Vidéo – accord ou pas d'accord au pluriel ?

Vidéo peut être nom ou adjectif.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre avec ce mot, c’est quand il est nom et que les apprenant·e·s le mettent au masculin. Vidéo est un nom féminin !

Quand c’est un nom, on suit les règles régulières de l’accord des noms au pluriel et on ajoute un s : J’ai regardé des vidéos toute la nuit.

Quand c’est un adjectif, on a le choix. Selon l’ancienne orthographe, il restait invariable. Avec la réforme de l’orthographe, le pluriel s’est régularisé. Vous pouvez donc choisir d’ajouter un s ou non au pluriel, mais comme je le répète depuis des mois, essayez au maximum d’appliquer les règles de la réforme de l’orthographe car même si l’orthographe française reste compliquée, les rectifications recommandées la simplifie quand même un peu !

Écrivez donc :

  • Quand j’étais ado, je jouais beaucoup aux jeux vidéos.
  • Les cassettes vidéos n’existent plus vraiment.
  • On n’a plus besoin de caméras vidéos depuis qu’on a des smartphones.

Finalement, comme expliqué dans ce post, les mots composés avec vidéo- sont désormais soudés : une vidéocassette, un vidéoclip, une vidéoanimation, une vidéoconférence, une vidéoformation, un vidéoprojecteur, etc. On ne fera pas la soudure si le deuxième élément commence par un i ou un u, pour éviter la confusion en ce qui concerne la prononciation, et on formera le pluriel selon les règles d’accord générales.

Rectification orthographique : circonflexe, accent étranger et tréma

Depuis la réforme de l’orthographe, beaucoup de mots peuvent s’écrire de deux façons. C’est le cas de nombreux termes avec un accent circonflexe et de termes avec un accent étranger inutile ou un tréma inutile. Par inutile, on entend “qui ne modifie pas la prononciation”.

Il est probable que vous verrez encore ces mots orthographiés selon l’ancienne orthographe, car c’est toujours accepté et beaucoup de Français n’ont pas l’air de connaitre les règles de la réforme ou de vouloir les appliquer, mais si vous en êtes conscient·e, essayez de privilégier la nouvelle orthographe autant que possible.

J’ai peu de mots avec des accents étrangers qui me viennent à l’esprit, mais le livre nous donne l’exemple de caló (écriture espagnole) qu’il faut maintenant plutôt choisir d’écrire calo. Préférez aussi allo à allô, et iambe à ïambe.

Rectification orthographique : bilan et recommandations générales

Depuis quelques mois, j’essaie d’expliquer les règles de la réforme de l’orthographe française qui a eu lieu en 1990 et qui n’est toujours pas vraiment appliquée en France. Les Français détestent les réformes et c’en est un exemple frappant.

J’ai utilisé le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, pour être sure d’être aussi précise que possible et de ne rien oublier. Nous avons vu les règles A1 à F4. Si ce n’est pas évident pour vous, sachez que ce n’est pas toujours évident pour moi non plus. J’ai écrit d’une certaine façon pendant des années et je veux absolument utiliser la nouvelle orthographe, mais j’ai encore souvent des doutes et je consulte le vadémécum presque quotidiennement. Il confirme mes doutes pratiquement à chaque fois et je suis de plus en plus à l’aise avec toutes ces règles.

Mais il est bon de les revoir régulièrement. On n’apprend pas une règle en la lisant une seule fois.

Dans les semaines à suivre, je vais continuer à parler des règles de la nouvelle orthographe en y apportant des précisions. Le vadémécum comporte une section G en 24 points, qui précisent les recommandations générales.

Les recommandations générales sont les suivantes :

  • Lorsque plusieurs orthographes sont possibles, on choisit la plus simple ou la plus française : celle sans accent circonflexe, celle francisée, celle soudée, celle avec le n simple, celle avec le pluriel régulier, etc.
  • On francise certains mots : les terminaisons anglaises en –er deviennent -eur, par exemple.
  • Les néologismes s’écrivent de préférence avec un n simple : les nouveaux mots dérivés de -an et de -on, par exemple, ne prendront pas 2 n mais un seul.

Plus de précisions et rappel des règles dans les semaines à venir !

Rectification orthographique : -illier et -illière deviennent -iller et -illère

Règle F4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, concerne les terminaisons de mots en -illier et -illière. Quand le i qui suit les deux l ne s’entend pas, on ne l’écrit pas !

La prononciation de-ill pose souvent problème. Doit-on prononcer comme ville ou comme fille ? Et d’ailleurs, pourquoi prononce-t-on ces deux-là différemment ? 🤔

Dans tous les mots affectés par la règle F4, le -ill se prononce comme dans fille. Le mot millier, par exemple, n’est pas concerné par la règle car –ill se prononce comme dans ville.

Quelques exemples de mots : joailler, joaillère, quincailler, quincaillère, serpillère, cheviller, etc.

À noter que les arbres, arbustes et autres végétaux gardent le i, par analogie avec les autres noms en botanique se terminant par -ier, tels que pommier, poirier, framboisier, etc. On continuera donc à écrire groseillier, vanillier, etc.

Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.

Rectification orthographique : suppression des anomalies

Nous allons voir la règle F2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous explique que quelques anomalies ont été supprimées.

Cette règle a beaucoup fait parler d’elle car c’est celle qui a supprimé le i de oignon pour en faire ognon, sur le modèle de rognon et trognon, et qui a rectifié le ph de nénuphar en f pour en faire nénufar. Il y a eu beaucoup de mécontents ! Je ne sais pas vraiment pourquoi…

Cette règle n’a pas touché énormément de mots. Le livre donne les exemples suivants (en plus d’ognon et nénufar) :

  • absous (participe passé du verbe absoudre) devient absout (logique car le féminin est absoute), et dissous (de dissoudre) devient dissout (comme le féminin dissoute)
  • levraut (jeune lièvre) devient levreau, comme agneau
  • relais devient relai, comme balai, essai
  • eczéma devient exéma, comme exécuter
  • asseoir devient assoir, rasseoir devient rassoir, etc.
  • appas devient appâts
  • cuissot devient cuisseau
  • douceâtre devient douçâtre
  • le h disparait dans saccharine, saccharose, saccharifier, etc. Ils deviennent donc saccarine, saccarose et saccarifier, etc.

Les deux orthographes de chaque mot sont toujours acceptées, mais il est préférable d’utiliser la nouvelle orthographe. Plus de gens l’utiliseront, plus elle deviendra normale.

À savoir que les rectifications sont en fait des corrections et que ceux qui ont crié au scandale quand il a été suggéré d’écrire nénufar au lieu de nénuphar, qui ont accusé les réformateurs de vouloir assassiner la langue française en faisant disparaitre son étymologie, n’étaient pas vraiment bien renseignés. Ce mot vient de l’arabe avec un f et non du grec avec un ph. L’étymologie est donc bien respectée. Il était écrit avec un f à l’origine, avant que quelqu’un fasse une erreur et qu’il se retrouve avec ph dans les dictionnaires, faisant ainsi oublier la graphie d’origine.

Comme expliqué dans le podcast dont j’ai parlé il y a deux jours, l’orthographe française n’est pas logique, et son manque de logique tient souvent à des erreurs…

Podcast : parler comme jamais

Certain·e·s de mes étudiant·e·s ont déjà découvert ce nouveau podcast, et je me suis réjouis quand je l’ai appris ! Le premier épisode avait été diffusé sur Programme B que j’écoute régulièrement et qui est un podcast intéressant qui traitent de différent sujets à chaque épisode. Je ne savais pas alors que Parler comme jamais deviendrait un podcast régulier.

C’est un très bon podcast qui déconstruit les clichés autour de la langue française. Je me disais hier en écoutant le dernier épisode que si ces discours avaient existé quand j’étais à l’école, je pense que les choses auraient été bien différentes pour bien des enfants. Le dernier épisode parle des fautes de français et de comment elles sont traitées en France et l’une des invitées est une institutrice vraiment bienveillante qui devrait être, à mon avis, un modèle pour les jeunes instits qui débutent. J’aime me dire qu’il y a beaucoup d’instits comme elle maintenant, mais je suis quand même un peu sceptique… S’il y a tant de programmes qui parlent de la langue française et des fautes de langage, c’est bien que l’on a affaire à un véritable sujet de société. Ce qui me plait énormément, c’est que le discours change et que l’on appelle de plus en plus à s’éloigner de la stigmatisation !

Peut-on imaginer une France où les enfants ne seraient pas traités comme des bons à rien s’ils ont du mal en orthographe et les adultes pas constamment stigmatisés parce qu’ils ne maitrisent pas très bien la grammaire ? Et une école où l’on prendrait en compte que tout le monde n’apprend pas de la même façon et où on ne laisserait personne derrière ? J’en rêve !

Rectification orthographique : harmonisation des familles de mots

Nous arrivons à la règle F1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, grâce à laquelle quelques familles de mots ont été harmonisées.

Par famille de mots, on entend des mots qui sont construits sur le même radical. Par exemple : terre, terrestre, territoire, atterrir, déterrer, enterrement, etc. On peut observer le double R dans tous ces mots construits à partir de TERRE.

Ils existaient des anomalies dans certaines familles de mots selon lesquelles on écrivait par exemple imbécile, mais imbécillité, combattre, mais combatif, bonhomme, mais bonhomie, etc.

La réforme de 1990 a corrigé ces anomalies. On écrit maintenant imbécilité, comme imbécile, combattif, comme combattre et bonhommie, comme bonhomme.

On n’oublie pas de prendre en compte les règles D1, D2 et D3, et ensuite, pour les mots qui ont deux orthographes possibles, on choisit la graphie qui est le plus en harmonie avec sa famille, si le mot appartient à une famille.

Rectification orthographique : les mots en -olle et -otter et leurs dérivés

Règle D3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les mots anciennement en -olle et leurs dérivés et les verbes anciennement en -otter et leurs dérivés.

  • Les noms tels que girolle et corolle s’écrivent maintenant girole et corole, et comme je ne le savais pas, il faut que je m’y habitue, mais il n’y a pas beaucoup de mots concernés et les noms monosyllabiques tels que colle, folle et molle ne sont pas affectés car ils sont bien implantés dans l’usage.
  • Les verbes formés sur une base en -ot, tel greloter formé sur grelot, s’écrivent avec un seul t, tandis que les verbes formés sur une base en -otte, tel botter formé sur botte, gardent les deux t. Quelques exemples de verbes et de dérivés affectés par cette règle : greloter, grelotement, balloter, ballotage, bécoter, bécotage, cocoter, baisoter, cliquoter, glavioter, etc.

quoique VS quoi que

Observez :

  • Quoi que je fasse, tu n’es jamais content.
  • Quoi que tu décides, je te soutiendrai.
  • Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi.
  • Quoique je fasse tout pour te faire plaisir, tu n’es jamais content.
  • Quoiqu’elle soit débordée en ce moment, elle a accepté de relire ma thèse
  • Il a accepté de reprogrammer la soirée, quoiqu’un peu déçu.

Ils se prononcent de la même façon et sont tous deux suivis du subjonctif, mais ils ne sont pas interchangeables !

Quoique, en un seul mot, exprime la concession et peut-être remplacé par bien que, également suivi du subjonctif.

Quoi que, en deux mots, signifie quelle que soit la chose que.

Comme on peut l’observer dans le troisième exemple, quoique n’est pas obligatoirement suivi d’un verbe. Il peut être également suivi d’un adjectif, d’un participe ou d’un complément.

Et finalement, alors que quoi que exige le subjonctif, il est possible de trouver quoique suivi d’un verbe à l’indicatif ou au conditionnel. Il exprime alors une objection plutôt qu’une concession.