Brésil et végétarisme

Un petit article facile de Courrier International pour commencer l’année en douceur.

Étant végane depuis plus d’un an maintenant, ce genre d’information m’intéresse énormément. L’article n’est à priori pas très difficile, mais si vous n’êtes ni végétarien.ne, ni végane, il est possible que vous connaissiez mal le vocabulaire autour de ce thème (en vert dans le texte).

En plus du vocabulaire, j’ai mis en évidence des verbes (parfois accompagnés de prépositions) en rouge, des connecteurs (surlignés en bleu), une litote très courante en gras et en bleu, et j’ai surligné en jaune deux pronoms relatifs et un pronom complément.

Observez en prenant votre temps !

Un village qui change de nom

Les vacances approchent à grand pas, et dans le souci d’être à jour dans mon travail, je délaisse un peu le blog.

Mais voici un petit article dont vous pouvez faire l’analyse que j’ai préparée, et bien sûr, vous pouvez en faire plus (ou moins – mais quoi que vous fassiez, faites-le de façon appliquée, en toute conscience, sans vous presser !)

En rouge, quelques verbes à observer, en jaune, quelques prépositions ou locutions. Surlignées en rose, des collocations, c’est-à-dire des mots qui sont souvent combinés, que l’on retrouve souvent ensemble. Pour les mots en vert, je vous suggère de réfléchir à des synonymes. En violet, 6 pronoms relatifs (point de grammaire qui reste souvent sensible chez les étudiant.e.s avancé.e.s). Et en bleu, deux expressions fréquemment utilisées par les natifs, mais beaucoup moins par mes élèves.

Bonne analyse !

Avancées sociales en Suisse

J’ai vécu en Suisse entre 2004 et 2007. J’ai adoré ma vie en Suisse. J’y ai trouvé une certaine stabilité. J’ai travaillé pour des gens adorables qui ont restauré ma foi en l’humanité et qui m’ont permis d’avancer. Ce qui fait que j’ai longtemps tenu la Suisse pour le pays le plus chouette d’Europe.

Et je pense toujours que c’est un pays magnifique, avec des paysages époustouflants. Mais j’ai aussi beaucoup appris sur la Suisse ces dernières années, à travers ma soif d’apprendre grandissante sur toutes les questions féministes. Et j’ai découvert un pays très à la traine sur les questions sociétales. J’ai suivi d’assez près (même si je suis loin) les grèves des femmes en juin 2019. J’ai appris, entre autres, que les femmes avaient pu voter seulement à partir de 1971 et que dans un certain canton, elles n’avaient obtenu le droit de vote qu’en 1991. 😲

Je vivais dans une bulle quand je vivais en Suisse. C’est un pays riche. Je ne voyais pas la pauvreté. Je pensais naïvement qu’il n’y en avait pas vraiment. On pourrait dire que je n’étais pas fute-fute. Ou plutôt que je ne m’intéressais pas au monde comme je m’y intéresse maintenant. J’avais des problèmes à régler avec moi-même avant de pouvoir trouver l’espace mental pour m’intéresser aux autres je pense. Et c’est en fait en Suisse que j’ai trouvé cet espace. Alors ce pays aura toujours une place spéciale dans mon coeur.

Toutefois, je ne suis pas sure que j’aimerais y vivre à nouveau, sachant maintenant ce que je sais (et aussi, la vie y est vraiment très chère !) J’ai eu un certain nombre d’étudiant.e.s basé.e.s en Suisse depuis que j’enseigne en ligne. Les cours de français sont si chers là-bas que je suis une affaire apparemment !

Beaucoup de ces élèves m’ont confirmé qu’en effet, les mentalités pouvaient être un peu rétrogrades, et parfois très sexistes, et que c’était particulièrement visible dans le monde du travail. J’avoue que j’ai été très déçue quand j’ai appris tout ça.

Mais hier, un de mes formidables étudiants ayant vécu et étudié en Suisse a partagé avec moi un article du Temps, que j’ai copié et coloré ici pour que vous puissiez le lire de façon active, tout en vous réjouissant du progrès social que cette nouvelle représente !

Surlignés en bleu, des connecteurs et en jaune, des prépositions (demandez-vous à quoi elles sont rattachées et si vous auriez utilisé les mêmes). En rouge, des verbes et expressions verbales, en vert, du vocabulaire sur le thème du vote, et en violet, le pronom relatif QUI, après un pronom démonstratif et après une préposition (ces structures sont souvent mal maitrisées – si vous les trouvez difficiles, prenez le temps de les relever dans vos lectures et de les analyser).

Bonne analyse !

Bien utiliser AVANT et APRÈS

Je n’en finis pas d’être débordée, et j’ai aussi eu une migraine carabinée cette semaine qui m’a un peu fait perdre mon élan, d’où le peu de posts écrits dernièrement.

Alors je me suis dit que j’allais poster quelque chose d’utile aujourd’hui. Quelque chose sur quoi j’ai déjà écrit il y a plus de 2 ans. Un post que je continue à partager régulièrement avec les élèves qui semblent avoir besoin de réviser cette règle régulièrement.

Je ne recopie pas le post ici, mais voici la même chose, en plus colorée, que j’avais tenté de condenser dans un post pour Instagram.

L’emploi erroné de l’une de ces structures est une des erreurs que je corrige le plus souvent. Plusieurs fois par semaine. Voire tous les jours. Dans les écrits et à l’oral. Pourtant, mes élèves sont principalement de niveau avancé et dans l’ensemble plutôt fantastiques et très doué.e.s pour le français, avec des compétences grammaticales souvent impressionnantes. Mais cela montre bien que la répétition fréquente est essentielle et que corriger des fautes que l’on fait depuis longtemps peut prendre du temps. Des semaines, des mois, parfois des années, selon le contexte d’apprentissage et un tas d’autres facteurs.

Si vous faites des erreurs avec ces deux prépositions, essayez de vous concentrer dessus quelque temps, faites attention à chaque fois que vous les utilisez (on les utilise tout le temps, et remarquez quels sont vos réflexes. Essayez aussi d’analyser vos erreurs. Vous trompez-vous parce que vous traduisez de votre langue maternelle ? Ou parce que vous confondez les deux structures ? Ou pour une autre raison ? Abordez vos erreurs en étant pleinement conscient.e de ce qui se passe, cela vous aidera à les corriger plus facilement.

Pour info, j’essaie de me concentrer autant que possible sur un point particulier dans les posts que je crée pour Instagram, d’où l’absence du NE explétif dans la phrase avec “avant que”. Histoire de ne pas embrouiller plus les apprenant.e.s qui me suivent.

Promeneur de chien à Londres

Je ne sais pas vous, mais moi, cette semaine m’a paru interminable. J’ai passé la journée de mercredi à actualiser mon téléphone, plusieurs de mes élèves avaient CNN allumé avec le son coupé pendant les cours, et beaucoup avaient du mal à se concentrer. Jeudi et vendredi sont passés très lentement aussi.

J’étais complètement dépitée mercredi en voyant que tant de personnes étaient encore prêtes à soutenir un idiot misogyne et raciste et même si la victoire des Démocrates me laisse un gout amer car je l’aurais aimée écrasante, je suis tout de même vraiment soulagée. Après avoir lu l’excellent livre de Laura Bates, Men Who Hate Women la semaine dernière, je m’étais dit qu’il n’était vraiment pas impossible d’assister à la réélection de cet abruti, mais on n’est jamais vraiment préparé au pire je pense, même si l’on essaie. La vue des chiffres m’a totalement déprimée. Mais ouf, le pire a été évité et une femme est devenue vice-présidente des États-Unis, et ça, c’est vraiment bon.

Je ne vais pas proposer d’analyse politique car plein de gens beaucoup plus qualifiés que moi pour ça le font déjà. Je ne vais pas parler de COVID non plus car tout le monde le fait déjà aussi.

Je vais vous proposer un court article pour faire une petite analyse des prépositions. J’ai aussi mis en évidence les participes passés adjectifs. À priori, pas trop difficile, mais n’allez pas trop vite quand même. Demandez-vous si vous auriez bien utilisé ces prépositions et essayez d’énoncer les règles pour chacune. Par exemple, pourquoi dit-on AU Royaume-Uni, et pas EN ou À ? (qui sont des prépositions parfois utilisées par les apprenant.e.s) Auriez-vous écrit “plus DE 30,000 euros“, ou auriez-vous écrit “*plus QUE 30,000 euros” ? (erreur très très fréquente) Etc.

Par ailleurs, si vous êtes à Londres et à la recherche d’un emploi… 😉

Interférences au Pays de Galles

Comme je n’avais pas très envie de parler de COVID ou de politique, et que je ne disposais pas de beaucoup de temps, j’ai recherché un article court dans la rubrique “Insolites” pour une petite analyse, et je suis tombée sur cet article. Petite information locale atterrie dans Courrier International… Ce n’est pas vraiment intéressant à mon avis, mais même avec les articles les moins fascinants, on peut réfléchir à la langue et perfectionner son français.

On peut prêter attention au vocabulaire et/ou à la grammaire, aux connecteurs, aux prépositions, aux pronoms compléments, aux pronoms relatifs, etc.

Ici, j’ai choisi de mettre en évidence du vocabulaire autour du thème de l’article (en vert), des expressions fréquentes (en bleu), des verbes / formes verbales (en rouge), des connecteurs (surlignés en bleu) et la préposition “à” 2 fois pour vous forcer à vous demander à quoi elle correspond (ce n’est pas rare que les apprenant.e.s la remplacent par “de” ou “pour” dans leurs productions, ce qui est incorrect).

Le but de cet exercice est de vous forcer à ralentir et à observer la langue plus attentivement. Je vois trop de précipitation chez les apprenant.e.s avancé.e.s, ce qui cause souvent des malentendus et/ou qui leur fait commettre les mêmes erreurs pendant des semaines, des mois, voire des années. Si vous faites parfois des erreurs basiques alors que vous étudiez au niveau avancé, ralentissez ! Prenez votre temps et interrogez-vous sur ce que vous observez.

Porter un masque ou ne pas porter de masque ?

Je fais partie des personnes qui n’étaient pas emballées à l’idée de porter un masque quand la pandémie a commencé. Mais je vis dans un pays où cela fait partie de la culture de porter un masque quand on est malade, dans le souci de ne pas contaminer les autres. Ce qui est très civil quand on y pense, non ?

Comme je n’aimais pas le masque, j’ai passé trois semaines sans sortir au début du printemps. Puis j’en ai eu marre et je me suis adaptée. J’ai commencé par porter des masques jetables, car les masques en tissu me donnaient l’impression que je ne pourrais pas respirer. Je déteste avoir le nez obstrué. Et en fait, après quelque temps, c’est devenu normal. Les marchands de masques pullulent à Bangkok et moi, je leur achète des masques régulièrement. 🙂 C’est devenu un accessoire de mode et tout le monde en porte. Dans les transports publics et les magasins, le port du masque est obligatoire. On vous refuse l’entrée si vous venez sans masque. Et dans la rue, la grande majorité des gens en portent un.

Je ne sais pas pour sûr si cela a contribué au fait que le COVID ne s’est pas propagé ici alors que la Thaïlande est le premier pays où un cas avait été recensé en dehors de la Chine. Mais quand je vois l’attitude de certaines populations par rapport au port du masque et que je compare les données, je me dis qu’il est fort probable que le masque nous a protégés de l’épidémie ici.

De plus en plus d’articles sont écrits sur ce sujet. En voici un que vous pouvez analyser. Des verbes en rouge, du vocabulaire en vert, des prépositions en jaune, des connecteurs en bleu. Je n’ai pas tout relevé dans chaque catégorie. Seulement ce à quoi je recommanderais à mes étudiant.e.s avancé.e.s de prêter attention.

Passer du temps, avoir le temps, avoir du temps

  • J’ai passé le weekend à fêter mon anniversaire.
  • Il a passé son temps à se plaindre.
  • Elle a passé la semaine à essayer de résoudre ce problème.
  • Je n’ai pas eu le temps de faire mes devoirs.
  • J’ai n’ai pas eu assez de temps pour faire mes devoirs.
  • Je pense que j’aurai le temps de te téléphoner demain.
  • Je ne sais pas si j’aurai du temps pour te téléphoner demain.
  • Je n’ai jamais le temps de regarder la télé.
  • Je n’ai jamais de temps pour regarder la télé.

Toutes ces phrases sont correctes. Observez-les attentivement. Si vous vous dites que le français, c’est décidément compliqué, je n’irai pas vous contredire.

Mes élèves font régulièrement des fautes avec les prépositions dans ce type de structures, même les plus avancé·e·s.

Retenir :

  • passer du temps à + infinitif
  • avoir le temps de + infinitif
  • avoir du temps pour + infinitif

dont VS duquel

La semaine dernière, je parlais des pronoms relatifs composés dans ce post.

On m’a souvent demandé quand il fallait utiliser dont plutôt que duquel et vice versa et s’il y avait une explication logique.

Bien sûr qu’il y a une explication logique ! Et pas très difficile en fait.

Observez :

  • Je n’aime pas la façon dont tu me parles.
  • C’est le livre dont j’ai besoin.
  • Voici la peinture dont je suis très fière.
  • C’est l’hôpital en face duquel ma sœur habite.
  • C’est le fleuve le long duquel j’aime me promener.
  • C’est l’arbre à gauche duquel on a trouvé un trésor.

Ce qui perturbe les apprenant·e·s, et d’après mes observations, les locuteurs natifs parfois aussi, c’est le fait que dans les deux cas, la préposition DE est impliquée. On emploie dont pour remplacer un complément introduit par de, et duquel (desquels, desquelles, de laquelle) est la contraction de de + lequel (de + lesquels, de + lesquelles). Alors comment sait-on s’il faut utiliser dont ou duquel ?

Dans les 3 premiers exemples :

  • tu me parles d’une façon que je n’aime pas
  • j’ai besoin de ce livre
  • je suis fière de cette peinture

Dans les 3 derniers exemples :

  • ma sœur habite à côté de cet hôpital
  • j’aime me promener le long de ce fleuve
  • on a trouvé un trésor à gauche de cet arbre

Vous pouvez observer que l’on utilise duquel après un groupe prépositionnel et que dont remplace un complément de nom, un complément de verbe ou un complément d’adjectif.

Pas si difficile que ça ! 😉

Pronoms relatifs composés

Ces pronoms ont tendance à stresser mes élèves. Je m’en amuse un peu, car ces apprenant·e·s qui redoutent les pronoms relatifs ont souvent bien intégré des notions à mon avis bien plus compliquées.

Mais le fait qu’ils et elles s’inquiètent autant n’est pas si étonnant en réalité. Pour maitriser l’utilisation des pronoms relatifs composés, il faut surtout maitriser les constructions verbales. Puis il faut penser vite et anticiper, car le verbe dont va dépendre le pronom relatif sera prononcé plus tard dans la phrase. Une seconde plus tard tout au plus, mais plus tard tout de même.

Pour commencer, de quoi parle-t-on quand on parle de pronoms relatifs composés ?

Petit rappel important : un pronom est un mot qui remplace un nom, habituellement déjà mentionné dans la phrase ou dans une phrase précédente, dans le souci d’éviter la répétition. Plus rarement, il sera fait mention du nom plus tard dans la phrase.

Vous connaissez les pronoms relatifs simples : qui (sujet), que (COD), dont (remplace un complément introduit par de) et (complément de lieu ou de temps). Ils introduisent une proposition relative et on les utilise constamment.

Les pronoms relatifs composés s’utilisent après des prépositions et sont les suivants : lequel, lesquels, laquelle, lesquelles. Quand ils suivent la préposition à, ils deviennent auquel, auxquels, à laquelle, auxquelles. Et quand ils suivent une locution prépositionnelle (près de, à côté de, à droite de, au cours de, etc.), ils deviennent duquel, desquels, de laquelle, desquelles. Ils remplacent généralement des objets ou des concepts, mais peuvent aussi être utilisés pour se référer à des personnes, mais qui, à qui et de qui, etc. sont aussi corrects si l’on parle de personnes (voire plus facile si vous avez des doutes).

Maintenant, on arrive au moment où cela se complique. Quand doit-on les utiliser ?

  • C’est la raison pour laquelle je ne suis pas contente. – Raisonnement : Il m’a menti. Je ne suis pas contente pour cette raison.
  • Le spectacle auquel j’ai participé était intense. – Raisonnement : J’ai participé à ce spectacle.
  • Ils ont détruit le bâtiment à l’intérieur duquel on s’est rencontrés. – Raisonnement : On s’est rencontrés à l’intérieur de ce bâtiment.
  • C’est la femme pour laquelle il a tout quitté. = C’est la femme pour qui il a tout quitté. – Raisonnement : Il a tout quitté pour cette femme.

Quelques phrases tirées de l’actualité à analyser :

  • La nouvelle selon laquelle le taux de décès du coronavirus de Wuhan serait maintenant de 3,4% en a pris plus d’un par surprise.
  • Nous avons aussi programmé des jeux intervillages pour lesquels nous recherchons des communes volontaires.
  • Trois clés pour comprendre quelles sont les institutions auxquelles les Français font le plus confiance.
  • Ce geste auquel le pape François n’a pas pu résister.
  • … en face du navire à bord duquel se trouvent environ 2400 passagers et 1100 membres d’équipage.
  • Les plus contraignantes, au premier rang desquelles le confinement de millions de personnes, ont déjà été prises par la Chine.

Dans un prochain post, je parlerai de la différence entre dont et duquel, pas toujours très claire pour les apprenant·e·s.