L’humour sexiste

Selon notre culture et le pays où nous vivons, nous sommes confrontés au sexisme plus ou moins fréquemment. Dans toutes ses formes. Bien que je ne vive plus en France depuis de nombreuses années, j’ai gardé une certaine connexion avec le pays et la culture, en partie pour mon travail et aussi parce que j’ai des amis français, qui vivent en France et un peu partout dans le monde.

Après avoir rejeté tout ce qui était français pendant quelques années après mon départ, je me suis remise à écouter des émissions de radio françaises, je regarde des vidéos françaises en ligne, je lis des livres français, je lis les journaux français, je regarde des films français et j’essaie de me tenir au courant de ce qui s’y passe. Surtout pour le travail, mais aussi par curiosité. J’essaie de suivre l’évolution de cette culture qui me paraît parfois si étrangère et si familière à la fois.

Quand j’ai quitté la France, j’avais une multitude de raisons et je savais que je n’y revivrais jamais. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie, mais je savais que je ne voulais plus y vivre. Il y avait tellement de choses qui me déplaisaient que j’avais du mal à l’expliquer clairement aux autres. Bien sûr qu’il était préférable de vivre en France que dans des pays en guerre ou contrôlés par la mafia et les trafiquants de drogue, mais moi, j’étouffais en France. Et le sexisme ambiant était une de ces choses qui m’étouffaient horriblement.

Je vais généraliser ici, et bien sûr qu’ils ne sont pas tous pareils, mais de mon point de vue, l’homme français est très imbu de lui-même et quand il se comporte en gros lourd avec une femme, il pense qu’il est charmant et que s’il insiste, elle finira par être d’accord avec lui. Et il y a tous ces “humoristes” qui se trouvent hilarants en faisant des blagues sexistes pas du tout subtiles. Ils existaient alors et ils existent encore. Il suffit de voir tout ce que Brigitte Macron s’est pris dans la tête dès que son mari s’est retrouvé sur le devant de la scène. Et ça continue deux ans après. Puis il y a cette tribune ridicule publiée dans le Monde quand le mouvement #metoo a commencé. Je ne tenais pas ce blog à l’époque, mais mes étudiants en ont entendu parler ! J’étais furieuse ! Je me disais qu’il n’y a qu’en France qu’on ne veut pas voir la réalité en face et que des femmes écrivent dans un journal national pour défendre le droit des hommes à importuner les femmes. Où l’on pense que les frotteurs du métro, ce n’est pas un vrai problème. Où les médias défendent un agresseur sexuel (DSK, alors directeur du FMI et futur candidat à la présidentielle française), sous prétexte que c’est juste un Don Juan et que les Américains ne peuvent pas comprendre l’amour à la française. Aaaaaargh !

Je compare la France avec d’autres pays occidentaux seulement. Mais en même temps, je ne me suis jamais fait emmerder au Vietnam, au Cambodge ou en Thaïlande, comme j’ai pu me faire emmerder en France. Peut-être que le fait que je sois plus grande que la population locale aide, et bien que ce ne soit pas forcément des pays modèles en matière d’égalité, dans la sphère publique, je ressens une certaine sécurité que je ne ressentais pas et ne ressens toujours pas en France.

Ma perception de la France à travers mes amis, les podcasts, la radio, la télé, les journaux, les humoristes, et les quelques fois où j’y suis retournée (3 fois l’an passé quand même !) n’est toujours pas très positive. Il y a quelque chose de foncièrement dérangeant pour moi dans la mentalité française. Et j’en reparlerai sûrement un paquet de fois dans de futurs posts car la liste est longue et je ne sais pas si la journée suffirait à tout énumérer.

Mais cette semaine, j’ai écouté un épisode du podcast Les couilles sur la table, diffusé en février 2018, dans lequel Victoire Tuaillon interviewait Laurent Sciamma, humoriste dont je n’avais jamais entendu parler et dont j’aimerais entendre beaucoup plus parler ! Un homme qui reconnaît qu’il vit dans un monde dans lequel son statut d’homme (blanc) lui donne des avantages évidents et qui remet en cause l’ordre établi en se moquant gentiment du mâle alpha. Cela fait longtemps que les humoristes anglophones dénoncent le patriarcat, cela fait longtemps que le sexisme est mal vu dans le monde anglo-saxon (ce n’est pas pour ça qu’il n’existe pas, mais au moins, on le dénonce de plus en plus et de plus en plus fort) et j’espère que pour une fois, on n’attendra pas 10 ans pour faire comme les Américains et les Anglais !

Le podcast dure 38 minutes, si vous avez le temps. Et voici une petite vidéo de Laurent Sciamma qui se moque gentiment des réactions de certains hommes au mouvement #metoo :

La glottophobie en France

Il y a quelques mois, je découvrais ce terme : glottophobie. Il avait fait l’actualité en France, lors d’un incident dont je parle brièvement dans ce post.

J’ai un peu changé d’opinion depuis. Comme sur beaucoup de choses en fait. Mon déménagement, ma nouvelle vie et le bazar que ça a été depuis le début, m’ont fait beaucoup réfléchir. Le fait que j’ai une vie sociale quasi inexistante m’a permis d’écouter beaucoup de podcasts et de lire beaucoup d’articles sur des sujets qui ont commencé à m’intéresser de plus en plus. J’ai toujours été sensible à la discrimination contre les femmes, à la façon dont on traite les handicapés, au racisme et à l’homophobie, mais je n’avais jamais vraiment pensé à toutes les autres sortes de discriminations qui existent. Étant une femme blanche et hétéro, née en occident, sans handicap visible, avec un corps qui correspond à la norme de ce qui est acceptable par la société patriarcale dans laquelle nous vivons, sans grave problème de santé mentale ou physique à part mes allergies alimentaires, sans accent régional ou autre signe particulier, les seules discriminations que j’ai subies et que je subis encore régulièrement sont dues au fait que je suis une femme (je laisse de côté le racisme dont je fais occasionnellement l’objet ici, parce que j’ai encore du mal à l’analyser). Et cela me met dans une colère folle à chaque fois. Alors je suis de plus en plus consciente que si en plus d’être femme, on est noire et/ou homosexuelle, et/ou grosse, et/ou handicapée, etc, la vie doit être vraiment super frustrante et je pense que je ne peux même pas comprendre entièrement ce que vivent et ressentent ces femmes.

Alors maintenant, quand j’entends parler de discrimination, quelle qu’elle soit, je ne veux plus penser qu’on fait une montagne de tout pour pas grand-chose. Parce que même si la glottophobie concerne un nombre réduit de personnes, elle en concerne assez pour qu’on en parle. Et d’ailleurs, même si cela ne concernait qu’une personne, il faudrait quand même en parler ! C’est une véritable discrimination qui a longtemps été socialement acceptable. Jusqu’à récemment, c’était acceptable de refuser d’offrir un emploi à quelqu’un à cause de son accent. C’était socialement acceptable de se moquer de quelqu’un à cause de son accent ou de lui faire des commentaires désobligeants.

J’ai écouté un podcast super intéressant cette semaine sur ce thème, que je vous recommande vivement d’écouter : Programme B épisode 89, Glottophobie, façons de parler.

Académie française et féminisation des noms

Hier matin, comme souvent le matin en me réveillant, j’ai allumé mon téléphone et j’ai regardé vite fait les titres des journaux sur mon app avec laquelle je fais de la veille, pour voir s’il s’était passé quelque chose d’intéressant pendant que je dormais. En général, rien n’attire vraiment mon attention, mais là, un titre a retenu toute mon attention : Féminisation des noms : petite révolution à l’Académie française.

J’ai envie de dire : c’est pas trop tôt !

Ces vieux bonhommes que sont les académiciens ont enfin accepté de reconnaître que les femmes occupaient une vraie place dans la société, qu’elles pouvaient bien exercer le métier qu’elles souhaitaient, et que la langue devait refléter ce fait.

Apparemment, il y a des siècles, la langue française était beaucoup plus souple et la féminisation des noms était tout ce qu’il y avait de plus normal. Puis, au 17ème siècle, l’Académie a décidé de condamner l’usage des noms de métiers féminisés, comme le dit l’article, pour “renforcer les pouvoirs du masculin dans la langue”.

Et aujourd’hui, on reconnaît enfin aux femmes le droit d’avoir une place dans la langue, à égalité avec les hommes.

Moi je dis hourra ! Que ça continue comme ça ! Ils ont même poussé jusqu’à ne pas établir de liste nous dictant quels mots étaient acceptables ou pas. On va se baser sur l’usage. Il y a quelques mois, une de mes chères étudiantes me demandaient si l’on devait dire autrice ou auteure et je lui avais répondu “auteure”, car je n’avais jamais entendu “autrice” et le mot me semblait étrange. Après quelques recherches, j’avais trouvé qu’il existait mais je n’étais pas fan. Depuis, je l’ai entendu maintes fois et je l’aime ce mot maintenant. J’aime tous les mots qui incluent les femmes dans la langue française et qui leur donnent donc une vraie place dans l’esprit des gens et dans la société.

La féminisation de la langue est un véritable sujet politique et si le sujet vous intéresse, vous pouvez écoutez le podcast très intéressant qui se trouve sur la page de l’article et ici aussi, sur l’histoire de la féminisation des mots. Vous entendrez au début une scène qui s’est passée en novembre dernier au Sénat, et qui m’a fait halluciner. Au début, je pensais que ça se passait dans les années 70 ou 80. Mais non, c’était en 2018. En France. Où l’égalité hommes-femmes semble être un sujet qui dérange beaucoup. Les hommes surtout.

Un podcast qui parle des hommes

Je vous parlais le mois dernier du podcast Un podcast à soi qui parle des femmes et que je trouve formidable. Quand je l’ai découvert, j’avais aussi remarqué quelques autres podcasts qui me paraissaient intéressants et que je gardais au chaud pour plus tard. J’ai commencé à écouter ce podcast cette semaine. J’ai commencé avec l’épisode intitulé Contre la rhétorique masculiniste, et j’ai été immédiatement captivée.

Je le recommande vivement à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent aux questions de genre, au féminisme, à la place des femmes et des hommes dans ce monde, aux rapports humains, à la société, à la justice, et qui comme moi, aimeraient que plus de gens s’interrogent sur certains comportements qui ne devraient pas être acceptables et acceptés.

Et bien sûr, c’est très bon pour pratiquer votre compréhension orale !

Un podcast à soi

Sachant que mon accès à Internet serait réduit pendant les vacances, j’ai téléchargé plusieurs podcasts sur mon téléphone pour me tenir compagnie lors des longs trajets, car je suis incapable de lire en voiture.

J’avais téléchargé les trois premiers épisodes d’un podcast à soi que j’ai tous écoutés avec grande attention. Maintenant, j’ai hâte d’écouter les suivants. C’est un podcast qui donne la parole aux femmes. Rien ne m’a surprise dans le premier. Ce qui ne veut pas dire que rien ne m’ait mise en colère. Le deuxième et le troisième épisodes m’ont beaucoup fait réfléchir. Et j’ai hâte d’avoir le temps d’écouter les suivants.

Si la cause féministe vous intéresse, si vous espérez voir la société changer et la condition des femmes évoluer, si le sexisme ordinaire vous révolte, il y a de fortes chances que ce podcast vous plaise.

Et bien sûr, de temps à autre, pratiquez l’écoute active !

Podcast : Transfert

Je suis toujours à la recherche de ressources susceptibles d’intéresser mes étudiants et très souvent, ce sont eux qui me font découvrir des films, des séries ou des podcasts dont je n’avais jamais entendu parler. 

Sur les conseils d’une de mes formidables étudiantes, très active dans son apprentissage, j’ai écouté ce podcast. Pas trop long (22 minutes), il raconte l’histoire d’un jeune homme (en fait, c’est lui-même qui raconte son histoire) qui a développé une obsession pour ses voisins quelques années auparavant. 

En plus de pratiquer votre compréhension orale et d’enrichir votre vocabulaire, il y a matière à débattre sur les bienfaits et les méfaits des réseaux sociaux, la santé mentale, le monde moderne et comment y trouver sa place, etc. 

Je n’ai pas encore eu le temps d’écouter d’autres épisodes de Transfert, mais il y en a beaucoup et pour les étudiants souhaitant travailler leur écoute, ça permet d’écouter du français sur une variété de thèmes. 

Pensez bien à être actif lors de l’écoute, même si vous pensez tout comprendre. Vous n’avez pas besoin de l’être pendant tout le podcast, mais pendant 5 minutes au moins, forcez-vous à vraiment faire attention à tous les détails de la langue. Vocabulaire, grammaire, rythme, intonation, registre de langue, prononciation, etc. Essayez de tout remarquer. Asseyez-vous avec un papier, prenez des notes. 5 minutes, c’est peu, mais si vous le faites tous les jours, vous enrichirez votre français constamment, sans que cela vous demande trop d’efforts.

Bonne écoute !