C’est ma faute OU de ma faute ?

On ne va pas parler de fautes d’orthographe ou de fautes de langage, mais de faute dans le sens de responsabilité. J’ai récemment hésité en voulant dire que quelque chose était ma faute. Devais-je dire que c’était ma faute ou de ma faute ? Instinctivement, j’avais envie de dire que c’était ma faute, mais j’avais l’impression que ce serait aussi correct de dire que c’était de ma faute.

J’ai donc fait quelques recherches et en fait on peut dire les deux ! Il semblerait que la construction sans de soit plus soutenue, et celle avec de plus courante, mais elles veulent dire exactement la même chose et sont toutes deux correctes.

Cependant, quand un complément de nom suit faute, on préfère ne pas utiliser de pour éviter la répétition. On dira donc que c’est la faute de Jérôme plutôt que c’est de la faute de Jérôme. Même si en fait, il n’est pas rare d’entendre la deuxième structure.

Il est également possible que vous entendiez que c’est la faute à Jérôme. Certaines personnes utilisent cette structure, qui appartient au langage familier, populaire. Je suis de plus en plus d’avis que l’on devrait avoir le droit de s’exprimer ainsi sans être jugé comme une personne ayant moins de valeur qu’une autre personne s’exprimant comme les livres de grammaire recommandent de le faire. Mais la vérité, c’est que si le français est votre langue maternelle et que vous vous exprimez ainsi, il y a de fortes chances que vous soyez jugé·e comme moins instruit·e par ceux et celles qui se croient supérieur·e·s car ils et elles ont une certaine maitrise de la grammaire. J’aime à penser que les Français sont plus tolérants avec les personnes qui parlent le français comme langue étrangère, mais j’ai quand même des doutes. Et à mon grand désespoir, je pense aussi que tout dépend de votre langue maternelle et de votre nationalité…

La gueule de bois en Allemagne

Mon téléphone m’a suggéré de lire cette info récemment et le titre m’a assez interpelée pour que j’aie envie de voir ce qu’il en était. Je ne sais pas si le titre est tout à fait honnête, comme souvent, mais j’ai trouvé qu’il y avait assez d’éléments intéressants dans cet article pour avoir envie de le partager avec vous.

J’ai souligné le vocabulaire à observer, j’ai surligné en bleu les connecteurs, en rose les verbes et en vert les prépositions. Je ne me suis pas attardée sur les connecteurs et les prépositions, vous pouvez faire vos propres observations, mais j’ai analysé un peu plus le vocabulaire.

  • la gueule de bois : l’état dans lequel on se retrouve quand on a trop bu la veille (d’alcool, bien entendu)
  • désormais : connecteur qui veut dire à partir de maintenant
  • la cour : attention à l’orthographe (ne pas confondre cour avec court, cours, courre…). Dans le texte, on parle de la cour de justice. C’est la même orthographe que pour la cour de récréation.
  • statuer sur qqch : décider de – remarquez la préposition qui suit
  • prétendant : participe présent que l’on pourrait remplacer par la relative “qui prétend
  • une soirée trop arrosée : une soirée lors de laquelle on a trop bu d’alcool
  • tombe en pleine Fête de la bière : on peut employé le verbe tomber pour parler d’une date, d’un moment (= se produire) et quand qqch tombe en plein qqch, cela veut dire, en plein milieu de qqch, pendant, durant qqch.
  • l’autre côté du Rhin : façon de désigner l’Allemagne, le Rhin étant le fleuve qui coule entre la France et l’Allemagne
  • elle a estimé que… était… : observez la concordance des temps
  • un arrêt : un décret
  • statuant : Observez le participe présent et à quoi/qui il se réfère. Demandez-vous aussi s’il a la même fonction que le précédent et les suivants.
  • en appel : en justice, en appel veut dire que le cas avait déjà été jugé et que l’on a demandé un autre jugement
  • ont donné raison à : observez la structure
  • proposant : encore un participe présent équivalant à une relative (qui propose)
  • se remettre de qqch : de quoi d’autre peut-on se remettre ?
  • l’arrêté : la décision
  • concernant : un autre participe présent remplaçable par une relative (qui concerne)
  • explique, précisent : verbes déclaratifs
  • commercialisant : et encore un autre = qui commercialise
  • portés sur la boisson : façon de dire “qui boivent beaucoup trop” – quand on est porté sur qqch, c’est qu’on aime cette chose. Il y a généralement une connotation négative, de trop, d’abus.
  • un arrêt maladie : quand vous êtes trop malade pour travailler, le médecin peut vous donner un arrêt maladie. Ou vous pouvez décider de vous-même de vous mettre en arrêt maladie, c’est-à-dire de ne pas aller travailler car vous êtes malade.
  • pas si sûr : pas forcément
  • les Lorrains : les habitants de la Lorrain, région de l’est de la France
  • les Alsaciens : les habitants de l’Alsace, région de l’est de la France – Depuis le redécoupage des régions françaises, les deux régions font partie de la même région : le Grand Est.
  • faire la fête : s’amuser, souvent avec l’idée qu’il y aura de l’alcool

Les étudiants préfèrent lire sur papier

J’ai sélectionné cet article tout d’abord parce que le sujet m’intéressait et ensuite parce qu’il contient de nombreux éléments dont j’avais envie de parler aujourd’hui.

Pouvez-vous penser à point de grammaire qui pose problème aux étudiant·e·s quel que soit leur niveau et qui frustre tou·te·s les étudiant·e·s avancé·e·s ? Les prépositions !

Dans cet article, observez les verbes suivis de prépositions (en rose) et les prépositions associées à des noms (en jaune). J’ai aussi surligné les connecteurs en bleu. Disposant de peu de temps, je vais seulement développer un peu les verbes à la suite de l’article. Pour le reste, si les prépositions vous font vous arracher les cheveux, prenez le temps d’analyser pour vous-même !

  • continuer à faire qqch : est-ce la seule construction possible ? Non, évidemment. Vous avez peut-être déjà entendu ou lu continuer de faire qqch, qui est également correct (vous en avez d’ailleurs un exemple à la fin du texte). On peut aussi continuer qqch. Continuer ses études, sa route, un voyage, etc.
  • assister à qqch : être présent physiquement. On peut aussi assister qqn, c’est à dire l’aider.
  • recommandées par : qqch peut vous être recommandé par qqn. Ou vous pouvez recommander qqch/qqn à qnn. Qui dans ce cas aura été recommandé par vous.
  • il reste à savoir : structure impersonnelle, expression parfois utilisée sans le pronom sujet, qui signifie la question est, on a encore besoin de savoir…
  • plongée dans : quand on est vraiment à l’intérieur de qqch, pris par qqch, on peut dire qu’on est plongé dans…
  • faire partie de qqch : locution verbale très employée. Faites-vous partie d’un groupe ?
  • donner la priorité à qqch : on peut aussi donner la priorité à qqn. À quoi donnez-vous la priorité dans votre vie ? J’espère que vous donnez la priorité à votre santé !
  • il s’agit de : cette construction verbale impersonnelle est parfois mal employée par les étudiant·e·s car ils et elles oublient que le seul sujet possible de ce verbe, c’est “il” impersonnel. Dans le texte, on pourrait le remplacer par “lorsqu’il est question de lire des textes”. D’autres exemples avec ce verbe ? Vous n’avez pas très bien compris l’exercice. Il s’agissait de relier les synonymes, pas les contraires ! / De quoi s’agit-il ? Il ne s’agit de rien qui vous regarde ! / Quand il s’agit de boire, il est toujours partant !
  • être enclin·e à faire qqch : être disposé, prédisposé à faire qqch. On peut aussi être enclin à qqch. Il est enclin à la paresse = il a un penchant pour la paresse.
  • être face à qqch : on est en face de qqch mais face à qqch.
  • l’emporter par : ici, par introduit la cause. L’emporter = gagner, avoir le dessus. L’équipe du Chili l’a emporté sur l’Argentine par 10 points.
  • se focaliser sur : même sens et structure que se concentrer sur
  • être contenu dans : qqch est contenu dans autre chose
  • apprendre à faire qqch : on peut apprendre qqch, apprendre qqch à qqn, qpprendre qqch de qqn, apprendre à faire qqch (mais pas apprendre de faire qqch !)
  • être rompu à qqch : langage soutenu – si vous êtes rompu·e à qqch, c’est que vous êtes très expérimenté·e en qqch. Vous pouvez rechercher le verbe rompre ou le participe passé adjectif rompu, vous trouverez plusieurs sens
  • amener qqn à faire qqch : conduire, entrainer, pousser qqn à faire qqch
  • recommander de faire qqch : ah, revoilà le verbe recommander que l’on avait déjà croisé dans le premier paragraphe. Avec une structure différente. 😲

Maintenant, faites vos propres phrases avec ces verbes !

SANS + nom

La préposition SANS est habituellement directement suivie du nom, sans article entre les deux.

  • Elle m’a répondu sans hésitation.
  • Il travaille sans arrêt, ça va mal finir !
  • Ce prêt est remboursable en 10 mois sans frais.
  • J’aime bien les T-shirts sans manches.
  • On n’accuse pas sans preuve / preuves.
  • Elle réussit tout sans effort / efforts, c’est agaçant !

Le nom qui suit la préposition peut être singulier ou pluriel, cela dépend. Si c’est un concept qu’on ne peut pas compter, ou un objet que l’on peut compter mais qui est unique, on utilisera le singulier. On emploiera le pluriel si le nom renvoie à plusieurs éléments. Dans l’exemple du T-shirt, on sait qu’un T-shirt a deux manches ; on utilise donc le pluriel. Parfois, on peut choisir, comme dans les deux derniers exemples, selon que l’on considère qu’une preuve serait suffisante et l’effort un concept non comptable ou qu’il faudrait plusieurs preuves et que l’on peut quantifier les efforts. On peut très bien dire à quelqu’un de faire un effort ou de faire des efforts.

L’erreur que j’observe le plus souvent n’est cependant pas liée au singulier ou au pluriel du nom, mais au fait que les apprenant·e·s emploient un article, généralement indéfini, devant le nom. On ne peut pas dire que l’on aime *les T-shirts sans des manches.

Prépositions et États américains

Cela fait un moment que ça me taraude et que je me dis qu’il faut que je recherche la règle pour pouvoir être sure et arrêter d’avoir des doutes !

Après quelques recherches, je suis un peu soulagée de voir que la règle est bien celle que je pensais être, même si à l’oreille, j’ai parfois l’impression que ça sonne bizarre, ce qui me fait parfois hésiter.

C’est un peu comme pour les pays avec quelque chose en plus.

Pour les États de genre féminin (la Californie, la Virginie, la Géorgie, la Floride, La Caroline du Nord/Sud, la Louisiane, la Pennsylvanie) on utilise EN.

  • J’ai plusieurs amies qui vivent en Californie.
  • Je suis allée une fois en Floride.
  • Mon amie Sarah est prof en Louisiane.

Pour les États de genre masculin qui commencent par une voyelle, on utilise EN ou DANS L’ indifféremment. Sauf pour l’Alaska pour lequel on dit seulement en Alaska.

  • Il vit en Alabama. / Il vit dans l’Alabama.
  • Elle étudie en Illinois. / Elle étudie dans l’Illinois.
  • Je ne suis jamais allée en Arizona. / Je ne suis jamais allée dans l’Arizona.

Pour les États de genre masculin qui commencent par une consonne, on utilise AU ou DANS LE.

  • Jennifer habite au Nebraska et aime faire ses courses au Colorado. / Jennifer habite dans le Nebraska et aime faire ses courses dans le Colorado.
  • J’ai vécu au Michigan et au Maryland. / J’ai vécu dans le Michigan et dans le Maryland.
  • On peut manger des homards pas chers au Maine et au Rhode Island. / On peut manger des homards pas chers dans le Maine et dans le Rhode Island.

Hawaï est une ile et est donc traitée comme telle par la grammaire. On utilise À.

  • Je rêve d’aller à Hawaï.
  • J’essaie d’économiser pour m’offrir des vacances à Hawaï.

Pour les États ayant le nom d’une ville (New York, Washington) on dit DANS L’ÉTAT DE. Pareil pour DC.

  • Il fait froid en hiver dans l’État de New York.
  • Il pleut beaucoup dans l’État de Washington.
  • Il a une maison dans le District de Columbia.

Comme je le disais plus haut, certaines prépositions me semblent bizarres quand je les dis. Par exemple, j’ai vraiment vécu près de Détroit et de Baltimore et j’ai toujours dit dans le Michigan et dans le Maryland. Je trouve bizarre d’employer au. Dans le Texas et dans le Nevada me paraissent étranges, mais dans le Connecticut et dans le Delaware me paraissent naturels. J’ai récemment hésité sur quelle préposition utiliser avec Rhode Island, car j’avais envie de dire à, tout en sachant que ce n’était pas grammaticalement possible.

C’est peut-être dû au fait que j’entends plus souvent les uns que les autres, ou plutôt que je ne les entend pas assez, je ne suis pas sure ! Mais les règles sont celles énumérées ci-dessus !

Et bien sûr, pour déterminer si un État est féminin ou masculin, c’est comme pour les pays. Si l’État se termine par un E, il est féminin, à l’exception du Delaware, du Maine, du New Hampshire, du Tennessee et du Nouveau-Mexique. Cela fait plus d’exceptions proportionnellement mais vous pouvez juste mémoriser la liste des États féminins, elle est courte. Ajoutez la Virginie Occidentale aux 8 cités plus haut et la liste est complète. Donc, nous en avons 9 au féminin, 38 au masculin, 2 avec des noms de villes, et 1 ile. Avec DC en plus. Vous savez tout !

Prépositions – exercice

Trouvez-vous les prépositions difficiles en français ? Vous arrachez-vous les cheveux car vous vous demandez constamment s’il faut dire à, de, pour, par, dans, en, contre, avec, etc. ?

Sachez que vous n’êtes pas seul·e ! Les prépositions sont difficiles pour tou·te·s les apprenant·e·s. Et il n’y a pas de secret : pour qu’elles deviennent plus faciles, plus évidentes, il faut étudier et pratiquer, pratiquer, pratiquer. Se tromper, apprendre de ses erreurs et continuer à pratiquer !

Voici un article dans lequel j’ai retiré la plupart des prépositions. Saurez-vous les replacer ?

Vous pouvez télécharger l’exercice en pdf ici si vous le souhaitez et vérifier vos réponses avec l’article que vous trouverez ici.

Si vous avez des erreurs, analysez-les. Observez la structure qui vous a échappé. Demandez-vous pourquoi c’est cette préposition qui est correcte, et pas une autre.

Avoir confiance et faire confiance

Quelles prépositions suivent ces locutions verbales ? Êtes-vous hésitant·e ?

Si c’est le cas, vous n’êtes pas seul·e ! J’ai un cahier dans lequel j’essaie de noter les difficultés que rencontrent mes étudiant·es de niveau avancé et j’ai noté un tas de fois que ces deux locutions posaient problème.

On dira :

FAIRE CONFIANCE À QQN / QQCH :

  • Elle fait totalement confiance à sa fille.
  • Elle lui fait totalement confiance.
  • Fais-moi confiance, je ne dirai rien à personne.
  • Je fais confiance à ton jugement.

AVOIR CONFIANCE EN QQN / QQCH :

  • Aie confiance en moi !
  • Je n’ai confiance en personne.
  • J’ai confiance en ma bonne étoile.
  • La prof a confiance en mes capacités et pense que je vais réussir l’examen.

EN est la préposition la plus commune après avoir confiance, mais il est aussi possible de trouver DANS. Personnellement, je bloque toujours un peu avec avoir confiance dans, car cela sonne étrange à mes oreilles, mais je me suis déjà retrouvée dans la situation où en ne sonnait pas bien et dans beaucoup mieux. On utilisera toujours EN devant un pronom personnel : confiance en moi, toi, lui elle, nous, vous, eux, elles. DANS sera plutôt utilisé quand le nom qui suit est précédé d’un article, selon les recommandations des livres de référence. Pour ma part, j’utilise presque toujours EN, sauf devant les articles pluriel je crois.

  • Elle a confiance dans les médecins.
  • Ils ont l’un dans l’autre une confiance inébranlable. (Mais je dirais qu’ils ont confiance l’un en l’autre.)
  • J’ai confiance dans l’avenir. (Mais je dirais aussi que j’ai confiance en l’avenir – les deux sont possibles.)

Pour bien commencer la semaine

Voici la troisième édition de 5 minutes, pas plus ! Préparez vos chronomètres et essayez de trouver 3 mots pour chaque catégorie en 5 minutes. Si c’est trop court, vous pouvez évidemment vous accorder un peu plus de temps, mais le but, c’est de faire fonctionner vos méninges aussi rapidement et efficacement que possible en français !

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Je lui parle VS Je pense à lui

Voici un point de grammaire qui pose souvent problème. Pourquoi dit-on “je lui parle” mais ne peut-on pas dire “*je lui pense” ?

En fait, je ne savais pas vraiment l’expliquer quand j’ai commencé à enseigner. J’avais l’impression que mes livres de grammaire évitaient le sujet ou ne l’expliquaient pas clairement. Du coup, je me disais, et je disais à mes élèves qu’il fallait tout simplement mémoriser quels verbes fonctionnaient avec un pronom complément placé avant le verbe et quels verbes fonctionnaient avec un pronom tonique.

Puis, la magie d’Internet a fait son effet. J’ai lu beaucoup de bêtises, mais j’ai fini par trouver ce que je cherchais !

Qu’ont en commun ces verbes : parler à, proposer à, téléphoner à, apporter (qqch) à, envoyer (qqch) à, prêter (qqch) à, offrir (qqch) à, etc. ?

Et ces verbes : penser à, s’intéresser à, s’habituer à, tenir à, faire attention à, être opposé à, s’associer à, etc. ?

Ce qui compte, c’est le type d’objet indirect qui peut suivre le verbe.

Les verbes de la première liste peuvent seulement être suivis d’un objet qui représente une/des personne·s, ou un être animé (car ça marche avec les animaux aussi). On parle à qqn, pas à qqch. On téléphone à qqn, pas à qqch. On offre qqch à qqn, pas à qqch. Etc.

Dans ce cas, on utilise les pronoms COI (me, te, lui, nous, vous, leur) qu’on place directement devant le verbe.

  • Je parle à mon chat. = Je lui parle.
  • Je téléphone à mes parents. = Je leur téléphone.
  • J’offre des fleurs à ma voisine. = Je lui offre des fleurs.

Les verbes de la seconde liste peuvent être suivis d’un objet qui représente soit une personne, soit une chose. On peut penser à qqn et on peut aussi penser à qqch. On peut s’intéresser à qqn ou à qqch. On peut tenir à qqn ou à qqch. Etc.

Dans ce cas, on utilise les pronoms toniques (moi, toi, lui/elle/soi, nous, vous eux/elles) quand l’objet est une personne et “y” quand l’objet est une chose.

  • Je pense à mes enfants. = Je pense à eux.
  • Je pense à mon avenir. = J’y pense.
  • Je m’intéresse à cette fille. = Je m’intéresse à elle.
  • Je m’intéresse à la grammaire. = Je m’y intéresse.
  • Je tiens à mon mari. = Je tiens à lui.
  • Je tiens à mes livres. = J’y tiens.