Pour que + subjonctif

Pour que est toujours suivi du subjonctif. À cause de l’influence de l’anglais cependant, j’entends souvent des phrases tournées  comme celles-ci :

  • *C’est fait pour les gens comprendre.
  • *J’ai dit ça pour lui réfléchir.
  • *Je viens pour toi ne pas être seule.

Ces trois phrases sont incorrectes et elles correspondent toutes à la structure de l’anglais “for + noun/pronoun + infinitive” traduite littéralement. Mais en français, on ne peut pas structurer les phrases ainsi !

Pour traduire It’s made for people to understand, I said that for him to think about it, I’m coming for you not to be alone, il faut utiliser “pour que + subjonctif”. On aura donc :

  • C’est fait pour que les gens comprennent.
  • J’ai dit ça pour qu’il réfléchisse.
  • Je viens pour que tu ne sois pas seule.

douter VS se douter

L’un exprime le doute alors que l’autre exprime la certitude. Si vous trouvez cela un peu déroutant, vous ne serez pas le premier ou la première !

  • Je doute que tu y parviennes.
  • Je me doute que tu y parviendras.
  • Il a réussi son examen ? J’en doutais pourtant.
  • Il a réussi son examen ? Je m’en doutais !

La différence de sens est-elle claire pour vous dans ces paires de phrases ?

Si je doute que tu y parviennes (remarquez le subjonctif ici), c’est que je ne crois pas en toi. Tandis que si je me doute que tu y parviendras (indicatif), c’est que je suis plutôt confiante et sure que tu peux le faire. Si je doutais qu’il réussisse son examen (toujours le subjonctif), je n’avais pas foi en lui. Mais si je me doutais qu’il le réussirait (conditionnel dû à la concordance des temps), c’est qu’en fait, je n’avais pas vraiment de doute.

Si vous dites quelque chose et que l’on vous répond “je m’en doutais !”, cela revient à dire “je le savais !”

Doute est un mot intéressant en français. On pourrait penser que sans doute veut dire que c’est sûr à 100%, mais si je vous dis que je viendrai sans doute à votre fête d’anniversaire, cela veut en fait dire qu’il y a de grandes chances que je vienne, une très forte probabilité, mais ce n’est pas garanti à 100%. Pour exprimer la certitude absolue, il faudrait que je dise que je viendrai, sans aucun doute.

Indicatif VS subjonctif

Une fois le niveau C atteint, les étudiant·e·s ont en général bien compris quand il fallait utiliser le subjonctif et l’indicatif, malgré quelques petits écarts occasionnels.

Cependant, des doutes persistent avec certains verbes et quand je corrige le subjonctif pour un indicatif et vice-versa dans certains écrits, la raison n’est pas toujours claire pour mes élèves.

En effet, il y a certains verbes qui peuvent être suivis du subjonctif ou de l’indicatif selon leur sens. C’est le cas de verbes comme dire, admettre, supposer, demander, comprendre, etc.

Observez :

  • Je ne l’aime pas beaucoup, mais j’admets qu’il est beau gosse.
  • Elle admet que son fils ne veuille pas faire d’études.

Dans la première phrase, le verbe admettre est synonyme de reconnaitre. Il a une valeur d’affirmation. Dans la seconde, admettre est synonyme d’accepter, avec donc une valeur d’acceptation.

  • Je comprends que c’est difficile pour toi.
  • Je comprends que ce soit difficile pour toi.

Dans la première, je fais un constat, je tiens pour vrai le fait que c’est difficile. Dans la seconde, j’accepte, je tiens pour possible le fait que ce soit difficile.

Un dernier exemple ?

  • Dis à ta sœur que je l’attends.
  • Dis à ta sœur qu’elle attende.

Dans la première, dire est un verbe déclaratif. Dans la deuxième, il introduit un ordre.

quoique VS quoi que

Observez :

  • Quoi que je fasse, tu n’es jamais content.
  • Quoi que tu décides, je te soutiendrai.
  • Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi.
  • Quoique je fasse tout pour te faire plaisir, tu n’es jamais content.
  • Quoiqu’elle soit débordée en ce moment, elle a accepté de relire ma thèse
  • Il a accepté de reprogrammer la soirée, quoiqu’un peu déçu.

Ils se prononcent de la même façon et sont tous deux suivis du subjonctif, mais ils ne sont pas interchangeables !

Quoique, en un seul mot, exprime la concession et peut-être remplacé par bien que, également suivi du subjonctif.

Quoi que, en deux mots, signifie quelle que soit la chose que.

Comme on peut l’observer dans le troisième exemple, quoique n’est pas obligatoirement suivi d’un verbe. Il peut être également suivi d’un adjectif, d’un participe ou d’un complément.

Et finalement, alors que quoi que exige le subjonctif, il est possible de trouver quoique suivi d’un verbe à l’indicatif ou au conditionnel. Il exprime alors une objection plutôt qu’une concession.

Jusqu’à ce que

Voici un connecteur que plusieurs de mes étudiantes ont essayé d’utiliser dernièrement, parfois correctement et parfois avec quelques difficultés.

Voici donc quelques exemples, au cas où vous auriez vous-même des doutes. Observez :

  • Je te conseille de rester au lit jusqu’à ce que tu sois guérie.
  • Les Gilets Jaunes comptent manifester jusqu’à ce que Macron fasse des changements.
  • N’ouvre la porte à personne jusqu’à ce que je revienne !
  • J’ai marché toute la journée, jusqu’à ce que je ne sente plus mes jambes.

Vous voyez donc que jusqu’à ce que est suivi du subjonctif.

Si c’est la prononciation qui vous pose problème, essayez de le visualiser ainsi : juss kass ke (sans faire de pause)

Il semble que / Il me semble que

Voici une paire d’expressions pas très aimée des étudiants en général, mais on peut apprendre à l’aimer facilement. 🙂

Au premier regard, on se dit que c’est la même chose. Alors, pourquoi doit-on utiliser le subjonctif avec l’une et l’indicatif avec l’autre ? 

Tout simplement parce que quand on réfléchit bien, on dit vraiment deux choses différentes. Observez : 

  • Il me semble que Nicolas est un peu triste aujourd’hui.
  • Il semble que Nicolas soit un peu triste aujourd’hui.

Dans le premier exemple, je pense qu’il est triste. J’ai probablement de bonnes raisons de penser qu’il est triste. Dans le deuxième exemple, je ne suis pas certaine. Il y a une part de doute. Nicolas paraît triste, on dirait qu’il est triste, mais cela reste subjectif.

D’autres verbes fonctionnent ainsi, mais je vais y aller un par un, pour vous laisser le temps d’absorber 😉 En attendant, utilisez-les pour pratiquer !

J’ai peur que / j’ai peur de

Les étudiants sont souvent hésitants avec cette structure et parfois j’entends des phrases telles que “*j’ai peur que je vais oublier“, “*j’ai peur que je ne pourrai pas venir“, très certainement traduites directement de l’anglais I’m afraid I’m going to forget et I’m afraid I won’t be able to come

Et je répète inlassablement qu’en français, on ne peut pas dire j’ai peur que je…

Si après j’ai peur vous restez le sujet, il faut que vous utilisiez de + infinitif

  • J’ai peur d’oublier.
  • J’ai peur de ne pas pouvoir venir. 

Si après j’ai peur, vous n’êtes plus le sujet, vous devez utilisez que + subjonctif : 

  • J’ai peur que vous ayez mal compris ce que je vous ai expliqué.
  • J’ai peur qu’ils ne puissent pas venir à ma soirée.
  • J’ai peur qu’il pleuve demain et qu’on doive annuler le pique-nique.