Rectification orthographique : -illier et -illière deviennent -iller et -illère

Règle F4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, concerne les terminaisons de mots en -illier et -illière. Quand le i qui suit les deux l ne s’entend pas, on ne l’écrit pas !

La prononciation de-ill pose souvent problème. Doit-on prononcer comme ville ou comme fille ? Et d’ailleurs, pourquoi prononce-t-on ces deux-là différemment ? 🤔

Dans tous les mots affectés par la règle F4, le -ill se prononce comme dans fille. Le mot millier, par exemple, n’est pas concerné par la règle car –ill se prononce comme dans ville.

Quelques exemples de mots : joailler, joaillère, quincailler, quincaillère, serpillère, cheviller, etc.

À noter que les arbres, arbustes et autres végétaux gardent le i, par analogie avec les autres noms en botanique se terminant par -ier, tels que pommier, poirier, framboisier, etc. On continuera donc à écrire groseillier, vanillier, etc.

Les verbes en -IER

Je veux parler des verbes tels qu’étudier, privilégier, bénéficier, parier, confier, justifier, publier, trier, crier, etc.

Même la langue des meilleur·es étudiant·es fourche occasionnellement sur ces verbes.

Avez-vous déjà dit *j’étude ? Il *privilège ? Elle *bénéfice ? Vous ne seriez pas le ou la premier·ère. Ces trois verbes en particulier posent problème, très probablement parce que les mots étude, privilège et bénéfice existent et sonnent naturels à l’oreille. C’est moins fréquent d’entendre je *confe ou je *puble. Et pourtant, c’est exactement le même modèle de conjugaison !

Ce sont des verbes du premier groupe, réguliers, sans piège. Alors ce post sert de rappel : le i appartient au radical et ne doit pas disparaitre !

Il peut être utile de revoir quelques formes au passage. Prenons le verbe étudier.

  • au présent : j’étudie, tu étudies, elle étudie, nous étudions, vous étudiez, elles étudient
  • à l’imparfait : j’étudiais, tu étudiais, il étudiait, nous étudiions, vous étudiiez, ils étudiaient (remarquez les deux i à nous et vous – ce sera la même chose pour le subjonctif)
  • au futur : j’étudierai, tu étudieras, elle étudiera, nous étudierons, vous étudierez, elles étudieront (remarquez la présence du e, même s’il n’est pas prononcé – ce sera la même chose pour le conditionnel)

Le passé simple

C’est le passé littéraire, celui que l’on retrouve dans les livres, tant classiques que contemporains. Même les livres pour enfants utilisent parfois le passé simple. Si l’on a l’intention de lire en français, il est donc important de le reconnaître et de le comprendre, ce qui, à mon avis, n’est pas trop difficile si l’on connaît bien les autres temps et que l’on reconnaît les radicaux des verbes avec aisance.

Pour les verbes du premier groupe, les terminaisons sont toujours les mêmes :

PARLER : je parlai, tu parlas, il parla, nous parlâmes, vous parlâtes, ils parlèrent

Pour les verbes du deuxième groupe, les terminaisons sont toujours les mêmes (et le singulier est semblable au présent)  :

FINIR : je finis, tu finis, il finit, nous finîmes, vous finîtes, ils finirent

Pour les verbes du troisième groupe, ça varie. Certains ont les mêmes terminaisons que les verbes du deuxième groupe, comme VENDRE (je vendis, tu vendis, il vendit, nous vendîmes, vous vendîtes, ils vendirent), d’autres se conjuguent avec la voyelle U, comme VOULOIR (je voulus, tu voulus, il voulut, nous voulûmes, vous voulûtes, ils voulurent), et d’autres (moins nombreux), comme VENIR, se conjuguent ainsi : je vins, tu vins, il vint, nous vînmes, vous vîntes, ils vinrent.

Être et avoir sont irréguliers et se conjuguent ainsi :

  • ÊTRE : je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent
  • AVOIR : j’eus, tu eus, il eut, nous eûmes, vous eûtes, ils eurent

Le genre des noms

A tous les niveaux, le genre des noms posent problème aux étudiants, surtout à ceux qui n’ont pas l’habitude d’attribuer un genre aux choses dans leur langue maternelle. Les étudiants débutants s’inquiètent souvent de savoir comment ils vont faire pour savoir si tel nom est féminin ou masculin. J’explique donc qu’il est important d’apprendre chaque nouveau mot avec un déterminant, mais il est évidemment difficile de tout mémoriser. Je donne souvent Jane Birkin en exemple pour rassurer tout le monde. C’est une actrice et chanteuse anglaise qui vit en France depuis de très nombreuses années et depuis que je suis petite, elle m’amuse car elle se trompe souvent sur le genre des noms. Peut-être moins maintenant, je ne sais pas, mais la dernière fois que je l’ai entendue en interview à la radio (l’an dernier je crois), elle faisait toujours des fautes. Personnellement, je trouve ça mignon et ça n’empêche en aucun cas la compréhension quand il y a un contexte. Certains noms peuvent exister au masculin et au féminin et signifier deux choses complètement différentes, mais si l’on a un contexte, on sait en général de quoi on parle. Si vous me dites que vous avez tourné le page, je vais comprendre que vous voulez dire que vous avez tourné la page (the page) et non le page (the squire).

Il y a certaines règles générales que l’on peut suivre, bien qu’elles aient toutes des exceptions. On peut se baser sur la terminaison d’un nom pour deviner son genre si l’on n’est pas sûr. Et on apprend les exceptions au fur et à mesure. D’où l’intérêt de savoir orthographier correctement, entre autres.

La terminaison sur laquelle je reprends le plus souvent mes étudiants, c’est -TION. Je le repète souvent avant que ça finisse par rentrer. Une animation, une célébration, une donation, une finition, une détention, une hallucination, une partition, une subordination, etc. Les noms en -TION sont généralement féminins. 

La deuxième terminaison qui revient le plus souvent dans mes corrections, c’est -MENT. Un compliment, un élément, un sentiment, un évènement, un piment, un prélèvement, un monument, un cheminement, etc. Les noms en -MENT sont généralement masculins. 

Sur la lignée des noms en -TION, nous avons les noms en -SION / -SSION : la tension, la dimension, la télévision, la pension, la mission, la profession, la commission, la permission, etc.

Puis nous avons les noms en -ETTE : la maisonnette, la fillette, la cassette, la cigarette, la buvette, la noisette, la manette, la pipette, etc.

Les noms en -Té : la beauté, la majesté, la qualité, la nationalité, la clarté, la publicité, l’électricité, la nécessité, etc.

Les noms en -URE : la sculpture, la nature, la couverture, la piqûre, la césure, la fermeture, l’écriture, la sépulture, etc.

Les noms en -ISME : le communisme, le capitalisme, le tourisme, le cynisme, le féminisme, le sexisme, le racisme, le jeunisme, etc.

Les noms en -EIL : un réveil, le soleil, le sommeil, un appareil, un conseil, un orteil, le vermeil, l’éveil, etc.

Les noms en -EILLE : une bouteille, une abeille, une corbeille, une vieille, la veille, une oreille, une groseille, une merveille, etc.

Les noms en -AIL : un travail, un chandail, le bétail, un éventail, un épouvantail, un détail, un rail, un vitrail, etc.

Les noms en OUILLE : une citrouille, une grenouille, une ratatouille, une bouille, une douille, une chatouille, une embrouille, une patrouille, etc.

Les noms en -IE : la boulangerie, la boucherie, la chimie, la pluie, la gastronomie, la bijouterie, la péripétie, la périphérie, etc.

Les noms en -ANCE : une ambulance, une croyance, une enfance, une naissance, une ordonnance, une alliance, une assurance, la tolérance, etc.

Les noms en -ENCE : une intelligence, une urgence, une pénitence, la concurrence, la violence, la réticence, la science, une conférence, etc.

Cette liste n’est pas exhaustive. On pourrait y ajouter d’autres terminaisons et donner quelques exemples d’exceptions, mais si tous mes étudiants avaient cette liste en tête, je serais très fière !