La réforme de l’orthographe

Peut-être n’en avez-vous jamais entendu parler ? C’est le cas de beaucoup d’étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé. Je m’en suis rendu compte car un des sujets que je fais travailler régulièrement pour la préparation du DALF C1 en PO, c’est un sujet sur la “nouvelle orthographe”. Je le mets entre guillemets car elle n’est pas si nouvelle que ça, mais pour une raison qui n’est pas claire pour moi (probablement politique), les médias en ont beaucoup parlé il y a 3 ans il me semble, comme s’ils n’en avaient jamais entendu parler avant. J’ai été très amusée en lisant la même réflexion dans le livre d’Eliane Viennot, dont j’ai parlé ici.

Les rectifications orthographiques datent en fait de 1990. J’étais très jeune, mais je m’en souviens. Je me souviens aussi qu’on nous avait dit que les changements n’étaient pas obligatoires et qu’on pouvait continuer à écrire selon les règles que l’on connaissait. Et cela montre assez bien que quand quelque chose n’est pas obligatoire, même si c’est pratique et devrait rendre les choses plus faciles à long terme, les Français sont vraiment réfractaires au changement. Je dis les Français, mais je suppose qu’on pourrait dire la même chose de beaucoup de peuples. Cependant, les Canadiens, les Belges et les Suisses ont depuis longtemps intégré la féminisation des noms de métiers à leur vocabulaire, et je n’ai pas encore assez lu pour savoir ce qu’il en est des Suisses et des Belges, mais les Canadiens ont l’air beaucoup plus en faveur des réformes orthographiques que les Français (d’après mes lectures récentes).

En France, en tout cas dans mon collège, puis dans mon lycée, aucun de mes profs, pas même ceux de français, ne m’a enseigné cette nouvelle orthographe. Je ne crois pas qu’elle soit très en pratique chez les journalistes de la presse écrite non plus. En lisant les premières pages du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, de Chantal Contant, linguiste et spécialiste des rectifications de l’orthographe du français, je me suis rendu compte que j’avais intégré certains éléments de la réforme au fil du temps, sans vraiment savoir à quelles règles me référer. J’avais repéré, entre autres, que je pouvais écrire évènement (plus logique, car il correspond ainsi à la prononciation – et pourtant le correcteur de WordPress ne semble pas le connaitre) à la place d’événement (pas de problème pour WordPress ici), que weekend pouvait s’écrire sans trait d’union (même si j’ai continué à le mettre automatiquement), et je savais qu’ognon était la nouvelle orthographe d’oignon, mais je ne peux pas dire que j’étais au courant des nouvelles règles.

J’ai acheté le livre de Chantal Contant il y a trois ans déjà, avec l’intention d’apprendre la nouvelle orthographe, mais jusqu’à la semaine dernière, je ne l’avais que brièvement feuilleté. Par manque de temps et aussi un peu par paresse. Je suis bonne en orthographe, ai-je vraiment envie de passer du temps à apprendre un tas de nouvelles règles pas obligatoires ? Et maintenant que je l’ai lu, je dois dire que je suis totalement en faveur de cette orthographe moderne, beaucoup plus logique et légèrement simplifiée. Ne rêvez pas trop, le français reste compliqué et plein de règles. Ceux qui disent que la réforme orthographique appauvrit la langue n’ont probablement pas lu les règles. Les rectifications n’appauvrissent pas la langue, mais la simplifie logiquement en rectifiant certaines anomalies et en apportant une certaine cohérence à travers des changements pertinents. Ce qui devrait rendre l’apprentissage de l’orthographe plus simple pour les natifs comme pour les étudiants étrangers !

Comme il est expliqué dans le livre (mon édition date de 2014), les dictionnaires n’appliquent pas tous les nouvelles règles et s’ils font mention de certaines rectifications, il n’est pas dit qu’ils les mentionnent toutes et l’autrice a relevé beaucoup d’incohérences dans plusieurs dictionnaires. Elle donne un petit tuyau pour savoir très vite si un dictionnaire est à jour : vérifiez comment le verbe bruler est orthographié (WordPress me le souligne ici en rouge…). Je l’ai toujours écrit avec un accent circonflexe. Mais en fait, la nouvelle orthographe recommande de l’écrire sans.

J’ai l’intention d’écrire des posts à l’avenir sur les différentes règles des rectifications orthographiques. Elles sont divisées en catégories et j’essaierai d’expliquer une règle à la fois, avec des exemples, à l’aide du livre. Cela me permettra de bien me les mettre en tête aussi ! Je les ai toutes lues et comprises, mais il faut que je m’habitue à les appliquer.

Si vous vous sentez prêt·e pour en digérer plusieurs à la fois, voire toutes d’un coup, et si vous souhaitez en apprendre plus sur l’orthographe française en général, vous pouvez visiter ces sites :

Chantal Contant autorise aussi la diffusion d’un résumé des règles. Je l’ai donc scanné et vous pouvez le télécharger ici.

Pratiquer le français avec un MOOC

Avez-vous déjà essayé de suivre un MOOC ? Savez-vous ce qu’est un MOOC ? C’est un Massive Open Online Course, autrement dit un cours diffusé sur Internet ouvert à tous.

Il y en a de nombreux en français et pour celles et ceux qui ont le temps, cela peut être un moyen amusant et différent de pratiquer le français tout en apprenant autre chose, et particulièrement de développer son vocabulaire dans un domaine spécifique.

Je dois avouer que je me suis inscrite à plusieurs MOOCs ces dernières années et que je n’ai en fait jamais trouvé le temps de pouvoir les suivre quand ils commençaient. À chaque fois, il y avait quelque chose qui m’empêchait de trouver quelques heures par semaine à dédier au cours. C’est dommage et j’espère pouvoir en faire l’expérience un jour, mais si vous avez un peu de temps et que vous comptez ces heures comme des heures d’étude du français, cela pourrait être un exercice intéressant.

Sur ce site, vous pouvez trouver des MOOCs dans plus de 40 domaines, du droit aux sciences, en passant par les langues et l’histoire, la santé et le développement durable, entre autres, proposés par diverses universités.

La semaine prochaine, vous pourriez commencer un cours sur le gaspillage alimentaire ou apprendre à tourner et monter un reportage pro avec votre smartphone. La semaine suivante, vous pourriez suivre un cours sur les mutations territoriales ou les concepts et méthodes en épidémiologie. Au mois de mai, vous pourriez étudier les défis et enjeux de la cybersécurité ou suivre un cours sur le tourisme ou la mode. Les possibilités sont multiples !

Faire des dictées

Les dictées permettent non seulement d’améliorer son écrit mais aussi sa compréhension orale, sa grammaire et son vocabulaire.

J’encourage tous mes étudiants à faire des dictées régulièrement. On en fait ensemble en cours de temps en temps et beaucoup d’entre eux utilisent ce site pour en faire plus. Vous pouvez l’utiliser sans créer de compte et commencer immédiatement. Vous pouvez aussi vous créer un compte gratuit et garder une trace de ce que vous avez fait.

Ce site est formidable car il propose une variété de dictées de différents niveaux, sur différents thèmes, avec des corrections en vidéo qui expliquent les points difficiles et vous permet de prendre conscience de ce que vous ne maîtrisez pas encore et que vous aurez peut-être envie de retravailler plus en détail. Ce sont pour la plupart des extraits de livres, très courts.

Ecrire en français n’est pas facile. J’ai rencontré peu d’étudiants qui pensaient le contraire. Il faut faire attention à tout quand on écrit. Ai-je bien conjugué mon verbe, accordé mon participe passé, accordé mon adjectif ? Ai-je bien choisi mes mots pour exprimer précisément les idées que je voulais transmettre ? Ai-je bien structuré mes phrases ?

Quand on fait une dictée, on travaille :

  • l’orthographe : bien sûr, c’est le but de cet exercice. Quand j’étais en primaire, on faisait des dictées toutes les semaines. Peut-être même tous les jours, je ne m’en souviens pas très bien. Si pour certaines personnes, l’orthographe est évidente, pour d’autres, c’est différent. Plus on voit/utilise les mots, plus on a de chance de les mémoriser. L’orthographe française n’est pas facile, mais on peut devenir très bon si on la travaille régulièrement. Les consonnes finales qui ne se prononcent pas et les doubles consonnes pourront un jour n’avoir aucun secret pour vous !
  • la grammaire : quand on fait une dictée, on se concentre sur la grammaire. Les dictées courtes sont plus faciles à relire et à analyser que les textes plus longs qu’on écrit parfois. L’exercice nous rend aussi plus conscient de la grammaire. C’est une des raisons pour lesquelles on le fait ! On vérifie que chaque verbe est bien conjugué, chaque adjectif bien accordé et on applique les règles de l’accord du participe passé !
  • le vocabulaire : parfois on ne comprend pas certains mots et quand on fait une dictée on doit tout écrire. Est-ce que ce mot nous rappelle un autre mot ? Peut-être sont-ils de la même famille. Si vous n’avez pas la moindre idée, essayez au moins d’écrire quelque chose qui soit phonétiquement logique. Puis, quand vous voyez le texte original, recherchez ce nouveau mot et empressez-vous de le réutiliser pour ne pas l’oublier !
  • la compréhension orale : il faut écouter avec attention. Entend-on un pluriel ou pas ? Si petit et petits se prononcent de la même façon quand ils sont seuls, il seront prononcés différemment dans “petit éléphant” et “petits éléphants“. Il faut prêter attention aux liaisons, aux pauses, à l’intonation pour être sûr de bien comprendre. Parfois, on a du mal à différencier les mots. Ai-je entendu Jean porte des livres ou j’emporte des livres ?

Quand vous préparez le B2, le C1 ou le C2, c’est un bon site à visiter régulièrement.

Faire la cuisine en français

Il y a plusieurs années, je vivais en Suisse et je faisais beaucoup la cuisine. Mes livres de recettes étaient en allemand. Je n’étudiais plus cette langue à l’époque, mais petit à petit, j’ai reconstruit mon vocabulaire et je comprenais beaucoup de choses en allemand. Tant qu’on parlait de bouffe ! (= familier pour nourriture) 

Si vous aimez cuisiner, une autre façon de faire du français en vous amusant, c’est de faire la cuisine en français ! Les Français sont très fiers de leur gastronomie et de leurs compétences en cuisine et il y a un super site qui s’appelle marmiton, sur lequel vous pouvez trouver des centaines de recettes, dont beaucoup de recettes de plats typiquement français, que ce soit des entrées, des plats principaux ou des desserts. Des vidéos accompagnent parfois les recettes. 

C’est une très bonne façon de travailler son vocabulaire culinaire. 
Comme ce sont souvent les mêmes verbes qui reviennent dans les recettes, cela vous permet de mémoriser le vocabulaire sans trop y penser. Tout en en apprenant un peu plus sur la cuisine française.  Savez-vous ce que sont un kouign aman et un clafoutis ? Avez-vous déjà mangé un hachis parmentier ou du bœuf bourguignon ?

Si vous aimez The Onion…

… vous aimerez sûrement Le Gorafi, dont le slogan est “toute l’information selon des sources contradictoires“.

Sur le même ton parodique que The Onion,  des articles du Gorafi ont pourtant été pris au sérieux à plusieurs reprises et relayés par la presse traditionnelle française ou étrangère…

Pour celles et ceux qui aiment les parodies et l’humour absurde, ce site est un petit bijou. Pour ma part, je trouve les actualités déprimantes, et le journalisme moderne on ne peut plus oppressant. Je ne peux pas les éviter complètement, mais les jours de pluie, je ne lis que les articles du Gorafi !

Travailler sa compréhension orale en chansons

J’écoute de la musique anglophone depuis toujours. J’ai commencé à vraiment comprendre ce que j’écoutais bien plus tard. Cela ne m’empêchait pas de chanter à tue-tête en écoutant mes chansons préférées. Il n’y avait pas Internet à l’époque. Je n’avais pas tous les CDs des chanteurs et groupes que j’aimais. Tous les CDs n’avaient pas les paroles à l’intérieur. Et l’ouïe n’est pas mon sens le plus développé. Du coup, je chantais beaucoup en yaourt. Ou je chantais les mots que je pensais entendre sans vraiment réfléchir au sens. Ou au non-sens… Une des chansons que je me rappelle particulièrement bien avoir écorchée, c’est I heard it through the grapevine, de Marvin Gaye. Je ne connaissais pas le mot “grapevine“, encore moins l’expression “hear through the grapevine“, et j’étais vaguement consciente du mot “through“. Dans ma tête, ça sonnait comme “I heard it to the big bang“. Cela n’a absolument aucun sens, et je le sais maintenant, mais pendant des années, j’ai chanté avec un grand sourire “I heard it to the big bang“.

Aujourd’hui grâce à Internet, il est facile de trouver les paroles des chansons que l’on aime. Mais je pense qu’il est toujours aussi difficile de les comprendre seulement en les écoutant ! Je peux comprendre pratiquement toutes les paroles des chansons en espagnol si je les lis. C’est une autre affaire quand je les écoute. Je me console en me disant que de toute façon, je ne comprends pas toutes les paroles des chansons en français. Mais il est indéniable que je comprends beaucoup plus de chansons en français et en anglais qu’en espagnol. Alors pour me tester, je vais parfois sur ce site. C’est à la fois super intéressant et super frustrant. Mais c’est un exercice très utile. On teste sa compréhension orale, et en même temps, il faut que ce que l’on pense entendre ait un minimum de sens. Du coup, si l’on réfléchit, on peut se rendre compte que même si l’on pense avoir entendu un mot, il est peu probable que ce soit juste. On entraîne son oreille au son d’une langue étrangère et aux différentes prononciations d’un même mot. On peut aussi réfléchir à l’utilisation de la grammaire, qui n’est pas toujours heureuse dans les chansons et cela aide à développer notre compréhension de la langue parlée et familière.

La mauvaise grammaire de certaines chansons anglophones a permis plus tard ma meilleure compréhension de séries telles que “The wire” par exemple !

Pour ceux qui aiment la musique et qui veulent améliorer leur compréhension orale, je recommande vivement de travailler avec ce site !