Bulles de voyage

Ma semaine de congé s’est bien passée, même si je dois avouer que c’était trop court et que j’aurais dû prendre un peu plus de temps pour me reposer. J’ai pris le train pour la première fois en Thaïlande. Bilan : la climatisation y est bien trop forte ! La prochaine fois, soit je mets un bonnet et une écharpe, soit je réserve une place dans un wagon non climatisé, si c’est possible. Même problème à l’hôtel. J’ai eu beau passer mon temps à éteindre la climatisation pendant la journée et à la régler sur 27 le soir, elle redémarrait automatiquement et changeait de température au cours de la nuit, ce qui signifie que je me réveillais chaque matin dans une chambre-frigo. Pas cool !

Mais à part ça, mon court séjour à Hua Hin a été plutôt plaisant. L’hôtel et la ville en général était plutôt déserts, et si cela n’était pas pour me déplaire, ça m’a aussi fait de la peine pour les commerçants locaux. Sans touristes, la vie est dure pour beaucoup de Thaïlandais.

J’ai lu ce court article hier, qui parle de bulles de voyage dont j’avais vaguement entendu parler. Je pensais que ce n’était pas une bonne idée et je suis assez contente qu’ils y aient renoncé pour l’instant. La Thaïlande a été le premier pays à détecter officiellement un cas de coronavirus en dehors de la Chine, mais le pays a plutôt bien géré la crise en fermant très rapidement ses frontières. Il y a aussi le fait que les gens sont habitués à porter des masques ici et que la majorité des gens l’ont fait dès le début, et les autres (comme moi) se sont vite adaptés.

J’ai décidé de partager l’article car il contient des collocations intéressantes, qui se retrouvent assez fréquemment dans la presse si vous y prêtez attention. La plupart de mes élèves qui travaillent au niveau C sont capables de très bien écrire, ont des connaissances avancées de la grammaire, mais ce qui leur fait souvent défaut, c’est le vocabulaire adéquat. Elles et ils disposent d’un vocabulaire étendu, connaissent un tas de synonymes, mais ce n’est pas toujours évident pour elles/eux de choisir le mot le plus adapté à la situation.

Je vous propose un petit exercice. J’ai effacé le verbe (ou le participe passé) dans chaque groupe en vert. Essayez de remplir les trous avec un mot qui vous parait adéquat. Et comparez ensuite avec l’original, plus bas.

J’ai aussi mis en évidence, en jaune, les pronoms relatifs et en bleu, les articulateurs logiques.

Comparez maintenant :

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Tout simplement noir

C’est le titre d’un film sorti en France la semaine dernière. J’ai hâte qu’il soit disponible en VOD car ce que j’en ai lu et entendu me donne très envie de le voir.

L’un des réalisateurs était l’invité du dernier épisode de Kiffe ta Race.

J’ai aussi trouvé cet article dont je partage ici le début. Cliquez pour lire la suite. L’article est non seulement intéressant de par son contenu mais aussi linguistiquement. Il se prête tout à fait à une analyse pour étudiant.e.s avancé.e.s. J’ai mis en évidence le vocabulaire du cinéma en vert et le vocabulaire des discriminations et de l’actualité récente en bleu. Les verbes en rouge sont intéressants à observer autant pour les temps que pour les constructions. Demandez-vous aussi si ce sont des verbes que vous auriez employés vous-même et si vous les auriez bien utilisés. J’ai surligné en jaune les pronoms relatifs et en bleu quelques connecteurs.

Prenez le temps de faire des analyses de temps en temps. C’est un exercice très enrichissant ! Cela vous force à ralentir, à approfondir, et à aborder la langue plus consciemment.

dont VS duquel

La semaine dernière, je parlais des pronoms relatifs composés dans ce post.

On m’a souvent demandé quand il fallait utiliser dont plutôt que duquel et vice versa et s’il y avait une explication logique.

Bien sûr qu’il y a une explication logique ! Et pas très difficile en fait.

Observez :

  • Je n’aime pas la façon dont tu me parles.
  • C’est le livre dont j’ai besoin.
  • Voici la peinture dont je suis très fière.
  • C’est l’hôpital en face duquel ma sœur habite.
  • C’est le fleuve le long duquel j’aime me promener.
  • C’est l’arbre à gauche duquel on a trouvé un trésor.

Ce qui perturbe les apprenant·e·s, et d’après mes observations, les locuteurs natifs parfois aussi, c’est le fait que dans les deux cas, la préposition DE est impliquée. On emploie dont pour remplacer un complément introduit par de, et duquel (desquels, desquelles, de laquelle) est la contraction de de + lequel (de + lesquels, de + lesquelles). Alors comment sait-on s’il faut utiliser dont ou duquel ?

Dans les 3 premiers exemples :

  • tu me parles d’une façon que je n’aime pas
  • j’ai besoin de ce livre
  • je suis fière de cette peinture

Dans les 3 derniers exemples :

  • ma sœur habite à côté de cet hôpital
  • j’aime me promener le long de ce fleuve
  • on a trouvé un trésor à gauche de cet arbre

Vous pouvez observer que l’on utilise duquel après un groupe prépositionnel et que dont remplace un complément de nom, un complément de verbe ou un complément d’adjectif.

Pas si difficile que ça ! 😉

Pronoms relatifs composés

Ces pronoms ont tendance à stresser mes élèves. Je m’en amuse un peu, car ces apprenant·e·s qui redoutent les pronoms relatifs ont souvent bien intégré des notions à mon avis bien plus compliquées.

Mais le fait qu’ils et elles s’inquiètent autant n’est pas si étonnant en réalité. Pour maitriser l’utilisation des pronoms relatifs composés, il faut surtout maitriser les constructions verbales. Puis il faut penser vite et anticiper, car le verbe dont va dépendre le pronom relatif sera prononcé plus tard dans la phrase. Une seconde plus tard tout au plus, mais plus tard tout de même.

Pour commencer, de quoi parle-t-on quand on parle de pronoms relatifs composés ?

Petit rappel important : un pronom est un mot qui remplace un nom, habituellement déjà mentionné dans la phrase ou dans une phrase précédente, dans le souci d’éviter la répétition. Plus rarement, il sera fait mention du nom plus tard dans la phrase.

Vous connaissez les pronoms relatifs simples : qui (sujet), que (COD), dont (remplace un complément introduit par de) et (complément de lieu ou de temps). Ils introduisent une proposition relative et on les utilise constamment.

Les pronoms relatifs composés s’utilisent après des prépositions et sont les suivants : lequel, lesquels, laquelle, lesquelles. Quand ils suivent la préposition à, ils deviennent auquel, auxquels, à laquelle, auxquelles. Et quand ils suivent une locution prépositionnelle (près de, à côté de, à droite de, au cours de, etc.), ils deviennent duquel, desquels, de laquelle, desquelles. Ils remplacent généralement des objets ou des concepts, mais peuvent aussi être utilisés pour se référer à des personnes, mais qui, à qui et de qui, etc. sont aussi corrects si l’on parle de personnes (voire plus facile si vous avez des doutes).

Maintenant, on arrive au moment où cela se complique. Quand doit-on les utiliser ?

  • C’est la raison pour laquelle je ne suis pas contente. – Raisonnement : Il m’a menti. Je ne suis pas contente pour cette raison.
  • Le spectacle auquel j’ai participé était intense. – Raisonnement : J’ai participé à ce spectacle.
  • Ils ont détruit le bâtiment à l’intérieur duquel on s’est rencontrés. – Raisonnement : On s’est rencontrés à l’intérieur de ce bâtiment.
  • C’est la femme pour laquelle il a tout quitté. = C’est la femme pour qui il a tout quitté. – Raisonnement : Il a tout quitté pour cette femme.

Quelques phrases tirées de l’actualité à analyser :

  • La nouvelle selon laquelle le taux de décès du coronavirus de Wuhan serait maintenant de 3,4% en a pris plus d’un par surprise.
  • Nous avons aussi programmé des jeux intervillages pour lesquels nous recherchons des communes volontaires.
  • Trois clés pour comprendre quelles sont les institutions auxquelles les Français font le plus confiance.
  • Ce geste auquel le pape François n’a pas pu résister.
  • … en face du navire à bord duquel se trouvent environ 2400 passagers et 1100 membres d’équipage.
  • Les plus contraignantes, au premier rang desquelles le confinement de millions de personnes, ont déjà été prises par la Chine.

Dans un prochain post, je parlerai de la différence entre dont et duquel, pas toujours très claire pour les apprenant·e·s.