Accents aigu, grave, circonflexe et tréma

Si je vous demande sur quelles lettres on peut trouver chaque accent, êtes-vous capable de répondre avec certitude ?

Je remarque régulièrement que ce n’est pas forcément évident pour les étudiant·e·s avancé·e·s alors si vous n’êtes pas sûr.e, continuez à lire.

L’ACCENT AIGU

Il ne se trouve que sur le E – éléphant, marché, bébé…

L’ACCENT GRAVE

  • sur le A, dans la préposition à et dans l’adverbe là
  • sur le U, uniquement dans le pronom où
  • sur le E – mère, collège, progrès, succès…

L’ACCENT CIRCONFLEXE

  • Avec les rectifications orthographiques de 1990, l’accent circonflexe n’est plus nécessaire sur le I et le U dans beaucoup de mots, mais il est maintenu dans certains mots pour distinguer les homophones : boite VS boîte, croit VS croît, du VS dû, jeune VS jeûne, etc. Il est aussi maintenu au passé simple, au passé antérieur, au subjonctif imparfait et au subjonctif plus-que-parfait.
  • sur le A – tâche, gâteau, château…
  • sur le O – hôtel, hôpital, côté…
  • sur le E – fenêtre, forêt, bête…

LE TRÉMA

  • sur le E – Israël, Raphaël, Gaël…
  • sur le I – maïs, coïncidence, haïr, astéroïde…
  • sur le U – la réforme de l’orthographe recommande de mettre l’accent sur le U dans les suites güe, güi, ainsi que geü quand on prononce /ʒy/. Quelques exemples : aigüe, ambigüe, exigüité, argüer, gageüre

Pratiquer les nasales

Comme plus de la moitié de mes élèves rencontrent des difficultés avec la prononciation des voyelles nasales, je me suis dit qu’aujourd’hui, je proposerais quelques phrases à pratiquer. H, si tu lis ce post, tu peux enregistrer ces phrases pour le prochain cours, histoire de changer un peu.

  • Mon tonton tond le gazon devant la maison.
  • Ma maman range les pansements dans la chambre blanche.
  • Un bambin malin invente des contes pleins de pingouins et de babouins.
  • Martin peint un enfant dont les mains sont gantées.

Gardez bien en tête que pour prononcer un, in, ein, ain, etc., vos lèvres doivent être très étirées. Si vous avez du mal avec ce son, exagérez-le ! Utilisez un miroir et essayez d’avoir une bouche de Joker.

Le on/om est le son avec les lèvres les plus arrondies et les plus en avant.

Le son an, am, etc. est entre les deux et c’est souvent celui qui pose le plus de problèmes. Le truc, c’est de trouver avec quelles consonnes vous arrivez à mieux le prononcer. Trouvez quels mots sont plus faciles à prononcer pour vous. Essayez le son avec toutes les consonnes de l’alphabet et servez-vous de vos points forts pour améliorer vos points faibles. Enregistrez-vous et réécoutez-vous le lendemain.

Cela peut prendre du temps pour arriver à bien prononcer les nasales, mais avec de la persévérance, tout est possible ! Et surtout, ne vous comparez pas aux autres. Nous ne sommes pas tous égaux devant la prononciation !

Prononcer parfaitement n’est pas ce qui compte le plus à mon avis. Je comprends tout à fait l’envie de s’améliorer, mais si vous êtes capable de vous faire comprendre quand vous parlez la langue du pays étranger où vous voyagez ou vivez, soyez fier·ère de vous et ne soyez pas trop dur·e avec vous-même. Surtout si vous étudiez la langue depuis seulement 4 ou 5 ans et n’avez jamais vécu dans un pays francophone ! 😉

Vous finirez par y arriver mais ce n’est en général pas un chemin sans embuches !

Rectification orthographique : -illier et -illière deviennent -iller et -illère

Règle F4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, concerne les terminaisons de mots en -illier et -illière. Quand le i qui suit les deux l ne s’entend pas, on ne l’écrit pas !

La prononciation de-ill pose souvent problème. Doit-on prononcer comme ville ou comme fille ? Et d’ailleurs, pourquoi prononce-t-on ces deux-là différemment ? 🤔

Dans tous les mots affectés par la règle F4, le -ill se prononce comme dans fille. Le mot millier, par exemple, n’est pas concerné par la règle car –ill se prononce comme dans ville.

Quelques exemples de mots : joailler, joaillère, quincailler, quincaillère, serpillère, cheviller, etc.

À noter que les arbres, arbustes et autres végétaux gardent le i, par analogie avec les autres noms en botanique se terminant par -ier, tels que pommier, poirier, framboisier, etc. On continuera donc à écrire groseillier, vanillier, etc.

Les voyelles nasales

Peu d’apprenants trouvent la prononciation des voyelles nasales faciles. Certaines personnes ont la chance de pouvoir reproduire les sons tels qu’ils les entendent, même s’ils n’existent pas dans leur langue, mais ce n’est pas mon cas et ce n’est pas le cas de la majorité des étudiants avec lesquels j’ai travaillé.

Si vous trouvez la prononciation de un, an, et on difficile, vous faites partie de la majorité mais cela ne veut pas dire que vous n’y arriverez jamais. Si comme moi, vous êtes perfectionniste, c’est certainement frustrant, mais avec de la persévérance, vous finirez certainement par y arriver, même si ça prend longtemps. Après un an en Thaïlande, je suis à peine capable de prononcer quelques mots basiques correctement (et encore…) mais à force de prendre le métro et de répéter toutes les annonces faites à chaque arrêt, je crois que je peux prononcer correctement le nom d’une dizaine d’arrêts sur ma ligne. J’ai pris un taxi récemment et il ne comprenait pas où je voulais aller. Je me suis mise en mode “dame du métro”, j’ai fait appel à ma mémoire, et j’ai prononcé le nom du quartier comme je l’entends dans le métro et comme par magie, le chauffeur a compris ce que je disais. C’était seulement deux syllabes, mais pour moi c’était une grande victoire !

Faites des exercices de prononciation qui se concentrent sur les sons qui vous posent problème. Même si vos connaissances du français sont avancées, vous pouvez travailler avec des livres de phonétique pour débutants. Ce n’est pas évident de travailler la phonétique tout seul, mais c’est mieux que rien. Mettez des écouteurs, répétez les mêmes mots et les mêmes phrases régulièrement. Enregistrez-vous et écoutez-vous.

Il est très possible que vous n’ayez jamais vraiment fait de phonétique pendant vos cours de langues. Pour ma part, trois ans de cours particuliers d’anglais, sept ans d’anglais à l’école secondaire, quelques années d’anglais en plus à la fac, et pas un seul cours de phonétique. J’ai appris la phonétique anglaise quand j’ai fait une formation pour devenir prof d’anglais. J’ai fait deux formations d’ailleurs et c’est seulement lors de la deuxième que j’ai découvert les joies de la phonétique. Aucune mention de cet aspect de la langue pendant la première. Et malheureusement, il me semble que c’est un peu la même chose en français. La phonétique tient une toute petite place dans les cours collectifs, et parfois, elle n’a même pas de place. La majorité des élèves que j’ai eus en cours particuliers n’avaient jamais fait de phonétique avant que l’on en fasse ensemble.

C’est ainsi que des élèves arrivent à un niveau de connaissances grammaticales très élevé mais ne maitrisent pas vraiment la prononciation. Si c’est votre cas, vous pouvez y remédier si vous en avez envie, en reprenant les bases de la phonétique.

Une erreur que font beaucoup d’étudiants avec les voyelles nasales, c’est de prononcer le n. Le n se se prononce jamais ! Il est associé à une ou deux voyelles pour ne former qu’un seul son, qui passe par le nez.

Tous ces groupes de lettres ne forment qu’un seul son : on, om, en, em, an am, in, im, un, um, ein, ain, aim, yn, ym.

On n’entend ni le n, ni le m.

Par contre, si ces groupes de lettres sont suivis par une voyelle, les choses changent ! Nous ne sommes plus en présence d’un son nasal.

Observez :

  • par-fum : 2 syllabes / par-fu-mer : 3 syllabes
  • co-quin : 2 syllabes / co-qui-ne : 3 syllabes
  • sul-tan : 2 syllabes / sul-ta-ne : 3 syllabes

Dans les premiers mots, on a un son nasal. Dans les deuxièmes mots, le son nasal disparait car le m et le n font maintenant partie de la syllabe suivante et fonctionnent avec la voyelle qui suit. Si ceci n’est pas évident pour vous, il serait peut-être intéressant de commencer par essayer de comprendre le système syllabique français. J’écrirai à ce sujet bientôt.

Pour pratiquer un peu, comment prononcez-vous les paires suivantes ?

  • con – cône
  • nom – nominal
  • vent – venir
  • embaucher – semaine
  • plan – planifier
  • champ – caméra
  • matin – matinée
  • impossible – image
  • aucun – aucune
  • parfum – parfumer
  • frein – freiner
  • train – trainer
  • essaim – essaimer
  • lynx – misogyne
  • sympa – enzyme
  • chien – chienne

[o] VS [ɔ] : dictée

Cette dictée n’est pas très longue, ni trop difficile je pense. Ce qui n’est pas évident, c’est que je ne vous donne aucun contexte et ce n’est pas le genre de sujet dont on parle très souvent (sauf si comme moi, vous avez une fascination pour ce sujet – qui contient un [o] et un [ɔ] d’ailleurs) et ce ne sera peut-être pas évident de comprendre de quoi je parle au début, mais cela devient plus clair assez vite. Remarquez les deux sons : le o fermé [o] et le o ouvert [ɔ]. Pratiquez-les régulièrement si vous savez que vous avez du mal à les produire correctement.

Pour vérifier, c’est ici.

Le son [ɔ]

La semaine dernière, on a parlé du son [o], le o fermé. Aujourd’hui, parlons du son [ɔ], le o ouvert. Les apprenants ont parfois du mal à les différencier. D’après mon expérience, c’est particulièrement vrai pour les apprenants russes, mais pas exclusivement.

Il est aussi intéressant de savoir que les Français du Sud de la France utilisent ce son beaucoup plus que les Français du Nord. Moi, je prononce rose /ʁoz/ ; mes amis du Sud de la France prononcent /ʁɔz/. Le [o] devient très souvent [ɔ] en France méridionale. Quand je parle de prononciation, je me base sur la mienne, mais soyez conscients qu’elle n’est pas universelle et qu’il y a beaucoup d’accents régionaux.

Le son [ɔ] peut s’orthographier de plusieurs façons, la plus commune étant tout simplement o.

  • o : sport, porte, école, catastrophe, bonne
  • u : album, maximum, aluminium, podium
  • oo : alcool, alcoolo, indoor

Voici une petite dictée et la semaine prochaine, on mélangera les deux sons, [o] et [ɔ].

Pour vérifier, c’est ici.

Le son [o]

Parlons du son que l’on retrouve dans nos, pôle, faux, beau

Comme vous pouvez l’observer, il peut s’orthographier de plusieurs façons qui se prononcent identiquement et ce n’est pas toujours évident de savoir quelle orthographe est correcte.

  • o : gros, trop, mobile, connaitre, honorer
  • ô : drôle, hôtel, chômage, impôt, fantôme
  • au : faute, cause, haut, épaule, gaufre
  • eau : bateau, château, anneau, poireau, manteau

Cela peut aider de faire des associations, d’apprendre le vocabulaire avec des mots de la même famille , construits à partir du même radical, comme par exemple mobile, immobile, mobilité, ou encore cause, causer, causante. Le son /o/ sera écrit de la même façon dans ces séries et cela peut aider à mieux écrire. L’orthographe française exige un travail de mémoire important, alors plus vous pratiquerez, plus vous serez susceptible de bien écrire.

Voici une petite dictée :

Pour vérifier, c’est ici.

Les différentes graphies du son /õ/

Après /ɛ̃/ et /ã/, parlons aujourd’hui de /õ/. Vous allez voir, celui-ci est plutôt simple.

Il y a seulement deux façons d’écrire le son /õ/ : on et om. En grande majorité, on écrit on, mais on écrit om devant un b ou un p, à quelques exceptions près.

  • on : maison, long, bonté, concis, situation, mission
  • om : sombre, combat, pompier, compter, nom, prénom
  • exceptions : bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint

Petite dictée pour vous tester :

Pour vérifier, c’est ici.

Les différentes graphies du son /ã/

Continuons avec l’orthographe des voyelles nasales. La semaine dernière, on a vu les différentes façons d’écrire le son /ɛ̃/. Il y en avait beaucoup. Le son /ã/ a moins de possibilités. Seulement 4 en fait.

  • an : anthropologie, orange, effrayant
  • en : entendre, mentir, pertinent
  • am : ambulance, crampe, champ
  • em : embaucher, temps, novembre

Ce n’est pas toujours évident de savoir si l’on doit mettre un a ou un e, beaucoup de Français n’en sont pas toujours sûrs, mais il y a des petites astuces que l’on peut apprendre pour mémoriser l’orthographe.

Notamment, que les participes présents se terminent toujours par -ant, et les adverbes par -ment (pas tous les adverbes bien sûr, mais ceux qui se terminent par /mã/) . Et il est toujours utile de connaitre d’autres mots de la même famille. Par exemple, comment savoir qu’on écrit pertinent et non *pertinant ? Peut-être connaissez-vous la pertinence, l’impertinence ou pertinemment. On retrouve le e dans tous ces mots.

Pour ce qui est du n ou du m, savez-vous que devant un m, un b, ou un p, le n devient m ? Vous pouvez le voir dans les exemples ci-dessus : ambulance, crampe, champ, embaucher, temps, novembre, mais encore dans emmitouflé, embêter, empoté, chambre, champagne, etc. Il y a bien sûr des exceptions, comme néanmoins, mais il y en a très peu.

Petite dictée pour pratiquer le son /ã/ :

Pour vérifier, c’est ici.

Les différentes graphies du son /ɛ̃/

Beaucoup de gens trouvent l’orthographe française difficile, en commençant par les Français eux-mêmes. Contrairement à l’italien et l’espagnol (et certainement d’autres langues), le français ne se prononce pas toujours comme il s’écrit et un même son peut s’orthographier de plusieurs façons.

Je me suis dit que cela pourrait vous intéresser d’observer le son /ɛ̃/ pour commencer. Résistez à l’envie de vous arracher les cheveux 😉

Je tiens tout d’abord à préciser que comme beaucoup de Français aujourd’hui, je ne fais pas la différence entre /ɛ̃/ et /œ̃/. Pour moi, brin et brun se prononcent pareil, par exemple.

  • in : fin, inculte, intéressant
  • im : impossible, simple, imbu
  • ain : main, copain, ainsi
  • aim : faim, daim, essaim
  • ein : rein, peintre, ceinture
  • en : examen, chien, moyen
  • un : aucun, emprunt, lundi
  • um : parfum, lumbago, lump
  • yn : lynx, syntaxe, syndicat
  • ym : thym, sympa, symbole

Voici une petite dictée avec le son /ɛ̃/ :

Pour vérifier, c’est ici.