Prépositions et États américains

Cela fait un moment que ça me taraude et que je me dis qu’il faut que je recherche la règle pour pouvoir être sure et arrêter d’avoir des doutes !

Après quelques recherches, je suis un peu soulagée de voir que la règle est bien celle que je pensais être, même si à l’oreille, j’ai parfois l’impression que ça sonne bizarre, ce qui me fait parfois hésiter.

C’est un peu comme pour les pays avec quelque chose en plus.

Pour les États de genre féminin (la Californie, la Virginie, la Géorgie, la Floride, La Caroline du Nord/Sud, la Louisiane, la Pennsylvanie) on utilise EN.

  • J’ai plusieurs amies qui vivent en Californie.
  • Je suis allée une fois en Floride.
  • Mon amie Sarah est prof en Louisiane.

Pour les États de genre masculin qui commencent par une voyelle, on utilise EN ou DANS L’ indifféremment. Sauf pour l’Alaska pour lequel on dit seulement en Alaska.

  • Il vit en Alabama. / Il vit dans l’Alabama.
  • Elle étudie en Illinois. / Elle étudie dans l’Illinois.
  • Je ne suis jamais allée en Arizona. / Je ne suis jamais allée dans l’Arizona.

Pour les États de genre masculin qui commencent par une consonne, on utilise AU ou DANS LE.

  • Jennifer habite au Nebraska et aime faire ses courses au Colorado. / Jennifer habite dans le Nebraska et aime faire ses courses dans le Colorado.
  • J’ai vécu au Michigan et au Maryland. / J’ai vécu dans le Michigan et dans le Maryland.
  • On peut manger des homards pas chers au Maine et au Rhode Island. / On peut manger des homards pas chers dans le Maine et dans le Rhode Island.

Hawaï est une ile et est donc traitée comme telle par la grammaire. On utilise À.

  • Je rêve d’aller à Hawaï.
  • J’essaie d’économiser pour m’offrir des vacances à Hawaï.

Pour les États ayant le nom d’une ville (New York, Washington) on dit DANS L’ÉTAT DE. Pareil pour DC.

  • Il fait froid en hiver dans l’État de New York.
  • Il pleut beaucoup dans l’État de Washington.
  • Il a une maison dans le District de Columbia.

Comme je le disais plus haut, certaines prépositions me semblent bizarres quand je les dis. Par exemple, j’ai vraiment vécu près de Détroit et de Baltimore et j’ai toujours dit dans le Michigan et dans le Maryland. Je trouve bizarre d’employer au. Dans le Texas et dans le Nevada me paraissent étranges, mais dans le Connecticut et dans le Delaware me paraissent naturels. J’ai récemment hésité sur quelle préposition utiliser avec Rhode Island, car j’avais envie de dire à, tout en sachant que ce n’était pas grammaticalement possible.

C’est peut-être dû au fait que j’entends plus souvent les uns que les autres, ou plutôt que je ne les entend pas assez, je ne suis pas sure ! Mais les règles sont celles énumérées ci-dessus !

Et bien sûr, pour déterminer si un État est féminin ou masculin, c’est comme pour les pays. Si l’État se termine par un E, il est féminin, à l’exception du Delaware, du Maine, du New Hampshire, du Tennessee et du Nouveau-Mexique. Cela fait plus d’exceptions proportionnellement mais vous pouvez juste mémoriser la liste des États féminins, elle est courte. Ajoutez la Virginie Occidentale aux 8 cités plus haut et la liste est complète. Donc, nous en avons 9 au féminin, 38 au masculin, 2 avec des noms de villes, et 1 ile. Avec DC en plus. Vous savez tout !

Prépositions – exercice

Trouvez-vous les prépositions difficiles en français ? Vous arrachez-vous les cheveux car vous vous demandez constamment s’il faut dire à, de, pour, par, dans, en, contre, avec, etc. ?

Sachez que vous n’êtes pas seul·e ! Les prépositions sont difficiles pour tou·te·s les apprenant·e·s. Et il n’y a pas de secret : pour qu’elles deviennent plus faciles, plus évidentes, il faut étudier et pratiquer, pratiquer, pratiquer. Se tromper, apprendre de ses erreurs et continuer à pratiquer !

Voici un article dans lequel j’ai retiré la plupart des prépositions. Saurez-vous les replacer ?

Vous pouvez télécharger l’exercice en pdf ici si vous le souhaitez et vérifier vos réponses avec l’article que vous trouverez ici.

Si vous avez des erreurs, analysez-les. Observez la structure qui vous a échappé. Demandez-vous pourquoi c’est cette préposition qui est correcte, et pas une autre.

Avoir confiance et faire confiance

Quelles prépositions suivent ces locutions verbales ? Êtes-vous hésitant·e ?

Si c’est le cas, vous n’êtes pas seul·e ! J’ai un cahier dans lequel j’essaie de noter les difficultés que rencontrent mes étudiant·es de niveau avancé et j’ai noté un tas de fois que ces deux locutions posaient problème.

On dira :

FAIRE CONFIANCE À QQN / QQCH :

  • Elle fait totalement confiance à sa fille.
  • Elle lui fait totalement confiance.
  • Fais-moi confiance, je ne dirai rien à personne.
  • Je fais confiance à ton jugement.

AVOIR CONFIANCE EN QQN / QQCH :

  • Aie confiance en moi !
  • Je n’ai confiance en personne.
  • J’ai confiance en ma bonne étoile.
  • La prof a confiance en mes capacités et pense que je vais réussir l’examen.

EN est la préposition la plus commune après avoir confiance, mais il est aussi possible de trouver DANS. Personnellement, je bloque toujours un peu avec avoir confiance dans, car cela sonne étrange à mes oreilles, mais je me suis déjà retrouvée dans la situation où en ne sonnait pas bien et dans beaucoup mieux. On utilisera toujours EN devant un pronom personnel : confiance en moi, toi, lui elle, nous, vous, eux, elles. DANS sera plutôt utilisé quand le nom qui suit est précédé d’un article, selon les recommandations des livres de référence. Pour ma part, j’utilise presque toujours EN, sauf devant les articles pluriel je crois.

  • Elle a confiance dans les médecins.
  • Ils ont l’un dans l’autre une confiance inébranlable. (Mais je dirais qu’ils ont confiance l’un en l’autre.)
  • J’ai confiance dans l’avenir. (Mais je dirais aussi que j’ai confiance en l’avenir – les deux sont possibles.)

Pour bien commencer la semaine

Voici la troisième édition de 5 minutes, pas plus ! Préparez vos chronomètres et essayez de trouver 3 mots pour chaque catégorie en 5 minutes. Si c’est trop court, vous pouvez évidemment vous accorder un peu plus de temps, mais le but, c’est de faire fonctionner vos méninges aussi rapidement et efficacement que possible en français !

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Je lui parle VS Je pense à lui

Voici un point de grammaire qui pose souvent problème. Pourquoi dit-on “je lui parle” mais ne peut-on pas dire “*je lui pense” ?

En fait, je ne savais pas vraiment l’expliquer quand j’ai commencé à enseigner. J’avais l’impression que mes livres de grammaire évitaient le sujet ou ne l’expliquaient pas clairement. Du coup, je me disais, et je disais à mes élèves qu’il fallait tout simplement mémoriser quels verbes fonctionnaient avec un pronom complément placé avant le verbe et quels verbes fonctionnaient avec un pronom tonique.

Puis, la magie d’Internet a fait son effet. J’ai lu beaucoup de bêtises, mais j’ai fini par trouver ce que je cherchais !

Qu’ont en commun ces verbes : parler à, proposer à, téléphoner à, apporter (qqch) à, envoyer (qqch) à, prêter (qqch) à, offrir (qqch) à, etc. ?

Et ces verbes : penser à, s’intéresser à, s’habituer à, tenir à, faire attention à, être opposé à, s’associer à, etc. ?

Ce qui compte, c’est le type d’objet indirect qui peut suivre le verbe.

Les verbes de la première liste peuvent seulement être suivis d’un objet qui représente une/des personne·s, ou un être animé (car ça marche avec les animaux aussi). On parle à qqn, pas à qqch. On téléphone à qqn, pas à qqch. On offre qqch à qqn, pas à qqch. Etc.

Dans ce cas, on utilise les pronoms COI (me, te, lui, nous, vous, leur) qu’on place directement devant le verbe.

  • Je parle à mon chat. = Je lui parle.
  • Je téléphone à mes parents. = Je leur téléphone.
  • J’offre des fleurs à ma voisine. = Je lui offre des fleurs.

Les verbes de la seconde liste peuvent être suivis d’un objet qui représente soit une personne, soit une chose. On peut penser à qqn et on peut aussi penser à qqch. On peut s’intéresser à qqn ou à qqch. On peut tenir à qqn ou à qqch. Etc.

Dans ce cas, on utilise les pronoms toniques (moi, toi, lui/elle/soi, nous, vous eux/elles) quand l’objet est une personne et “y” quand l’objet est une chose.

  • Je pense à mes enfants. = Je pense à eux.
  • Je pense à mon avenir. = J’y pense.
  • Je m’intéresse à cette fille. = Je m’intéresse à elle.
  • Je m’intéresse à la grammaire. = Je m’y intéresse.
  • Je tiens à mon mari. = Je tiens à lui.
  • Je tiens à mes livres. = J’y tiens.

En avance, à l’avance/ d’avance/ par avance

Voilà encore des expressions qui posent souvent problème aux étudiants. Quelle préposition choisir avec avance ?

En général, on sait dire qu’on est en retard. Cela peut être un moyen mnémotechnique pour ne plus se tromper car en retard est le contraire de en avance. Si en retard veut dire plus tard que prévu, en avance signifie donc plus tôt que prévu.

  • J’arrive toujours en avance aux rendez-vous car je déteste être en retard.
  • Vous êtes en avance, veuillez patientez dans la salle d’attente.
  • Ta montre est en avance de 10 minutes. (ou : elle avance de 10 minutes)

À l’avance / d’avance / par avance signifient tous les trois par anticipation.

On peut préparer un repas à l’avance, préparer des vacances (longtemps) à l’avance, réserver des places de concert à l’avance. On peut s’y prendre à l’avance pour organiser un évènement.

On peut remercier quelqu’un d’avance ou par avance. Par avance est un peu plus soutenu.

Se rappeler / se souvenir

Ces deux verbes ont le même sens. Mais ils n’ont pas la même construction. On se rappelle quelque chose mais on se souvient de quelque chose.

Cependant, j’ai très souvent entendu des Français dire qu’ils se rappelaient *de quelque chose, alors il est facile se supposer que c’est correct d’utiliser la préposition avec se rappeler.

Mes étudiants ont tendance à plutôt utiliser le verbe se souvenir et à parfois oublier le de. Avec se souvenir, ou utilise toujours de.

Avec se rappeler, on utilise de seulement quand il est suivi d’un pronom tonique (moi, toi, lui, etc.)

Quelques exemples :

  • Je me souviens très bien de ces vacances. Il a fait chaud tout l’été.
  • Je me rappelle très bien ces vacances.
  • Tu te souviens de mon copain Nico ?
  • Tu te rappelles mon copain Nico ?
  • Elle ne se souvient pas de lui.
  • Elle ne se rappelle pas de lui.

Quelque chose de…

  • J’ai envie de manger quelque chose de sucré. 
  • Je ne veux pas regarder quelque chose de triste.
  • Il m’a dit quelque chose d’intéressant. 
  • Je voudrais essayer quelque chose de différent. 

Ces quatre phrases sont correctes. Toutefois, mes étudiants font souvent une ou deux erreurs avec cette structure. A votre avis, quelles sont-elles ?

La première, c’est qu’ils oublient le de. En anglais, on traduirait par something sweet, something sad, something interesting, something different. Pas besoin d’une préposition. D’où l’oubli en français . La deuxième, c’est qu’ils mettent parfois l’adjectif au féminin. Soit parce qu’ils raisonnent que chose est un nom féminin, soit parce qu’ils se réfèrent à un nom féminin et pensent qu’il faut accorder l’adjectif.

Mais quelque chose de est toujours suivi de l’adjectif masculin, comme c’est !

En deux jours ou dans deux jours ?

Les deux sont possibles, mais ils ne veulent pas dire la même chose !

En + durée :

  • J’ai lu ce livre en deux jours. 
  • Elle a couru le marathon en moins de 3 heures.
  • Il a avalé son dîner en 5 minutes.

Dans + moment dans le futur : 

  • Je pars en vacances dans quatre jours.
  • Dans trente ans, il sera à la retraite. 
  • Je t’appelle dans cinq minutes !

On utilise donc en pour parler de la durée d’une action et dans pour parler d’une action ou d’un état dans le futur, alors qu’en anglais, on utilise in dans tous les cas (ce qui est sûrement la raison pour laquelle vous vous trompez peut-être).