Accents aigu, grave, circonflexe et tréma

Si je vous demande sur quelles lettres on peut trouver chaque accent, êtes-vous capable de répondre avec certitude ?

Je remarque régulièrement que ce n’est pas forcément évident pour les étudiant·e·s avancé·e·s alors si vous n’êtes pas sûr.e, continuez à lire.

L’ACCENT AIGU

Il ne se trouve que sur le E – éléphant, marché, bébé…

L’ACCENT GRAVE

  • sur le A, dans la préposition à et dans l’adverbe là
  • sur le U, uniquement dans le pronom où
  • sur le E – mère, collège, progrès, succès…

L’ACCENT CIRCONFLEXE

  • Avec les rectifications orthographiques de 1990, l’accent circonflexe n’est plus nécessaire sur le I et le U dans beaucoup de mots, mais il est maintenu dans certains mots pour distinguer les homophones : boite VS boîte, croit VS croît, du VS dû, jeune VS jeûne, etc. Il est aussi maintenu au passé simple, au passé antérieur, au subjonctif imparfait et au subjonctif plus-que-parfait.
  • sur le A – tâche, gâteau, château…
  • sur le O – hôtel, hôpital, côté…
  • sur le E – fenêtre, forêt, bête…

LE TRÉMA

  • sur le E – Israël, Raphaël, Gaël…
  • sur le I – maïs, coïncidence, haïr, astéroïde…
  • sur le U – la réforme de l’orthographe recommande de mettre l’accent sur le U dans les suites güe, güi, ainsi que geü quand on prononce /ʒy/. Quelques exemples : aigüe, ambigüe, exigüité, argüer, gageüre

Rectification orthographique : circonflexe, accent étranger et tréma

Depuis la réforme de l’orthographe, beaucoup de mots peuvent s’écrire de deux façons. C’est le cas de nombreux termes avec un accent circonflexe et de termes avec un accent étranger inutile ou un tréma inutile. Par inutile, on entend “qui ne modifie pas la prononciation”.

Il est probable que vous verrez encore ces mots orthographiés selon l’ancienne orthographe, car c’est toujours accepté et beaucoup de Français n’ont pas l’air de connaitre les règles de la réforme ou de vouloir les appliquer, mais si vous en êtes conscient·e, essayez de privilégier la nouvelle orthographe autant que possible.

J’ai peu de mots avec des accents étrangers qui me viennent à l’esprit, mais le livre nous donne l’exemple de caló (écriture espagnole) qu’il faut maintenant plutôt choisir d’écrire calo. Préférez aussi allo à allô, et iambe à ïambe.

Rectification orthographique : le tréma

Parlons aujourd’hui de la règle C3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée qui concerne l’emploi du tréma.

J’ai longtemps enseigné à mes étudiant·es que le tréma se plaçait sur la seconde voyelle et signifiait que la voyelle précédente était prononcée, comme dans aiguë et ambiguïté. Et pourtant, cette règle m’avait toujours énervée, car je la trouvais compliquée et illogique. Si j’avais su que depuis 1990, on peut en fait mettre le tréma sur le u dans les suites güe et güi, ça m’aurait fait très plaisir et aurait surement simplifié la vie de mes étudiant·es.

On écrit donc aujourd’hui aigüe, ambigüité, ambigüe, contigüe, contigüité, etc.

On ajoute aussi un tréma sur certains mots pour que la prononciation soit logique. Je me souviens d’une prof de français au lycée qui m’avait reprise sur le mot gageure, que j’avais prononcé comme rimant avec heure. Comment aurais-je pu deviner qu’il fallait que je le fasse rimer avec pure ? L’orthographe de ce mot est complètement illogique. Ou l’était, devrais-je dire, jusqu’à ce que le Conseil supérieur de la langue française propose d’y ajouter un tréma pour l’écrire gageüre et ainsi l’écrire comme il se prononce. La même règle s’applique à d’autres mots, plus rares, dont j’avoue ne pas vraiment connaitre le sens : bringeüre, égrugeüre, mangeüre, vergeüre, etc.

C’est aussi le cas du verbe arguer, qui devient argüer après les rectifications, car il rime avec tuer. Le tréma se retrouve dans les formes conjuguées : j’argüe, nous argüons, en argüant, etc.

J’aime beaucoup cette rectification !