semaine, majoritairement de niveaux B2 et C1, tous écrits par des étudiantes qui ont des connaissances grammaticales assez solides. Et pourtant, je relève toujours beaucoup trop de verbes conjugués incorrectement et d’adjectifs mal accordés. Une fois que j’ai surligné les erreurs de ce type, elles sont toutes capables de se corriger car elles connaissent parfaitement les règles de conjugaison et d’accords. Mais cela ne les empêche pas de faire des fautes. 

 Je le dis et je le redis : il faut se relire attentivement. Pour chaque verbe, on se demande quel est le sujet et on vérifie si la conjugaison est correcte. Pour chaque adjectif, on se demande à quel nom il fait référence et on vérifie si l’accord est logique. Si l’on a un doute sur le genre d’un nom, on fait en sorte que le déterminant et l’adjectif coïncident. 

Ce n’est pas facile de se relire et de repérer ses erreurs quand on vient juste d’écrire un texte. C’est aussi pour ça que je conseille de se donner du temps, pour pouvoir relire à froid. Mais si l’on manque de temps, il faut vraiment s’arrêter à chaque verbe et à chaque adjectif et se poser la bonne question. C’est basique, mais c’est nécessaire ! Au bout d’un moment, ça deviendra naturel et vous y passerez moins de temps car vous y aurez déjà réfléchi en écrivant votre brouillon. Une fois les fautes basiques éliminées, on pourra se concentrer sur la structure des phrases et la variété du vocabulaire.