Un seul mot suffit

Il y a quelques années, quand je vivais au Cambodge, ma chère amie Ewa, polonaise francophone, m’a montré une vidéo que j’ai trouvé hilarante. Je l’avais un peu oubliée jusqu’à récemment. Elle m’est revenue en tête car un de mes étudiants qui étudie au niveau intermédiaire a tendance à jurer quand il ne trouve pas ses mots en français, mais il jure en anglais ! Si les gros mots ne me dérangent pas du tout (ils me font plutôt rire en fait), je préfèrerais qu’ils soient en français pendant le cours de français. Ce que je lui ai suggéré et j’étais ravie de le voir s’exécuter dès le cours suivant. 🙂

Je lui avais envoyé cette vidéo pour rigoler un peu et je me suis dit qu’elle pourrait vous amuser aussi, si vous ne la connaissez pas encore. Elle est en anglais mais vous explique l’usage d’un mot français en particulier. Warning : strong language! 😉

Les cinq sens

Connaissez-vous le nom des cinq sens en français ?

On pourrait penser que quand on atteint un niveau avancé, on connaît ce vocabulaire, mais en fait, je me suis rendu compte récemment que ce n’était pas forcément le cas.

Alors voici un petit rappel :

  • le goût
  • l’odorat
  • l’ouïe
  • le toucher
  • la vue

Je ne doute pas que vous connaissiez les organes sensoriels, mais quels sont les verbes que vous évoquent les sens ?

  • La langue nous permet de sentir le goût. On peut savourer ou déguster des aliments. Goûter quelque chose veut dire qu’on mange quelque chose pour la première fois, qu’on l’essaie pour tester le goût. Si vous êtes aventureux, vous aimez probablement goûter à tout.
  • Le nez nous permet de sentir les odeurs, de les humer, les respirer, les flairer. On peut utiliser ce dernier verbe pour les humains, mais il est plutôt utilisé pour parler de l’odorat animal.
  • Les oreilles nous permettent d’entendre et d’écouter les sons. Le verbe ouïr existe, mais c’est un terme un peu vieux qui ne se dit plus vraiment. Cependant, si vous dites, par exemple, “j’ai ouï dire que vous alliez bientôt déménager“, c’est du langage soutenu.
  • La peau est l’organe du toucher. Tout le corps peut éprouver la sensation du toucher. Avec les mains, plus précisément, on peut tâter (un fruit par exemple) ou palper (le docteur nous palpe pour nous examiner).
  • Les yeux nous permettent de voir, de regarder, de contempler, d’observer, de remarquer, de discerner, etc.

La glottophobie en France

Il y a quelques mois, je découvrais ce terme : glottophobie. Il avait fait l’actualité en France, lors d’un incident dont je parle brièvement dans ce post.

J’ai un peu changé d’opinion depuis. Comme sur beaucoup de choses en fait. Mon déménagement, ma nouvelle vie et le bazar que ça a été depuis le début, m’ont fait beaucoup réfléchir. Le fait que j’ai une vie sociale quasi inexistante m’a permis d’écouter beaucoup de podcasts et de lire beaucoup d’articles sur des sujets qui ont commencé à m’intéresser de plus en plus. J’ai toujours été sensible à la discrimination contre les femmes, à la façon dont on traite les handicapés, au racisme et à l’homophobie, mais je n’avais jamais vraiment pensé à toutes les autres sortes de discriminations qui existent. Étant une femme blanche et hétéro, née en occident, sans handicap visible, avec un corps qui correspond à la norme de ce qui est acceptable par la société patriarcale dans laquelle nous vivons, sans grave problème de santé mentale ou physique à part mes allergies alimentaires, sans accent régional ou autre signe particulier, les seules discriminations que j’ai subies et que je subis encore régulièrement sont dues au fait que je suis une femme (je laisse de côté le racisme dont je fais occasionnellement l’objet ici, parce que j’ai encore du mal à l’analyser). Et cela me met dans une colère folle à chaque fois. Alors je suis de plus en plus consciente que si en plus d’être femme, on est noire et/ou homosexuelle, et/ou grosse, et/ou handicapée, etc, la vie doit être vraiment super frustrante et je pense que je ne peux même pas comprendre entièrement ce que vivent et ressentent ces femmes.

Alors maintenant, quand j’entends parler de discrimination, quelle qu’elle soit, je ne veux plus penser qu’on fait une montagne de tout pour pas grand-chose. Parce que même si la glottophobie concerne un nombre réduit de personnes, elle en concerne assez pour qu’on en parle. Et d’ailleurs, même si cela ne concernait qu’une personne, il faudrait quand même en parler ! C’est une véritable discrimination qui a longtemps été socialement acceptable. Jusqu’à récemment, c’était acceptable de refuser d’offrir un emploi à quelqu’un à cause de son accent. C’était socialement acceptable de se moquer de quelqu’un à cause de son accent ou de lui faire des commentaires désobligeants.

J’ai écouté un podcast super intéressant cette semaine sur ce thème, que je vous recommande vivement d’écouter : Programme B épisode 89, Glottophobie, façons de parler.

Parler de chaussures

Quand vous étudiez le français à un niveau avancé et souhaitez vous exprimer avec précision, il est nécessaire de connaître beaucoup de vocabulaire. Et il est important de l’utiliser pour le pratiquer. Ce que je vois souvent chez les étudiants et étudiantes qui préparent le DALF, c’est qu’ils et elles n’osent pas prendre trop de risques, de peur de se tromper, et par conséquent, utilisent un vocabulaire assez basique dans leurs exposés à l’oral.

C’est pourquoi il peut être intéressant de vous demander parfois si vous êtes capables de nommer 10 noms plus précis en partant d’un nom générique, tel que chien, chat, oiseau, chaussure, bruit, personne, magasin, nourriture, etc.

Voici un exemple avec le nom chaussure.

Dans cette liste, certains termes désignent un type particulier de chaussures (botte, par exemple), d’autres appartiennent au langage familier et signifie tout simplement chaussure (godasse, par exemple).

Selon le contexte, selon le ton de ce que vous dites ou écrivez, avoir un répertoire étendu de synonymes vous permettra d’adapter votre langage et d’être plus précis

Connaissez vous les noms ci-dessus ? Savez-vous distinguer ceux qui désignent un type de chaussure en particulier de ceux qui sont des synonymes mais appartiennent au langage familier ?

  • un soulier = une chaussure (je crois que ce terme est plus utilisé au Québec qu’en France – On le retrouve aussi dans la chanson Petit Papa Noël)
  • un mocassin : loafer
  • un escarpin : stiletto OR pump
  • une pantoufle : slipper
  • une mule : mule (facile !)
  • un sabot : clog
  • une botte : boot
  • une bottine : ankle boot
  • une sandale : sandal (facile !)
  • une espadrille : espadrille (encore facile !)
  • une savate : an old shoe or an old slipper
  • godasse, pompe, tatane, grolle, godillot et croquenot sont tous des termes familiers signifiant chaussure, les deux derniers désignant plutôt de grosses chaussures (on ne les utiliserait pas pour désigner des escarpins par exemple).

Pour ma part, les deux synonymes familiers que j’utilise le plus sont pompes et godasses, car je n’aime pas trop les autres. Et je me rends compte que j’ai complètement oublié de mettre des baskets dans ma liste, qui sont pourtant les chaussures que je porte le plus quand je ne porte pas de sandales ! Les baskets sont des chaussures de sport, que l’on peut porter pour faire du sport ou pour le confort !

Quelque

Quelque est un mot très utilisé par les étudiants, particulièrement pour former la locution quelque chose, qu’ils prononcent presque toujours /kɛlkǝʃoz/.

C’est correct, mais quand on parle, /kɛlkǝ/ devient souvent /kɛk/, notamment dans quelque chose et quelque part. C’est important de le reconnaître pour mieux comprendre les Français qui parlent vite !

Essayez, puis écoutez :

  • J’ai quelque chose à te dire.
  • J’aimerais bien aller quelque part ce week-end.
  • Tu veux quelque chose à boire ?
  • J’ai l’impression que tu me caches quelque chose.
prononcé /kɛlkǝ/
prononcé /kɛk/

C’est bidon !

Voilà donc une image représentant deux bidons. Mais savez vous que bidon peut avoir d’autres sens ?

Un bidon peut être un ventre.

  • Elle est enceinte de seulement deux mois mais elle commence déjà à avoir un petit bidon.
  • Ce petit garçon a un bidon bien rond et un visage bien joufflu.

Bidon peut aussi être un adjectif signifiant faux. Il est invariable.

  • Il nous a raconté une histoire complètement bidon hier soir.
  • Elle a toujours des excuses bidon.
  • J’aime pas ce mec. Il est bidon.

Qu’il signifie ventre ou faux, il appartient au registre familier. À ne pas utiliser pendant les examens ou dans vos écrits académiques !

On ou l’on

Quand on écrit, on peut parfois ajouter l’ devant on, par souci de style. Ce n’est pas une obligation, mais cela permet d’écrire dans un style plus soutenu. On le fait aussi à l’oral par souci d’éviter deux sons vocaliques qui se suivent et également pour éviter de prononcer /kõ/.

Quelques exemples :

  • Si l’on veut être en bonne santé, il faut manger équilibré.
  • Il y a toujours du bruit en Thaïlande, où que l’on aille.
  • Quoique l’on pense de lui, il n’est pas si désagréable que ça.
  • La Suisse est un pays l’on vit bien.
  • J’ai parlé à la personne à qui l’on est supposé demander des informations mais elle n’a pas su me répondre.

On évitera cependant d’utiliser le l’ devant le son /l/. Il sera préférable de dire : Si on lit des livres en version originale, on apprend beaucoup de vocabulaire. (plutôt que si l’on lit)