Rectification orthographique : les mots en -olle et -otter et leurs dérivés

Règle D3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les mots anciennement en -olle et leurs dérivés et les verbes anciennement en -otter et leurs dérivés.

  • Les noms tels que girolle et corolle s’écrivent maintenant girole et corole, et comme je ne le savais pas, il faut que je m’y habitue, mais il n’y a pas beaucoup de mots concernés et les noms monosyllabiques tels que colle, folle et molle ne sont pas affectés car ils sont bien implantés dans l’usage.
  • Les verbes formés sur une base en -ot, tel greloter formé sur grelot, s’écrivent avec un seul t, tandis que les verbes formés sur une base en -otte, tel botter formé sur botte, gardent les deux t. Quelques exemples de verbes et de dérivés affectés par cette règle : greloter, grelotement, balloter, ballotage, bécoter, bécotage, cocoter, baisoter, cliquoter, glavioter, etc.

quoique VS quoi que

Observez :

  • Quoi que je fasse, tu n’es jamais content.
  • Quoi que tu décides, je te soutiendrai.
  • Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi.
  • Quoique je fasse tout pour te faire plaisir, tu n’es jamais content.
  • Quoiqu’elle soit débordée en ce moment, elle a accepté de relire ma thèse
  • Il a accepté de reprogrammer la soirée, quoiqu’un peu déçu.

Ils se prononcent de la même façon et sont tous deux suivis du subjonctif, mais ils ne sont pas interchangeables !

Quoique, en un seul mot, exprime la concession et peut-être remplacé par bien que, également suivi du subjonctif.

Quoi que, en deux mots, signifie quelle que soit la chose que.

Comme on peut l’observer dans le troisième exemple, quoique n’est pas obligatoirement suivi d’un verbe. Il peut être également suivi d’un adjectif, d’un participe ou d’un complément.

Et finalement, alors que quoi que exige le subjonctif, il est possible de trouver quoique suivi d’un verbe à l’indicatif ou au conditionnel. Il exprime alors une objection plutôt qu’une concession.

Rectification orthographique : consonne simple après un e muet

Règle D2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle recommande d’employer une consonne simple et non une consonne double après un e instable, aussi appelé e muet.

Cela permet que la graphie soit logique avec la prononciation.

On écrira donc prunelier (au lieu de prunellier) car il se prononce /pʁynəlje/ et dentelier (au lieu de dentellier) car il se prononce /dɑ̃təlje/, même si l’on écrit prunelle et dentelle, dont le son final est /ɛl/.

Certains mots ont plusieurs prononciations possibles. On les écrira donc comme on choisit de les prononcer, ce qui est évidemment plus ambigu si le français n’est pas votre langue maternelle. Déjà que ce n’est pas évident pour les francophones natifs… C’est le cas de lunetier, que l’on peut également écrire lunettier.

Ce n’est pas une règle très facile à appliquer quand on ne connait pas bien la prononciation des mots, mais il me semble que cette règle touche peu de mots et que ce ne sont pas des mots que l’on utilise tous les jours.

Rectification orthographique : le é qui devient è

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne le é qui devient è devant une syllabe contenant un e muet.

Cela fait longtemps que j’écris évènement, et non plus événement, car il se prononce /evɛnǝmã/ et non /evenǝmã/. Mais avant que Word accepte les rectifications orthographiques, il était systématiquement souligné en rouge. D’ailleurs, WordPress, qui n’est pas à jour à ce sujet, l’a souligné en rouge.

Cela n’avait jamais été très clair pour moi. Je ne comprenais pas pourquoi on prononçait è mais devait écrire é.

Je sais que si le français n’est pas votre langue maternelle, différencier les deux sons n’est pas toujours une évidence. Cependant, une des règles d’accentuation stipule bien que devant une syllabe contenant un e muet, on écrit è, et non é. La rectification de l’orthographe a tout simplement essayé de réduire les exceptions. On écrira donc évènement, cèleri, crèmerie, allègement, je cèderai, il vocifèrerait, vous sècherez, etc – remarquez le e muet (souligné) dans la syllabe qui suit.

Bien sûr, il reste des exceptions :

  • les préfixes dé-, pré-, télé- gardent le é car il se prononce é : démener, prévenir, télémesure…
  • le é initial car il se prononce é (à part dans ès, ère, èche, Ève, èbe) : éleveur, épeler, échelon, émeri…
  • médecin, médecine

La règle mentionne également les inversions interrogatives à la première personne du singulier, c’est à dire le verbe suivi du pronom je. Ces occurrences sont rares et se retrouvent surtout dans un contexte littéraire. Je ne crois pas avoir jamais prononcé ces mots, mais pour les curieux·ses, ça donne ça : aimè-je, chantè-je, dussè-je, etc.

L’orthographe française

D’habitude, le vendredi, je propose une analyse de texte. Mais aujourd’hui, j’ai eu envie de partager quelque chose de différent.

Je me suis inscrite à 2 MOOC la semaine dernière dont un intitulé “renforcer ses compétences orthographiques”. Si l’autre MOOC me plait beaucoup, celui-ci m’a vraiment déçue car il propose de renforcer ses compétences en orthographe du passé. C’est tellement français en fait… Une réforme a été proposée il y a bientôt 30 ans, mais on enseigne toujours aux gens les règles d’antan. Ce n’était pas ce que j’espérais, je me suis donc désinscrite. L’autre est proposé par une professeure belge qui enseigne dans une université de Bruxelles. C’est un MOOC dynamique et qui me pousse vraiment à m’interroger. Je doute constamment, et j’adore ça ! Le niveau est très avancé, le thème du cours, c’est les fautes de français de toutes sortes (pas seulement d’orthographe), alors cela peut être un bon défi à relever, et vous apprendrez sans aucun doute beaucoup de vocabulaire. On peut s’y inscrire jusqu’au 18 novembre.

Sur le thème de l’orthographe, j’aimerais vous proposer une vidéo à regarder. Ce que ces deux profs mettent en lumière est extrêmement intéressant et en dit long sur une certaine mentalité toujours très présente en France. J’ai moi-même énormément changé d’opinion sur le sujet. Marre de la grammaire prescriptive et exclusive. Marre de l’orthographe complexe et illogique qui traumatise et stigmatise tellement d’enfants, qui une fois devenus adultes continuent d’être stigmatisés. Même sur les règles du participe passé, je suis maintenant d’avis qu’elles pourraient tout simplement être révisées pour être plus logiques. Je ne crois pas que je pensais ça l’an dernier… Il n’est jamais trop tard pour changer d’avis !

Je ne dirai pas que les fautes d’orthographe m’enchantent, surtout quand elles mettent un frein à la communication, mais je sais que si moi, j’ai la chance d’avoir toujours été bonne en orthographe, c’est parce que j’ai eu la chance d’avoir beaucoup de livres à ma disposition dès ma plus tendre enfance. Parce que j’avais des parents qui comprenaient l’orthographe et qui pouvaient m’aider. Parce qu’il y avait toujours des adultes pour s’assurer que je ne décroche pas. Parce que j’ai une mémoire visuelle qui me permet de photographier les mots, et qui à l’époque me permettait de photographier les règles de grammaire et d’orthographe de mon petit carnet juste en le lisant. Parce qu’on m’a encouragée à aimer les livres et que ça a marché. Du coup, j’aimais les dictées parce que c’était la bonne note garantie. Facile à obtenir. Aucune préparation spéciale.

Mais je me souviens de camarades de classe qui angoissaient terriblement rien qu’à l’idée de la dictée. J’ai connu et je connais toujours des Français qui ne maitrisent pas du tout l’orthographe et qui angoissent à l’idée de devoir écrire un courrier formel. Mais pourquoi donc tant de Français sont réticents aux rectifications orthographiques ?

Regardez cette vidéo, elle dure moins de 20 minutes et elle est très instructive. Prenez des notes. Vous relèverez forcément quelques mots ou expressions que vous ne maitrisez pas encore et vous pénètrerez un peu plus dans la psyché française. Ces deux professeurs sont belges, rien d’étonnant à ça, car les Belges, les Suisses et les Québécois sont beaucoup plus progressistes que les Français à mon avis…

“Quand les enfants demandent pourquoi, on leur explique comment, comment on écrit ou comment ou accorde. Pourquoi est-ce que l’esprit critique s’arrête au seuil de l’orthographe ?

La syllabe en français

La première chose à savoir sur les syllabes françaises, c’est qu’elles sont toutes formées autour d’une voyelle, qui est le noyau de la syllabe.

La deuxième chose à savoir, c’est qu’il faut différencier la syllabe phonétique (celle qu’on entend) de la syllabe graphique (celle que l’on voit). Par exemple, “une étudiante” contient 4 syllabes phonétiques /y-ne-ty-djãt/ mais 6 syllabes graphiques u-ne-é-tu-dian-te

En français, il y a 6 voyelles graphiques : a, e, i, o, u, y mais il y a 16 voyelles phonétiques (personnellement, je n’en utilise que 14 car je ne différencie ni /ɛ̃/ et /œ̃/ ni /a/ et /ɑ/).

Les 16 voyelles phonétiques que vous pouvez rencontrer dans les transcriptions phonétiques sont les suivantes :

  • [i] – mille, pays
  • [e] – été, parler
  • [ɛ] – peine, mère
  • [a] – amour, chat
  • [ɑ] – pâte, bas
  • [ɔ] – sport, homme
  • [o] – moto, eau
  • [u] – fou, toujours
  • 2021 – rue, musique
  • [ø] – bleu, deux
  • [œ] – heure, sœur
  • [ǝ] – le, que
  • [ɛ̃] – pain, vin
  • [œ̃] – lundi, brun
  • [ã] – enfant, temps
  • [õ] – bonbon, pompier

Il existe deux types de syllabes en français : ouverte (qui se termine par un son de voyelle) et fermée (se terminant par un son de consonne). Le type de syllabe que l’on retrouve le plus en français est la syllabe ouverte. Les syllabes ouvertes représentent 80% des syllabes du français, contre 72% pour l’espagnol, 40% pour l’anglais et 37% pour l’allemand (d’après mes cours de phonétique de master).

On peut trouver ces schémas de syllabes, pour lesquels je noterai C pour un son de consonne et V pour un son de voyelle :

  • V (une voyelle seule) : eau [o], an [ã], un [ɛ̃], on [õ]
  • CV : tout [tu], pas [pa]
  • CCV : clou [klu], gras [gʁa]
  • CCCV : trois [tʁwa], strie [stʁi]
  • VC : art [aʁ], os [ɔs], une [yn]
  • VCC : tarte [taʁt], poste [pɔst]
  • CVC : pomme [pɔm], mare [maʁ]
  • CCVC : tranche [tʁãʃ], crabe [kʁab]
  • CCVCC : gloups [glups], tract [tʁakt]
  • CCCVC : strophe [stʁɔf], stress [stʁɛs]
  • CCCVCC : strict [stʁikt]

Il y a autant de syllabes phonétiques dans un mot qu’il y a de sons de voyelles.

Pour ce qui est des syllabes graphiques, on découpe les mots autrement, comme vu plus haut avec l’exemple de “une étudiante”. Mais il y aura autant de syllabes graphiques dans un mot que de voyelles ou groupes de voyelles qui forme un seul son. En plus de a, e, i, o, u, y, il faut considérer les combinaisons de lettres qui ne forment qu’un seul son telles que : ai, au, ay, ei, eu, ey, œu, et, eau, oi, oy, an, ain, en, ein, um, un, on, om, etc. Pour les combinaisons qui représentent un son de voyelle nasale, voir ce post pour plus de détails.

Qu’ont en commun les mots une, tarte, poste, pomme, mare, crabe, tranche, strophe donnés en exemple ci-dessus ?

Ils représentent tous une syllabe phonétique, mais ils contiennent tous deux syllabes graphiques : u-ne, tar-te, pos-te, pom-me, ma-re, cra-be, tran-che, stro-phe. Dans chaque syllabe graphique, on a une voyelle (ou un groupe représentant un son de voyelle), et le e muet compte quand on découpe les syllabes graphiques. On ne l’entend pas, mais il fait partie d’une syllabe graphique, qu’il soit en fin de mot comme dans ces exemples ou en milieu de mot, comme dans évènement qui contient 4 syllabes graphiques (é-vè-ne-ment) mais 3 syllabes phonétiques : [e-vɛn-mã]

On parle peu, voire pas du tout, des syllabes en cours de français langue étrangère, et pourtant, il me semble que c’est utile d’en avoir quelques notions de base et que cela peut aider pour la prononciation et pour l’orthographe. Si vous étudiez avec moi et que vous n’êtes pas canadienne, je vous répète régulièrement d’ouvrir votre bouche un peu plus pour prononcer les voyelles. Si ce n’était pas encore clair, vous pouvez surement mieux comprendre pourquoi après la lecture de ce post ! Les voyelles ont une place centrale dans la langue française !

Les voyelles nasales

Peu d’apprenants trouvent la prononciation des voyelles nasales faciles. Certaines personnes ont la chance de pouvoir reproduire les sons tels qu’ils les entendent, même s’ils n’existent pas dans leur langue, mais ce n’est pas mon cas et ce n’est pas le cas de la majorité des étudiants avec lesquels j’ai travaillé.

Si vous trouvez la prononciation de un, an, et on difficile, vous faites partie de la majorité mais cela ne veut pas dire que vous n’y arriverez jamais. Si comme moi, vous êtes perfectionniste, c’est certainement frustrant, mais avec de la persévérance, vous finirez certainement par y arriver, même si ça prend longtemps. Après un an en Thaïlande, je suis à peine capable de prononcer quelques mots basiques correctement (et encore…) mais à force de prendre le métro et de répéter toutes les annonces faites à chaque arrêt, je crois que je peux prononcer correctement le nom d’une dizaine d’arrêts sur ma ligne. J’ai pris un taxi récemment et il ne comprenait pas où je voulais aller. Je me suis mise en mode “dame du métro”, j’ai fait appel à ma mémoire, et j’ai prononcé le nom du quartier comme je l’entends dans le métro et comme par magie, le chauffeur a compris ce que je disais. C’était seulement deux syllabes, mais pour moi c’était une grande victoire !

Faites des exercices de prononciation qui se concentrent sur les sons qui vous posent problème. Même si vos connaissances du français sont avancées, vous pouvez travailler avec des livres de phonétique pour débutants. Ce n’est pas évident de travailler la phonétique tout seul, mais c’est mieux que rien. Mettez des écouteurs, répétez les mêmes mots et les mêmes phrases régulièrement. Enregistrez-vous et écoutez-vous.

Il est très possible que vous n’ayez jamais vraiment fait de phonétique pendant vos cours de langues. Pour ma part, trois ans de cours particuliers d’anglais, sept ans d’anglais à l’école secondaire, quelques années d’anglais en plus à la fac, et pas un seul cours de phonétique. J’ai appris la phonétique anglaise quand j’ai fait une formation pour devenir prof d’anglais. J’ai fait deux formations d’ailleurs et c’est seulement lors de la deuxième que j’ai découvert les joies de la phonétique. Aucune mention de cet aspect de la langue pendant la première. Et malheureusement, il me semble que c’est un peu la même chose en français. La phonétique tient une toute petite place dans les cours collectifs, et parfois, elle n’a même pas de place. La majorité des élèves que j’ai eus en cours particuliers n’avaient jamais fait de phonétique avant que l’on en fasse ensemble.

C’est ainsi que des élèves arrivent à un niveau de connaissances grammaticales très élevé mais ne maitrisent pas vraiment la prononciation. Si c’est votre cas, vous pouvez y remédier si vous en avez envie, en reprenant les bases de la phonétique.

Une erreur que font beaucoup d’étudiants avec les voyelles nasales, c’est de prononcer le n. Le n se se prononce jamais ! Il est associé à une ou deux voyelles pour ne former qu’un seul son, qui passe par le nez.

Tous ces groupes de lettres ne forment qu’un seul son : on, om, en, em, an am, in, im, un, um, ein, ain, aim, yn, ym.

On n’entend ni le n, ni le m.

Par contre, si ces groupes de lettres sont suivis par une voyelle, les choses changent ! Nous ne sommes plus en présence d’un son nasal.

Observez :

  • par-fum : 2 syllabes / par-fu-mer : 3 syllabes
  • co-quin : 2 syllabes / co-qui-ne : 3 syllabes
  • sul-tan : 2 syllabes / sul-ta-ne : 3 syllabes

Dans les premiers mots, on a un son nasal. Dans les deuxièmes mots, le son nasal disparait car le m et le n font maintenant partie de la syllabe suivante et fonctionnent avec la voyelle qui suit. Si ceci n’est pas évident pour vous, il serait peut-être intéressant de commencer par essayer de comprendre le système syllabique français. J’écrirai à ce sujet bientôt.

Pour pratiquer un peu, comment prononcez-vous les paires suivantes ?

  • con – cône
  • nom – nominal
  • vent – venir
  • embaucher – semaine
  • plan – planifier
  • champ – caméra
  • matin – matinée
  • impossible – image
  • aucun – aucune
  • parfum – parfumer
  • frein – freiner
  • train – trainer
  • essaim – essaimer
  • lynx – misogyne
  • sympa – enzyme
  • chien – chienne

Rectification orthographique : simplification des consonnes doubles dans les verbes en -ELER et -ETER

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les verbes tels que carreler, ficeler, breveter, voleter, etc., qui se conjuguent maintenant sur le modèle de geler et acheter.

Au lieu de se conjuguer avec une double consonne, comme par exemple je ficelle ou il volette, on écrit maintenant je ficèle et il volète. Comme pour je gèle et il achète.

Il y avait des irrégularités. La rectification orthographique les a corrigées.

Quelques exemples :

  • épeler : j’épelle devient j’épèle
  • grommeler : je grommelle devient je gromèle
  • étinceler : j’étincelle devient j’étincèle
  • cliqueter : il cliquette devient il cliquète
  • haleter : il halette devient il halète
  • décolleter : il décollette devient il décolète

La même règle s’applique aux noms dérivés de ces verbes : on écrira grommèlement, étincèlement, cliquètement, halètement, nivèlement, ruissèlement, etc. Et non –ellement ou –ettement.

EXCEPTIONS : Certains verbes très très communs conservent leur conjugaison traditionnelle : appeler et ses composés, interpeler, et jeter et ses composés. Ils conservent la consonne double dans leur conjugaison : j’appelle, tu rappelles, elle interpelle, je jette, tu rejettes, il projette…

Rectification orthographique : le pluriel des noms et adjectifs empruntés à d’autres langues

Parlons aujourd’hui parler de la règle B2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. C’est une règle qui concerne les pluriel des noms et adjectifs étrangers et que j’accueille à bras ouverts car jusqu’à récemment, j’avais de gros doutes sur ce qui était correct ou pas. Je connaissais les anciennes règles, mais j’avais remarqué que dans l’usage, cela changeait d’une personne à l’autre, et je me demandais si j’avais raté un épisode ou si les gens ne connaissaient pas les règles.

Il est possible que les gens aient été aussi déroutés que moi, ou qu’ils aient su avant moi, je ne sais pas, mais j’avais bien raté un épisode.

J’étais arrivée au point où je me demandais si l’on devait écrire des sandwiches, ou des sandwichs. J’aurais plutôt écrit des sandwiches, mais j’avais des doutes à cause de l’anglais. Étais-je influencée par mon autre langue ? Devais-je dire des mafiosos ou des mafiosi, des stimulus ou des stimuli, des gentlemans ou des gentlemen, des scénarios ou des scénarii ? J’ai toujours eu le sentiment que les gens qui utilisaient le pluriel italien étaient un peu prétentieux (surtout quand ils ne maitrisaient évidemment pas les règles du pluriel de la langue italienne), mais c’est un sentiment très personnel qui n’engage que moi.

Avec la réforme de 1990, tout est simplifié : le pluriel des noms et adjectifs empruntés est régulier, c’est à dire qu’il suit les mêmes règles que les noms et adjectifs français :

  • un sandwich – des sandwichs
  • un match – des matchs
  • un stimulus – des stimulus
  • un boss – des boss
  • un gentleman – des gentlemans
  • un phi – des phis
  • un rush – des rush
  • un fiasco – des fiascos
  • de la musique soul – des musiques souls
  • un format standard – des formats standards

On notera que les noms ayant conservé leur valeur de citation (en général, des noms latins) continuent à s’écrire dans la langue d’origine. Il est précisé qu’ils devraient être mis en italique dans le texte pour indiquer qu’ils sont étrangers.

Là encore, les dictionnaires divergent. Le mien (Le Grand Robert de la langue française – que j’utilise en ligne, et qui pourrait facilement être mis à jour il me semble) donne gentlemen comme pluriel de gentleman par exemple.

Moi, je vous recommande d’appliquer les règles de la réforme, elles sont plus simples !

Le son [ɔ]

La semaine dernière, on a parlé du son [o], le o fermé. Aujourd’hui, parlons du son [ɔ], le o ouvert. Les apprenants ont parfois du mal à les différencier. D’après mon expérience, c’est particulièrement vrai pour les apprenants russes, mais pas exclusivement.

Il est aussi intéressant de savoir que les Français du Sud de la France utilisent ce son beaucoup plus que les Français du Nord. Moi, je prononce rose /ʁoz/ ; mes amis du Sud de la France prononcent /ʁɔz/. Le [o] devient très souvent [ɔ] en France méridionale. Quand je parle de prononciation, je me base sur la mienne, mais soyez conscients qu’elle n’est pas universelle et qu’il y a beaucoup d’accents régionaux.

Le son [ɔ] peut s’orthographier de plusieurs façons, la plus commune étant tout simplement o.

  • o : sport, porte, école, catastrophe, bonne
  • u : album, maximum, aluminium, podium
  • oo : alcool, alcoolo, indoor

Voici une petite dictée et la semaine prochaine, on mélangera les deux sons, [o] et [ɔ].

Pour vérifier, c’est ici.