Congés d’été

J’ai été beaucoup moins active sur ce blog cette année que les précédentes. Ecrire quotidiennement prend du temps (et ne me rapporte pas d’argent) et cette année, j’ai surtout envie de lire (ça ne me rapporte pas d’argent non plus, mais j’apprends beaucoup !)

Je n’ai pas quitté Bangkok cette année. Tous mes projets de voyage sont tombés à l’eau. Toutefois, je m’estime chanceuse de vivre où je vis car on n’a pas été affectés par la pandémie comme beaucoup d’autres pays. On a eu peu de cas, peu de morts, et on a repris une vie plus ou moins normale dès le mois de juin. Si je reste dans mon quartier, je n’ai pas l’impression que le monde est en crise. Par contre, je suis allée en centre-ville un soir récemment, et c’était assez choquant de voir une rue d’ordinaire très animée complètement silencieuse, sans touristes. Beaucoup de bars et restaurants étaient fermés. La rue principale était pratiquement déserte. Il n’y avait que les prostituées du quartier, qui se fondent habituellement dans la masse. C’était étrange.

Je ne sais pas ce que je vais faire de ma semaine de congés. Je ne prévois plus de déplacements à l’avance. Si la plupart des hôtels et des compagnies aériennes m’ont remboursée, j’attends toujours qu’une certaine compagnie aérienne me rembourse les quatre vols qu’elle a annulés. Si vous voyagez en Asie, évitez Air Asia ! Quand tout va bien, ils sont assez efficaces mais en cas de problème, ne comptez pas sur eux pour reconnaitre vos droits en tant que consommateur. Vous n’en avez tout simplement pas à leurs yeux. À l’avenir, je prendrai moins l’avion et je paierai un peu plus cher pour voler avec des compagnies qui respectent les droits de leurs clients. J’ai menacé mon mari de ne plus lui parler s’il réservait un seul vol avec cette compagnie.

Je vais peut-être aller quelques jours au bord de la mer la semaine prochaine. Je prendrai cette décision à la dernière minute. Tout peut changer tellement vite maintenant que je préfère attendre.

Je ne suis pas super sereine ces jours-ci. J’ai postulé pour une place en master auprès d’une université européenne. J’adore mon travail, j’adore enseigner le français et j’adore mes élèves, mais j’ai envie de faire quelque chose qui a plus de sens à mes yeux.

J’ai toujours été en colère contre les injustices. J’ai géré cette colère à ma façon au cours des années. Parfois silencieusement, parfois en faisant beaucoup de bruit, mais j’ai rarement été entendue. On m’a souvent dit que je n’avais pas de quoi me plaindre, que j’exagérais. Je suis née dans un pays riche, dans une famille qui n’était pas dans le besoin. Je n’ai pas compté le nombre de fois où mes parents m’ont dit “De quoi tu te plains ? T’as tout pour être heureuse !” Ils n’ont jamais compris ma colère, ma révolte. Ils n’ont jamais voulu la comprendre. Si bien que j’ai quitté le nid familial très jeune et que j’ai coupé les ponts avec ma famille il y a très longtemps. Aux yeux de beaucoup, ma révolte signifiait que j’étais une personne difficile. Comme toutes les femmes qui refusent les standards que veut leur imposer la société, n’est-ce pas ?

J’ai toujours su que j’étais une fille, puis une femme, et j’ai toujours détesté comment on me traitait à cause de ma condition féminine. Je l’ai déjà dit sur ce blog à maintes reprises. Mais pour rien au monde je ne voudrais être un homme. Ce n’est que quand le mouvement Me Too a commencé que je suis devenue consciemment féministe. Car pour la première fois, je voyais une lueur d’espoir. Et depuis, je veux être activement féministe. Je veux vivre une vie féministe. Je suis en train de lire Living a Feminist Life de Sara Ahmed. Je prends mon temps pour le lire car je le savoure. Je me reconnais tellement dans ce qu’elle écrit et j’admire son écriture.

À travers mon féminisme conscient et mes lectures de ces dernières années, j’ai aussi pris conscience du fait que malgré ma colère contre le système patriarcal, j’avais bénéficié de ce système en tant que personne blanche, hétéro, avec un corps dans la norme. J’étais tellement focalisée sur mes propres problèmes que je n’avais pas prêté beaucoup attention aux problèmes de ceux qui subissaient le système encore plus que moi. Et je ne sais pas encore exactement comment je vais pouvoir m’impliquer et être plus active contre les injustices de ce monde, mais je ne veux plus seulement m’indigner et pleurer de rage. Je veux agir. Je veux défendre et me battre pour les personnes opprimées, je veux être sur le terrain et faire quelque chose qui a le potentiel d’améliorer les vies des laissé.e.s-pour-compte.

Alors c’est dans cet esprit que je prends mes congés. J’espère avoir une réponse de l’université bientôt et s’ils ne m’offrent pas une place pour ce master, il faudra que je trouve un autre moyen de me créer un réseau et de m’engager.

Je vais continuer à enseigner en ligne quelques années encore et je vais essayer de continuer à publier des posts sur la langue française, sur ce blog et sur Instagram, mais j’ai encore beaucoup de choses à apprendre et à analyser en matière d’injustices, et j’ai l’intention de lire énormément en attendant de réaliser mon objectif à long terme, qui est de m’engager à plein temps pour une cause qui me tient vraiment à cœur. Très probablement celle des femmes.

Une semaine dans ma bulle

Cette semaine, je n’ai pas travaillé. Je n’ai ouvert aucun livre de français, ni fait quoi que ce soit qui avait à voir avec le travail.

J’étais supposée prendre l’avion pour Taïwan dans la nuit du 3 au 4 avril. Puis me rendre au Japon le 8 avril. Où je devais rester jusqu’au 3 mai.

J’ai passé tellement d’heures à préparer ce voyage, à choisir méticuleusement mes hôtels pour pouvoir travailler confortablement, tout en essayant de visiter de nouveaux endroits du pays, que quand il est devenu évident qu’il allait falloir y renoncer, je ne l’ai pas très bien pris. J’étais vraiment déçue, c’est le moins qu’on puisse dire.

Puis je me suis rendu compte que mon cas était loin d’être le pire et qu’en comparaison avec la plupart des gens touchés par ce virus d’une façon ou d’une autre, j’avais en fait beaucoup de chance. Je crois qu’à part les gens très riches qui ont une grande maison et un jardin, il n’y a personne que j’envie en ce moment. Et encore, avoir une grande maison et un jardin, ça veut dire qu’il faut les entretenir et c’est du travail que je suis contente de ne pas avoir à effectuer !

J’avais prévu de ne pas travailler cette semaine et j’avais véritablement besoin d’une pause, alors j’ai dû concocter un plan. On a le droit de sortir de chez nous à Bangkok, mais je préfère éviter. Je déteste porter un masque et si je sors sans, on risque de me jeter des regards noirs que je n’ai pas envie d’affronter.

Qu’allais-je donc bien pouvoir faire pour me changer les idées et me ressourcer ?

Déjà, j’ai décidé d’éteindre mon téléphone, cet appareil diabolique qui passe son temps à m’interrompre et à me bombarder d’informations toutes plus déprimantes les unes que les autres. Il est toujours en mode silencieux et je pourrais donc l’ignorer, mais hé, je ne suis qu’une faible personne qui se laisse facilement tenter en pensant, allez, je lis juste 5 minutes. Qu’est-ce que 5 minutes ? C’est rien ! Mais à la fin de la journée, qui sait combien de temps j’ai passé sur cette fichue machine… Et depuis le début de la pandémie, il n’est plus question que de ça, tous les articles sont terriblement anxiogènes et j’en ai consommé jusqu’à l’overdose.

Cela a été vraiment reposant de ne pas lire les informations pendant toute la semaine, de ne pas faire défiler Instagram à n’en plus finir, et de ne pas recevoir de messages et donc de ne pas avoir à y répondre. J’ai passé la semaine toute seule et j’ai fait des choses rien que pour moi.

Je ne me suis pas séparée de mon mari, mais pour le bien de notre couple, nous avons décidé de vivre séparément quelque temps car à deux dans notre petit appartement 24 heures sur 24, cela aurait pu très mal finir. Il doit travailler en ligne, comme beaucoup de monde à l’heure actuelle, et il doit aussi parler plusieurs heures par jour à travers Skype ou Zoom. On a fait l’expérience pendant deux semaines fin février, début mars, et c’était intenable. J’avais l’impression que mon territoire était envahi, il était là, tout le temps, il faisait du bruit, il vivait au milieu du salon, quand il se faisait à manger, il faisait encore plus de bruit et moi, je pétais les plombs. On a la chance de vivre dans une ville où les loyers ne sont pas rédhibitoires et d’avoir les moyens de payer deux loyers temporairement (voire plus longtemps, mais c’est un autre sujet 🙂 )

J’étais donc seule cette semaine et j’avais demandé auparavant à ma prof de japonais si l’on pourrait faire un cours chaque jour, ce qu’elle avait accepté, et comme je ne pouvais pas être au Japon, j’ai décidé de me créer une petite bulle intérieure japonaise. J’ai étudié tous les matins avec mes flashcards, et j’ai révisé un paquet de points de grammaire en reprenant mes cours depuis le début. Cela a été incroyablement efficace pour consolider beaucoup de concepts. J’ai rarement le temps d’en faire autant, alors que si je l’avais, mon niveau de japonais ne serait probablement pas aussi ridicule au bout de 3 ans. Je me suis rendu compte que j’avais oublié beaucoup de choses, mais aussi que tout avait beaucoup plus de sens à présent. J’ai retrouvé ma prof tous les jours à la même heure et j’ai regardé des séries japonaises tous les soirs.

Mais je n’ai pas fait que du japonais !

J’avais aussi décidé de jeûner cette semaine. Je n’ai pas mangé pendant toute une journée. Quand on ne fait que lire sur le canapé, on n’a pas vraiment besoin d’énergie en fait ! Je pensais continuer plusieurs jours, mais le lendemain, après une quarantaine d’heures sans rien avaler d’autre que de l’eau, je voulais faire un peu de musculation, mais je me suis sentie un peu faible et aussi, j’avais cet horrible gout dans la bouche qui m’a poussée à changer de plan et à faire un petit repas. Et j’ai tenu ce rythme toute la semaine. Je ne peux plus courir car la salle de sport est fermée, alors je ne me dépense pas énormément. Je n’ai donc pas besoin d’ingérer beaucoup de calories. Cependant, je me suis constitué une petite salle de sport dans mon salon, avec des poids, un step qui me sert aussi de banc de musculation, et je fais donc des exercices de musculation. Alors, je mange un petit repas par jour. J’ingère moins que je ne dépense et ça me fait beaucoup de bien. J’en avais marre de trop manger tout le temps. Et c’est fou le temps que l’on gagne quand on ne cuisine pas et ne mange pas !

J’ai aussi lu sept livres cette semaine et j’en ai entamé deux autres. En français et en anglais. Je partagerai bientôt mes lectures en français sur ce blog. Les livres étaient tous assez courts et faciles à lire. Le plus long était The Testaments de Margaret Atwood, que j’ai écouté en livre audio en deux sessions car, une fois que j’ai repris, je ne pouvais plus m’arrêter. C’est en anglais, mais je le recommande vivement quand même ! (je suis sure qu’il a été traduit en français, mais je préfère toujours lire en langue originale si possible) J’avais adoré The Handmaid’s Tale il y a quelques années et j’ai adoré retrouver cette atmosphère dystopique totalement flippante. Mon mari l’écoute en ce moment et en discutant avec lui, j’ai compris que j’étais passé à côté de quelques références religieuses, car je ne connais pas la Bible, mais cela n’a pas entravé mon plaisir et ma fascination.

Cela a été une semaine très agréable. Je me suis reposée, je n’ai fait que des choses qui me faisaient plaisir, et j’ai vraiment apprécié d’avoir ce temps pour moi et de prendre le temps de faire les choses, sans me presser, sans stresser. Et j’ai décidé qu’à partir de maintenant, j’allais avoir une relation moins fusionnelle avec mon téléphone et que j’allais accorder plus d’importance à mon temps et à ce qui compte vraiment pour moi. Je ne vais plus lire les actualités comme si ma vie en dépendait. Mon téléphone restera éteint pendant la journée et je lirai mes messages une fois le matin et une fois le soir, et j’y répondrai en bloc à une heure consacrée à cette activité, et si je n’ai pas le temps de terminer, et bien, ça attendra. Je vais prendre mieux soin de moi, consacrer du temps chaque jour à des activités qui me procurent du plaisir, comme l’étude du japonais, le sport et la lecture, je vais également m’autoriser des moments pour ne rien faire de productif. Je vais prendre du temps pour appeler mes amis de temps en temps et je vais arrêter d’être disponible pour tout le monde tout le temps ! Je sais que personne ne me l’a demandé, mais c’est moi qui me mets la pression toute seule d’être toujours disponible et d’aider les autres (mari, amis, élèves…) quand ils me le demandent et en fait, ça me pèse. Et je me demande comment font les femmes qui ont des enfants (en particulier celles qui ont aussi un emploi hors de la maison) pour ne pas devenir folles. Quand trouvent-elles le temps de faire des choses pour elles-mêmes sans être constamment interrompues ?

Je sais que certaines personnes sont adeptes du multitâche et je l’ai longtemps été moi-même, mais je ne supporte plus ça ! J’ai l’impression que dès que je dois partager mon attention, je fais n’importe quoi. Alors que quand je peux me concentrer sur une tâche à la fois, je suis plus efficace et beaucoup plus satisfaite du résultat.

Cette semaine m’a donné envie de ralentir et je compte bien m’écouter cette fois !

Ma première rencontre avec des sangsues

Je ne vais pas faire le récit entier de mes vacances car ce serait beaucoup trop long mais je vais partager le pire moment de ces vacances avec vous.

Mon mari et moi sommes donc allés rejoindre un couple d’amis dans le sud de l’Inde. Ma copine avait organisé un road trip (voyage par la route, ça sonne moins bien, non ?) et nous avons fait tellement de kilomètres que mes fesses en étaient tout engourdies à la fin.

Nous avons passé trois nuits au milieu des plantations de café dans les montagnes du district de Coorg (également connu sous le nom de Kodagu) et c’était vraiment magnifique, paisible, et un changement agréable après l’agitation et la pollution des villes.

Il y avait des chiens, des chats, des perruches et un âne. Il y avait aussi des araignées énormes (la taille juste en dessous de celle des mygales), des moustiques, toutes sortes d’insectes bizarres et des créatures dont j’avais entendu parler dans les romans de la Comtesse de Ségur (19e siècle) que je dévorais étant enfant, dans lesquels les médecins prescrivaient des saignées à l’aide de sangsues. Je lisais ces livres dans les années 80, j’étais petite, Internet n’existait pas, et dans ma tête, les sangsues appartenaient à une autre époque, car même sans Internet, j’étais assez certaine qu’on n’utilisait plus de sangsues pour saigner et soigner les malades. Je ne m’étais jamais demandé s’il était possible que je croise une sangsue un jour.

entre 5 et 10 de ces araignées entraient dans notre chambre chaque jour

Le matin du 27 décembre, mon mari, notre ami et moi-même avions décidé d’aller nous balader en forêt, comme la veille et l’avant-veille, mais en suivant un chemin différent. Comme les jours précédents, la jeune chienne de notre hôte nous a accompagnés et en chemin, nous avons récupéré deux autres chiens. On a essayé de les dissuader de nous suivre, mais rien à faire, ils tenaient vraiment à venir. Au début, ils étaient un peu agressifs avec notre chienne, surtout le mâle le plus âgé qui essayait de lui montrer qui était le chef. J’ai donné un cours de féminisme accéléré à la petite et tout le monde a fini par bien s’entendre.

Puis nous avons bifurqué dans une direction différente des autres jours et tout allait bien jusqu’au moment où le plus gros chien s’est retrouvé emmêlé dans du fil barbelé et qu’il hurlait de douleur, et de peur je pense aussi. Il était sorti du chemin pour aller se balader dans la plantation de café et en voulant revenir vers nous, il avait attrapé le fil barbelé qui séparait la forêt de la plantation dans sa gueule. Quand j’ai vu cela, j’ai commencé à paniquer et à crier, oh my god, oh my god, oh my god!, j’étais au bord des larmes et mon mari à pris la situation en main, s’est accroupi près du chien, l’a calmé et avec l’aide de notre ami, a réussi à le libérer du fil barbelé. Les autres chiens, pendant ce temps-là, essayaient de me réconforter je crois. Ils pouvaient sentir la panique du chien en danger et ils pouvaient très probablement sentir ma panique aussi et ils me sautaient dessus avec plein de gentillesse, comme pour me calmer. Une fois le chien dépatouillé et sauf, on a vérifié qu’il n’était pas blessé et comme tout avait l’air normal, on allait se remettre en marche. Mais là, j’ai senti quelque chose qui me grattait dans la chaussure, alors j’ai regardé, pensant y trouver un insecte. Ce que j’y ai trouvé était bien pire que ça : une sangsue ! Et je me suis remise à paniquer de plus belle. Je n’en avais jamais vu, mais j’ai immédiatement su ce que c’était. Mon amie avait mentionné en avoir trouvé une dans sa chaussure durant la mousson. Je pensais qu’on ne risquait rien en décembre. Je pensais mal ! Je n’ai évidemment pas de photos pour illustrer cet épisode car je suis entrée en mode panique intense, j’hurlais, j’étais au bord de la crise de nerfs, et là encore, mon cher mari a pris le contrôle de la situation (je crois que je lui répétais en boucle : please help me, please do something, oh my god, oh my god, oh my god, I’m gonna die, ou quelque chose de semblable). Il a réussi à détacher la sangsue de ma peau, mais ce n’était pas facile du tout. Elle collait. Elle me suçait le sang et ne voulait pas lâcher ma cheville. Et pendant que mon mari s’évertuait à essayer de m’en débarrasser, notre ami a remarqué que le sol était jonché de sangsues ! Et en fait, tous les deux avaient des sangsues dans leurs chaussures et notre ami en avait même une accrochée dans le dos. Mon mari a fini par réussir à dégager la première sangsue de ma cheville et j’ai crié qu’il fallait qu’on sorte de là et je me suis mise à courir pour ressortir de la forêt. On avait déjà bien avancé et à part sur le tapis de course, je n’ai jamais couru aussi vite. Pour sûr, je n’ai jamais couru aussi vite et aussi longtemps en extérieur. Je ne pensais qu’à une chose : sortir de la forêt ! Les chiens se sont mis à courir aussi et parfois ils me ralentissaient car ils se mettaient dans mon chemin, mais j’étais la première sortie de la forêt. Je n’étais même pas à bout de souffle. J’aurais couru 10 fois cette distance s’il avait fallu. Mon mari me suivait de près et il s’est occupé de me débarrasser des autres sangsues qui me suçaient le sang. C’était horrible mais une fois qu’on était tous débarrassés de nos sangsues, on a repris la route et on est rentrés tranquillement. On a dû gérer une bagarre de chiens à un moment car on en a croisé deux de plus et ils étaient cinq à se montrer les dents et à se prendre pour des tigres. Notre petite chienne était très rigolote car elle pensait faire le poids, mais je ne suis pas sure qu’elle s’en serait si bien sortie sans aide humaine. Un homme est venu nous aider car on était assez impuissants face à cette situation en fait.

Une fois rentrés, on n’avait qu’une envie : se laver ! J’ai raconté notre mésaventure à notre amie qui n’était pas venue puis j’ai enlevé mes chaussures. Mes chaussettes étaient imbibées de sang. J’ai des photos mais c’est trop dégueulasse, je ne vous imposerai pas ce spectacle. Mes chaussettes ont fini à la poubelle et l’hémorragie s’est calmée après la douche, mais comme je saignais toujours au retour, j’avais un peu peur que cela ne s’arrête jamais ! Une semaine après, les morsures de sangsues sont encore visibles autour de mes chevilles et elles me démangent encore.

La prochaine fois que j’irai me balader en forêt dans un pays tropical, je m’habillerai en tenue de cosmonaute.

Vacances et changements à venir

Aujourd’hui, je pars en vacances et je vais me déconnecter pendant deux semaines.

D’habitude, je n’aime pas cette période de l’année, mais l’année dernière, j’ai passé de super vacances avec mon mari dans le nord de l’Inde, dont j’avais parlé dans un post à notre retour. Nous avions rendu visite à une amie française qui vit là-bas et qui nous avait conseillé d’aller à Majuli, où nous nous étions fait des amis assamais.

Ces amis nous ont rendu visite à Bangkok il y a quelques mois, et nous allons les retrouver aujourd’hui dans le sud de l’Inde. J’ai hâte de me détendre et de découvrir de nouveaux endroits. Je suis sure que les paysages qui nous attendent vont me donner des frissons. Mon amie nous a organisé une petite aventure par la route, on va faire beaucoup de kilomètres et beaucoup de découvertes et j’espère rentrer détendue, reposée, la tête remplie d’images magnifiques et de souvenirs fantastiques.

J’ai décidé d’effectuer quelques changements à la rentrée car j’ai besoin de temps pour travailler sur un projet qui me tient à cœur. Je ne sais pas si je vais parvenir à mener ce projet à bout, mais je veux essayer. C’est un projet qui nécessite du temps et de l’énergie pour que ma créativité puisse se mettre en oeuvre.

Et comme je n’ai envie de me débarrasser d’aucun·e de mes élèves, cela signifie que je vais être moins active sur ce blog. Je vais continuer à écrire des articles, mais moins souvent, pas tous les jours. Je republierai peut-être d’anciens posts avec quelques améliorations. Je continuerai à partager des articles que j’estime intéressants (pour le contenu ou pour la langue), des podcasts, des séries, etc., et je suis sure que mes élèves continueront à être une source d’inspiration pour mes posts de grammaire. Les suggestions sont les bienvenues, bien sûr ! Et si vous voulez écrire quelque chose sur votre expérience avec la langue française ou la France (ou un autre pays francophone en fait) que vous aimeriez partager, je serai ravie de le corriger et de le partager sur ce blog. Niveau avancé exigé !

Je vais continuer à poster sur Instagram quotidiennement car créer ces posts me prend un peu moins de temps qu’écrire des articles.

Et si je parviens à mener mon projet à bout, je devrais avoir quelque chose d’intéressant à proposer aux apprenant·es de niveau avancé un jour.

Joyeuses fêtes de fin d’année si vous les fêtez. Bon courage si vous travaillez. Et à l’année prochaine !

Des vacances ratées

Ce qui va suivre va être très personnel car je vais parler de mes vacances. Si elles avaient été bonnes, je n’en aurais pas parlé ici, mais comme cela n’a pas été le cas pour tellement de raisons et que je ne veux pas trop en parler pendant les cours pour ne pas être la seule à parler et ne pas répéter la même chose à chaque cours, j’ai promis à mes étudiant·e·s d’écrire un post pour en faire le récit, et ceux et celles que ça peut amuser pourront ainsi lire toute l’histoire. Mes étudiant·e·s ne seront pas choqué·e·s que je parle de choses très personnelles, mais comme je sais grâce aux gentils messages que je reçois parfois que certaines personnes que je ne connais pas personnellement lisent mon blog de temps à autre, soyez prévenu·e·s que ce post est un peu différent et un peu plus intime que ce que j’écris d’habitude.

Jour 1 : Départ pour Bali. R.A.S. (rien à signaler) à Bangkok, vol sans souci, mon mari et moi avons regardé quelques épisodes de La Casa de Papel (en espagnol) et la vue du ciel était magnifique à l’arrivée. On a eu de la chance d’être les premiers sortis de la navette et donc les premiers à entrer dans l’aéroport et j’étais super contente car je pensais qu’on n’allait pas faire la queue trop longtemps, mais j’ai vite déchanté. Il y avait des queues interminables et je crois que nous avons attendu plus d’une heure avant d’arriver devant un agent de l’immigration. Puis, nous avons attendu très longtemps notre valise car comme tout le monde était encore dans la queue à l’immigration et que le tapis roulant à bagages était plein, les valises avaient cessé d’arriver. Mon mari et un autre type ont décidé de réorganiser les bagages sur le tapis pour que le reste des bagages puisse descendre. Après une longue attente, notre valise est enfin arrivée et j’ai envoyé un message au chauffeur qui nous attendait pour lui dire qu’on arrivait. Mais je ne savais pas qu’il allait encore falloir faire la queue ! Avant de sortir pour de bon, il faut remplir une déclaration pour la douane et refaire la queue. Il n’y a pas de sortie verte pour “rien à déclarer” ou de sortie rouge si on doit déclarer quelque chose. Tout le monde doit attendre et passer devant un type qui lit la déclaration et la met sur une pile avant de décider si l’on doit scanner notre valise ou non avant de quitter l’aéroport. Heureusement, nous n’avons pas eu à scanner la valise. Je crois que Srinagar au Cachemire est le seul aéroport que j’ai trouvé pire que celui-ci. Mais je n’étais pas trop stressée, j’avais juste hâte de sortir et d’arriver à l’hôtel. On a passé une soirée sympa dans le sud de Bali et j’étais très optimiste pour la suite.

Jour 2 : Un chauffeur est venu nous chercher pour nous conduire à notre Airbnb, situé à l’ouest de Bali, à l’écart de la foule. J’étais surexcitée car la maison était formidable en photos, tous les vacanciers précédents avaient laissé des commentaires 5 étoiles et j’avais hâte de me retrouver avec mon mari dans ce qui était décrit comme une “romantic rural retreat”. La route était longue. La circulation est terrible à Bali. 3 heures pour faire 70km car il y a énormément de véhicules sur la route et il n’y a qu’une voie. Quand j’ai commencé à avoir mal au cœur, j’ai décidé de dormir. Je ne suis jamais malade en voiture (sauf si j’essaie de lire) mais là, c’était tellement lent que j’avais la nausée. 3 heures plus tard, on est enfin arrivés, la maison était prête pour nous accueillir, belle comme sur les photos, propre, et je m’imaginais passer la semaine allongée dehors à lire des livres. On est allés repérer les alentours, faire une petite balade sur la plage, vérifier qu’un restaurant pas trop loin (dans un hôtel 4 étoiles) avait des options sans gluten et on est rentrés. On a lu. Soirée tranquille. Puis au moment de nous coucher, j’ai remarqué du caca de gecko (petit lézard) sur le lit et je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de moustiquaire. Je vis en Thaïlande, je suis habituée aux geckos. Ce qui ne veut pas dire que j’aime trouver leurs petits cacas partout. Ça me dégoûte. Et encore plus sur le lit. On n’a jamais eu ce problème chez nous car on a la climatisation. Mais je me souviens de mon premier séjour en Asie. Je ne savais pas ce qu’étaient ces petites choses noires/marron avec souvent une mini boule blanche attachée. Je m’en méfiais mais je ne savais pas ce que c’était. J’ai fini par comprendre que c’était du caca de gecko. Si vous ne savez pas à quoi ça ressemble, vous pouvez googler “gecko droppings”. Ce premier soir dans la maison, le caca était sec et je l’ai ramassé avec un mouchoir, mais j’étais un peu dépitée car je savais que ça n’allait pas être le dernier (j’avais raison, tous les jours, il y en a eu au moins un). Ah, j’ai oublié de dire que les personnes qui louent cet Airbnb mettent à la disposition des vacanciers un petit dossier dans lequel tout est expliqué pour faciliter le séjour. Dans ce dossier, on apprend qu’un gecko tokay (un gros lézard) vit dans le toit de la maison et qu’il y a 5 appels à la prière par jour (de la mosquée), le premier étant à 4h45 du matin 😲 Quand j’ai lu ces informations, je me suis dit que ça aurait été utile de les lire avant de réserver. Si vous me dites que je vais être réveillée à 4h45 tous les matins si je loge chez vous, il y a des chances pour que je choisisse de rester ailleurs. Je ne sais pas pourquoi personne n’a mentionné ce fait dans les commentaires. Suis-je la seule personne incapable de dormir avec tout ce raffut ? Suis-je aussi la seule personne qui trouve dégueulasse le caca de gecko sur mon lit ? Ne pas avoir de moustiquaire pour me protéger la nuit était aussi un souci pour moi. Ce n’était pas une maison complètement fermée. J’ai logé maintes fois dans ce genre de logement. Mais j’ai toujours eu une moustiquaire pour m’abriter. Pas toujours très bonne, mais toujours mieux que rien. Toutes sortes d’insectes peuvent entrer (et entrent d’ailleurs), des chenilles, des serpents, qui sait ? (il y a quelques mois, j’étais avec une amie sur une ile en Thaïlande et nous avons trouvé un serpent dans notre bungalow – très heureuses d’avoir une moustiquaire cette nuit là !) J’ai donc décidé de me couvrir complètement pour ne pas risquer de me faire piquer. Je déteste dormir ainsi, j’ai l’impression de ne pas pouvoir respirer. Très vite, j’ai compris que cela allait être une nuit difficile car les coqs et les chiens des alentours n’arrêtaient pas de crier et d’aboyer. Je crisais à Bangkok avec un seul coq, mais là, ils étaient 20, 30, voire plus. Les chiens, très cools pendant la journée (probablement parce qu’ils aboyaient toute la nuit et se reposaient la journée), étaient aussi très nombreux. Bref, un tapage nocturne excessif. Impossible de dormir. Je m’endormais, mais j’étais réveillée régulièrement par les cocoricos et les aboiements. Une horreur. Puis à 4h45, la mosquée.

Jour 3 : Quand la mosquée a arrêté de faire du bruit, j’étais tellement épuisée que j’ai fini par dormir. Trop longtemps. Parce qu’un autre truc que j’ai oublié de mentionner, c’est que la veille, mes règles avaient commencé. En avance. Si vous êtes une femme, ou un homme bien informé, vous savez très certainement à quel point cela peut-être problématique de garder un tampon trop longtemps. Moi, j’en suis très consciente et jamais de ma vie je n’ai gardé un tampon plus de 8 heures. Avant cette nuit-là. J’étais complètement désorientée quand je me suis enfin réveillée à 10h. Et immédiatement paniquée car la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que ça faisait 12 heures que j’avais le même tampon. La salle de bains était extérieure et en bas. Il y avait deux escaliers différents à descendre pour y arriver. Pas super pratique pour une envie de pipi au milieu de la nuit. J’ai fait ma toilette, mais j’avais un mauvais pressentiment. Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond et j’avais une sensation pénible au niveau de l’utérus. Je me suis baladée avec mon mari pour visiter un peu les environs et voir s’il y avait d’autres restaurants que celui que nous avions déjà trouvé. Nous avons déjeuné à celui de l’hôtel près de la maison, c’était délicieux et nous sommes retournés à la maison pour nous détendre et lire tranquillement. Mon mari était fatigué et il est allé faire une sieste à l’intérieur. J’ai choisi de rester dehors pour lire. Et là, bang bang bang. Nous étions juste à côté d’une maison en construction où je crois que ce jour-là des enfants avaient choisi de jouer et de faire plein de bruit en cognant sur des briques ou je ne sais quoi. Génial le repos ! J’ai mis mes écouteurs à fond et j’ai écouté de la musique. Je passe ma vie avec des écouteurs à Bangkok. En vacances, j’aime faire respirer mes oreilles. Tant pis… Le soir arrive, la nuit commence à tomber et je ressens toujours cette sensation pénible. Ça me brule un peu quand je fais pipi, et mon pipi est un peu rose. Et là je me dis merde, j’ai chopé une infection urinaire. Ce n’était pas la première fois, mais la dernière fois remontait à 6 ans auparavant quand je vivais au Cambodge. Et quand je vivais au Cambodge, je vivais dans la capitale, il y avait des pharmacies partout et les gens parlaient suffisamment anglais pour pouvoir communiquer. Là, dans un coin paumé de Bali, j’ai commencé à flipper. J’ai demandé à mon mari s’il pouvait essayer d’aller trouver des médicaments. Nous avions une carte avec des informations sur les magasins, et il y avait 2 pharmacies. Il est allé à la première, où ils n’avaient pas ce que je voulais et ne voulait rien lui donner de toute façon car ce n’était pas pour lui. À la deuxième pharmacie, ils n’avaient pas ce que je voulais non plus, alors je lui ai demandé de voir s’il pouvait obtenir des antibiotiques. Ça, ils avaient. Très efficaces, ils ont fait effet tout de suite et la sensation de brulure a disparu, ainsi que l’envie constante d’uriner. On s’est couchés en espérant mieux dormir.

Jour 4 : Au réveil, mon pauvre mari avait été bouffé par les moustiques. C’est souvent ce qui arrive quand on dort dans un pays tropical, dans une maison en bambou, sans moustiquaire. Moi non car j’avais encore dormi complètement sous les draps. J’ai mal dormi, mais je n’ai pas été piquée ! Nous avions prévu une journée de détente à l’hôtel. Massage le matin, déjeuner sur place, beaucoup de cocktails pour moi, paresser au bord de la piscine face à la mer. À cause du bruit, je ne voulais pas être à la maison, alors nous avons passé la journée sur des transats, à lire au bord de la piscine. J’ai fait une longue sieste et je ne voulais pas retourner à la maison le soir tellement j’étais bien là-bas, au calme. Mais on a fini par rentrer, et nous avons tous les deux dormi mieux que les deux nuits précédentes, malgré le réveil à 4h45.

Jour 5 : Vu que la maison n’était pas du tout calme comme je l’avais espéré, j’étais contente de faire plaisir à mon mari et d’aller explorer une autre plage à 5 minutes en bus d’où on était. C’était une plage de surfeurs. Plein de surfeurs qui donnaient l’impression de se trouver super sexys. Très peu l’étaient en réalité, mais certains surfeurs étaient vraiment chouettes à regarder sur les vagues. C’était un peu trop peuplé à mon goût, alors on est allés se promener dans la campagne alentour et on a déjeuné dans un petit resto très sympa au milieu de nulle part, où ils parlaient anglais et comprenaient ce que sans gluten voulait dire. Le soir, on voulait se coucher tôt car on avait organisé un chauffeur pour partir en excursion le lendemain. On s’est douchés tôt et on avait prévu de lire tranquillement. Mais à 20h, on a commencé à entendre de la guitare électrique, avec du larsen à répétition, comme si c’était de l’autre côté du mur. Bah oui, quand on est dans une maison en bambou, les voisins paraissent vite très proches, surtout s’ils se mettent à répéter pour un concert. Il était assez tôt, alors je me suis dit, bon, je ne suis pas chez moi, peut-être que c’est acceptable dans ce village de casser les oreilles de tout le monde avec sa musique comme ça le soir. J’ai attendu, mais je bouillais à l’intérieur car je déteste le bruit, je déteste le bruit des voisins, je n’arrive pas à me concentrer quand il y a autant de bruit et c’était beaucoup trop fort pour que mes écouteurs bloquent le son, même si je mettais ma musique à fond. À 21h, j’ai envoyé un message pour demander si c’était normal, si c’était habituel et jusqu’à quelle heure il était acceptable de faire du bruit (si une telle règle existait). On a fini par apprendre que c’était un groupe qui répétait car il avait une série de concerts dans les alentours. Ça a duré jusqu’à 23h, et ils ont arrêté seulement parce que je leur ai hurlé que ça suffisait comme ça et que je voulais dormir. 3 heures de guitare avec du larsen régulier comme si c’était dans la pièce d’à côté, je vous jure que c’était horrible. Si vous êtes sensible au bruit comme moi, vous me comprenez surement. J’étais dans un état de stress et de colère intenses quand le silence est revenu. Enfin, je dis silence, il y avait bien sûr les coqs et les chiens qui donnaient leur propre concert, mais ils me paraissaient beaucoup moins bruyants tout à coup. Je ne peux pas dormir quand je suis dans cet état, il faut que je me calme. Il m’a fallu plus d’une heure pour arriver à m’endormir. Avec le réveil à 4h45 je vous laisse faire le calcul. J’ai oublié de dire qu’après ma douche, j’étais assise tranquillement dans la maison, à lire mon livre, quand un gecko qui se promenait sous le toit m’a fait caca sur l’épaule. Dégueulasse, mais eh, ça aurait pu être pire, il aurait pu viser dans mes cheveux… D’ailleurs, c’était peut-être son intention mais il a raté !

Jour 6 : Le chauffeur est venu nous chercher à 7h comme prévu et nous avons pris la route pour Ubud, où nous avons passé une super journée. On a visité plein d’endroits, beaucoup marché, bien mangé, bien rigolé, bien transpiré et on était super contents de notre journée. On est rentrés à la maison à 19h et là, surprise, plus d’eau. Pas d’eau dans le robinet de la cuisine, pas d’eau dans le robinet de la salle de bains, pas d’eau dans la douche. On avait tellement marché et transpiré ce jour-là qu’il était inconcevable de se coucher sans se laver. Je voulais une longue douche bien chaude ! On a envoyé des messages pour essayer de comprendre pourquoi on n’avait plus d’eau. Panne généralisée dans tout le village ! Hourra ! Là je me suis dit que vraiment, on n’avait pas de bol. Que le dieu des vacances avait certainement quelque chose contre moi. Notre hôtesse, qui était en vacances en Europe, a contacté l’hôtel d’à côté pour voir si on pouvait aller s’y doucher (ils pompent une eau différente), ils ont dit oui, pas de souci, et on s’est organisés pour y aller. On a préparé un sac avec des vêtements propres, nos affaires de toilette, etc. Et là, il s’est mis à pleuvoir des trombes d’eau, comme une vraie pluie tropicale. Mais pas une petite averse. Une pluie qui durait. Et qui durait. Alors, on a décidé de se rendre à l’hôtel sous la pluie, dans le noir, en tongs. C’était à 10 minutes de marche par la route (5 par la plage, mais je ne voulais pas traverser le pré dans le noir). J’avais un parapluie pour me protéger et protéger le sac. Mon mari, non. Il était trempé en arrivant. Les réceptionnistes nous attendaient et elles étaient vraiment adorables. Elles nous ont donné des serviettes et on est allés se doucher au spa. Puis on est restés boire un coup au bar car j’en avais très envie et un chauffeur nous a raccompagnés ensuite.

Jour 7 : Toujours pas d’eau le matin. On a décidé d’aller faire une balade sur la plage puis de déjeuner à l’hôtel. On a marché pendant 3 heures, j’avais mis de la crème solaire un peu n’importe comment et j’ai fini avec un bronzage très étrange. La plage était vraiment chouette, principalement parce qu’il n’y avait pratiquement personne, et aussi parce que les couleurs étaient magnifiques. Après déjeuner, on a décidé de rester au bord de la piscine et quand j’ai appris que l’eau n’était toujours pas revenue au village et qu’elle n’allait pas revenir avant le lendemain, j’ai décidé de réserver une nuit à l’hôtel. On est allés chercher des affaires pour la nuit et on a passé une super nuit au calme, dans une chambre avec la climatisation et aussi une moustiquaire ! Pas de mosquée à proximité, pas de coqs, pas de chiens, une baignoire, une douche, de l’eau chaude, c’était comme un rêve. Notre hôtesse nous a informés qu’elle nous rembourserait les nuits sans eau.

Jour 8 : On a dormi tard parce qu’on avait du sommeil à rattraper. On devait libérer la chambre à midi, ce qu’on a fait et on est restés déjeuner sur place avant de retourner à la maison. Toujours pas d’eau. Je suis en vacances, je ne veux pas me doucher au seau et à l’eau froide. Je ne veux pas tirer la chasse d’eau avec des seaux d’eau. Je n’ai pas signé pour ça ! Je l’ai déjà fait dans d’autres circonstances, mais ces vacances étaient supposées être relaxantes et romantiques ! Du coup, j’ai réservé une nuit dans un autre hôtel, un peu plus loin, toujours au bord de la plage. Il était décrit comme un 4 étoiles, mais à mon avis, il avait vu des jours meilleurs. Mais il était 4 fois moins cher que l’autre, alors bon, j’étais préparée à ne pas y trouver le même confort. Si on fait abstraction du fait que les draps n’étaient plus très blancs, et que l’eau n’était pas très chaude, c’était pas trop mal. Et surtout, c’était très très calme et ça, c’est ce que je voulais ! La nuit était en fait moins chère qu’une nuit dans la maison… J’ai terminé mon traitement antibiotique ce jour-là.

Jour 9 : Après une nuit où nous avons dormi d’un sommeil profond, nous avons été informés le matin que l’eau était revenue. J’appréhendais un peu de retourner à la maison car je me demandais ce qui pourrait encore bien arriver, mais comme on partait le lendemain, c’était pratique d’y passer la nuit car toutes nos affaires étaient là-bas. La marée était basse alors nous sommes retournés vers la maison par la plage. Nous avons déjeuné à l’hôtel où nous avions déjà pris tant de repas et où le personnel commençait à bien nous connaitre et nous sommes retournés à la maison l’après-midi. On a vérifié l’eau et elle était bien revenue mais pas d’eau chaude ! Je me suis dit que c’était une blague. Le dieu des vacances avait vraiment décidé de me gâcher mes vacances jusqu’au bout. J’ai envoyé un message et quelqu’un est venu régler le problème. L’eau chaude est revenue. On s’est installés dehors. Mon mari avec son livre et moi avec mon Ipad pour jouer au Scrabble parce que j’avais vraiment du mal à me concentrer sur un livre. Quand je suis stressée, j’ai du mal à lire. Trop de pensées me passent par la tête et je n’arrive pas à comprendre ce que je lis sans le relire 30 fois. J’ai téléchargé le Scrabble sur Ipad pendant ces vacances et quand je n’arrivais pas à lire, je jouais. On avait une enceinte Bluetooth et j’avais mis de la musique. J’alternais entre Ben Harper et Jack Johnson. Et à 19h, bruit de larsen ! Le groupe était de retour et ils jouaient tellement fort que ça couvrait ma musique. J’ai regardé mon mari et j’ai juste rigolé. Je me suis dit que j’étais vraiment maudite. Mon mari, lui, il était en vacances depuis plusieurs semaines, il venait d’en passer trois à Londres et il était assez détendu. Moi, j’avais vraiment besoin de ces vacances et de me détendre parce que j’étais crevée. C’était notre dernier soir dans cette maison et on n’a même pas pu en profiter. J’ai envoyé un message pour demander à ce qu’ils fassent passer le message au groupe qu’on apprécierait qu’ils finissent leur répétition à une heure décente, on nous a assuré qu’ils s’arrêteraient de jouer à 21h30, 22h au plus tard, et on a décidé d’aller boire un coup au bord de la piscine de l’hôtel, où le seul bruit serait celui des vagues. On s’est équipés de torches et heureusement car on a croisé un serpent sur la route. Tout fin et vert fluo ! Une vipère je pense. Les réceptionnistes de l’hôtel nous ont confirmé que c’était un serpent venimeux. Mon mari a failli marcher dessus et j’ai eu super peur. On a bu un coup au bord de la piscine et on a décidé de rester diner aussi car on voulait être sûrs que le bruit aurait cessé quand on rentrerait. On a dit un dernier au revoir à tout le personnel et un chauffeur de l’hôtel nous a raccompagnés. La musique avait bien cessé, ouf ! On s’est douchés, préparés pour la nuit, notre valise était déjà prête, et on est montés se coucher. Et là, mon mari a ouvert le lit et vision d’horreur : il y avait 4 crottes de geckos DANS le lit. Et pas des crottes de petit gecko. Des crottes beaucoup plus grosses. Des crottes de gros gecko. Probablement celui qui vit dans le toit et qui s’est servi du lit comme de ses toilettes en notre absence. Là, je n’ai pas rigolé du tout. J’ai pris une photo que j’ai envoyé à notre hôtesse et je lui ai dit que je pétais les plombs, que ça avait été les pires vacances de ma vie, les plus stressantes et où pouvait-on trouver des draps propres ? Mon mari, pendant ce temps-là, avait trouvé les draps propres et à 23h30, on s’est retrouvés à changer les draps. J’étais dégoutée et je n’avais qu’une hâte : quitter cette maison. Ah aussi, j’ai oublié de dire qu’après deux jours d’absence, nous avons retrouvé la salle de bains absolument dégueulasse. Le rebord du lavabo était plein de merde de gros gecko. C’était horrible. Notre hôtesse a répondu le soir-même pour nous dire qu’elle nous avait remboursé les 3 nuits sans eau, et qu’elle avait maintenant décidé de nous rembourser la totalité de notre séjour. Un geste que j’ai apprécié, ça remboursera les cocktails que j’ai dû ingurgiter pour oublier que je passais des vacances horribles. Mais j’aurais vraiment préféré passer de bonnes vacances et repartir super détendue.

Jour 10 : Le gros gecko avait à nouveau utilisé le lavabo de la salle de bains pour faire ses besoins. C’était dégueulasse et là je me suis dit que je n’allais pas nettoyer. J’ai pris une douche, je me suis brossé les dents sous la douche et j’ai fini de me préparer dans la chambre. Le chauffeur venait à 10h, j’étais prête à 9h. J’avais réservé un hôtel pas trop loin de l’aéroport pour ce soir-là car on devait y être à 7h le lendemain matin. La route s’est bien passée, c’était le même chauffeur qui nous avait emmenés à Ubud et il conduisait très bien. Il nous a déposés à notre hôtel, la réceptionniste était efficace et comme on était un peu en avance, on a laissé la valise et on est allés déjeuner. Ambiance très différente dans ce coin de Bali. Trop de touristes, beaucoup de bruit, mais aussi beaucoup de choix de restaurants dont beaucoup qui proposent des plats sans gluten. J’avais très envie d’une pizza sans gluten et j’étais ravie de mon choix. On est retourné à l’hotel pour s’installer dans la chambre et immédiatement, j’ai senti une odeur très désagréable dans la chambre. J’ai demandé au type qui nous y avait accompagnés ce qu’était cette odeur. Il m’a répondu “quelle odeur ?” Ça m’a bien gonflée car à moins d’avoir perdu totalement le sens de l’odorat, on ne pouvait pas ne pas sentir cette odeur. Ça puait, ça sentait les égouts, il y avait clairement un problème dans la salle de bains. On a demandé une autre chambre. Et il a fallu attendre qu’elle soit prête. La nouvelle chambre sentait bon et on s’est installés. Il y avait “bungalow” dans le nom de l’hôtel. Mais ce n’était pas des bungalows, c’était des chambres collées les unes aux autres, reliées par des portes. J’avais clairement mal fait ma recherche. On pouvait entendre les gens de la chambre d’à côté. J’avais peur qu’ils sortent tard le soir et me réveillent au milieu de la nuit, mais ils sont rentrés à la même heure que nous. Nous sommes allés nous balader le soir, les rues étaient pleines de gens, certains étaient ivres et bruyants, on nous a demandé je ne sais combien de fois si on voulait des champignons. La première fois, j’étais pas sure d’avoir bien entendu, mais la deuxième fois, c’était clair. Je crois qu’ils ont la peine de mort en Indonésie pour quiconque se fait attraper avec de la drogue. Je me demande vraiment s’il y a des gens assez stupides pour acheter des champignons à des inconnus dans la rue. Au moment de me coucher, j’ai ressenti cette sensation pénible à nouveau et cette envie pressante de faire pipi même après avoir tout juste fait pipi et je me suis dit oh, merde, je n’ai pas assez bu aujourd’hui. Parce que je ne voulais pas avoir envie de faire pipi en voiture, et parce que je déteste utiliser les toilettes publiques (sauf au Japon).

Jour 11 : Départ pour Singapour le matin. Au réveil, j’avais la claire sensation que mon infection était revenue. Et quand j’ai vu qu’il y avait un peu de sang dans mon urine, je me suis dit qu’il n’y avait plus de doute. Je me suis dit que ça allait être une longue journée. La première chose que j’ai faite en arrivant à Singapour, c’est d’aller à la pharmacie. La pharmacienne m’a donné des médicaments (pas des antibiotiques) et des probiotiques car je n’en avais pas pris lors de mon traitement et les antibiotiques ont en général des effets secondaires sur moi si je ne prends pas de probiotiques en même temps. J’ai pensé que valait mieux tard que jamais. J’ai connecté mon téléphone et là, je vois que j’ai un message de l’hôtel. J’avais réservé un 5 étoiles car je voulais une expérience sans problèmes et j’avais trouvé une bonne affaire. Je n’ai pas les moyens de rester au Marina Bay Sands, mais certains hôtels (supposément) de luxe ont parfois des prix abordables. Le message m’informait qu’il y avait des travaux de rénovations au 18ème étage et qu’il y avait donc du bruit entre 10h et 18h et qu’ils étaient désolés pour le dérangement. J’ai dit plein de gros mots et j’ai maudit le dieu des vacances. J’ai répondu que ce n’était vraiment pas correct de leur part de ne pas notifier les clients au moment de la réservation et de les informer deux heures avant leur arrivée. J’ai aussi dit que j’espérais bien ne pas être au 18ème étage. J’avais très envie de faire pipi, ça me brulait, j’étais d’une humeur massacrante et je n’avais personne sur qui m’énerver à part mon mari alors ce n’était probablement pas le meilleur moment de ses vacances. Nous avons pris un taxi et une fois à l’hôtel, la réceptionniste nous a informés que nous étions au 19ème étage. J’ai demandé si les travaux s’entendaient au 19ème. Elle a dit oui. J’ai dit que je voulais une autre chambre. Elle a dit ok. Nous étions maintenant au 11ème. La chambre était ok, rien de spécial. Grand lit avec des draps bien blancs, le minimum pour un 5 étoiles. Il y a deux choses que je déteste dans les hôtels : les tapis et les coussins. Pas de coussins dans celui-ci, mais un tapis. Le sol était en parquet, mais ils avaient ajouté un tapis. Je déteste ces nids à microbes ! Je déteste les chaussures à l’intérieur de la maison, mais beaucoup de gens gardent leurs chaussures à l’intérieur et je suis sure que beaucoup de gens ont marché sur ce tapis avec leurs chaussures dégueulasses. Je prends une douche, et je réalise qu’il n’y a pas de crochet ou de porte-serviettes pour étendre ma serviette. Ce qui pourrait ne pas être très important car on est dans un 5*, on a plusieurs serviettes et ils les changent tous les jours. Sauf qu’ils proposent à leurs clients de faire un choix vert. C’est-à-dire qu’ils proposent aux clients de réutiliser leurs serviettes et même de déduire 50 dollars de leur prochain séjour s’ils participent à ce programme. Complètement stupide comme proposition s’ils ne donnent pas la possibilité de pouvoir réutiliser les serviettes, non ? Je ne suis pas la plus écolo des personnes de ce monde, j’aime trop voyager, mais ça me convient parfaitement de garder la même serviette et les mêmes draps pour trois jours et je demande en général à ce qu’on ne les change pas. Bref, je n’étais pas très fan de cet hôtel dès le premier jour. Il a des commentaires très positifs sur booking.com et sur google, mais si je le compare a d’autres hôtels de même catégorie (et prix similaires, voire moins chers) où j’ai séjourné, il est très bof. Nous sommes allés déjeuner assez tard et je tenais absolument à aller à la crêperie française que j’avais trouvée en ligne. On a tous les deux mangé deux crêpes délicieuses et j’ai discuté avec la patronne française qui était super sympa. Je lui ai demandé des conseils si j’avais besoin de voir un médecin, car je commençais à me dire que ce serait une bonne idée et elle m’a expliqué pourquoi elle aimait vivre à Singapour. Puis nous sommes allés au supermarché où elle m’a dit que je pourrais trouver du jus de canneberge. J’adore aller dans les supermarchés des pays que je visite. Celui-ci m’a tellement plu que j’ai presque pleuré. Il y avait plein de produits français et anglais que je n’ai jamais vus à Bangkok et j’arrêtais pas de dire à mon mari que c’était pas juste. On a trouvé le jus. Mon mari a surveillé que je buvais régulièrement pendant qu’on se baladait en ville. On a retrouvé des amis (un Anglais et une Malaisienne qui a grandi à Singapour) pour diner et on a appris beaucoup de choses sur Singapour. On est rentrés tard ce soir-là après une soirée très sympa. Une fois à l’hôtel, on s’est douchés et couchés. Une fois couchée, je me suis rendu compte qu’une lumière ne s’éteignait pas. Une veilleuse, sous la table de nuit. J’aime dormir dans le noir. Je dors moins bien s’il y a de la lumière, ça me réveille. On a essayé tous les boutons mais aucun ne correspondait à cette lumière. Mon mari a appelé la réception. Ils ont dit qu’il y avait un bouton. J’étais fatiguée et ça m’a vraiment gonflée. Non, il n’y avait pas de bouton. Ils ont dit qu’ils allaient envoyer quelqu’un. J’ai dit non. Je ne veux pas qu’on homme vienne dans notre chambre en plein milieu de la nuit quand je suis couchée et pas en tenue pour recevoir un inconnu. J’ai caché mes yeux sous la couette et j’ai dormi. Mal, mais j’ai dormi. Ma vessie avait l’air d’aller un peu mieux. J’avais tellement bu ce jour-là que ça avait dû aider. J’avais moins peur de devoir utiliser les toilettes publiques à Singapour, même si j’ai vite déchanté. C’est mieux que Bali (ou la France même, pas difficile !), mais c’est loin d’être aussi propre que le Japon.

Jour 12 : Un réparateur est venu le matin pour réparer le problème de la veilleuse. Il est entré dans la chambre avec ses grosses bottes dégueulasses et il a été efficace. Ce n’était effectivement pas un problème de bouton… On a quitté la chambre et je suis allée me plaindre à la réception. Je leur ai dit que quand je réservais un 5* c’était pour être peinarde et pouvoir me reposer et qu’entre leur message avant notre arrivée, la lumière qui était restée allumée toute la nuit, le service de nettoyage qui avait sonné à la porte le matin parce que le bouton “do not disturb” était cassé, et le fait qu’on ne pouvait pas étendre nos serviettes, ça commençait à faire beaucoup de dérangements et que j’étais pas en train de passer un séjour peinard. Elle n’était pas la plus sympa des réceptionnistes et elle a fini par nous dire qu’elle nous offrait un verre au bar. Comme si ça allait tout régler. Puis on est allés visiter le jardin botanique. C’était chouette, mais j’avais a nouveau envie de faire pipi constamment et ça, c’était moins chouette. On a beaucoup marché ce matin là, puis on a trouvé un resto sympa (avec des toilettes moins sympas, partagées entre plusieurs restaurants, je n’aime pas du tout ce concept !) et on avait prévu de visiter un musée ou deux, mais j’étais vraiment trop mal à l’aise et fatiguée, je voulais retourner à l’hôtel où j’avais des toilettes propres. On a fait une sieste et on s’est dit qu’on allait aller au bar au bord de la piscine et boire ce verre. Elle avait dit un verre de notre choix, mais ce n’était pas tout à fait exact. Un verre de notre choix sur une liste très limitée aurait été plus correct. On a bu un cocktail médiocre et on est parti se promener. On a commencé par le supermarché japonais près de l’hôtel. J’avais l’impression d’être au Japon ! J’ai acheté des mochis et j’étais aux anges. Pas de jus de canneberge, mais des mochis délicieux ! On est passé par des quartiers très jolis et on est retournés au supermarché de la veille pour acheter du jus. Puis on a diné dans un resto allemand. C’était délicieux. On est rentrés pas trop tard car on voulait faire une randonnée le lendemain. J’avais mal, mais je me disais qu’on allait bientôt rentrer et que je pourrais acheter des antibiotiques à Bangkok. À Singapour, il faut une ordonnance, pas à Bangkok.

Jour 13 : Je me suis réveillée de très mauvaise humeur car j’ai très mal dormi. Je me suis réveillée plusieurs fois dans la nuit car j’avais envie de faire pipi et à chaque fois, c’était trois gouttes et ça brulait. Mais je ne voulais pas rester à l’hotel et ne rien faire. Je voulais faire cette randonnée, je me sens bien quand je suis dehors et que je marche pendant des heures. C’était une super randonnée, mais j’étais mal à l’aise en continu. J’ai fait pipi avant de commencer. Puis au bout de 2 heures, il y avait une aire de repos avec des toilettes. Et ensuite, il a fallu que j’attende encore deux heures. On a fait une boucle de 4 heures et c’était chouette, mais je l’aurais beaucoup plus appréciée si je n’avais pas eu l’impression que ma vessie allait exploser à chaque instant. Et c’est là que je me suis dit qu’il serait probablement plus sage de voir un docteur au retour, au lieu de m’autoprescrire des antibiotiques. Peut-être que des analyses seraient utiles. Ça faisait plus d’une semaine que je me trainais cette infection et j’avais peur qu’elle se propage aux reins. J’avais super peur d’être bloquée avant de rentrer. La toute première fois que j’ai eu un problème d’infection urinaire, c’était aux Etats-Unis et j’étais complètement bloquée au niveau des reins. Je ne pouvais plus bouger. J’avais oublié, mais le souvenir est remonté ! Nous sommes allés déjeuner et j’ai décidé d’annuler mes cours du premier jour de rentrée pour pouvoir aller à l’hôpital. J’ai pris un rendez-vous et je n’avais qu’une hâte, c’était de voir ce docteur ! On a zappé les musées encore une fois ce jour-là car j’étais mal et je voulais m’allonger et me reposer. On est retourné à la crêperie pour dîner 🙂

Jour 14 : Notre vol était l’après-midi mais nous n’avons rien fait ce jour-là. Je n’avais pas l’énergie, j’avais mal et j’avais une nouvelle sensation gênante, que je n’avais pas ressentie depuis très longtemps, mais que j’ai bien reconnue. Les effets secondaires des antibiotiques, youpi ! En plus de me bruler, maintenant, ça me grattait. Parfaite fin à des vacances pourries. Mon premier stop en arrivant à Singapour avait été la pharmacie. Mon dernier stop aussi. Petit moment de répit, personne derrière moi dans l’avion. Par contre devant, il y avait un jeune couple, qui à mon avis prenait l’avion pour la première fois. Ni l’un ni l’autre n’avait l’air d’être très au courant de l’étiquette en avion. Ils avaient incliné leurs sièges et baissé leur tablette alors qu’on embarquait encore. Je n’étais pas d’humeur à éduquer ces jeunes gens poliment mais j’ai exprimé mon opinion assez fort pour qu’ils comprennent le message. Je n’ai pas été subtile du tout, et je n’étais pas certaine qu’ils parlent anglais, mais si. Ils n’ont pas essayé d’incliner leurs sièges à nouveau.

Je n’ai jamais été aussi heureuse d’être de retour à Bangkok. J’aime Bangkok. Je ne sais pas pour combien de temps, mais pour l’instant, je suis heureuse d’être là. J’ai vu le docteur, j’ai fait des analyses d’urine, il a confirmé que j’avais une infection assez importante et il m’a prescrit de nouveaux antibiotiques. Je peux à nouveau faire pipi sans que ça brule. Par contre, j’ai toujours l’autre problème, mais j’espère qu’il va se régler d’ici quelques jours parce que c’est vraiment désagréable !

Je ne suis donc pas du tout reposée après ces vacances et j’ai décidé que j’allais prendre un peu plus soin de moi cette année. J’ai arrêté les cours très tôt le matin qui déréglaient mon rythme de sommeil. J’ai arrêté de boire de l’alcool il y a trois mois, j’ai fait une pause pendant les vacances car c’était tout ce que j’avais 🥴, mais je me remets au thé dès demain. Je vais essayer de rencontrer du monde parce que ça fait un an que je suis ici et je n’ai pas une seule amie sur place. Je vais mieux manger. Je vais reprendre les cours de thaï et essayer de participer à la communauté. Et je vais être beaucoup plus prudente quand je réserve des logements de vacances à l’avenir. Si ça ne tenait qu’à moi, je serais heureuse de passer toutes mes vacances au Japon, mais mon mari aimerait visiter d’autres pays. Je vais voir comment je peux négocier… 😉

Et pour conclure, évidemment que je suis consciente qu’il y a des gens qui ont des problèmes bien plus graves que les miens. Je suis consciente que je vis une vie privilégiée, que je n’ai pas de problème de santé majeur, que je ne vis pas dans un pays en guerre, que je suis aussi libre que possible considérant mes circonstances, que j’ai le choix, et que contrairement à plein de gens, j’ai les moyens de partir en vacances plusieurs fois par an. C’était des vacances décevantes, j’aurais aimé pouvoir me reposer vraiment, lire tous les livres que j’avais téléchargés (j’en ai lu seulement 2 au final), commencer à écrire pour un projet que j’ai, ne pas être malade et passer deux semaines romantiques avec mon mari, etc., mais bon, je suis rentrée vivante, un peu malade et très fatiguée, rien de bien grave en fait. Mon mari reprend le travail lundi, il va être super occupé comme à chaque rentrée, et on ne va plus se parler pendant quelques semaines, ça va me faire des vacances ! 😂

Sous le sunlight des tropiques

Cette semaine, je suis en vacances, sous le soleil des tropiques, en Malaisie. Il fait chaud, il fait beau, mais la chaleur est beaucoup moins étouffante qu’à Bangkok, et surtout, je peux manger toutes sortes de plats ici et j’ai l’impression d’être au paradis ! Si vous n’avez aucun problème d’allergies alimentaires, ça ne vous parle peut-être pas, mais si comme moi, vous adorez manger et avez du mal à vous nourrir dans certains pays car il y a toujours des ingrédients qui risquent de vous rendre malade, vous pouvez vraiment comprendre mon bonheur. Dans tous les restaurants où je me rends, il y a au minimum un plat que je peux manger, et très souvent beaucoup plus. Alors j’en profite !

Comme il ne me reste plus que deux jours, je vais me limiter à partager des chansons ce week-end.

Celle d’aujourd’hui est sortie au début des années 80 et était encore très populaire 20 ans plus tard. Pas mon style de musique du tout, mais comme beaucoup de Français, je la connais par cœur. Je l’ai chantée et j’ai dansé dessus. Comme je ne vis plus en France depuis longtemps, je ne sais pas si elle est toujours populaire, mais j’ai l’intuition qu’elle l’est. Le chanteur, Gilbert Montagné est très connu en France. Il est aveugle et c’est assez rare pour marquer les esprits, même des plus jeunes qui n’écouteraient pas sa musique.

Besoin de vacances

Je suis tombée sur cette vidéo alors que je recherchais des chansons qui parlaient de vacances. Je ne connaissais pas ce Youtubeur mais comme cette vidéo m’a amusée, je me suis dit que j’allais la partager. De plus, elle est remplie de vocabulaire, de petits jeux de mots, et il parle avec un accent belge.

Un peu d’humour, parce que ça fait du bien

Je parcourais les articles de quelques journaux “sérieux” et aucun titre ne me réjouissait. On nous bombarde d’informations toutes plus déprimantes les unes que les autres et je ne suis vraiment pas d’humeur à commenter l’actualité aujourd’hui. Alors, je suis allée faire un tour du côté du Gorafi, et comme d’habitude, il ne m’a pas déçue.

Je me suis donc dit que j’allais partager ce court article, intitulé : Bassin d’Arcachon : Pour satisfaire les Parisiens, la préfecture va mettre en place deux marées hautes supplémentaires par jour. Bonne lecture !

http://www.legorafi.fr/2019/01/10/bassin-darcachon-pour-satisfaire-les-parisiens-la-prefecture-va-mettre-en-place-deux-marees-hautes-supplementaires-par-jour/

Il manque un mot dans “je ne rentabilisais pas ma place au port”, mais à part ceci, je pense que vous n’aurez pas de mal à comprendre cet article.

Le Bassin d’Arcachon est un lieu de villégiature très prisé des Parisiens et des Bordelais, sur la côte Atlantique, pas très loin de Bordeaux. Pour y avoir passé du temps moi-même, je dois reconnaître que c’est un endroit très agréable et très joli, où il fait bon vivre. L’atmosphère y est assez huppée. On y croise régulièrement des personnes célèbres françaises.

Si vous ne vous sentez pas dans votre assiette à cause de l’hiver et de tous les virus qu’il traîne avec lui, allez faire un tour sur le site du Gorafi pour rigoler un peu tout en travaillant votre français. Pour moi, l’humour absurde est un remède efficace contre la déprime !

Cet article m’a aussi fait éclater de rire. En le lisant, vous pourrez apprendre qu’on ne dit pas pain au chocolat dans toutes les boulangeries de France, et que dans certaines régions, une poche veut dire un sac.

Récit de voyage

Une fois n’est pas coutume. Au lieu de sélectionner un article, j’ai décidé de vous raconter un peu de mes vacances en Inde. C’était la troisième fois que je me rendais dans ce pays, mais je n’étais jamais allée en Assam, région du Nord-Est de l’Inde. Sur les trois fois, ce voyage a été, de loin, mon préféré. J’ai visité plusieurs endroits de la région mais je voudrais surtout vous parler de l’île de Majuli, la plus grande île de rivière au monde.

J’ai passé quatre jours à Majuli. En arrivant, j’avais un plan bien précis : ne rien faire ! Je voulais juste lire et me reposer. Oublier le monde. J’étais logée dans un bungalow très simple, sans chauffage, mais par chance, avec de l’eau chaude (pas toujours très chaude). Les journées étaient ensoleillées et très agréables, mais dès que le soleil se couchait, vers 16h, il commençait à faire froid et les nuits étaient vraiment très froides. Pour moi en tout cas. Le soir, il était possible de se réchauffer au coin du feu, où la cuisinière préparait à manger, et ensuite de dîner près du feu.

Les deux premiers jours, je n’ai rien fait, comme prévu. J’ai lu un livre que j’ai adoré (Eleanor Oliphant is completely fine) et j’ai dormi. J’ai été réveillée les deux nuits par des concerts d’aboiements, mais ce n’était pas bien grave, je pouvais dormir autant que je voulais. J’ai aussi fait deux heures de vélo le deuxième jour, mais conduire sur les routes indiennes, c’est vraiment dangereux. Entre les scooters qui se mettaient à ma hauteur pour discuter, les vaches et les chèvres au milieu de la route et les bruits de klaxons incessants, j’étais un peu stressée et j’ai décidé de retourner lire.

Le deuxième soir, mon mari est moi avons sympathisé avec un jeune couple indien qui nous a proposé de nous joindre à eux le lendemain pour une visite plus poussée de l’île. Nous avons accepté avec plaisir, même si ça contrariait mon projet de ne rien faire. Et nous n’avons pas regretté. Il y a énormément de temples hindouistes sur l’île et nous avons visité un de ces temples ce jour-là. Les moines nous ont invités à boire le thé. Deux fois. Deux moines différents. Nous avons appris beaucoup de leur histoire et de leur mode de vie. Dans les monastères hindouistes, on ne portent pas de chaussures. Pas seulement à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur. J’ai gardé mes chaussettes ! Ce jour-là, je me suis aussi baladée dans un champ de riz pendant la moisson, au milieu des ouvrières et des vaches et j’ai accompagné mes amis au KFC (Krishna Fried Chicken), où je ne pouvais rien manger à cause de mes allergies, mais où nous avons continué à discuter. C’est une expérience complètement différente de visiter un pays étranger en compagnie de personnes qui parlent la langue locale. Tout est facile !

Le jour suivant, nous pensions pouvoir assister à un spectacle de danse mais une fois arrivés sur place, où on nous avait dit qu’on pourrait voir quelque chose, il n’y avait rien. Si on avait été seuls, nous n’aurions pas su quoi faire, mais comme on était avec nos amis assamais, on a vite été renseignés sur la situation. Il y avait eu un changement de dernière minute et le spectacle avait été reporté à plus tard. Avant de repartir, j’ai pu discuter avec un jeune moine qui avait entendu dire que j’étais française et qui est venu me saluer en français. J’ai été plutôt impressionnée par sa prononciation qui était très bonne, même s’il savait dire peu de choses en fin de compte. Mais il comprenait beaucoup de choses !

Nous sommes ensuite allés nous balader avec notre amie pendant que son mari était au monastère. Les gens n’étaient pas habitués à voir des étrangers où nous étions et tout le monde nous regardait avec insistance. Certaines personnes plus culottées venaient nous parler. En général, elles étaient curieuses de savoir d’où nous venions et surtout, elles voulaient pratiquer leur anglais. Elles nous approchaient toujours avec bienveillance.

Nous nous sommes tous retrouvés après quelque temps et notre ami nous a informés qu’on était invités à voir un spectacle de danse le soir au monastère et ensuite à dîner. Quel privilège ! On a accepté sans hésiter.

Nous avons ensuite déjeuné dans un restaurant local et pour conclure le repas, nos amis nous ont fait essayer un paan, spécialité indienne qui ne ressemble à rien que j’ai essayé avant. Je suis aventureuse avec la nourriture, mais j’ai mes limites. Je ne mangerais jamais d’insectes par exemple. Mais c’était végétarien et ça sentait plutôt bon. Mais beurk ! Je ne voulais pas être malpolie alors j’ai essayé, mais je n’ai pas pu tout manger et j’ai fini par recracher. Mon mari a trouvé très drôle de filmer l’expérience. J’ai l’air tour à tour apeurée, paniquée, puis écœurée. Je suis contente de l’avoir fait quand même. Maintenant je sais que je n’aime pas le paan !

Nous avons ensuite continué à nous balader dans un autre coin de l’île, dans des villages tribaux. On trouve différentes tribus à Majuli, et nous n’y avons pas passé assez de temps pour tout apprendre et comprendre, mais l’histoire de l’île et de ses peuples est fascinante. Et un peu triste aussi. Comme nous étions avec nos amis assamais, nous avons pu communiquer avec les gens indirectement. Nous avons été invités à visiter une maison. J’ai tenu un agneau de 4 jours dans mes bras. Et mille pensées me sont passées par la tête. Ces gens n’ont rien. Leur maisons sont vides. Ils vivent au milieu des crottes de cochons, de vaches, de chèvres, de chiens, dans une puanteur infernale. Ils font des bébés. Il fait froid en hiver. Ils sont inondés en été. Et je ne veux pas déballer tout mon ressenti ici, mais je vous laisse imaginer ce que vous pourriez ressentir. Pour moi, c’est un grand mélange de sentiments et comme une grosse claque qui m’a remise d’aplomb. J’allais pas super bien avant les vacances pour plein de raisons plus ou moins futiles, mais là, ça va. Très bien. Et après ça, nous avons donc eu le privilège de goûter chez les moines, de les voir danser et jouer de la musique pour nous et de manger un délicieux dîner qu’ils avaient cuisiné exclusivement pour nous et nos amis.

J’aurais aimé rester plus longtemps à Majuli. J’aurais aimé passer plus de temps avec nos nouveaux amis. J’aurais aimé apprendre plus de l’histoire de l’île et des peuples. Mais le lendemain, il était temps de partir. J’ai chaud au cœur quand je repense à ces moments et j’espère vraiment pouvoir retourner à Majuli un jour. Peut-être dans 5 ans. Peut-être dans 10. Je suis sûre que l’île va beaucoup changer mais j’espère que pas trop en fait. J’avais l’impression d’être dans un autre monde, un autre temps… J’aimerais que les gens de là-bas vivent mieux, qu’ils ne manquent de rien. Mais j’espère que la mondialisation ne va pas détruire l’authenticité des paysages et des habitants. On peut encore rêver !

Les jours fériés en France

Aujourd’hui, c’est férié en Angleterre, comme me l’a rappelé un ami par texto. Le dernier week-end d’août est toujours un long week-end là-bas. Cela m’a fait penser à une différence entre la France et le Royaume-Uni (et les US aussi) dont je n’étais pas consciente quand je vivais en France. Il est donc probable que si vous n’avez jamais vécu en France, vous n’êtes pas non plus au courant de cette différence.

En France, si un jour férié tombe un dimanche, pas de chance, il est perdu. Donc, si le 25 décembre tombe un dimanche et que vous n’avez pas pris de vacances pour Noël, vous devez aller travailler le lundi. Parce qu’en France, en plus, le 26 décembre n’est pas un jour férié, sauf si vous vivez en Alsace.  

Au Royaume-Uni, si un jour férié tombe le week-end, le lundi qui suit sera férié. Aux Etats-Unis, si un jour férié tombe un dimanche, le lundi devient férié et s’il tombe un samedi, le vendredi est férié à sa place. Mais pas de ça en France ! Alors si vous allez vous y installer, ne soyez pas surpris !

Quand je me suis installée au Cambodge, j’étais ravie d’apprendre qu’il y avait 25 jours fériés par an. Peut-être même plus, ma source n’était pas exactement sûre. Je ne travaillais pas encore en ligne mais dans une école et j’adorais partir en week-end prolongé à la mer ! En France, il y en a beaucoup moins, mais il y en a quand même 11, qui sont les suivants : 

  • Le Jour de l’an : le 1er janvier.
  • Le lundi de Pâques : le lendemain de Pâques (à noter qu’en France, le vendredi avant Pâques n’est pas férié)
  • La fête du travail : le 1er mai
  • La victoire 1945 : le 8 mai (pas de chance si le 1er mai tombe un dimanche car le 8 mai sera aussi un dimanche et ce sont deux jours fériés que l’on voit s’envoler !)
  • Le jeudi de l’ascension : en mai, la date varie (40 jours après Pâques), mais au moins il ne tombe jamais un dimanche 🙂 
  • Le lundi de Pentecôte : parfois en mai, parfois en juin, 7 semaines après Pâques. Il y a eu une controverse sur ce jour férié car, en 2004, le gouvernement avait essayé de faire travailler les gens sans rémunération, en solidarité aux personnes âgées, mais sans grande surprise, peu de gens étaient emballés par l’idée de travailler gratuitement et le jour est redevenu férié en 2008.
  • La fête nationale : le 14 juillet (connu comme Bastille Day dans les pays anglophones). Il y a des feux d’artifices un peu partout en France ce jour-là.
  • L’Assomption : le 15 août
  • La Toussaint : le 1er novembre
  • l’Armistice : le 11 novembre
  • Noël : le 25 décembre

Quand un jour férié tombe un jeudi ou un mardi, on peut décider de faire le pont, c’est-à dire de prendre un jour de congé en plus (vendredi ou lundi) pour avoir un week-end de 4 jours.