Promeneur de chien à Londres

Je ne sais pas vous, mais moi, cette semaine m’a paru interminable. J’ai passé la journée de mercredi à actualiser mon téléphone, plusieurs de mes élèves avaient CNN allumé avec le son coupé pendant les cours, et beaucoup avaient du mal à se concentrer. Jeudi et vendredi sont passés très lentement aussi.

J’étais complètement dépitée mercredi en voyant que tant de personnes étaient encore prêtes à soutenir un idiot misogyne et raciste et même si la victoire des Démocrates me laisse un gout amer car je l’aurais aimée écrasante, je suis tout de même vraiment soulagée. Après avoir lu l’excellent livre de Laura Bates, Men Who Hate Women la semaine dernière, je m’étais dit qu’il n’était vraiment pas impossible d’assister à la réélection de cet abruti, mais on n’est jamais vraiment préparé au pire je pense, même si l’on essaie. La vue des chiffres m’a totalement déprimée. Mais ouf, le pire a été évité et une femme est devenue vice-présidente des États-Unis, et ça, c’est vraiment bon.

Je ne vais pas proposer d’analyse politique car plein de gens beaucoup plus qualifiés que moi pour ça le font déjà. Je ne vais pas parler de COVID non plus car tout le monde le fait déjà aussi.

Je vais vous proposer un court article pour faire une petite analyse des prépositions. J’ai aussi mis en évidence les participes passés adjectifs. À priori, pas trop difficile, mais n’allez pas trop vite quand même. Demandez-vous si vous auriez bien utilisé ces prépositions et essayez d’énoncer les règles pour chacune. Par exemple, pourquoi dit-on AU Royaume-Uni, et pas EN ou À ? (qui sont des prépositions parfois utilisées par les apprenant.e.s) Auriez-vous écrit “plus DE 30,000 euros“, ou auriez-vous écrit “*plus QUE 30,000 euros” ? (erreur très très fréquente) Etc.

Par ailleurs, si vous êtes à Londres et à la recherche d’un emploi… 😉

L’accord du participe passé – deuxième partie : les verbes pronominaux

La semaine dernière, j’ai commencé à expliquer l’accord du participe passé. Comme le post contenait beaucoup d’informations, j’avais décidé de garder le cas spécifique des verbes pronominaux pour plus tard. Nous y voilà donc !

Les verbes pronominaux sont donc les verbes avec “se” dans leur infinitif. Par exemple : se laver, se réveiller, se parler, se demander, se taire, se souvenir, s’évanouir, etc.

Rappelons tout d’abord que les verbes pronominaux se conjuguent toujours avec l’auxiliaire être.

Ensuite, il faut distinguer les verbes qui sont essentiellement pronominaux de ceux qui ne le sont pas. Un verbe essentiellement pronominal est un verbe qui n’existe qu’à la forme pronominale.

Se laver n’est pas un verbe essentiellement pronominal car le verbe laver existe également. On peut dire que l’on s’est lavé (du verbe se laver) ou que l’on a lavé ses chaussettes (du verbe laver).

Se souvenir, au contraire, est un verbe essentiellement pronominal. On ne peut que se souvenir de quelque chose. On ne peut jamais *souvenir quelque chose. Cette forme verbale n’existe pas.

Quelques verbes essentiellement pronominaux : se souvenir, s’évanouir, s’écrier, s’enfuir, s’absenter, se méfier, se soucier, s’envoler, se suicider, s’époumoner, se raviser, s’obstiner, s’insurger, s’évertuer, s’entraider, se rebeller, etc.

  • Toutes les filles se sont suicidées dans le film de Sofia Coppola.
  • Elle s’est absentée pendant un mois.
  • Ils se sont insurgés contre le gouvernement.

POUR LES VERBES ESSENTIELLEMENT PRONOMINAUX, LE PARTICIPE PASSÉ S’ACCORDE TOUJOURS AVEC LE SUJET.

Le pronom des verbes essentiellement pronominaux ne représente rien de spécial dans la phrase et n’a pas de fonction syntaxique, contrairement au pronom des autres verbes pronominaux.

Emma et John se sont rencontrés l’an dernier. = se représente l’un et l’autre, Emma et John. Il est COD du verbe rencontrer. Se rencontrer n’est pas un verbe essentiellement pronominal. Emma a rencontré John. John a rencontré Emma.

Les verbes essentiellement pronominaux n’ont pas de COD.

Certains verbes pronominaux ont un sens complètement différent à la forme pronominale du sens qu’ils ont à la forme non pronominale. Ces verbes vont suivre les mêmes règles que les verbes essentiellement pronominaux. C’est le cas de verbes tels que s’apercevoir, s’entendre, se tromper, s’ennuyer, etc. Dans certaines grammaires, ces verbes sont appelés verbes de sens indistinct et sont expliqués comme étant ceux pour lesquels il est difficile de départager la part d’activité et la part de passivité du sujet. Si cela vous aide, retenez ceci, mais ce n’est pas forcément évident en ces termes, il me semble. Mais pour ces verbes, ce qu’il est plus facile de repérer, c’est que le pronom n’a aucun rôle syntaxique. Il n’est ni COD, ni COI.

  • Elle s’est aperçue de son erreur.
  • Les deux enfants se sont bien entendus.
  • Ils se sont trompés sur beaucoup de questions.
  • Elle s’est plainte auprès de la direction.

Parlons maintenant des verbes occasionnellement pronominaux, tels que se laver, se baisser, se réveiller, se former, se permettre, se parler, s’appeler, se téléphoner, etc.

La règle à suivre est la même que pour le participe passé avec l’auxiliaire avoir : s’il n’y a pas de COD, on n’accorde pas. S’il y a un COD, on accorde le participe passé avec le COD s’il est placé avant le verbe, on n’accorde pas s’il est placé après le verbe.

Petite démonstration :

Elle s’est lavée. Elle s’est lavé les mains.

Ces phrases sont toutes deux correctes. Pourquoi ?

Dans la première, on se pose la question : elle a lavé quoi / qui ? On répond : elle-même. s’ est le COD du verbe laver et représente elle. Il est placé avant le verbe = on accorde au féminin singulier.

Dans la deuxième, on se pose la question : elle a lavé quoi / qui ? On répond : ses mains. Ses mains est le COD du verbe laver. Il est placé après le verbe = on n’accorde pas.

POUR LES VERBES OCCASIONNELLEMENT PRONOMINAUX, ON APPLIQUE LES MÊMES RÈGLES QU’AVEC L’AUXILIAIRE AVOIR.

L’accord du participe passé – première partie

Il serait peut-être temps que j’écrive quelque chose sur ce sujet épineux ! Je ne l’ai pas fait avant car la plupart de mes étudiant·e·s avancé·e·s ont l’air d’avoir bien compris ces règles et mêmes s’ils et elles font de petites erreurs occasionnellement, j’ai souvent l’impression que j’en entends plus dans la bouche de Français et que j’en relève plus dans les journaux français en ligne que chez mes étudiant·e·s.

Partons donc de la règle la plus simple et voyons où cela nous mène !

L’accord du participe passé employé sans auxiliaire

  • des devoirs faits à la dernière minute
  • une chanson chantée magnifiquement
  • un verre bu vite fait
  • des filles habillées en sorcières

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE NOM AUQUEL IL SE RAPPORTE

L’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire ÊTRE – verbe non pronominal

  • Elle est partie tard hier soir.
  • Lisa et Maria sont rentrées chez elles.
  • Jules est arrivé ce matin.
  • Les jumeaux d’Ewa sont nés le mois dernier.

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE SUJET

L’accord du participe passé avec l’auxiliaire AVOIR

  1. On n’accorde JAMAIS le participe passé avec le sujet si l’auxiliaire est avoir.
  2. On commence par repérer le complément d’object direct (COD). Pour celles et ceux qui ne sont pas très sûr·e·s, on part du verbe et on pose la question quoi ? ou qui ? Par exemple :
  • Je mange une pomme : je mange quoi ? une pomme – une pomme est donc le COD du verbe manger.
  • J’ai vu Julie hier : j’ai vu qui ? Julie – Julie est le COD du verbe voir.

Le COD est toujours lié au verbe, et il est lié directement au verbe, sans préposition, c’est-à-dire sans à, de, par, etc. Il complémente le verbe.

Si le COD est placé après le verbe dans la phrase :

  • Elle a mangé tous les bonbons.
  • Elles ont regardé des films toute la nuit.
  • Il a sorti les poubelles.
  • Ils ont lu des livres.

→ ON N’ACCORDE PAS LE PARTICIPE PASSÉ

Si le COD est placé avant le verbe dans la phrase :

  • Les bonbons, elles les a tous mangés. (elles ont mangé quoi ? les bonbons – les = pronom COD qui remplace les bonbons : placé avant le verbe)
  • Les poubelles, il les a sorties. (il a sorti quoi ? les poubelles – les = pronom COD qui remplace les poubelles : placé avant le verbe)
  • J’ai regardé l’émission que tu m’avais recommandée. (j’ai regardé quoi ? l’émission – que = pronom relatif qui remplace l’émission : placé avant le verbe)

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE COD

DIFFICULTÉS

  1. Attention à ne pas confondre les pronoms COD et COI (me, te, nous, vous) : Il nous a appelés (nous = COD : il a appelé qui ? – construction directe) VS Il nous a téléphoné (nous = COI : il a téléphoné à qui ? – construction indirecte)
  2. Pas d’accord si le pronom COD est EN : Des films, j’en ai regardé toute la nuit. Des pommes, j’en ai mangé toute la semaine. Des livres, j’en ai lu beaucoup.
  3. Pas d’accord si on a un verbe impersonnel : Quelle chaleur il a fait cet été !
  4. Pas d’accord avec les structures FAIRE + infinitif et LAISSER + infinitif : Ma voiture était cassée alors je l’ai fait réparer. Mes chaussures ? Je les ai laissé sécher dehors.
  5. Probablement la difficulté la plus difficile à saisir : quand on a les verbes VOIR, REGARDER, ENTENDRE, ECOUTER, SENTIR, ENVOYER + INFINITIF, le participe passé s’accorde avec le COD quand celui-ci est également le sujet de l’infinitif. Vous vous dites, hein ??? Pas de panique, moi aussi je me le dis souvent et c’est probablement la règle que j’ai le plus de mal à retenir et pour laquelle il faut que je me concentre le plus. Je reviens toujours aux exemples que j’avais appris il y a très longtemps :
  • L’actrice que j’ai vue jouer était géniale. (actrice = sujet de jouer et COD de voir : on accorde)
  • La pièce que j’ai vu jouer était de Molière. (la pièce = COD de jouer. Le sujet de jouer est sous-entendu = les acteurs)

Pour la première phrase, on se demande : j’ai vu quoi/qui ? l’actrice. Est-ce que c’est elle qui chantait ? Oui. = on accorde.

Pour la deuxième phrase, c’est plus ambigu. On se demande : j’ai vu quoi/qui ? On peut répondre la pièce. Mais est-ce que la pièce jouait ? Non. On n’accorde pas.

Comme cela commence à faire long, je garde l’accord du participe passé avec les verbes pronominaux pour la semaine prochaine !

Rectification orthographique : participe passé de LAISSER

Je vais aujourd’hui parler de la règle E du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. J’applique cette règle depuis longtemps et je l’enseigne à mes étudiants, mais je ne savais pas qu’elle faisait partie de la réforme de l’orthographe.

Je sais que l’accord du participe passé peut être un casse-tête pour beaucoup, Français inclus. Mais comme je l’avais expliqué dans ce post, je ne pense pas que ce soit une règle plus difficile qu’une autre. Il suffit de l’apprendre, la pratiquer et la mémoriser. Elle crée des doutes parfois, même chez celles et ceux qui connaissent bien la grammaire, alors c’est bon de réviser les règles de temps à autre. Je pense pouvoir dire que je connais très bien la grammaire, mais il m’arrive de douter. Surtout si je dois utiliser une règle à laquelle je n’avais pas réfléchi depuis longtemps.

La règle d’aujourd’hui est très facile : le participe passé laissé suivi d’un infinitif est invariable quand il est utilisé avec l’auxiliaire avoir ou en emploi pronominal (se laisser). Vous connaissez peut-être cette règle avec le participe passé de faire. C’est exactement la même.

Quelques exemples :

  • Je les ai laissé refroidir avant de les servir.
  • Ils nous ont laissé sortir 10 minutes pour faire une pause.
  • Mes chaussures ? Je les ai laissé sécher dehors.
  • Nous nous sommes laissé tenter par un dernier verre.
  • Elle ne s’est pas laissé embrasser car il ne lui plaisait pas.

Système de santé français : analyse d’un article

Cette semaine, j’ai sélectionné un court article de France Info parlant de santé et comparant le système français au système américain – sans aller en profondeur du tout, mais ce n’est pas grave, car il nous intéresse linguistiquement avant tout.

Dans cet article, j’ai choisi de relever en jaune le vocabulaire de la santé, en vert, certains verbes, en bleu, des participes passés sans auxiliaire, et j’ai souligné des mots, expressions et tournures de phrases intéressantes à observer. Je vous laisse le soin de faire une analyse de tous ces éléments, car je ferai seulement quelques commentaires en dessous du texte.

  • Si vous ne vivez pas en France, vous ne savez peut-être pas ce qu’est une carte Vitale. C’est une carte d’assurance maladie du même format qu’une carte bleue (= carte de crédit) mais elle est verte et contient des informations relatives à la santé. La plupart des Français en ont une et je pense que les personnes résidant en France y ont également droit.
  • Savez-vous que l’Hexagone désigne la France ? Si vous observez la forme du pays sur une carte, vous pouvez distinguer six côtés.
  • Observez que l’on peut dire qu’un congrès s’est tenu quelque part, ce qui signifie qu’il a eu lieu quelque part.
  • Leary salue le système français. Cela veut-il dire qu’elle lui dit bonjour ?
  • Les cancérologues ont lancé une alerte : vous comprenez certainement cette expression, mais auriez-vous pensé à l’utilisé de vous-même ?
  • exercer : au lieu de dire qu’un docteur travaille à l’hôpital, vous pouvez dire qu’un docteur exerce à l’hôpital, car on peut “exercer la médecine”, et plus généralement “exercer un métier”.
  • plus… plus… et moins… : observez bien cette structure – plus + S + V, plus + S + V et moins + S + V – dans cet ordre !

Le prix du meilleur enseignant du monde

Cela fait seulement quelques années que je suis consciente qu’un tel prix existe. Et je dois avouer que ma première réaction avait été de penser que c’était ridicule. Comme tous les prix qui existent dans ce monde en fait, car c’est tellement subjectif. J’ai trouvé tellement de films ennuyeux alors qu’ils avaient obtenu des prix prestigieux. Il y a tellement de monde sur Terre, comment est-ce possible d’affirmer qu’une personne est la meilleure parmi plusieurs millions de personnes ? Puis il y a les médias qui m’énervent dans leur façon de traiter le sujet. Certains titrent “le meilleur enseignant du monde est kényan“. Ce genre d’affirmation m’agace terriblement. Je préfère le titre d’africanews.com, un Africain désigné meilleur enseignant du monde, ou celui de la BBC, le kényan Peter Tabichi, lauréat du Prix mondial du meilleur enseignant. Je n’ai pas compris pourquoi c’était classé dans la rubrique sports par contre… 🤔

Cependant, j’ai un peu changé d’avis sur ce prix. Je suis pour qu’on parle plus des profs et de ce qu’ils accomplissent, parfois avec très peu de moyens. Ils sont si peu valorisés dans certains pays, alors qu’ils sont essentiels à la société… c’est injuste. Et bien sûr, on pourrait dire la même chose d’autres professions tout aussi peu considérées et dont on ne pourrait pourtant pas se passer.

Peter Tabichi n’est probablement pas le seul prof qui mérite que l’on parle de lui, mais c’est un symbole, et d’après ce que racontent les journaux, il est vraiment inspirant et je suis contente qu’il ait obtenu cette reconnaissance.

Voici l’article de la BBC, dans lequel j’ai surligné en jaune les participes passés, en vert les participes présents et en bleu, les connecteurs, pour vous encourager à la lecture active. 😉


https://www.bbc.com/afrique/sports-47685512

Le participe passé fait parler de lui

C’est de loin le sujet d’actualité qui m’a le plus intéressée cette semaine. J’ai vu qu’ils en parlaient aussi dans certains journaux anglophones, mais en France cette semaine, c’est un grand débat, tout le monde en parle (quand je dis tout le monde, je veux dire les médias, qui racontent tous la même histoire, les uns après les autres).

Il paraîtrait donc que deux anciens profs de français belges militent pour réformer les règles d’accord du participe passé. Parce que c’est trop compliqué. Ils justifient leur demande en disant que de toute façon, l’accord du participe avec l’auxiliaire avoir quand le COD est placé avant le nom part d’une erreur et qu’il n’aurait jamais dû exister. Il paraît même que Voltaire était contre, d’après ce que j’ai entendu à la radio hier. 

Je n’ai pas fait de recherches et je ne sais pas si les règles d’accord sont parties d’une erreur ni si Voltaire a vraiment dit ce qu’ils disent qu’il a dit (et même si, il n’ a pas dit que des choses intelligentes au cours de sa vie, j’en suis certaine, et il ne m’influencera pas !) mais je ne suis pas sûre d’être emballée à l’idée d’une réforme. J’aime le participe passé et toutes les règles qui vont avec !

Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose de toujours vouloir simplifier le langage en général et la grammaire en particulier. Je trouve que les règles de grammaire font partie du charme de la langue française et je sais que je ne suis pas la seule à le penser ! D’ailleurs, un homme interrogé par la télé suisse dit exactement ça dans cette vidéo

Certes, beaucoup de francophones trouvent les règles d’accord difficiles, ainsi que beaucoup d’étudiants étrangers. Mais il y a aussi beaucoup de gens qui ont réussi à les comprendre, les apprendre et qui les applique sans problème. J’ai connu beaucoup d’étudiants qui savaient parfaitement utiliser les règles d’accord. Si on les apprend petit à petit, ce n’est pas plus difficile que de retenir quels noms sont féminins et quels noms sont masculins. Est-ce qu’on va un jour demander d’éradiquer le féminin (ou le masculin, mais je sais pas pourquoi, je pense que si le débat était soulevé, le féminin perdrait) sous prétexte que ça serait plus simple si tous les noms étaient masculins ? Comme ça, plus besoin d’accorder les adjectifs non plus. Et éradiquons toutes les exceptions aux règles aussi, parce que c’est vraiment compliqué de se souvenir de tout. Grrrr. 

J’espère que cette réforme n’aboutira pas de mon vivant ! Qu’ils forment mieux les profs pour qu’ils soient mieux équipés pour enseigner la grammaire ! 

Je suis en train de me rendre compte de quelque chose. Quand j’ai fait ma première formation pour devenir prof d’anglais, j’étais très étonnée de découvrir que mes collègues anglophones (anglais et australiens) ne connaissaient pas la grammaire de leur langue (pourtant beaucoup plus simple que la nôtre ). On m’avait expliqué que la grammaire n’était pas vraiment enseignée à l’école. J’étais choquée, car quand moi j’étais à l’école, on faisait beaucoup de grammaire. Je peux encore visualiser mon carnet de grammaire du CP (j’avais 5 ans, dans la classe de madame Lopez) et on avait une règle par page. Et je me souviens d’avoir fait de la grammaire continuellement en primaire et au collège. D’après ce que j’ai lu cette semaine, on ne ferait plus autant de grammaire à l’école en France. Donc, là encore, si c’est vrai, on a 10 ans de retard sur les US et le UK. On finit toujours par faire la même chose, plus ou moins 10 ans après.  Cependant, je crois qu’en Angleterre, ils ont fini par se rendre compte de leur erreur parce que les enfants auxquels je donnais du soutien scolaire à Londres faisaient tous de la grammaire et c’était du sérieux ! 

Je vais suivre de près l’évolution de ce débat et croiser les doigts pour qu’on laisse le participe passé tranquille et qu’on donne les moyens aux profs de pouvoir l’enseigner correctement !