Parties du corps : article défini VS adjectif possessif

Récemment, lors d’un cours, je me suis rendu compte qu’il fallait que je revoie cette règle car s’il est évident pour moi de choisir entre l’article défini et l’adjectif possessif, ce n’est pas toujours évident pour les apprenant·e·s, même les plus avancé·e·s.

En effet, on peut dire je me suis lavé les mains, j’ai lavé mes mains, j’ai mal au genou, mon genou me fait mal, j’ai teint mes cheveux, je me suis teint les cheveux en noir, etc.

Plusieurs choses doivent être prises en considération.

  • Sujet ou objet ?

Si la partie du corps est sujet, on emploie le possessif : mon genou me fait mal, mes yeux sont fatigués, mon nez a pris un coup de soleil… Cependant, souvenez-vous que nous sommes en français et qu’il n’est pas impossible que vous entendiez parfois l’article défini en sujet. Par exemple, si je dis “le genou me fait mal”, il est assez évident que je parle de mon genou, et l’article défini est donc possible. Dans ce cas, les deux sont possibles.

Si la partie du corps est object direct et que la relation de possession est évidente, on utilise l’article défini : j’ai mal à la tête (la mienne), elle a levé la main (la sienne), il a levé les yeux au ciel (les siens)… Il n’y a pas d’ambigüité sur le possesseur.

  • Qui fait l’action sur la partie du corps ?

Que vous fassiez l’action sur votre propre corps ou sur celui de quelqu’un d’autre, il faut utiliser l’article défini, mais quand c’est sur quelqu’un d’autre, vous devez également utiliser un pronom COI : je lui ai touché le bras (le sien), elle m’a attrapé la main (la mienne), il lui a écrasé le pied, etc.

Si vous dites : *J’ai touché le bras, on se demande le bras de qui ? *Elle a attrapé la main, la main de qui ? *Il a écrasé le pied, le pied de qui ?

  • Le nom est-il modifié par un adjectif (ou un équivalent) ?

Si le nom est modifié, il faut utiliser l’adjectif possessif : elle se brosse ses longs cheveux pendant 10 minutes tous les matins, il a écorché son dos musclé en faisant du sport (sans adjectif, on dirait plutôt : il s’est écorché le dos).

On utilisera l’article défini avec les adjectifs droit·e et gauche : il s’est écorché le genou gauche, j’ai mal à la main droite.

On pourrait en dire un peu plus à ce sujet et parler de l’article indéfini qui est également parfois adéquat, mais si vous savez cela, vous en savez déjà beaucoup. Une erreur assez fréquente que font les apprenant·e·s, c’est de calquer sur les structures anglaises et d’utiliser le possessif quand on doit plutôt utiliser le défini.

C’est ma faute OU de ma faute ?

On ne va pas parler de fautes d’orthographe ou de fautes de langage, mais de faute dans le sens de responsabilité. J’ai récemment hésité en voulant dire que quelque chose était ma faute. Devais-je dire que c’était ma faute ou de ma faute ? Instinctivement, j’avais envie de dire que c’était ma faute, mais j’avais l’impression que ce serait aussi correct de dire que c’était de ma faute.

J’ai donc fait quelques recherches et en fait on peut dire les deux ! Il semblerait que la construction sans de soit plus soutenue, et celle avec de plus courante, mais elles veulent dire exactement la même chose et sont toutes deux correctes.

Cependant, quand un complément de nom suit faute, on préfère ne pas utiliser de pour éviter la répétition. On dira donc que c’est la faute de Jérôme plutôt que c’est de la faute de Jérôme. Même si en fait, il n’est pas rare d’entendre la deuxième structure.

Il est également possible que vous entendiez que c’est la faute à Jérôme. Certaines personnes utilisent cette structure, qui appartient au langage familier, populaire. Je suis de plus en plus d’avis que l’on devrait avoir le droit de s’exprimer ainsi sans être jugé comme une personne ayant moins de valeur qu’une autre personne s’exprimant comme les livres de grammaire recommandent de le faire. Mais la vérité, c’est que si le français est votre langue maternelle et que vous vous exprimez ainsi, il y a de fortes chances que vous soyez jugé·e comme moins instruit·e par ceux et celles qui se croient supérieur·e·s car ils et elles ont une certaine maitrise de la grammaire. J’aime à penser que les Français sont plus tolérants avec les personnes qui parlent le français comme langue étrangère, mais j’ai quand même des doutes. Et à mon grand désespoir, je pense aussi que tout dépend de votre langue maternelle et de votre nationalité…